Elections Européennes : les meilleurs arguments pour aller voter

Elections Européennes : les meilleurs arguments pour aller voter

Elections Européennes : les meilleurs arguments pour aller voter

Le 9 juin auront lieu les Élections EuropĂ©ennes, une Ă©chĂ©ance majeure pour la suite de la dĂ©cennie et d’une importance colossale pour les sujets environnementaux. Si vous nous suivez depuis un moment, vous savez que chez POW on assume clairement se mĂŞler de la politique : on encourage au vote, on parle des scrutins, on pointe notre doigt sur les (in)actions politiques, on sollicite, on interpelle et on donne des outils Ă  la communautĂ© lorsqu’une occasion sur un sujet se prĂ©sente pour que vous puissiez nous aider et agir avec nous. La raison Ă  tout cela est simple : l’écologie est politique. Alors on le fait toujours de façon non-partisane, c’est-Ă -dire que jamais on ne prĂ´nera un parti en particulier. Chacun vote avec ces convictions, et on se dit que si vous nous suivez, on en partage un certain nombre ! Mais si l’on ne parle pas des Ă©chĂ©ances politiques, on ne se focalise que sur les petits gestes individuels, une direction qui n’est pas la nĂ´tre. C’est pour ça qu’aujourd’hui, on vous partage une batterie d’arguments pour vous convaincre ou vous aider Ă  convaincre autour de vous de l’importance des Elections EuropĂ©ennes !

  • ➡️ Les prochaines EuropĂ©ennes auront lieu Ă  la fin de la dĂ©cennie, donc c’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de dĂ©cider qui va voter les lĂ©gislations europĂ©ennes. Ce qui se joue le 9 juin aura un impact durant des annĂ©es. Quand on sait que chaque jour compte dans la lutte contre le rĂ©chauffement climatique…
  • ➡️ C’est au Parlement EuropĂ©en qu’on a eu les plus grandes victoires en faveur du climat ces dernières annĂ©es. Alors que ce n’est pas la joie Ă  Ă©chelle nationale, avoir une Europe qui pousse un peu l’ambition climatique, ce serait loin d’être du luxe… Les victoires, on vous en parle bientĂ´t sur nos rĂ©seaux et ici dans un nouvel article!
  • ➡️ Les Elections EuropĂ©ennes donnent souvent place Ă  une abstention très forte. Une raison de plus pour se mobiliser ! moins de gens votent, plus notre vote a du poids ! En plus, contrairement Ă  la prĂ©sidentielle, ici on vote pour des listes. Selon chaque pourcentage, chaque liste aura (sauf si en-dessous de 5%) un certain nombre d’eurodĂ©putĂ©s. Ce qui veut dire que chaque vote peut faire pencher la balance pour qu’il y ait un dĂ©putĂ© de plus d’un cĂ´tĂ©, un de moins de l’autre… Ce qui est d’autant plus important que souvent les votes sont très serrĂ©s au Parlement !
  • ➡️ En France, notre vote a un poids Ă©norme puisqu’on est le 2ème pays Ă  Ă©lire le plus d’eurodĂ©putĂ©s derrière l’Allemagne, avec 81 Ă©lus (On en parle dans un post Instagram dĂ©diĂ© ici). On reprĂ©sente sans doute le pays qui a le plus d’influence en Europe dans les Ă©changes. Ce serait mieux de ne pas y envoyer trop de gens qui se fichent royalement du climat non ?
  • ➡️ On estime Ă  190 millions de personnes faisant partie de ce qu’on pourrait appeler “la communautĂ© outdoor” en Europe. C’est environ le nombre de personnes qui ont votĂ© en 2019. Les passionnĂ©es de montagnes, de forĂŞts, d’ocĂ©ans, sont largement suffisamment nombreux pour faire pencher la balance dans la direction de la protection de ces espaces naturels. Suffit de se motiver les uns et les autres !

Des arguments, il y en a encore d’autres ! Jusqu’Ă  la veille du 9 juin, on va tâcher de partager du contenu sur les rĂ©seaux pour essayer de convaincre un maximum de personnes de se dĂ©placer aux urnes pour voter en faveur de gens qui dĂ©fendent le climat. Pour ça on a besoin de vous, alors partagez autour de vous !

