Notre communauté a du talent Laura et son travail chez Fifteen

Notre communauté a du talent Laura et son travail chez Fifteen

Aujourd’hui on donne la parole Ă  Laura, bĂ©nĂ©vole chez POW depuis un long moment, qui nous parle de son travail chez Fifteen : un acteur important du vĂ©lo, que vous ne connaissez pas forcĂ©ment de nom mais qui se cache derrière des choses que vous avez peut-ĂŞtre dĂ©jĂ  utilisĂ©es pour beaucoup d’entre vous !

Peux-tu te prĂ©senter et prĂ©senter rapidement ce que c’est Fifteen ?

Je m’appelle Laura et je travaille pour la sociĂ©tĂ© Fifteen en tant que Sales Manager France depuis Annecy oĂą j’exerce en tĂ©lĂ©travail. Fifteen conçoit et fabrique des services vĂ©los pour les collectivitĂ©s, on a notamment dĂ©veloppĂ© un système de stationnement et de recharge de vĂ©los Ă©lectrique en libre service assez avant-gardiste. Nous sommes les leaders en Europe dans la conception de services vĂ©los, avec des rĂ©fĂ©rences sur tout type de villes, des grandes mĂ©tropoles comme Paris VĂ©lib, Le VĂ©lo Ă  Marseille, Ă  l’international comme Ă  Vancouver ou Helsinki, et dans pas mal de villes moyennes comme Epinal, Vichy, Avignon, Auxerre, oĂą nous avons de superbes rĂ©sultats d’usages. La mobilitĂ© urbaine, notamment Ă  travers des solutions innovantes et Ă©cologiques, est au cĹ“ur de mon travail quotidien.

Parallèlement Ă  mon activitĂ© professionnelle, je suis bĂ©nĂ©vole pour l’association Protect Our Winters (POW). Cette organisation rassemble les pratiquant·es de sports outdoor qui partagent la mĂŞme passion pour la nature et l’environnement, avec pour mission de lutter contre le changement climatique et de prĂ©server ces espaces fragiles qui souffrent en première ligne du dĂ©règlement climatique. En tant qu’amoureuse de la montagne, je m’engage Ă  protĂ©ger les paysages que j’aime tant, tout en sensibilisant d’autres passionné·es aux enjeux climatiques. Et comme notre fer de lance c’est la mobilitĂ© en montagne, ça rejoint complètement mon activitĂ© professionnelle sur un autre spectre !

 

Quand tu parles des villes où vous êtes présents et des résultats que vous avez qui sont hyper positifs, est-ce que tu pourrais nous partager quelques exemples différents de villes et quelques chiffres ?

Oui ! Pour se donner un ordre d’idĂ©e, je prends 3 exemples bien diffĂ©rents. 

Avignon, VĂ©lopop = c’est 300 vĂ©los en libre-service avec un lancement en juillet 2024
– On a dĂ©jĂ  7250 usagers uniques soit un Ă©quivalent de 7,8% de la population
– 90 000 trajets
– 280 000 km parcours
– 30 000 kg de CO2 Ă©vitĂ©

Auxerre
Auxerre est intĂ©ressant car c’est petite ville avec un service adaptĂ©, qui s’appelle Aux’R’M.
On propose des vĂ©los en libre service courte et longue durĂ©e, directement en station ! Un usager peut souscrire Ă  une offre de LLD Ă  n’importe quelle heure en autonomie dans la rue. On envoie un petit kit de bienvenue Ă  chaque souscription pour que l’usager puisse charger son vĂ©lo Ă  la maison !
On compte 320 vélos en libre-service et 43 stations.

Marseille
En 2022 nous avons remplacé la flotte de vélos 100% mécaniques, en passant à une flotte 100 % électrique : les usages ont été multipliés par 2,5 sans augmenter le nombre de vélos (2000 en tout).
– Marseille c’est colossal, il y a 50 000 trajets par mois avec LeVĂ©lo
Depuis son lancement c’est:
– 180 000 usagers
– 5 282 576 trajets
– 16 427 244 km parcours
– 1 097 780 kg de CO2 Ă©vitĂ©s

Proposer des vĂ©los Ă©lectriques peut sembler contre-intuitif d’un point de vue Ă©cologique, mais c’est en rĂ©alitĂ© bien plus efficace que d’offrir des vĂ©los mĂ©caniques, et ce pour plusieurs raisons :
– Un vĂ©lo Ă©lectrique remplace 3 Ă  4 fois plus de trajets initialement effectuĂ©s en voiture qu’un vĂ©lo mĂ©canique
– Il touche un plus large public, y compris ceux qui ne sont pas habituĂ©s Ă  faire du vĂ©lo, en leur offrant une alternative crĂ©dible Ă  la voiture
– Les vĂ©los Ă©lectriques sont plus inclusifs et accessibles Ă  une diversitĂ© d’usagers
– Ils permettent d’effectuer des trajets plus longs (en distance, pas vraiment en temps)
– Ils sont particulièrement adaptĂ©s aux dĂ©placements domicile-travail

Cependant pour que ces avantages aient un vĂ©ritable impact Ă©cologique, il faut remplir certaines conditions : le vĂ©lo doit ĂŞtre Ă©co-conçu, et ses batteries doivent ĂŞtre durables, c’est-Ă -dire robustes, rĂ©parables et recyclables. Chez Fifteen, nos vĂ©los sont conçus en France Ă  Vanves, assemblĂ©s dans les Hauts-de-France, et les batteries sont fabriquĂ©es, rĂ©parĂ©es et recyclĂ©es Ă  Clermont-Ferrand.

Est-ce que vous êtes présents dans des villes de montagne ? Si non, pourquoi ?

