Retenue collinaire à Clusaz : récap, communiqué et interview

Retenue collinaire à Clusaz : récap, communiqué et interview

Il y a quelques semaines, le maire de la Clusaz a annoncé un moratoire concernant le projet de retenue collinaire sur le plateau de Beauregard.
On voulait vous proposer alors un récap de ce gros projet qui a animé le territoire pendant des années, avec la position des associations qui ont milité contre, mais aussi une interview de David Perillat-Amédée, adjoint au maire de la Clusaz à qui on a voulu poser plusieurs questions.
Pour rappel, vous pouvez retrouver notre position officielle sur le sujet ici 



D’abord, si le sujet ne vous parle pas trop, on se tente de vous rĂ©sumer ça en quelques lignes : la Clusaz souhaitait construire une 5Ăšme retenue collinaire, c’est-Ă -dire un trou d’environ 150 000m3 pour capter l’eau, et s’en servir Ă  la fois pour alimenter le village en eau, mais aussi pour la neige artificielle. Une consultation publique a eu lieu et a recueilli une majoritĂ© d’avis nĂ©gatif, mais la commission d’enquĂȘte a rendu un avis favorable, avant que le prĂ©fet de Haute-Savoie donne son feu vert.
 Des associations s’y sont opposĂ©es avec le soutien de nombreux citoyens, par le biais d’une ZAD (occupation des lieux) notamment. Le tribunal administratif de Grenoble, saisi par les associations, a suspendu l’arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral autorisant le lancement des travaux il y a un an, mettant en doute le caractĂšre essentiel de ces-derniers. DĂ©but septembre, le maire a annoncĂ© un moratoire sur le projet, c’est-Ă -dire la suspension du projet, alors que devait commencer des travaux mais que le tribunal n’avait pas rendu son verdict.

Cette nouvelle sonne la fin d’un dossier qui dure depuis des annĂ©es, et la victoire d’associations et citoyens qui se sont longuement opposĂ©s au projet. Du cĂŽtĂ© des Ă©lus, cela signifie qu’il n’y aura pas de 5Ăšme retenue collinaire pour l’instant. Pour entendre et comprendre les diffĂ©rentes parties, on souhaitait vous relayer d’un cĂŽtĂ© le communiquĂ© de presse de la coalition d’associations et de citoyens, et de l’autre la parole d’un Ă©lu revenant sur ce dossier.

AprĂšs la position des associations et le court rĂ©capitulatif des faits, on vous partage l’Ă©change que l’on a eu avec David Perrilat-AmĂ©dĂ©e, adjoint au maire de la Clusaz. âŹ‡ïž

La premiĂšre chose qu’on voulait vous demander, c’est revenir sur la dĂ©cision du moratoire. Comment cette dĂ©cision s’est construite en interne ?  


On se posait la question de savoir quand est-ce qu’on allait pouvoir commencer, notamment le dĂ©frichement, si on avait une rĂ©ponse du Conseil d’État favorable, est- ce qu’on allait y aller, etc. On s’est vite rendu compte que le timing n’allait pas, et puis c’Ă©tait encore un peu de tension qui allait arriver si on attaquait le dĂ©frichement rapidement. On s’est aussi rendu compte qu’on pouvait pas engager la responsabilitĂ© de la commune pour un montant de 10 millions d’euros alors qu’on ne savait mĂȘme pas quand et comment on pourrait mettre de l’eau dans cette future retenue. À un moment donnĂ©, on a dit “il faut ĂȘtre raisonnable”.
On respecte la justice, le dossier est dans la main de la justice sur le fond. Donc autant se consacrer sur d’autres projets parce qu’on a d’autres beaux projets qui vont bientĂŽt sortir. Pour l’instant, le projet a besoin d’ĂȘtre Ă©tudiĂ© par la justice sur le fond et on va travailler avec eux pour se prĂ©parer Ă  le faire un jour peut-ĂȘtre.

En tant qu’association, on voulait revenir avec vous, sur toutes les mobilisations qui ont eu lieu. Le projet a animĂ© de nombreux dĂ©bats, ça a mobilisĂ© beaucoup de gens, notamment avec de nombreux opposants qui sont venus exprimer leurs dĂ©saccords Ă  travers une ZAD, etc. Dans un premier temps, vous, comment avez-vous vĂ©cu tout ça ? Et dans un deuxiĂšme temps, comment percevez-vous que ce soit cette mobilisation qui ait amenĂ© le tribunal administratif Ă  saisir du sujet ?