N PY récompense l avion et ignore le train

N PY récompense l avion et ignore le train


On passe parfois Ă  cĂ´tĂ© d’infos qui mĂ©ritent l’expression de notre mĂ©contentement citoyen : cet hiver, N’Py (un groupement de 8 stations dans les PyrĂ©nĂ©es) proposait d’offrir 2 jours de forfait de ski aux personnes prenant l’avion de Paris Ă  Tarbes grâce Ă  un partenariat avec l’aĂ©roport de Tarbes/Lourdes et la compagnie Volotea.
Une offre lunaire, Ă  l’heure oĂą les rapports s’enchainent les uns après les autres, pour montrer Ă  quel point nous fonçons dans le mur, Ă  quel point chaque hiver est pire que le prĂ©cĂ©dent…

Si certains pourraient dĂ©fendre ça en expliquant que ça ne reprĂ©sente pas un si “grand” nombre de personnes, l’offre nous fait bondir pour 2 raisons principales : 
– l’empreinte des personnes venant en avion par rapport Ă  si elles venaient en train est quand mĂŞme majeur
– surtout, le symbole est catastrophique

Pendant que l’on se bat pour que les choses avancent en terme de mobilitĂ©, que le rĂ©seau ferroviaire s’amĂ©liore, que l’on alerte sur l’impact des transports qui ne faiblit pas… Voir de telles offres constitue un dĂ©ni de la rĂ©alitĂ© scientifique. 
Il y a quelques semaines, nous partageions un article sur la situation dramatique des glaciers pyrĂ©nĂ©ens et leur rĂ´le de lanceurs d’alerte. il faut croire que mĂŞme les stations les plus proches n’entendent pas les cris de ces derniers.

Mais passĂ© l’indignation, on s’est dit qu’il fallait agir et partager cette dernière aux acteurs du terrritoire. On a Ă©crit une lettre ci-dessous invitant au dialogue et au changement sur ce sujet, envoyĂ©e il y a plusieurs semaines. 
Nous n’avons cependant pas encore eu de rĂ©ponse, malgrĂ© des retours d’acteurs du territoires nous partageant que des stations de N’PY n’Ă©taient pas au courant de l’initiative, et qu’un dialogue avait commencĂ© en vue de l’hiver prochain.

Alors pour nous aider Ă  faire rĂ©agir, vous pouvez dĂ©jà écrire via leur formulaire de contact pour les interpeller (interpeller ne veut pas dire insulter, restons bienveillants et portons un message constructif), afin de partager Ă  N’PY ce que vous pensez de l’initiative et ce que vous aimeriez voir ĂŞtre mis en place. Et si vous ĂŞtes sur le territoire, n’hĂ©sitez pas Ă  solliciter les Ă©lus/professionnels des stations concernĂ©es.

La Cour des Comptes accable les stations de montagne

La Cour des Comptes accable les stations de montagne

Il y a quelques jours, la Cour des Comptes 1 a publié un rapport nommé “Les stations de montagne face au changement climatique”. Un rapport plutôt critique, qui a fortement fait réagir des acteurs des territoires de montagne, tant associatifs qu’économiques.
Chez POW on a pris le temps de lire le rapport, lire les critiques et surtout de se rendre compte qu’il manquait un élément majeur dans toutes les discussions. On vous en parle !

D’abord, que dit ce rapport ?

Le rapport de la Cour des Comptes avait pour objectif “de prĂ©ciser les consĂ©quences du changement climatique sur le tourisme hivernal en montagne et d’examiner comment les stations s’y sont adaptĂ©es.” partant du postulat que la France est “une destination majeure pour le tourisme hivernal” (2ème au rang mondial en termes de visiteurs). Une bonne chose en soi selon nous qu’un organe indĂ©pendant comme la Cour des comptes existe et puisse Ă©tablir des rapports et Ă©mettre des recommandations sur des secteurs aussi importants.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le rapport pointe du doigt un certain nombre de problèmes sur la façon dont les stations de montagne s’adaptent face au changement climatique.
Dans la synthèse du rapport (ici), le sommaire donne le ton d’emblée :
1/ Le modèle du ski français s’essouffle»
2/ Les politiques d’adaptation restent en deçà des enjeux
3/ La nécessité d’une gouvernance élargie et d’une meilleure préservation des ressources naturelles
4/ Un subventionnement public significatif et croissant

La Cour des comptes épingle notamment des stratégies d’adaptation encore trop centrées sur le tout ski avec trop peu d’efforts selon le rapport consacrés à la diversification des activités, et la production de neige de culture comme principal recours face au manque de cette dernière. Un constat qu’il est difficile de contester au vu des actualités sur le sujet qui fleurissent chaque année, comme la récente polémique qui enfle sur la neige récupérée et transportée par camion dans les Vosges.