Non pas vraiment, on ne cible pas spĂ©cifiquement les territoires de montagne, en raison de divers dĂ©fis opĂ©rationnels (comme la dĂ©charge rapide des batteries due au froid, les sols glissants en hiver, la neige, etc). Ceci dit, je serais ravie d’Ă©changer avec des Ă©lus de territoires de montagne pour explorer et approfondir ces enjeux si certains nous lisent !

Sans rentrer dans trop de technique, mais vous rentrez en contact avec qui exactement quand vous voulez intĂ©grer votre service Ă  une ville ? Est-ce que quelqu’un qui lira l’article et qui vit dans une ville oĂą il n’y a pas de services vĂ©los peut par exemple envoyer un message Ă  sa mairie pour parler de vous et demander que l’arrivĂ©e d’un service du genre soit Ă©tudiĂ© ?

Oui avec plaisir, chaque collectivitĂ© a un service mobilitĂ©s ou transports. Il ne faut pas hĂ©siter Ă  leur soumettre l’idĂ©e. Je pense que c’est mĂŞme une très bonne chose d’avoir des initiatives citoyennes sur ces sujets-lĂ  ! 

Est-ce que tu as de la visibilitĂ© sur le nombre de villes qui ont un service Fifteen ou similaire, ça peut ĂŞtre pertinent de voir la marge qu’on a encore !

En France, il y a eu le recensement suivant en 2022*:
– 74 services vĂ©los en libre-service (VLS)
– 271 service de location longue-durĂ©e (LLD)
*Chiffre établi d’après le recensement effectué par l’Union Sport & Cycle en 2022
Les territoires ne cessent de s’Ă©quiper, donc c’est difficile d’avoir une vision exhaustive Ă  ce jour ! Mais si vous n’avez rien dans votre ville, tentez le coup !

C’est quoi la plus petite ville oĂą vous ĂŞtes installĂ©s et est-ce que c’est une dĂ©marche de votre cĂ´tĂ© d’intĂ©grer des villes encore plus petites ?

Il est vrai qu’il fut un temps oĂą les services vĂ©los Ă©taient principalement destinĂ©s aux grandes villes et mĂ©tropoles. Aujourd’hui, c’est impressionnant de constater Ă  quel point les vĂ©los se sont durablement implantĂ©s dans des territoires plus petits, moins denses et plus ruraux ! Ce qui est particulièrement intĂ©ressant, c’est que ces zones sont souvent celles oĂą un service vĂ©lo a le plus d’impact. En effet, ces territoires manquent parfois d’alternatives en matière de transports en commun, et un service de vĂ©los devient alors une vĂ©ritable solution pour les dĂ©placements du quotidien. Fifteen a largement contribuĂ© Ă  cette tendance, notamment depuis le lancement en 2020 de ses stations ultra-compactes, qui sont très abordables et faciles Ă  installer, mĂŞme pour des collectivitĂ©s avec un budget limitĂ©. La plus petite ville oĂą nous sommes implantĂ©s est Landerneau en Bretagne, qui compte 15 700 habitants, et environ 30 % de la population utilise ou a utilisĂ© le service !

Plus personnellement, est-ce que tu peux partager quelques mots sur ton engagement chez POW ? Est-il complémentaire à ton travail ?

Mon engagement chez POW me permet d’explorer une autre facette de la lutte pour le climat, et de m’entourer de personnes qui partagent les mĂŞmes valeurs, les mĂŞmes craintes que moi. Nous nous sommes organisĂ©s en un rĂ©seau assez intĂ©ressant dans chaque rĂ©gion de France et il commence Ă  y avoir une jolie communautĂ© Ă  Annecy. On s’inspire les uns les autres ! Si chez Fifteen, je me concentre sur la mobilitĂ© urbaine, chez POW, je me focalise sur la protection des environnements naturels, notamment les montagnes. Les deux engagements se complètent parfaitement, car ils reposent sur une mĂŞme conviction : il est essentiel d’agir pour prĂ©server notre planète, que ce soit en ville ou dans les espaces naturels.

Qu’est-ce qui t’as motivĂ© Ă  t’engager, que ce soit dans ton boulot ou chez POW ? Et c’est quoi toi ton rapport au vĂ©lo ?

J’ai vraiment découvert le vélo en 2020. C’est à ce moment-là que j’ai eu mon réveil écologique. À l’époque, je bossais dans une entreprise qui fournissait des services aux aéroports, et le COVID a accéléré les choses : licenciement économique, déménagement à Annecy. J’ai repris possession de mon temps et de mon espace. En plus, j’ai été profondément marquée par la vision des stations de ski désertes pendant l’année blanche qui a suivi. Ça m’a frappée de voir à quel point on défigurait nos montagnes et l’impact que le ski a en termes de surconsommation des ressources. Ça m’a vraiment dégoûtée. C’est là que j’ai radicalement changé mes habitudes : j’ai intégré le vélo à mes trajets quotidiens et j’ai presque complètement laissé tomber le ski alpin pour le remplacer par le ski de randonnée. J’avais envie de réduire au maximum mon impact. Côté pro, j’ai aussi voulu faire bouger les choses, contribuer positivement à la société. En somme, pour moi, le vélo, c’est bien plus qu’un moyen de transport, c’est un outil extraordinaire pour les loisirs, les voyages, et l’aventure !

Un dernier message aux personnes qui vont te lire, peut-ĂŞtre Ă  des gens qui hĂ©sitent Ă  s’engager davantage en faveur du climat ? 