Tout d’abord, c’est vrai que ça a Ă©tĂ© douloureux de vivre ces moments- lĂ , parce que je pense qu’il n’y a aucune station qui a subi autant d’attaques et deux ZADS se sont installĂ©s quand mĂȘme sur le secteur. Des enneigeurs qui ont Ă©tĂ© dĂ©tĂ©riorĂ©s, des menaces de mort qui ont Ă©tĂ© reçues, des mots plus forts que les autres qui ont Ă©tĂ© donnĂ©s et lancĂ©s envers les Ă©lus et puis aussi envers la station. Donc, je crois que je ne sais pas qui d’autre comme station de ski ou support de station de ski a vĂ©cu ça jusqu’au jour. Donc, Ă  la fois un peu de colĂšre parce que ce n’est pas dans nos habitudes, mais un peu de douleur, et aussi beaucoup d’inquiĂ©tude sur ces phĂ©nomĂšnes- lĂ . Donc oui, pas facile Ă  vivre. Pas facile Ă  vivre parce qu’ on a Ă©tĂ© le symbole du ski bashing et puis un peu un paratonnerre pendant que d’autres faisaient leurs investissements dans la neige et dans les retenues tranquillement de leur cĂŽtĂ© et que nous, on a pris un peu pour tout le monde, un peu le symbole. Ce n’est pas facile Ă  vivre pour les Ă©lus qui bossent toute la journĂ©e et les techniciens surtout.
C’est un projet aujourd’hui de la Clusaz qui est attaquĂ© par des associations, mais ça fait partie du jeu quelque part. Il faut savoir l’accepter avec humilitĂ©.

Si je comprends bien, au-delĂ  Ă©videmment des dĂ©rives que tout le monde ne peut que condamner comme les menaces de mort, vous, une des choses que vous comprenez le moins, c’est le fait que ça a Ă©tĂ© la Clusaz et pas forcĂ©ment d’autres Ă  cĂŽtĂ© de vous, plus que le fait que des personnes dĂ©cident de s’installer, etc, pour exprimer un mĂ©contentement ?

Non, le plus dur, c’est quand on voit cette mobilisation, des gens de l’extĂ©rieur, parce que dans ces mobilisations on est passĂ© discrĂštement voir ce qui se passait, et je n’ai pas vu trop de gens que je connaissais. Cette mobilisation extĂ©rieure qui s’est faite Ă  la Clusaz, ça a Ă©tĂ© violent. Tant mieux si nos voisins ont pu faire tous les projets qu’ils souhaitaient faire. Tant mieux pour eux, tant mieux pour la montagne. Maintenant, oui, la Clusaz est aussi une station qui est regardĂ©e, Ă©coutĂ©e et peut- ĂȘtre enviĂ©e pour certains, donc c’est tombĂ© sur nous. C’est peut- ĂȘtre aussi notre modĂšle Ă©conomique de La Clusaz qui est un symbole aussi dans les deux sens.

Je reviens lĂ -dessus mais c’est l’axe le plus important pour nous en tant qu’association, que ce soit ce projet ou un autre : que ce soit pour les citoyens ou pour les associations, d’un cĂŽtĂ©, c’est ultra condamnĂ© et criminalisĂ© le fait qu’il y ait des modes d’action contestataires ; et de l’autre, cela permet d’enclencher des processus totalement dĂ©mocratiques qui ne se seraient peut- ĂȘtre pas enclenchĂ©s d’autres façons.
En voyant tout ça et lĂ , avec le recul maintenant que ce “chapitre” est terminĂ©, qu’est-ce que vous pensez de ça et est-ce que vous tirez des enseignements de la façon dont ce projet a Ă©tĂ© menĂ© ? Est-ce qu’il y a des choses que vous feriez autrement Ă  l’avenir si c’Ă©tait Ă  refaire ?

Sur le processus dĂ©mocratique, il a Ă©tĂ© fait au moment des Ă©lections puisque quand nous, on est arrivĂ©, nouveau mandat, le nouveau maire et les nouveaux Ă©lus, ce n’est pas quelque chose qui Ă©tait mĂ©connu des citoyens. On a Ă©tĂ© Ă©lus Ă  plus de 60 %. C’Ă©tait marquĂ© dans nos programmes. C’Ă©tait pas mĂ©connu et on l’a su avec l’enquĂȘte publique qu’il y a eu, la grande majoritĂ© des citoyens du village soutiennent dans ce projet- lĂ  (ndlr : la majoritĂ© des personnes participantes Ă  l’enquĂȘte publique se sont opposĂ©es au projet). AprĂšs, c’est cette mobilisation extĂ©rieure
 Sur le projet en lui- mĂȘme, il y a des contestataires. TrĂšs bien, mais c’est aussi ce que reprĂ©sente ce projet- lĂ  qui est contestĂ©. Donc lĂ , ça va au- delĂ  du projet en lui- mĂȘme.
Je pense qu’il y a eu une mobilisation locale trĂšs petite parce que c’est cette petite mobilisation locale qui a fait des vagues et un tsunami par la suite.
On a le droit de ne pas ĂȘtre d’accord sur le fait qu’il soit fait Ă  cet emplacement- lĂ . ForcĂ©ment, comme toute construction, on enlĂšve des arbres et des trucs et on dĂ©nature un petit peu, mais dans le projet, il y a des compensations, il y a des choses qui sont faites pour que ça passe puisque d’ailleurs, on a toujours l’agrĂ©ment de l’environnement. Ce qui est le plus compliquĂ© pour les gens d’ici, c’est au- delĂ  de ce symbole, c’est que cette mobilisation, elle est devenue incontrĂŽlable sur d’autres sujets, sur un mĂ©lange avec d’autres sujets sociĂ©taux.
Alors pour revenir Ă  votre question, oui, il y a des leçons Ă  en tirer. Peut-ĂȘtre que sur l’ensemble des projets, il faut en parler aux associations, certes. Mais nous, ce qui nous intĂ©resse, ce sont les projets locaux. On a toujours travaillĂ© avec nos sociopros, on a toujours travaillĂ© avec nos habitants.