Notre position là-dessus est que diriger la majeure partie des subventions vers des solutions technologiques témoigne d’une vision trop court-termiste et ne peut répondre que très partiellement à la nécessité de s’adapter face aux réalités environnementales actuelles et futures.

La production de neige permet de fiabiliser l’enneigement à court terme. Mais, elle ne constitue qu’une protection relative et transitoire contre les effets du changement climatique. Son coût est en effet important et son efficacité tend à se réduire avec la hausse des températures : dans certains cas, la production de neige peut tendre vers une mal-adaptation.

Extrait du rapport de la Cour des Comptes

Des conclusions contestées par certains professionnels de la montagne

Face au rapport accablant, des réactions et notamment de vives critiques sur les propos et la méthodologie de ce dernier ont été partagées.
L’ANEM (Association Nationale des Elus de Montagne), l’ANMSM (Associations Nationale des Maires de Stations de Montagne) et Domaines Skiables de France 2 ont publié un communiqué commun pour «exprimer leur déception» et regretté le fait que la Cour des Comptes soit «restée sourde aux acteurs de terrain».
Selon eux, le panel de stations choisi ne serait pas assez représentatif (42 stations réparties sur tous les massifs ont été contrôlées) avec trop peu de ”grosses” stations dans l’échantillon.
Toujours selon eux, «ce rapport ne tient pas compte non plus de l’engouement persistant des clientèles pour les sports de neige».

Parmi les nombreuses contestations, une réponse directe sur le neige de culture qui améliorerait «nettement le modèle économique des domaines skiables et sa résilience aux aléas météorologiques sur les 3 à 5 mois d’une saison d’hiver. Ce point est démontré par les études Climsnow désormais largement répandues».
Problème selon nous ? Les résultats des études Climsnow ne sont pas accessibles publiquement. Donc dans un souci de transparence, notamment pour un secteur qui touche de nombreux fonds publics, il serait plus que souhaitable que ces études soient communiquées et accessibles à n’importe qui. Cela permettrait de répondre sur le fond et la pertinence (ou non) des résultats de ces études.

En attendant, comme à notre habitude, on a mis un peu de temps à réagir chez POW. On a préféré laisser la course aux réponses se faire sans nous, le temps d’éplucher le rapport et lire les différents retours. Et ça tombe bien, parce qu’une critique sur le rapport, on en a une de taille !

L’éternel oubliĂ© 

Quand on a vu qu’un rapport de la Cour des Comptes était sorti sur l’adaptation des stations de ski face au changement climatique, chez POW on n’attendait qu’une chose : est-ce qu’on va parler du transport ?

On le rappelle une énième fois : le transport est à la fois le principal secteur d’émissions de GES (Gaz à effet de serre) à échelle nationale (32% des émissions, loin devant tous les autres secteurs), mais il l’est d’autant plus pour la montagne puisque 57% des émissions environ d’une station sont attribuées au transport 3
Alors forcément, dans un tel rapport, on espérait que ce sujet incontournable soit abordé au moment de parler de stratégies d’adaptation.

Spoiler : ce n’est pas le cas.

A aucun moment dans le rapport complet n’est abordĂ©e la question de la mobilitĂ© des vacanciers ou des habitants. Pas de mention de l’impact de la voiture, avec la nĂ©cessitĂ© de mettre en place des stratĂ©gies de dĂ©veloppement du ferroviaire et d’accĂ©lĂ©ration du report modal concernant le dernier kilomètre pour les visiteurs français. Pas de mention non plus du trafic aĂ©rien en pointant du doigt la quantitĂ© de visiteurs lointains et l’impact majeur qui en dĂ©coule. (Exemple avec la Clusaz dont les Ă©missions des visiteurs long courrier reprĂ©sentent 2% en volume, mais 33% de l’impact carbone du transport pour la station) 4 . Pas un mot non plus sur l’importance d’accompagner de manière bien plus forte les habitants des territoires de montagnes encore massivement dĂ©pendant Ă  la voiture. 