Je pense qu’il est urgent de mettre notre Ă©nergie et notre intelligence pour des entreprises Ă  impacts qui sont alignĂ©es avec nos valeurs et nos enjeux. Le tĂ©lĂ©travail est un des hĂ©ritages positifs du COVID et cela permet Ă  des personnes comme moi de travailler depuis la Haute-Savoie sur des projets Ă  impacts Ă  l’Ă©chelle nationale. J’en suis ravie, il faut en profiter et ne pas hĂ©siter Ă  postuler dans des entreprises qui façonnent le nouveau monde de manière plus durable, avec des missions sociales justes. La transition Ă©cologique passe aussi par nos mĂ©tiers au quotidien. Je serais ravie d’échanger avec vous sur ces sujets, vous pouvez me contacter via LinkedIn (Laura Dahan)🙂

 

 

 

 

 

La Trace une agence de voyage pas comme les autres

La Trace une agence de voyage pas comme les autres

Ce mois-ci, c’est le Mobility Month : pendant 1 mois, on fait un gros focus sur un sujet mobilité, et cette année, honneur au vélo ! Aujourd’hui on vous parle de La Trace, une agence de voyage pas comme les autres, avec qui on partage beaucoup de choses !

D’ailleurs à ce sujet, on vous donne rendez-vous le 25 septembre pour le retour des Conventions POWpulaires, avec une édition spéciale vélo en compagnie d’une membre de l’équipe de La Trace mais également de la FUB (Fédération françaises des Usagers de la Bicyclette) pour aborder plein de sujets et laisser place à toutes vos questions ! Lien pour s’inscrire ici 👇

La Trace, c’est une jeune agence de voyage à vélo, présente pour l’instant en Bretagne (mais ils devraient être présents partout en France en 2025), qui s’est donné comme mission de “Démocratiser le voyage à vélo”. Une mission qui nous parle fort chez POW, à l’heure où la pratique du vélo en France reste à la traîne par rapport à beaucoup de nos voisins Européens.

Concrètement, qui sont-ils ? Ce sont eux qui le résument le mieux !

La Trace, c’est une histoire de passion partagée par des cyclistes rêveurs, qui veulent que chacun, peu importe l’âge ou le niveau, puisse vivre la magie du vélo.

Une belle histoire au départ, qui met en avant de nombreux principes essentiels pour nous chez POW, notamment celui-ci : “peu importe l’âge ou le niveau” !
Ça fait partie des choses que l’on aime beaucoup chez La Trace : il y en a pour tout le monde ! Sur son appli, La Trace propose des itinéraires par niveaux : trace verte, trace bleue, trace rouge et trace épique, le tout en donnant la possibilité de choisir un itinéraire famille, de louer un vélo mécanique ou un vélo électrique etc.

C’est vrai que parler de grandes aventures, de longues et superbes routes, c’est cool. Mais si le travail de promotion du vélo ne s’adresse qu’à des cyclistes convaincus, on ne fait pas avancer le nombre de pratiquants, et donc le nombre de personnes qui peuvent avoir un impact positif écologiquement parlant en troquant le vélo contre la voiture par exemple. Pour ça, vous pouvez suivre leur blog, sur lequel des récits seront partagés (en attendant, si vous les avez ratés, retrouvez nos derniers articles, les récits de Louisa et de Zoé).

Pour aller plus loin et achever le fait de vous convaincre qu’ils et elles sont cools chez La Trace, on vous partage leur manifeste ci-dessous, tout fraîchement rédigé !
De quoi donner des envies pour de futurs week-end ou vacances, non ?!

Le récit de Louisa du voyage à vélo au féminisme

Le récit de Louisa du voyage à vélo au féminisme

Durant ce mois de la mobilité consacré au vélo, on partage beaucoup de choses diverses et variées, notamment sur notre Instagram que l’on vous conseille de suivre.
A l’heure des rĂ©seaux oĂą la majoritĂ© du contenu que l’on consomme est très souvent du contenu court, aujourd’hui on vous propose de prendre le temps. Prendre le temps pour lire le rĂ©cit de Louisa, son histoire avec le vĂ©lo, de ses dĂ©buts tardifs Ă  son niveau actuel, entre mauvaises expĂ©riences et fĂ©minisme. Ce rĂ©cit s’adresse Ă  tout le monde, des personnes qui ont peur de “passer le pas” aux gens les plus expĂ©rimentĂ©s. Il est nĂ©anmoins dĂ©diĂ© Ă  toutes les femmes confrontĂ©es Ă  des murs qu’elles n’ont pas encore franchis. En espĂ©rant que cet article en aidera certaines Ă  faire tomber quelques briques.

 

Ă” Canada !

Comme tout le monde, j’ai fait du vélo enfant, mais c’est bien plus tard que ma réelle histoire d’amour avec ce dernier a commencé. Ayant grandi dans la vallée de Chamonix, je n’ai jamais trop été attirée par le vélo. Ici, les sports principaux c’étaient plutôt le ski ou le trail, notamment à cause du territoire qui n’était vraiment pas simple pour quelqu’un qui débute.
Pour vous dire, entre 15 et 20 ans, j’ai dĂ» faire 2 fois du vĂ©lo de route avec un copain, et j’ai trouvĂ© ça horrible ! J’avais un vĂ©lo pas du tout adaptĂ© et je m’étais juste dit que ce n’était pas pour moi.

Mon histoire avec le vélo a commencé loin, très loin de Chamonix : au Canada ! A 21 ans je suis partie vivre au Québec. Alors que j’avais du mal à me créer un nouveau cercle social, je me suis réfugiée très vite dans le sport. Il s’avère qu’à ce moment-là le VTT était en plein essor là-bas, il y avait beaucoup de stations de basses altitudes où le terrain s’y prêtait parfaitement, donc je me suis acheté un vélo et j’ai commencé à apprendre les bases, avant de me faire des potes de fil en aiguille grâce à ça. Ce début d’idylle avec le vélo à travers les forêts canadiennes, ça a duré un peu plus de 3 belles années au final, avant de rentrer au bercail.