Effectivement, vous vous parlez d’un soutien local, d’un sujet bien connu localement, etc. Sans valider ou remettre en cause ce point, si je vous pose la question de l’avenir, c’est parce que, d’abord ça paraĂźt quasi certain que ce genre de mobilisation et l’implication de personnes sur un plus grand spectre arrivera sur d’autres projets Ă  l’avenir. Et ensuite, est-ce que vraiment, selon vous, une implication extĂ©rieure est forcĂ©ment plus dĂ©lĂ©gitimĂ©e quand on sait le nombre de personnes qui sont passionnĂ©es, amoureux de montagne, quand on sait le nombre de personnes que la montagne ramĂšne tous les ans et quand on sait l’ampleur et l’importance des sujets Ă©cologiques ?

C’est un peu philosophique, moi je suis assez pragmatique.

Je ne pense pas que ce soit philosophique, quand on prend le nombre de personnes qui vont Ă  la montagne par an, c’est Ă  peu prĂšs un français sur dix. Est-ce que les personnes qui vont plusieurs fois Ă  la montagne par an, est-ce qu’ils n’ont pas du tout de pouvoir citoyen sur un projet qui aura un impact effectivement Ă  Ă©chelle locale, mais aussi Ă  plus grande Ă©chelle territoriale ou nationale, par exemple quand on pense aux enjeux de l’eau et aux enjeux climatiques ?

Oui, aprĂšs, il faut remettre un peu les pieds sur terre. Les projets qu’on a, c’est un centre socio- culturel. Les projets qu’on a, c’est des habitations pour nos habitants, c’est des habitations pour les saisonniers.

Je ne prenais pas le cas de certains projets comme ceux-lĂ .

Avant tout, on n’est pas le totem de la montagne la Clusaz, on est un village, avec des besoins pour les habitants, ils ont des besoins de vivre Ă  l’annĂ©e.
Donc s’il y a d’autres projets qui touchent plus fermement la montagne, plus fortement la montagne, c’est sĂ»r qu’on s’y prendra autrement. C’est la rĂ©ponse qu’on attend. ForcĂ©ment, on va s’y prendre autrement. Mais on cristallise beaucoup sur ce projet d’une cinquiĂšme retenue sur la la station. Les projets de la commune, ils ne s’arrĂȘtent pas lĂ .
Donc, en fait, oui, les gens de l’extĂ©rieur, dĂ©solĂ©, mais on ne focalise que sur un projet qui dĂ©truit la montagne, alors que nous, on a toujours gĂ©rĂ© en bon pĂšre de famille et qu’on a d’autres dossiers sur lesquels on a travaillĂ© depuis deux ans.
On a un plan de diversification de nos activitĂ©s de loisirs qu’on a travaillĂ© depuis deux ans et qui va sortir. Les prioritĂ©s ne sont pas les mĂȘmes aujourd’hui. Les prioritĂ©s en 2023 ne sont pas les mĂȘmes qu’en 2020, parce qu’on sait trĂšs bien que le “tout ski” ce n’est pas lĂ  qu’il faut investir. AprĂšs, c’est sĂ»r que s’il y a des investissements qui doivent ĂȘtre faits sur le milieu montagnard, peut- ĂȘtre qu’on ira chercher un peu au-delĂ  de notre tissu local pour faire ces projets-lĂ .

Je prenais vraiment l’exemple de la retenue collinaire, qui comme vous l’avez rĂ©pĂ©tĂ©, est un symbole et en mĂȘme temps un enjeu Ă©cologique. Ce projet, Ă  l’instar d’autres projets, mĂȘme plus gros, si je prends l’exemple du Lyon-Turin, vous comprenez que ce sont des projets qui peuvent amener de plus larges mobilisations ?

