À la fin, POW, c’est quoi votre avis ?
La question de la légitimité pour s’engager est un problème complexe, causé par soi-même et par les multiples comportements possibles des autres. Une fois ceci posé, il faut le réaffirmer : non, tu n’as pas besoin d’être parfait·e pour t’engager.
Chez POW on le redira à chaque fois que nécessaire, et ce malgré ce qu’on a pu expliquer sur l’impact de l’exemplarité. Même si l’exemplarité a des impacts positifs à différents égards, toi, en tant qu’individu qui veut convaincre d’autres individus, qui veut lutter avec d’autres individus, garde ça en tête : ce n’est pas de perfection dont on a besoin, c’est de sincérité.
La frontière qui sépare une personne audible d’une personne inaudible réside souvent dans le niveau de sincérité perçu par les gens à qui elle s’adresse. C’est ok que tu n’aies pas un bilan carbone de 3 tonnes/an pour prendre la parole sur le climat. C’est ok de parler de souffrance animale même si tu n’es pas vegan. C’est ok de t’engager pour POW même si tu considères que tu n’en fais pas assez.
Le plus important, c’est la sincérité de ta démarche, et ta volonté de faire mieux.
Montrer l’exemple, ce n’est pas être le portrait robot du/de la militant·e parfait·e, c’est montrer aux gens comment tu essaies de faire mieux, comment tu t’engages, comment tu es transparent·e sur tes limites, sur le travail encore à accomplir. C’est être là pour rappeler à la fois que oui, partir à Bali tous les ans pour le climat c’est pas ouf, mais que c’est en allant chercher des changements systémiques qu’on gagnera, pas en s’entre déchirant…
Est-ce que faire de son mieux suffira pour éviter les critiques ? Sans doute pas. Pour toutes les bonnes ou les mauvaises raisons expliquées, il y aura toujours des personnes pour venir dire que tu ne peux pas parler de la cause, que tu n’es pas légitime voire hypocrite, que tu nuis à ce que tu défends etc. Face à ça, relire cet article de temps en temps est sans doute une idée pas trop mauvaise. Pour se rappeler que les motifs de critiques sont multiples, des bons ou moins bons, et qu’il faut faire le tri entre ce qui est de la critique politique légitime qu’il faut être capable d’entendre même si de notre prisme on sait toute la bonne volonté qu’on y met, et de la violence pure et simple qu’il faut simplement ignorer.
Se rappeler aussi à soi-même que la frontière entre partager un désaccord et un harcèlement de masse sur les réseaux est fine, et que si on est la 74ème « critique constructive » alors elle n’est peut-être plus si constructive. Se rappeler que la question numéro un qu’on devrait toutes et tous se poser à chaque fois c’est : est-ce que ça sert vraiment la lutte ?
Bref, se ressasser ces questionnements pour être un·e meilleur·e militant·e.
Alors on le redit haut et fort, mais cette fois en citant comme promis au début le M jaune :
VENEZ COMME VOUS ÊTES.
On termine avec une dernière phrase, celle à garder si tu ne devais en retenir qu’une seule de ce long article :
Il y a tellement de gens qui ne souhaitent pas te voir devenir actif·ve, ne laisse pas tes contradictions leur donner raison.