Quand je suis rentrée en France, j’ai voulu continuer le VTT, avant de rapidement décider d’essayer autre chose : le vélo de route. 1 an après mon retour, me voilà prête à me lancer dans ma 1ère expérience de bikepacking. J’ai toujours eu besoin de passer beaucoup de temps seule, donc c’était l’évidence pour moi d’essayer.
Au Québec, j’avais fait quelques week-ends en mode VTT/camping, mais rien de plus.
Cette fois j’étais décidée, motivée, je vais partir longtemps en autonomie, mon vélo, mon matos et moi, rien ni personne de plus. Spoiler ? Ça a été une des pires expériences de ma vie.

 

Le bingo de la galère

Je vous la fais courte, mais je décide de partir 2 semaines et demie (ambitieuse la meuf !). Malheureusement, j’ai choisi la pire destination possible pour un trip vélo je pense : direction Madère (pour les nuls en géo qui ne veulent pas décoller de mon histoire passionnante le temps de faire une recherche Google, c’est un archipel vers le Portugal).
Pourquoi là-bas ? Bonne question ! Au départ je devais aller aux Lofoten en Norvège, avant de me dire “en fait flemme d’aller jusqu’à là-bas” et de tomber sur Madère je ne sais plus comment. Je checke une carte, je vois une route qui semble faire le tour d’une île qui n’est pas très grande, donc je me dis que 2 semaines et demie ce sera largement suffisant !
En plus je vois très peu de ressources concernant le bikepacking à Madère sur internet, donc je me dis que c’est génial, au moins il ne devrait pas y avoir trop de monde (ne faites jamais comme moi). Niveau équipement ? Je n’avais pas de vrai vélo de route, avec des grosses sacoches dans lesquelles j’allais pouvoir mettre plein de trucs, même des bouquins ! (ne faites jamais comme moi, bis). Donc tout ça étant prêt, direction un endroit que je ne connais pas, sur lequel je n’avais trouvé aucune ressource bikepacking, avec aucune expérience pour ce genre de trip, équipée n’importe comment, chargée à bloc niveau confiance en moi… Mais qu’est-ce qui pouvait bien mal se passer ?!

En fait, à peu près tout. Sans rentrer dans le détail de ce voyage que j’ai surnommé Madère La Galère, car cela prendrait des pages et des pages d’article, ou un podcast de 2 heures pour tout raconter, mais ça a été l’une des pires expériences de ma vie. Pas pire expérience vélo hein, vous avez bien lu.
DĂ©jĂ , l’île n’était pas du tout adaptĂ©e au voyage Ă  vĂ©lo : il y a des jours oĂą je passais plus de temps Ă  pousser mon vĂ©lo qu’à pĂ©daler tellement les pentes Ă©taient trop raides, surtout pour mon vĂ©lo qui Ă©tait bien trop lourd pour moi. Se rajoute Ă  ça l’énorme difficultĂ© pour trouver des endroits oĂą dormir puisque le camping sauvage est quasiment interdit partout (comment ça c’est le genre de choses qu’on vĂ©rifie avant le dĂ©part ?). Surtout, j’ai vĂ©cu un enchaĂ®nement de pĂ©ripĂ©ties improbables… Ce genre de situation oĂą je me suis retrouvĂ© Ă  gĂ©rer seule une blessure avec un problème de matos Ă  21H30 Ă  l’autre bout de l’Ă®le, Ă  2H de la moindre population qui aurait pu m’aider, sans rĂ©seau tĂ©lĂ©phone et la nuit qui commençait Ă  tomber. Ambiance ! RĂ©sultat, je suis rentrĂ©e au bout de 4 jours. DĂ©sillusion totale.

C’est impossible en quelques lignes de transmettre l’expĂ©rience que fĂ»t Madère pour moi. Pourtant, je peux le dire avec le recul, ces 4 jours m’ont totalement changĂ©. Ça a mis du temps avant que je puisse le digĂ©rer et en faire quelque chose de positif, pendant longtemps, ça a juste Ă©tĂ© une Ă©corchure Ă  vif. Après cette expĂ©rience, je ne suis pas repartie en voyage Ă  vĂ©lo seule pendant 2 ans. Parce qu’au-delĂ  de cette dernière, ce qui a suivi après fĂ»t aussi compliquĂ©.

Retour Ă  la maison ! 

Me voilà donc de retour en France, revenant de l’enfer, avec en prime une vie perso chaotique et 2 semaines de vacances encore devant moi ! C’est cool le vélo, on repart quand ?! En fait, bientôt. Je ne pouvais pas rester chez moi à me morfondre sur mon échec et j’avais le sentiment que ce n’était pas la pratique du vélo le problème, mais l’ensemble de choses entourant mon voyage.
Je me décide à me racheter le 1er vélo de route semblant potable que je trouve d’occasion (parce que la compagnie a perdu mon vélo, qui est revenu endommagé 3 semaines plus tard, décidément…) et j’envoie un message à une amie qui était équipée, expérimentée et dispo pour partir quelques jours avec elle dans le Sud avant que d’autres amis puissent se joindre à nous. Un concours de circonstances qui m’a permis de ne pas divorcer du vélo, de mettre un pansement sur une plaie qui allait mettre du temps à cicatriser.

A force d’entendre toutes ces remarques, de faire face à ces questionnements, ces jugements, j’ai fini par douter de leur véracité, à admettre que peut-être, oui, en tant que femme, des voyages solo à vélo ce n’était pas pour moi.