Un projet comme le Lyon-Turin , effectivement je comprends qu’il peut y avoir une mobilisation nationale, internationale et que c’est un sujet de sociĂ©tĂ©. Nous, aujourd’hui, les projets qu’on a sont quand mĂȘme pas de la mĂȘme envergure.
On a quand mĂȘme beaucoup de renoncements depuis qu’on est lĂ  : l’installation d’un club MED, le renoncement d’étendre notre domaine skiable, de ne pas mettre la liaison avec le Grand-Bornand

Donc sur les sujets “extra-villages” on a dĂ©jĂ  fait pas mal de renoncements.
Maintenant, a des beaux projets qui vont sortir. Il y a une rĂ©union publique fin du mois pour exprimer tout cela Ă  la population, parce que c’est Ă  eux d’avoir la primeur de nos annonces et d’autres visions. Mais bien sĂ»r que sur des projets d’une maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, plus montagne, il faudra forcĂ©ment travailler avec les associations locales et voire territoriales pour avancer sur ces sujets- lĂ , mais on ne pose pas la question maintenant car ce qu’on va faire c’est plutĂŽt de l’ordre du tissu local.
Notre avenir est lĂ . Nous, la Clusaz, on n’a jamais Ă©tĂ© chercher des sĂ©jours long courrier, on ne s’est jamais dit d’une station internationale
 LĂ  maintenant, on a 20% de clientĂšle Ă©trangĂšre et c’est le maximum qu’on a pu avoir ces derniĂšres annĂ©es. On a quand mĂȘme une clientĂšle trĂšs franco- française et de plus, une clientĂšle trĂšs locale avec le bassin AnnĂ©cien. Aujourd’hui, on n’a pas de projets pharaoniques qui vont venir bouleverser ce milieu.

Comment le militantisme devient un crime

Comment le militantisme devient un crime

Depuis plusieurs semaines, on observe un virage dans la façon de traiter les manifestants, les militants, les associations Ă©cologistes
 On voulait s’exprimer sur cette pente glissante que prend l’Etat, Ă  un moment crucial de notre histoire vis-Ă -vis de la lutte contre la crise Ă©cologique et climatique.

Il y a quelques jours, on Ă©voquait le cas des SoulĂšvements de la Terre, menacĂ© de dissolution, et de La Ligue des Droits de l’Homme, menacĂ© de se faire couper ses financements publics (comme ça a pu arriver Ă  l’antenne France Nature Environnement Haute-Savoie). Des signes manifestes d’un danger qui nous alerte en tant qu’association environnementale : la criminalisation du militantisme.

D’abord, rappelons que les possibilitĂ©s de dissoudre ou de couper les financements publics d’une association doivent Ă©videmment exister. Mais il faudrait une vraie transparence vis-Ă -vis des critĂšres d’évaluations. Que de telles dĂ©cisions servent davantage Ă  s’assurer du bien fondĂ© des structures, et non pas uniquement un moyen de supprimer des voix incarnant une opposition lĂ©gitime. On comprend que l’Etat dĂ©cide de la dissolution d’une structure comme GĂ©nĂ©ration Identitaire par exemple, association d’extrĂȘme droite qui avait comme cƓur d’action la haine raciale, la chasse de personnes migrantes aux frontiĂšres
 Que soient rangĂ©es dans la mĂȘme catĂ©gorie des associations de dĂ©fense de l’environnement, qui alertent et se mobilisent sur des sujets Ă  travers divers moyens d’actions comme le recours en justice ou la dĂ©sobĂ©issance civile, est une manƓuvre politique inacceptable, qui ne repose sur aucun fondement sĂ©rieux.
Si nous prenons la parole, ce n’est pas uniquement pour exprimer notre profonde solidaritĂ© avec les organisations directement visĂ©es aujourd’hui par ces menaces. C’est aussi en lien avec l’existence de cette carte âŹ‡ïž

 

42 lieux sous surveillance, classĂ©s selon le degrĂ© de contestation. On y trouve la Clusaz avec l’indication “Contestation susceptible de se radicaliser Ă  court terme”, faisant rĂ©fĂ©rence Ă  la ZAD installĂ©e pour empĂȘcher la rĂ©alisation de la retenue collinaire de Beauregard. Sans remettre en cause la volontĂ© du gouvernement d’exercer un pouvoir de surveillance, les critĂšres et les mots employĂ©s ont de quoi questionner. Qu’est-ce qui explique que ces endroits soient classĂ©s de la sorte ? Qu’est-ce que cela signifie pour la suite ? Ce qu’on sait, c’est que GĂ©rald Darmanin a annoncĂ© la crĂ©ation d’une cellule “anti-ZAD”. 1