Comment la mobilité peut-elle être autant absente d’une telle analyse et des recommandations qui en découlent, compte-tenu de son rôle prépondérant dans le réchauffement de nos montagnes, sans parler de son impact sur la pollution de l’air ?

Qu’il s’agisse de l’acheminement par voie aérienne des clientèles toujours plus éloignées, de la place prépondérante de la voiture thermique dans le transport des français à destination de la montagne, ou du manque de solutions pour la mobilité du quotidien pour les habitants des territoires concernés, le rôle pivot de la mobilité est transverse à tous les sujets évoqués dans le rapport : élargissement de la gouvernance, tourisme “4 saisons”, utilisation des finances publiques pour l’adaptation des stations, etc.

Extrait de notre lettre envoyée à la Cour des Comptes

On ose penser que si la mobilitĂ© est absente des conclusions, c’est que les analystes ont estimĂ© que la responsabilitĂ© des transports n’est pas directement imputable aux stations de montagne, ou que le problème est plus large. Mais comment sortir de l’inaction si chaque acteur ne joue pas son rĂ´le : les Ă©lus locaux attendent que la RĂ©gion fasse davantage, la RĂ©gion demande plus d’aide de l’Etat, l’Etat dit Ă  la RĂ©gion de faire mieux, la RĂ©gion dit Ă  la SNCF de faire plus avec moins, tout le monde dit que c’est trop cher et pas rentable… Et Ă  la fin, pas grand chose ne bouge, voire tout recule, et la part du transport dans le bilan carbone français ne cesse d’augmenter depuis près de 35 ans.

Et si la raison de cette absence serait justifiable pour certains par le fait que c’est un rapport sur l’adaptation et que la mobilitĂ© est plus souvent de l’ordre de l’attĂ©nuation, l’aspect transverse des transports sur les Ă©lĂ©ments mentionnĂ©s nous invite Ă  penser qu’elle aurait dĂ» avoir plus de place dans le rapport.

Pour faire remonter ce qui nous semble un oubli majeur, ou un manque de considération concernant ce sujet, nous avons écrit une lettre au Premier président de la Cour des Comptes (accessible ici) afin de lui exprimer notre regret et d’appuyer le fait que Protect Our Winters France est disponible pour partager son expertise du sujet concernant les territoires de montagnes et porter la voix de nombreux pratiquants pour qui ce sujet est un problème majeur et récurrent.

Plus d’argent, plus de concertation ?

Pour conclure, on souhaiterait appuyer sur un autre point pas assez mis en avant selon nous par la Cour des Comptes : le manque de concertation. Il nous paraĂ®t primordial, pour aller dans la bonne direction face aux enjeux environnementaux – et pour la bonne santĂ© de notre dĂ©mocratie – que des processus impliquant et entendant davantage l’avis des citoyens soient rĂ©pandus. 
Il serait tout à fait souhaitable qu’un secteur touchant autant d’argent public se voie conditionner ses aides par l’existence de plus de concertations, notamment sur la façon dont ses subventions devraient être investies. Les habitants des territoires de montagnes, en leur nom ou au travers de nombreux collectifs et associations, ont une voix à porter concernant la vie et l’avenir de leurs régions et doivent être entendues sur les sujets importants, à l’instar des Jeux Olympiques et Paralympiques 2030 (vous pouvez retrouver notre dernier article sur les JO 2030 ici)




  1. La Cour des comptes a pour mission principale de s'assurer du bon emploi de l'argent public et d'en informer les citoyens. Juridiction indépendante, elle se situe à équidistance du Parlement et du Gouvernement, qu’elle assiste l’un et l’autre .

  2. Chambre professionnelle des exploitants de domaines skiables .

  3. Source : Etude de l'ANMSM x Ademe x Mountain Riders 2010 .

  4. Source 2021, Cabinet Utopies pour la CLusaz, Bilan carbone 18-19 .

JO d Hiver 2030 en France on en est oĂą

JO d Hiver 2030 en France on en est oĂą

EDIT : Le 25 mars Antoine Pin, directeur de Protect Our Winters France, était invité à une pour une table ronde sur les Jeux Olympiques 2030, autour de la grande question : Comment aligner un méga événement avec les enjeux écologiques ?
Il était accompagné autour de la table de David Lappartient (President du CNOSF), Perrine Pelen (directrice générale des Mondiaux 2023) et Emma Haziza (Hydrologue).