Être une femme seule à vélo

Après ce petit périple bien accompagnée qui a sauvé la suite de mes vacances, s’est suivie une longue période de doutes, de remise en question, de honte… Surtout, une période durant laquelle je me suis retrouvée confrontée aux innombrables remarques du monde concernant mon échec, me renvoyant à ce que j’étais avant tout : une femme seule à vélo.
C’est après Madère que débute profondément mes réflexions autour du féminisme, grâce ou à cause du fait que j’ai très vite été ramenée à ça quand il était question d’aborder mon voyage à Madère : “En même temps tu pars toute seule en tant que femme, à quoi tu t’attendais ?” “Pourquoi t’es parti comme ça toute seule en vélo ?” “En tant que femme seule, c’était sûr que t’allais avoir des problèmes”

Ce genre de phrases venant d’un peu tout le monde : familles, amis, et même des gens que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam qui se permettaient ce genre de remarques dès qu’il savait que j’avais osé partir seule. Que ce soit de la méchanceté, de l’arrogance, du mépris ou de l’inquiétude, il y avait toujours une constante : faire le lien entre le fait que ça se soit mal passé et le fait que je suis une femme.
Tout ça m’a transpercé. Quand j’étais au Québec, je n’avais jamais été confronté à des remarques sexistes, jamais on ne m’a sous entendu que parce que j’étais une femme je ne pouvais pas avoir les mêmes pratiques que les hommes. Donc en revenant en France, je ne voyais pas pourquoi ce serait différent. Il s’avère que c’est le cas et que ça a mis longtemps avant que je l’accepte et que j’en tire du positif.

On me demande souvent quel a Ă©tĂ© le dĂ©clic pour “passer le cap” de voyager seule Ă  vĂ©lo pour la première fois. Mais le cap Ă©tait naturel pour moi au dĂ©but ! Je suis partie avec beaucoup d’enthousiasme mais aussi beaucoup d’insouciance Ă  Madère, je ressentais limite une forme de fiertĂ© au fait de partir Ă  l’arrache. C’est ce qui m’a valu une double claque. Une claque lĂ -bas et une claque en revenant. Une claque en Ă©chouant, et une claque en entendant en boucle que mon Ă©chec Ă©tait une Ă©vidence du fait que je sois une femme. C’est après ça que j’ai mis du temps Ă  passer ce fameux cap, Ă  me dire que j’en Ă©tais capable. A force d’entendre toutes ces remarques, de faire face Ă  ces questionnements, ces jugements, j’ai fini par douter de leur vĂ©racitĂ©, Ă  admettre que peut-ĂŞtre, oui, en tant que femme, des voyages solo Ă  vĂ©lo ce n’était pas pour moi.

L’expérience de Madère et ce que j’ai vécu avec le retour en France a été tellement puissant que ça a pris du temps avant que je puisse voir la chose avec du recul, avant d’en faire une force.

Here we go !

Alors comment j’ai fait pour repartir ? D’abord, j’ai pris le temps. Comme dit plus haut, mon premier vrai voyage à vélo seule après Madère est arrivé 2 ans après. Entre temps, j’ai pris le temps de digérer, et de continuer à faire ce que j’aimais : pédaler. J’ai énormément amélioré mon niveau de pratique en partant une journée par ci, un week-end par là.

A côté de ça, je suis partie seule en voyage, mais pas à vélo, en van, pendant 6 mois. Un moyen pour moi de distinguer la pratique du vélo au fait de voyager seule, et de pouvoir (m’)affirmer que l’aventure Madère n’était ni liée à la pratique du vélo, ni au fait de voyager seule, et que chaque pan se tenait très bien indifféremment. Brique par brique donc, accepter de prendre le temps. En parallèle, j’ai aussi évoluée au niveau de mes convictions et mes connaissances sur le féminisme, ce qui m’a permis ensuite d’être plus sereine et plus encline à être pédagogue face aux gens qui m’interpellent sur mes choix.

Si au début ça m’agaçait (voir même me mettait en colère), aujourd’hui, quand on me demande si je n’ai pas peur, si je ne crains pas « d’avoir des problèmes » ça me donne envie de passer des heures à expliquer mon cheminement, avec compassion. A tout reprendre depuis le début pour qu’on comprenne bien ce que la peur est, par essence, et pourquoi elle est aujourd’hui en partie ce qui rend notre société malade (ou du moins ce qui l’empêche de guérir). Ça me donne envie de raconter qu’autrefois j’en emportais toujours une poignée avec moi, dans le fond d’une de mes sacoches, parce que c’était normal, tout à fait rationnel, voire rassurant, d’avoir peur. Puis comment, un jour, je suis parvenue à les déposer sur le bord d’une route de campagne et je suis partie sans me retourner. Ca me donne envie à chaque fois de dire à toutes celles et ceux qui pensent que je fuis quelque chose, ô combien ils se trompent. Car quand je pars seule à vélo, je ne suis pas en cavale, je suis en voyage. Je ne m’échappe de rien, j’agrandi l’espace dans lequel je me sens en sécurité. Je ne m’en vais pas, je vais vers le monde.

Toute la bouteille que j’ai acquise maintenant en voyage solitaire – grâce notamment Ă  Madère – est venue dĂ©gager une partie du brouillard prĂ©sent dans ma tĂŞte concernant ma lĂ©gitimitĂ©, mes capacitĂ©s, la peur des imprĂ©vus… Mais pour me retrouver aujourd’hui dans LA zone, celle oĂą j’ai assez de connaissances matĂ©rielles, assez de connaissances de la pratique et assez de confiance en moi, il a fallu que j’explore les extrĂŞmes et que je fasse plein d’erreurs. Et c’est ok, peu importe ce que l’on peut vous dire, peu importe votre identitĂ© de genre.

 

Si au dĂ©but les remarques m’agaçaient, aujourd’hui ça me donne envie de passer des heures Ă  expliquer mon cheminement, avec compassion. […] Quand je pars seule Ă  vĂ©lo, je ne suis pas en cavale, je suis en voyage. Je ne m’échappe de rien, j’agrandi l’espace dans lequel je me sens en sĂ©curitĂ©. Je ne m’en vais pas, je vais vers le monde.