Pourtant, on a vu avec l’exemple de la Clusaz que la force citoyenne Ă©tait Ă©galement lĂ  pour faire vivre la dĂ©mocratie. C’est un collectif d’organisations, dont faisaient partie Mountain Wilderness, France Nature Environnement ou encore La Ligue de Protection des Oiseaux, qui a dĂ©posĂ© un rĂ©fĂ©rĂ© auprĂšs du tribunal administratif de Grenoble pour demander la suspension du projet. RĂ©sultat : le tribunal a suspendu l’autorisation de retenue collinaire et a dĂ©clarĂ© « qu’il existait un doute sĂ©rieux sur l’existence d’une raison impĂ©rative d’intĂ©rĂȘt public majeur permettant de dĂ©roger Ă  l’interdiction de destruction des espĂšces protĂ©gĂ©es ».
Qu’est-ce qui justifie alors d’employer des termes comme “se radicaliser” en parlant des collectifs qui Ă©taient sur place ? Est-ce qu’une association comme POW et tant d’autres ont elles aussi vocation Ă  ĂȘtre traitĂ©es de la sorte, ne serait-ce que par leurs prises de parole ?

Si on considĂšre qu’il est lĂ©gitime de s’inquiĂ©ter, c’est parce que chaque intervention du ministre de l’intĂ©rieur, GĂ©rald Darmanin, est inquiĂ©tante : tantĂŽt on peut entendre de sa part le terme â€œĂ©coterroriste” pour parler de militants qui usent de la dĂ©sobĂ©issance civile comme moyen de contestation, tantĂŽt il parle “de terrorisme intellectuel d’extrĂȘme gauche” pour parler des personnes prĂ©sentes Ă  Sainte-Soline et s’opposant aux mĂ©ga-bassines. Ce qui est non seulement une insulte aux victimes du terrorisme en France et partout dans le monde, mais aussi une insulte grave envers l’ensemble des associations et militant.es du pays.

Au-delĂ  des propos ou des menaces, cette ombre qui plane s’inscrit dans un contexte national inquiĂ©tant. On a vu le nombre de blessĂ©.es et d’arrestations exploser aprĂšs l’annonce du 49.3 dans les manifestations. La Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, s’est alarmĂ©e d’un « usage excessif de la force » de la part de la France, rappelant Ă  respecter le droit de manifester.
ClĂ©ment Voule, rapporteur spĂ©cial des Nations Unies sur le droit de rĂ©union pacifique et d’association, s’est Ă©galement exprimĂ© pour dire qu’il suivait « de trĂšs prĂšs les manifestations en cours et rappelle que les manifestations pacifiques sont un droit fondamental que les autoritĂ©s doivent garantir et protĂ©ger ».
Un contexte inquiĂ©tant avec de multiples impacts directs : un rĂ©cent sondage montre que 53% des Français.ses disent avoir peur de se rendre en manifestation et d’ĂȘtre victime de violence. Des centaines de personnes arrĂȘtĂ©es puis relĂąchĂ©es, des images de journalistes mettant en cause le maintien de l’ordre opĂ©ré  Ces semaines de mouvement social viennent illustrer un constat qui devrait toutes et tous nous inquiĂ©ter.
Est-ce normal, pour le pays des Droits de l’Homme, de voir ses citoyens avoir peur de manifester leurs dĂ©saccords? Qu’ils concernent les enjeux sociaux ou environnementaux ? Est-ce normal que des militants et associations Ă©cologistes soient assimilĂ©s Ă  des terroristes, car ces derniers alertent et se mobilisent sur des causes environnementales ?
 

L’expression de dĂ©saccord par des moyens comme la dĂ©sobĂ©issance civile ou les manifestations ne sont pas l’apanage de “militants extrĂ©mistes” comme peut l’exprimer le gouvernement. On a vu ces derniĂšres annĂ©es des mouvements de scientifiques se crĂ©er autour de cette question, comme Scientist Rebellion. On a vu Julia Steinberger, coauteur du dernier rapport du GIEC, participer Ă  une action de dĂ©sobĂ©issance civile en Suisse. On entend des scientifiques expliquer qu’ils ne savent plus comment faire rĂ©agir le gouvernement.

Pour nous, le fait que de plus en plus de citoyens dĂ©cident d’aller manifester, de s’engager dans diverses associations pour porter leur voix, exprime au contraire une envie de dĂ©mocratie forte, peut-ĂȘtre plus forte que jamais. 2 Nous sommes convaincus que cette envie ne doit pas ĂȘtre rĂ©primĂ©e mais bel et bien entendue.


Protégeons nos doudounes : François d Haene et la Capsule Hivernale

Protégeons nos doudounes : François d Haene et la Capsule Hivernale

ProtĂ©geons nos… doudounes : François d’Haene et la Capsule Hivernale !