L’occasion pour nous de prendre la parole pour rappeler des points importants au dĂ©bat, comme le fait que le projet est portĂ© sans consultation publique, ou encore qu’il est nĂ©cessaire qu’un organe indĂ©pendant avec une rĂ©elle capacitĂ© d’arbitrage soit impliquĂ©. On vous laisse dĂ©couvrir ça, et (re)lire ce qu’on a Ă©crit il y a quelques semaines pour comprendre notre positionnement sur ces JO 2030.

Depuis plusieurs semaines le sujet des Jeux Olympiques d’Hiver 2030 anime le monde de la montagne et une partie du monde du sport. Entre les déclarations de Laurent Wauquiez, les oppositions grandissantes, ou notre tribune mettant sur la table des critères environnementaux pour des jeux “durables”, on vous propose un récap de ces dernières semaines et notre avis détaillé sur tout ça !

Une candidature sortie du chapeau

La France a officialisé sa candidature pour l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 le 7 novembre. Portée par les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, la candidature française a été la seule retenue par le CIO le 29 novembre, écartant les candidatures de la Suède et de la Suisse, scellant (quasiment) le destin des Jeux d’hiver ouvrant la prochaine décennie.

Cette candidature a entraĂ®nĂ© et entraĂ®ne Ă©normĂ©ment de rĂ©actions et de dĂ©saccords de la part de collectifs de citoyens, d’associations… La 1ère chose mise en avant : le manque de concertation totale des citoyens. Les choses se sont faites très rapidement, sans qu’à aucun moment les populations n’aient Ă©tĂ© sollicitĂ©es. Le collectif NO JO (un collectif historiquement en opposition aux Jeux Olympiques) pointe du doigt : “une candidature faite dans l’urgence, dĂ©cidĂ©e par nos prĂ©sidents de rĂ©gions sans consultation des citoyens”. Une tribune demandant un rĂ©fĂ©rendum sur les jeux a d’ailleurs Ă©tĂ© publiĂ©e, mettant en avant le fait que “si la France organise les JOP d’hiver 2030, c’est parce que les autres ont refusĂ©”. Car oui, les candidats sont de moins en moins nombreux : l’Espagne et le Japon, initialement dans la course, ont rĂ©cemment enterrĂ© leurs espoirs d’organiser les Jeux d’hiver.
Faut dire que les raisons de faire marche arrière et les arguments nourrissant l’opposition sont nombreux : entre les impacts écologiques majeurs, les conditions climatiques qui se dégradent d’année en année ou encore les montants stratosphériques qui vont devoir être dépensés… Il y a de quoi faire !

Organiser des Jeux Olympiques va devenir de plus en plus compliqué face aux réalités environnementales. Bien avant 2030, nos modes de vie doivent changer, et les Jeux, avec toute l’importance qu’ils représentent pour nos sociétés, ne peuvent pas échapper à la règle.

Alors quid des Jeux d’Hiver 2030 et des conditions dans lesquelles ils se dĂ©rouleront ? Ces enjeux semblent ĂŞtre pris au sĂ©rieux, puisque Laurent Wauquiez a dĂ©clarĂ© vouloir organiser les « premiers JO d’hiver durables » en faisant des Alpes « la première montagne durable au monde pour les JO 2030 ». Rien que ça !

Des conditions incontournables 

En rĂ©action Ă  la candidature française, POW France avec 19 ONGs et plus d’une centaine d’athlètes, d’Ă©lus, de professionnels et habitants des territoires de montagne, de scientifiques, ou d’experts de l’environnement et de l’évĂ©nementiel, ont travaillĂ© collectivement pour dĂ©finir ce que seraient les conditions environnementales pour des Jeux d’Hiver compatibles avec le respect des limites planĂ©taires et bĂ©nĂ©fiques pour les populations et les territoires.
On a donc posĂ© 17 conditions essentielles et complĂ©mentaires, au regard des connaissances scientifiques actuelles, Ă  respecter pour pouvoir prĂ©tendre qu’un Ă©vĂ©nement d’une telle ampleur puisse espĂ©rer ĂŞtre compatible avec les enjeux Ă©cologiques. Vous pouvez les retrouver ici, avec le lien du document de travail rentrant dans le dĂ©tail sur chacun d’eux.
Depuis, nous effectuons un travail de fond pour faire valoir l’importance de ces conditions et tenter d’instaurer un dialogue avec toutes les entitĂ©s concernĂ©es par ces Jeux.