Quelques conseils à retenir dans tout ça ?

Vous vous doutez bien, si je raconte un bout de mon histoire avec le vélo, ce n’est pas par égotrip. Aujourd’hui j’ai vraiment à cœur de partager des retours d’expérience à qui a envie de l’entendre, pour espérer faire sauter des verrous que des personnes, notamment des femmes, peuvent se mettre. C’est pour ça que quand vient le moment d’apporter des conseils, je suis divisée. Si je devais m’adresser à l’ancienne Louisa qui s’apprête à partir pour Madère, je pourrais être tentée de lui expliquer la vie, de lui dire fais ci, fais pas ça, prend le temps… Mais avec le recul, ce qui prédominerait, c’est de l’encourager et de m’en tenir à des conseils techniques. Oui Madère fût une expérience difficile, qui a laissé beaucoup de marques, comme d’autres expériences bonnes ou mauvaises en ont laissé. Mais ces marques font ce que je suis actuellement. Je n’ai jamais eu autant confiance en mes capacités de “bikepackeuse” qu’aujourd’hui, car j’ai pris le risque de me faire mal à un moment, comme j’ai su m’écouter et prendre le temps à d’autres.

Alors mon conseil numéro 1, ce serait le suivant : écoutez-vous !
Prenez des conseils techniques, des recommandations Ă  droite Ă  gauche Ă©videmment (par exemple, ne prenez pas d’ Ă©normes bouquins dans vos sacoches) mais dans le but de rĂ©aliser ce que vous avez envie de faire. Des conseils qui vous Ă©viteront de vous retrouver Ă  pousser votre vĂ©lo pendant 4h parce qu’il est trop lourd, mais laissez de cĂ´tĂ© les faux conseils qui remettent en cause votre envie de dĂ©part (surtout s’ils vous sont donnĂ©s par un homme bland CSP+ passĂ© la trentaine, je dis ça, je dis rien…).
Dans ce sens, je vous partage une longue liste de contenus à la fin de l’article.

Nous les nanas, on part avec un handicap de dĂ©part car on n’est pas poussĂ©es, pas supportĂ©es de la mĂŞme manière que les hommes. Alors c’est vraiment de la sororitĂ© pour moi de dire ça : il est important que nos expĂ©riences se fassent, qu’on en ressorte avec des clĂ©s de comprĂ©hensions et que ça fasse de nous des femmes plus indĂ©pendantes. Je pense que c’est ce que je dirais Ă  ma fille si j’en avais une, tout en espĂ©rant qu’à l’avenir le climat ambiant changera. Car oui, si je me mets dans la peau d’une maman qui lirait mon texte par exemple, forcĂ©ment je comprendrais qu’elle me dise qu’elle n’a pas la mĂŞme inquiĂ©tude si son fils part seul que si c’est sa fille qui part. Mais il est justement lĂ  le problème, ça ne devrait pas ĂŞtre normal. J’ai envie qu’on arrĂŞte de considĂ©rer qu’une femme seule Ă  vĂ©lo c’est moins safe qu’un homme, car mĂŞme si c’est encore vrai, c’est de toute façon moins safe d’être une femme dans la rue, d’être une femme tout court.

L’une des raisons pour lesquelles j’ai commencé à voyager seule, c’était parce que je voulais me prouver des choses à moi-même. Aujourd’hui si je continue, c’est aussi pour prouver des choses au reste du monde.

Petite (oups, grande) liste de ressources vélo-femmes-aventure etc.

Ressources bikepacking :

Films inspirants de femmes à vélo :


Comptes insta inspirants de femmes ou de groupes de femmes qui font du vélo :

  • @sistersinthewildeu
  • @le.grew
  • @girlsgonegravel
  • @breakfast_cc
  • @gow_girlsonwheels
  • @thewcollectivee
  • @samisauri
  • @desertusbikus
  • @fastwontlast.cc


Podcasts :

  • Épisode : Les baladeurs, solo et Ă  vĂ©lo de Bretagne en Iran, avec Isabel Del Real
  • Épisode : Ultra Talk, Ă©pisode #219 avec Caroline Prigent
  • Épisode : Ibex Talk, Ă©pisode #10 avec Camille Albisser
  • ChaĂ®ne : Le Grew
  • ChaĂ®ne (anglais) : Girls Gone Gravel
  • ChaĂ®ne (anglais) : Femme Cyclist Podcast
Aventure à vélo : En Suède, tout roule pour Zoé !

Aventure à vélo : En Suède, tout roule pour Zoé !

Il y a ces moments dans la vie où rien ne va. J’exagère un peu, mais mon premier voyage à vélo est tombé à pic, un mois où rien n’allait. Mon périple a marqué le début d’un été où tout s’est mis à rouler –  et c’était magique. Je vous raconte !

30 ans, ça se fête !

Quand, en janvier 2023, je reçois l’incontournable message « Save the date » pour les 30 ans de mon amie Romina, je réponds un grand OUI sans aucune hésitation. Ayant récemment déménagé à Stockholm, elle prévoit de fêter l’événement sur une péninsule proche de la ville et son anniversaire tombe le week-end du Midsommar [célébration du solstice d’été en Suède]. Une occasion à ne pas manquer !

Après ce petit moment d’euphorie, retour à la réalité : ça fait loin pour un week-end et j’évite de prendre l’avion pour mes escapades. Consciente de l’empreinte carbone que peut générer son invitation en Suède, Romina suggère aux invité·e·s de compenser leur trajet par des donations à la place des cadeaux d’anniversaire. Personnellement, ça me semblait un peu trop simple comme solution. Alors, j’étudie mes options depuis Strasbourg, en Alsace, où j’habite. Un voyage en train ? Pourquoi pas. Ou alors… y aller à vélo ? J’avais justement envie de sortir de ma zone de confort. L’idée avait germé.