DerniĂšre interview de la campagne Capsule !
Si vous venez d’arriver et que vous ne connaissez pas le projet, petit rattrapage ici. Rapidement : plusieurs athlĂštes, engagĂ©s Ă  diffĂ©rents niveaux, ont placĂ© symboliquement dans une capsule temporelle un objet qui leur est cher par rapport Ă  leurs pratiques.
Cette capsule sera ouverte en 2025 pour voir le chemin parcouru par chacun mais aussi par POW. Pendant plusieurs semaines, on a partagĂ© des interviews d’athlĂštes, Ă©voquant leurs diffĂ©rents projets, leurs diffĂ©rentes façons de se mobiliser
 vous pouvez tout retrouver ici.
Aujourd’hui, pour le dernier contenu de la campagne, on est de parler avec François d’Haene, l’un des plus grands coureurs d’ultra-trail du monde, qui a placĂ© sa doudoune dans la Capsule !


Bonjour François ! Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle François D’Haene, j’ai 35 ans, je fais de l’Ultra Trail et j’habite Ă  ArĂȘches-Beaufort en Savoie. 

Peux-tu nous présenter ton projet Ultra Spirit ? 

L’Ultra Spirit c’est un Ă©vĂ©nement d’Ultra Trail, qu’on a lancĂ© avec ma femme Carline. Mais pas que. C’est un Ă©vĂ©nement par Ă©quipe de trois, avec pleins de petites activitĂ©s et de moments conviviaux, de partage, de bivouac…
On souhaite rassembler et faire vivre une expĂ©rience autour de l’Ultra Trail, de maniĂšre conviviale.

NDRL : Si vous n’en aviez pas du tout entendu parler, la 1Ăšre Ă©dition de l’Ultra Spirit a eu lieu en septembre dernier. Vous pouvez avoir un aperçu de ce Ă  quoi ça ressemblait ici.
POW France est intervenu comme support pour aider Ă  la rĂ©duction de l’impact Ă©cologique de l’Ă©vĂ©nement.

Qu’est-ce qui t’a poussĂ© Ă  organiser un Ă©vĂ©nement comme l’Ultra Spirit ? 

L’Ultra Spirit pour nous, c’était une maniĂšre de crĂ©er un Ă©vĂ©nement comme on aimerait le faire et auquel on aurait envie de prendre part, en Ă©quipe. On veut arriver Ă  faire un Ă©vĂ©nement d’Ultra trail tout en Ă©tant en accord avec nos valeurs, nos envies, qui nous amuse et nous passionne.

Quel est ton rapport entre ta pratique sportive et ton engagement environnemental ? 

Lorsqu’on prend le dĂ©part d’un Ultra Trail, c’est une compĂ©tition entre les coureurs. Mais avant tout, c’est chacun qui doit faire face Ă  la nature, faire face ensemble Ă  la montagne – en la respectant. Le combat environnemental il n’est pas solitaire. On fait le mĂȘme combat pour protĂ©ger nos hivers et la montagne. 

De plus en plus d’athlĂštes prennent position sur le sujet, on l’a vu rĂ©cemment avec Andy Symonds sur les mondiaux de Trail. Comment tu vois l’impact que ça a sur la communautĂ© trail ? 

Les ultra traileurs ont une passion commune : passer des bons moments en montagne, dans la nature. C’est un bel environnement qu’il faut donc protĂ©ger. Le fait qu’il y ait toute cette communautĂ© qui pense Ă  la protection de l’environnement, par plein d’initiatives diffĂ©rentes, ça donne Ă  tout le monde de quoi rĂ©flĂ©chir, de quoi prendre conscience et d’essayer de s’amĂ©liorer, de faire toujours mieux. 

Comment as-tu connu POW ? 

Au sein de l’Ultra Trail, j’ai eu la chance de faire la connaissance de beaucoup d’athlĂštes internationaux. C’est d’ailleurs par ce biais-lĂ  que j’ai d’abord connu Protect Our Winters. Ensuite ça arrive en France et on en entend de plus en plus parler, il y a une vĂ©ritable prise de conscience autour de la protection de nos environnements, des montagnes et nos hivers – car c’est lĂ  qu’on voit la plus grande diffĂ©rence. C’est bien que de telles associations soient mises en avant et puissent faire Ă©voluer les choses. 

Comment tu vois la suite de ton engagement, notamment au travers de ton événement ? 