Plusieurs signataires de la tribune ont Ă©tĂ© sollicitĂ©s pour un rendez-vous Ă  l’ElysĂ©e avec plusieurs conseillers pour discuter de ces conditions. Antoine Pin, directeur de POW France, Ă©tait parmi les personnes sur place pour participer aux Ă©changes et faire valoir l’importance du travail effectuĂ©. Sans rentrer dans le dĂ©tail des Ă©changes, ce rendez-vous fut l’occasion d’aborder les points de la tribune, notamment pour voir quel point est la responsabilitĂ© de qui et sur quels points des accords et des dĂ©saccords Ă©taient ancrĂ©s pour l’instant.

Un dialogue rompu avec la région

Les principaux intĂ©ressĂ©s avec qui une discussion doit avoir lieu, ce sont les prĂ©sidents des rĂ©gions AURA et PACA : Laurent Wauquiez et Renaud Muselier. Et c’est bien lĂ  que ça coince dĂ©jĂ . Si les dĂ©clarations publiques de Laurent Wauquiez pourraient laisser penser Ă  première vue (et avec beaucoup d’optimisme) que les enjeux environnementaux seront au centre des rĂ©flexions en interne, la rĂ©alitĂ© semble bien diffĂ©rente. Suite au rendez-vous Ă  l’ElysĂ©e, l’acteur Ă©conomique Outdoor Sports Valley, qui Ă©tait prĂ©sent sur place, a vu ses adhĂ©rents (dont POW fait partie) recevoir un courrier annonçant que la rĂ©gion retirait sa subvention annuelle de 620 000 euros, au motif que OSV Ă©tait signataire de la tribune et qu’un reprĂ©sentant avait participĂ© au rendez-vous Ă  l’ElysĂ©e. Une rĂ©action qui tĂ©moigne de beaucoup de choses, mais pas d’une envie de dialoguer autour des enjeux Ă©cologiques et de la tribune avec les acteurs des territoires. Vous pouvez retrouver notre rĂ©action sur le sujet ici.
Des discussions sont en cours entre OSV et la rĂ©gion concernant cette dĂ©cision (rĂ©action d’OSV ici ). Nous espĂ©rons que cette dernière saura revoir sa position.

En démocratie, l’organisation des JO en 2030 devrait se faire avec une concertation de la population, en travaillant avec l’ensemble des acteurs du territoire, notamment les associations et ONG environnementales. C’est la trajectoire inverse qui est en train d’être prise.

C’est quoi la suite ?

La prochaine Ă©chĂ©ance concernant le destin des Jeux d’hiver 2030 est juillet prochain, date Ă  laquelle la candidature sera officialisĂ©e. Nous allons travailler durant les mois Ă  venir au fait de mettre sur toutes les tables les conditions environnementales partagĂ©es dans la tribune. Un courrier a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© et envoyĂ© au nom du collectif porteur de la tribune afin de demander un rendez-vous Ă  toutes les instances liĂ©es Ă  l’organisation de ces jeux : Ă©lus rĂ©gionaux, nationaux, mais aussi le CIO ou autres fĂ©dĂ©rations. (disponible ici). D’ici lĂ , nous vous tiendrons rĂ©gulièrement au courant de l’avancĂ©e du travail effectuĂ©. Nous allons Ă©galement partager du contenu sur l’impact des jeux d’hivers plus largement, afin de montrer avec un maximum de donnĂ©es Ă  l’appui l’importance de remettre en question le modèle existant.

POW, vous ĂŞtes pour les JO alors ?!

Quand on a dit tout ça, est-ce qu’on a rĂ©pondu de manière tranchĂ©e Ă  la question que l’on nous pose le plus :  pour ou contre les JO d’Hiver ?
En fait, on est partagĂ©s ! D’un cĂ´tĂ©, les JO restent pour les amoureux de sport un moment unique, important pour des athlètes de nombreuses disciplines peu mises en avant en dehors de cette occasion, que c’est LA compĂ©tition censĂ©e reprĂ©senter l’essence du sport Ă  travers des valeurs d’union, d’interculturalitĂ©, d’inspiration pour les plus jeunes…
MAIS force est de constater en regardant les Ă©ditions rĂ©centes comme Beijing ou encore les sujets entourant Paris 2024 comme la destruction de coraux pour l’Ă©preuve de surf Ă  Tahiti, que ce dont on est tĂ©moin c’est loin d’ĂŞtre la meilleure reprĂ©sentation du sport et de l’esprit olympique. Et on n’est clairement pas sur des Ă©vĂ©nements pouvant ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme compatibles avec les enjeux environnementaux.