Et quand y’a plus qu’à…

Quelques jours plus tard, je reçois un coup de fil de mon ami Lucas. Je lui fais part de mon projet et je lui propose de m’accompagner. Il n’a même pas besoin d’y réfléchir avant de me dire oui. Même si j’étais prête à partir seule, je suis soulagée à l’idée d’être à deux. Il s’agissait quand même de mon premier voyage à vélo.

On s’est rapidement mis d’accord sur les grandes lignes : départ de Trelleborg dans le sud de la Suède, puis cap sur les petits chemins à travers le pays jusqu’à Stockholm. Ça nous faisait un peu plus de 800 km avec environ 5 500m de dénivelé positif (oui, le pays n’est pas si plat que ça), soit une bonne dizaine de jours à vélo. Là-bas, le camping sauvage est autorisé, ce qui nous épargnait la recherche de logements. Il n’y avait plus qu’à poser nos congés et à réserver nos transports. Pour le reste, on s’est laissé porter !

Une insomnie et c’est parti !

Juin 2023 : c’est parti ! Au départ de Berlin on prend le train jusqu’à Rostock puis un ferry* de nuit jusqu’à Trelleborg, dans lequel j’ai tout de suite regretté de ne pas avoir pris de boules Quies. Notre journée à vélo démarre avec un peu de sommeil en retard, mais dans la bonne humeur. On roule le long du bord de mer puis à travers la campagne. À chaque coup de pédale, je m’éloigne un peu plus de mes préoccupations du quotidien. Seuls deux questionnements existentiels persistent : que va-t-on manger ? Et où qu’on va-t-on dormir ? 

Pour notre fin d’étape, on choisit le premier lac sur notre tracé. Il nous attend après un peu plus de 90 km. Un high five et on saute dans l’eau, l’aventure commence bien !

Un duo de choc devient une petite meute

À travers des petits villages aux maisons rouges, des chemins bordés de lupins, des forêts à perte de vue et des lacs plus beaux les uns que les autres, on continue notre chemin. Assez rapidement je perds toute notion du temps. Après deux jours j’ai l’impression d’être partie depuis deux semaines. Le troisième jour, j’arrête de compter. Enfin presque.

Le quatrième jour, on accueille Lina, la copine de Lucas, à la gare d’Älmhult. Pour elle aussi, c’est le premier voyage à vélo et elle se prend rapidement au jeu : rouler, manger, rouler, nager, manger, dormir, repartir… Avec son maillot sur lequel est écrit « No sweat, no candy » [« Pas de sueur, pas de bonbons »], Lina instaure une nouvelle tradition : le passage au stand de bonbons dans tous les supermarchés. Après l’effort, le réconfort. 

Réconfortante, mais aussi réjouissante, voilà comment je décrirais l’arrivée de notre dernier covoyageur : Josh, l’ancien colocataire de Lucas et un bon ami de Romina. À moins de 300 km de Stockholm, il nous rejoint pour la dernière ligne droite. Cet inconnu avec qui j’allais partager la tente pour les prochaines nuits a été un réel coup de cœur amical. Josh participait non seulement au bon équilibre au sein du groupe, mais il a aussi été à l’origine du hurlement instauré lors de nos passages dans les tunnels : « aouuuuwwww ! ». C’était la naissance d’une meute à vélo. Et la fin de toute prise au sérieux.

Fin heureuse et prometteuse

Arrivés à Stockholm puis sur les lieux de la fête, on était comblés. L’insomnie du début, les douleurs aux genoux – et celles aux fesses –, la journée de pluie, et les piqûres de moustique ont toutes été oubliées. Il nous restait simplement un profond sentiment de bonheur et de la gratitude pour ce qu’on venait de vivre ensemble. Ce n’était certes pas un grand exploit sportif, mais ça nous a montré que, même sans entraînement, on pouvait vivre des aventures mémorables avec les endorphines en prime. 

Et j’y ai pris goût ! Depuis la Suède je suis partie sur la route des vins d’Alsace, j’ai longé le Danube pour retourner à ma ville d’Erasmus, Budapest, et plus récemment, je suis rentrée chez mes parents en Bavière depuis Strasbourg. Ce qui me plaît particulièrement lors de ces escapades, c’est de redécouvrir des chemins que je prenais avant en voiture ou en train. J’aime le fait que changer de mode de transport rend plus créatif dans la planification de voyages, mais aussi les rencontres qui se font sur le chemin et ce sentiment d’être hors du temps lorsque je suis en mouvement. J’ai envie de remercier Romina de m’avoir envoyé ce « Save the date » en janvier 2023 : tack så mycket Romina !

*Je suis consciente qu’il y a plus vert que le ferry, mais je n’ai pas entamé ce voyage dans l’optique de jouer l’écolo parfaite. Il faut bien commencer par des petits pas. 

Note de POW France : Le ferry reste une meilleure alternative Ă  l’avion pour plusieurs raisons, de son potentiel de dĂ©carbonation au fait qu’il est pris plus souvent sur de plus petites distances, comme ici dans l’aventure de ZoĂ©. Si le sujet de l’impact du ferry vous intĂ©resse et que vous voulez savoir comment calculer son impact, un article ici

Exemples de victoires Européennes !

Exemples de victoires Européennes !