Je pense qu’il faut ĂȘtre lucide, personne n’est parfait. Mais tout le monde peut apporter sa pierre Ă  l’édifice pour essayer de faire changer les choses. Notamment pour protĂ©ger nos hivers. 
À travers l’Ultra Spirit, c’est aussi notre maniĂšre d’essayer de sensibiliser les gens, de faire un Ă©vĂ©nement qui soit en accord avec nos valeurs et notre envie de prĂ©server. On essaye de trouver un impact positif sur le territoire et Ă  plus large Ă©chelle, de sensibiliser toutes les gĂ©nĂ©rations. 

Un dernier mot ? 

En tant qu’ancien vigneron, j’ai plutĂŽt envie de voir le verre Ă  moitiĂ© plein, qu’à moitiĂ© vide. J’invite tout le monde Ă  poursuivre ses efforts et Ă  continuer Ă  faire bouger les choses pour que nos hivers puissent durer encore longtemps. 

 

Le mot de POW

La campagne touche Ă  sa fin… On est content de pouvoir conclure avec François et un projet ambitieux, sur lequel on essaie d’apporter notre pierre. En tant que passionnĂ©.es de montagne, de sport en nature, ces questions sont centrales. Tous les participant.es veulent continuer de pouvoir faire ou assister Ă  des Ă©vĂ©nements sportifs en montagnes, mais des changements sont et seront de plus en plus obligatoires pour que ces derniers soient alignĂ©s avec les enjeux Ă©cologiques.
On remercie François pour sa participation et son implication sur ce sujet, mais aussi pour sa participation Ă  la campagne Capsule.  Comme vous pouvez le lire dans notre article qui explique la genĂšse et l’objectif de cette campagne (ici), la Capsule sera ouverte symboliquement en 2025 pour voir les avancĂ©es des diffĂ©rents athlĂštes, des diffĂ©rents projets et, de Protect Our Winters France.
On voulait montrer Ă  travers toutes ces interviews que :
1/ Des athlĂštes osent s’engager de plus en plus, de prendre la parole de plus en plus… Donc en tant qu’association, essayons d’accompagner et de donner le bon Ă©cho Ă  leurs voix
2/ Il y a de multiples façons de s’engager, mĂȘme quand on est un.e athlĂšte profesionnel.le. On doit agir sur tous les fronts.
3/ Prendre la parole est cruciale pour rappeler que, non seulement qu’il y a urgence, mais surtout qu’un autre imaginaire est possible !

 

Le meilleur moyen pour suivre tous nos projets et nos contenus c’est de nous suivre sur les rĂ©seaux sociaux, principalement Instagram. N’hĂ©sitez pas Ă  nous Ă©crire et/ou Ă  nous rejoindre en tant qu’adhĂ©rent.es, bĂ©nĂ©voles… S’il y a bien une chose Ă  retenir de cette campagne, c’est que c’est la force du collectif qui fera bouger les lignes !

 

Protégeons nos doudounes : François d Haene et la Capsule Hivernale

Protégeons nos cordes : Liv Sansoz et la Capsule Hivernale

ProtĂ©geons nos… cordes : Liv Sansoz et la Capsule Hivernale

DerniĂšre semaine de prise de parole d’athlĂštes pour la campagne Capsule !
Si vous venez d’arriver et que vous ne connaissez pas le projet, petit rattrapage ici. Rapidement, plusieurs athlĂštes, engagĂ©s Ă  diffĂ©rents niveaux, ont placĂ© dans symboliquement dans une capsule temporelle un objet qui leur est cher par rapport Ă  leurs pratiques.
Cette capsule sera ouverte en 2025 pour voir le chemin parcouru par chacun mais aussi par POW. Pendant plusieurs semaines, on a partagĂ© des interviews d’athlĂštes, Ă©voquant leurs diffĂ©rents projets, leurs diffĂ©rentes façons de se mobiliser… vous pouvez tout retrouver ici.
Aujourd’hui, pour l’avant-derniĂšre interview, on a la joie d’avoir Liv Sansoz, une athlĂšte engagĂ©e Protect Our Winters depuis des annĂ©es !

Bonjour Liv, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Liv Sansoz, j’habite Chamonix, je suis une alpiniste, grimpeuse, skieuse et parapentiste. Cela fait plusieurs annĂ©es que je me suis engagĂ©e pour la protection de l’environnement.

Tu es une athlÚte engagée avec POW depuis des années. Comment as-tu connu POW ?

 J’ai connu POW Ă  travers les rĂ©seaux sociaux. POW US dans un premier temps. Et dĂšs que j’ai entendu parler de POW France, je suis tout de suite allĂ©e au premier meeting organisĂ© au High Five car c’était une association auprĂšs de laquelle j’avais envie de m’impliquer. 

Comment aujourd’hui tu vis ton engagement au travers de ce mouvement ? 