Aujourd’hui, si le CIO, les organisateurs et tous les acteurs contribuant Ă  l’organisation des Jeux sont dans une bulle Ă©tanche aux constats scientifiques et aux alertes qui en dĂ©coulent, l’objectif doit ĂŞtre de percer cette bulle. On le rĂ©pète : bien avant 2030, nos modes de vie doivent changer, et les Jeux, malgrĂ© toute l’importance qu’ils reprĂ©sentent pour nos sociĂ©tĂ©s, ne peuvent pas Ă©chapper Ă  la règle. Le sport en gĂ©nĂ©ral n’a pas Ă  ĂŞtre placĂ© au-dessus des enjeux de survies que reprĂ©sentent les enjeux Ă©cologiques.
Alors dans un premier temps, l’objectif qu’on souhaite accomplir avec le travail fait sur la tribune, c’est de mettre sur la table de tout le monde ce qui devrait ĂŞtre respectĂ© pour prĂ©tendre parler de “jeux durables” et de rappeler que si ces critères ne sont pas pris en compte, alors les organisateurs devront assumer d’organiser des jeux qui ne sont pas compatibles avec les limites planĂ©taires, avec l’opposition citoyenne qui en dĂ©coulera.

Nous comprenons que de nombreuses personnes soient d’ores et dĂ©jĂ  opposĂ©es Ă  l’organisation pure et simple de Jeux Olympiques. Cela amène Ă  grande une question que notre sociĂ©tĂ© doit rapidement se poser : est-il possible d’imaginer des manifestations sportives internationales compatibles avec l’Accord de Paris ?

Chez POW on n’a pas encore la rĂ©ponse. On a choisit d’adopter cette stratĂ©gie pour faire bouger les lignes, en prenant en compte l’impact que cela pourrait avoir dans le monde du sport en gĂ©nĂ©ral que de faire bouger les lignes au niveau des Jeux Olympiques. Nous prenons Ă  bras le corps le sujet 7 ans avant, en se disant qu’il est encore temps de dialoguer. Notre position sera forcĂ©ment amenĂ©e Ă  Ă©voluer selon les rĂ©actions et positionnements des diffĂ©rentes parties prenantes dans les mois/annĂ©es Ă  venir. En attendant, on continuera d’aborder le sujet avec transparence et honnĂŞtetĂ© comme on s’efforce de le faire sur tous les autres sujets !

On ne peut que vous inviter à venir nous partager votre avis sur les réseaux sociaux et à débattre sur le sujet avec respect et bienveillance.

Merchandising bonne ou mauvaise idée

Merchandising bonne ou mauvaise idée

Avec l’arrivée de la période Noël, ou encore les vagues de pubs du Black Friday, on s’est dit que c’était le bon moment pour parler d’un sujet qu’on a longtemps mis de côté : le merchandising ! Un sujet qui s’inscrit dans une thématique plus large qu’on devait absolument aborder : l’impact de l’industrie textile.

Posons le contexte 

Pour bien aborder le sujet, on a invité 2 personnes qui connaissent très bien ce dernier lors de notre dernière Convention POWpulaire : Florian Palluel (directeur RSE de Picture, engagé avec le collectif En Mode Climat, membre du CA de POW France…) et Marie Nguyen (co-fondatrice de We Dress Fair, également dans le collectif En Mode Climat)
Alors pour avoir un tableau bien dressé et comprendre les réflexions derrière cet article, fonce voir le replay !