L’une des raisons principales qui nous a motivĂ© Ă  crĂ©er la campagne RIDE BIKE CLIMB VOTE avec POW Europe, c’est que le Parlement EuropĂ©en est vraiment une clĂ© pour l’environnement, un endroit oĂą l’on peut obtenir des victoires ! Ces dernières annĂ©es le Parlement EuropĂ©en est montĂ© (doucement mais sĂ»rement on l’espère) en puissance sur les sujets environnementaux. Mais il reste Ă©normĂ©ment Ă  faire et l’Ă©quilibre est fragile Ă  l’approche de ce nouveau mandat, alors on vous propose de faire un focus sur une poignĂ©e de victoires rĂ©centes avec des pistes de batailles que l’on espère remporter/faire avancer dans les annĂ©es Ă  venir. De quoi (se) motiver autour de soi Ă  aller voter dimanche !

La Loi Restauration de la nature

Elle fixe comme objectif de restaurer au moins 20% des terres et des mers de l’UE d’ici 2030 et l’ensemble des Ă©cosystèmes ayant besoin d’être restaurĂ©s d’ici 2050. Elle devrait permettre de “restaurer les Ă©cosystèmes dĂ©gradĂ©s dans tous les pays de l’UE, de contribuer Ă  la rĂ©alisation des objectifs de l’UE en matière de climat et de biodiversitĂ© et d’amĂ©liorer la sĂ©curitĂ© alimentaire.”
Pour aller plus loin

L’interdiction de la vente de vĂ©hicules thermiques d’ici 2035 
Si cela paraĂ®t loin, l’interdiction de la vente de vĂ©hicules thermiques est une bonne nouvelle, et un marqueur fort pour la transition de l’automobile mais plus gĂ©nĂ©ralement pour la transition des transports.
On aura l’occasion d’en reparler chez POW, mais beaucoup de choses peuvent se passer d’ici lĂ . La mesure est remise en cause par beaucoup de gens, et si des victoires peuvent s’obtenir, elles peuvent aussi se perdre si la tendance au Parlement bascule dans le mauvais sens.
Pour aller plus loin 

L’inscription du crime d’écocide dans la législation européenne

Cette directive est un symbole fort et un marqueur juridique majeur et inédit.
La directive o
blige les Etats membres Ă  condamner pĂ©nalement une gamme Ă©tendue d’infractions, comme le commerce illĂ©gal du bois ou l’épuisement des ressources en eau. Cela peut aller jusqu’Ă  5% du chiffre d’affaires annuel ou 40 millions d’euros.
VotĂ©e le 27 fĂ©vrier, c’est encore trop rĂ©cent pour observer la moindre conclusion puisque les Etats membres ont 2 ans pour transposer ces règles dans leurs lĂ©gislations nationales.
Pour aller plus loin

La résolution contre l’exploitation minière des fonds marins en Norvège

Un sujet loin de la montagne, mais qui est l’un des symboles incarnant le plus au niveau europĂ©en une victoire citoyenne. Car c’est bien grâce Ă  une mobilisation majeure d’ONG et de citoyens que le sujet a pu ĂŞtre prĂ©sent sur la table et que la bascule s’est faite.
Le Parlement EuropĂ©en a votĂ© en faveur d’une rĂ©solution sur la dĂ©cision de la Norvège d’autoriser l’exploitation des fonds marins (qui n’est pas membre de l’Union EuropĂ©enne). Tous les pays sont appelĂ©s Ă  soutenir un moratoire internationale. 
Si le sujet vous intĂ©resse, n’hĂ©sitez pas Ă  suivre des acteurs au coeur du sujet comme l’ONG Bloom. RĂ©cemment, une coalition citoyenne pour la protection de l’ocĂ©an s’est créée.
Pour aller plus loin 

Ce ne sont que quelques exemples, des victoires il y en a eu d’autres. Surtout, on en attend encore beaucoup dans les annĂ©es Ă  venir ! Quelques exemples de sujets sur lesquels le Parlement EuropĂ©en a le pouvoir

Sur le transport, notre sujet phare, le Parlement peut faire beaucoup de choses, avec le pouvoir de faire avancer les choses Ă  l’Ă©chelle de tous les pays pour davantage de justice sociale (comme sur les taxes) ou davantage de synergie (comme sur les trains pour le report modal).
Dans les années à venir, on plaidera pour :

– Une taxation du KĂ©rosène des avions pour investir des milliards dans des transports moins carbonĂ©s et rééquilibrer la balance avion vs train

– Soutenir massivement le transport ferroviaire en Europe, notamment pour que l’on voit Ă©merger un rĂ©seau de train de nuit bien plus important

Le Parlement, c’est aussi le pouvoir d’agir à grande échelle pour une justice sociale plus juste en taxant les ultras riches, les superprofits et les pratiques les plus polluantes qui vont avec (jets privés, yachts, produits de luxe).
C’est aussi la possibilitĂ© d’interdire dĂ©finitivement les PFAS, le Glyphosate et autres produits dangereux. Le Parlement EuropĂ©en a un rĂ©el impact nos vies, malgrĂ© l’inertie de ces dĂ©cisions ou l’opacitĂ© sur ce qu’il s’y passe.
Les annĂ©es Ă  venir seront dĂ©cisives, beaucoup d’objectifs sont Ă  atteindre pour 2030. Le Parlement qui sera Ă©lu ce dimanche, c’est donc celui qui fera en sorte que ces objectifs soient atteints ou non d’ici la fin de la dĂ©cennie. De quoi se motiver pour mettre le bureau de vote sur le trajet de sa balade dimanche non ?

Dernière chose : en tant qu’ONG, beaucoup de choses se jouent. Quoi qu’il arrive, le travail de POW et de toutes les assos continuera. Mais ce dimanche, on a l’occasion de se faciliter un tout petit peu le travail. On ne va pas choisir qui fera ou ne fera pas. On va choisir avec qui on va discuter ou contre qui on va devoir se battre dans les 5 annĂ©es Ă  venir.