Le merch, une pratique rentrée dans les moeurs

 Au-delĂ  des marques, la vente de vĂŞtements aux couleurs d’une asso ou encore d’un artiste est extrĂŞmement rĂ©pandue. Faut dire que pour le cas des ONG, ça a pas mal d’avantages :
– Tu soutiens financièrement directement l’asso, donc tu soutiens une cause qui te tient Ă  cĹ“ur, tu permets Ă  l’asso de vivre/grandir…
– T’as un vĂŞtement cool qui te permet d’afficher tes convictions, de rendre curieux autour de toi, d’augmenter la visibilitĂ© de cette cause

Pourtant, en tant qu’ONG environnementale, on ne peut pas s’empêcher de penser dans l’équipe qu’on n’a pas vocation à faire la promotion de la consommation de vêtements neufs, quand on connaît ses impacts. Comme Florian l’expliquait : la trajectoire des émissions du secteur est terrifiante et totalement incompatible avec les enjeux climatiques. La faute à l’explosion de la fast fashion, voire de l’ultra fast fashion pourrait-on dire (coucou Shein) avec des prix dérisoires, des renouvellements de collection tous les 4 matins, des incitations à (sur)consommer de partout… Le tout rendu possible par des conditions de travail inhumaines la plupart du temps. Marie en a d’ailleurs parlé dans le Live, avec notamment une action menée contre cette fameuse entreprise !

C’est sûr que quand on pose ce bilan, ça ne donne pas envie de faire du shopping.
Mais on peut se dire : ok, le bilan il craint, mais c’est pas le merch d’assos qui pèse là-dedans ! Puis si POW vend des vêtements, ce sera mieux que Shein non ?
Alors oui et oui. Que ce soit chez POW ou d’autres ONG environnementales (on les as pas toutes listĂ©es, mais on ose imaginer) les matières premières pour les vĂŞtements sont de meilleures qualitĂ©s, biologiques et/ou recyclĂ©es, avec des labels et des normes bien supĂ©rieures Ă  la fast-fashion… Mais notre dilemme ne s’arrĂŞte pas Ă  l’impact de ce qu’on vend, mais aussi Ă  l’image qu’on donne ! Car le problème a beau ĂŞtre physique, il doit aussi absolument se voir sous le prisme d’une transformation culturelle majeure. Qu’est ce qui sera le « nouveau cool » de demain ? Qu’est ce qui deviendra ringard ?
Doit-on mettre au premier plan le fait que pour soutenir une cause, l’une des 1ères choses à faire est d’acheter un nouveau vêtement, sans se demander si on en aura vraiment usage ? Au risque même de créer un effet rebond car on aura fait une bonne action, à l’instar de que l’on peut observer avec Vinted et le marché de l’occasion : j’achète d’occasions, donc je peux me permettre de davantage en acheter ; j’ai beaucoup vendu d’occasions, donc je peux davantage acheter neuf car au pire je reviendrai…

C’est un débat difficile, car il ne suffit pas de se dire que ne rien acheter est la solution parfaite. Sans compter l’importance culturelle de la mode et comment elle va évoluer, aux dernières nouvelles, on portera toujours des vêtements dans en 2050, et donc on va continuer d’en acheter.

A l’arrivée, on peut te dire 2 choses :
Si tu penses qu’il y a une vraie place dans ton armoire pour un t-shirt, un sweat ou un bonnet POW, et que ça ne finira pas dans la pile de choses qu’on met 2 fois par an, alors tu peux nous soutenir en achetant quelque chose à nos couleurs (bon, tu veux une blague ? au moment où on décide parler du merch, le site est HS ! Dès que c’est bon on rajoutera le lien à l’article)

– On a rĂ©flĂ©chi Ă  un système cool pour afficher nos couleurs qui ne t’oblige pas Ă  racheter un nouveau vĂŞtement : un patch Ă  coudre sur le vĂŞtement de ton choix ! C’est dispo avec l’une de nos adhĂ©sions ici. On reçoit d’ailleurs les derniers prototypes cette semaine, alors tu pourras bientĂ´t voir Ă  quoi ils ressemblent, avec des premiers envois dĂ©but d’annĂ©e !

On en profite d’ailleurs pour te rappeller que si tu dĂ©cides de nous soutenir en adhĂ©rant d’ici le 31 dĂ©cembre, t’as moyen de gagner des supers cadeaux (va voir notre dernier post) Idem si tu es dĂ©jĂ  parmi nous, avec en plus un système de parrainage !

Pour finir, n’hésite pas à nous dire ce que toi tu penses de tout ça, que ce soit par mail ou sur les réseaux. Parce que la communauté POW, c’est nous tous !


Pour aller plus loin :

Article de WEDRESSFAIR ici, qui au-delĂ  de la partie boutique est un acteur qui sensibilise sur les enjeux liĂ©s Ă  l’industrie
Le site de En Mode Climat
Le média The GoodsGoods, centré sur ces questions