Je le vis au travers des actions que POW met en place. Je le vis au travers des discussions qui me font rĂ©flĂ©chir et Ă©voluer sur ma façon de consommer, de me dĂ©placer et d’envisager ma pratique. Ainsi qu’au travers de futures actions que l’on va mettre en place – et qui vont permettre de prendre une autre dimension

Aujourd’hui on n’est pas lĂ  pour parler d’un projet prĂ©cis, mais plutĂŽt de ton engagement au quotidien, est-ce que tu peux nous en parler ?

Je suis guide de haute montagne, donc tous les jours j’emmĂšne des gens en haute montagne, et j’essaie de les sensibiliser – voire de les Ă©duquer – aux bouleversements climatiques que connait notre terrain de jeu prĂ©fĂ©rĂ©. Les Alpes sont un espace trĂšs vulnĂ©rable Ă  ces changements climatiques, on est tout de suite dans le vif du sujet. On voit tout de suite les glaciers Ă©voluer de maniĂšre trĂšs rapide, les crevasses s’ouvrir aussi trĂšs rapidement, les faces s’ébouler. Je considĂšre que j’ai vraiment un rĂŽle d’éducation auprĂšs des personnes que j’emmĂšne. Pour leur dire : ça c’est vrai, c’est aujourd’hui et c’est maintenant qu’il faut qu’on agisse ensemble. 

 

En parlant d’agir, quelles actions as-tu envie de mener dans le futur ? 

Je crois qu’en 2022 on arrive vraiment Ă  une pĂ©riode oĂč il faut faire avancer les choses. Notre planĂšte va dans une direction qui n’est vraiment pas la bonne, et elle y va vraiment trop vite. On a un rĂŽle Ă  jouer pour conscientiser encore plus les personnes, Ă  agir et s’impliquer, Ă  se politiser. Une des actions que j‘aimerais mettre en place c’est Ă  travers un projet de film, pour amener plus de personnes Ă  s’impliquer, notamment au niveau politique. 

NDLR : En parlant de film, Liv a participĂ© au film Conscience. Si vous ne l’avez pas vu, vous pouvez retrouver son passage juste ci-dessous

Un message que tu as envie de faire passer au travers de cette campagne ? 

Ce qui est hyper positif avec Protect Our Winters, c’est qu’on se rend compte qu’il y a plein de solutions qui existent. Que nos mobilisations, elles ont un impact. Donc si on s’y met tous, on peut faire bouger les choses. Alors rejoignez-nous ! 



Le mot de POW

C’Ă©tait important pour nous d’avoir Liv sur la campagne Capsule. MĂȘme si elle ne vient pas prĂ©senter un projet prĂ©cis, ses engagements au quotidien et sa dĂ©termination d’agir davantage, de porter des projets pour sensibiliser sont prĂ©cieux pour nous. 
Les Alpes se rĂ©chauffent deux fois plus vite qu’Ă  l’Ă©chelle mondiale. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les montagnes sont avec les pĂŽles les endroits qui se rĂ©chauffent le plus vite sur notre planĂšte. Si le simple fait de le mentionner devrait toutes et tous nous alerter, il est difficile parfois de se rendre compte de l’urgence tant qu’elle n’est pas visible. On le voit notamment avec les Ă©vĂ©nements mĂ©tĂ©orologiques de l’annĂ©e 2022 qui ont provoquĂ© un dĂ©clic chez un certain nombre de personnes. Observer les Alpes, c’est voir de maniĂšre flagrante ce qui reste invisible pour beaucoup.
L’engagement de Liv et de tous les scientifiques, athlĂštes, associations (
) permet de faire prendre conscience de l’urgence et d’entraĂźner toujours plus de personnes Ă  se mobiliser.
On remercie Liv qui a soutenu POW trĂšs tĂŽt, qui n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  participer Ă  cette campagne et avec qui on espĂšre collaborer encore de nombreuses fois (un projet de film vous avez-dit?) pour faire bouger les lignes Ă  tous les Ă©tages !
Pour dĂ©couvrir ce qu’on fait chez POW, suivez les conseils de Liv : Rejoignez-nous !

Protégeons nos doudounes : François d Haene et la Capsule Hivernale

Protégeons nos piolets : les frÚres Ladevant et la Capsule Hivernale

ProtĂ©geons nos… piolets : les frĂšres Ladevant et la Capsule Hivernale !

4Úme épisode de notre projet de Capsule Hivernale ! Si vous avez raté les 3 premiers, tout est sur notre site avec un article pour comprendre les grandes lignes du projet à retrouver ici.
Rapide rappel pour celles et ceux qui viennent d’arriver : le projet de Capsule Hivernale consiste Ă  illustrer l’engagement de diffĂ©rents athlĂštes, portant diffĂ©rents projets, par le placement d’un objet qui leur est cher dans une capsule temporelle. Cette derniĂšre sera ouverte symboliquement l’hiver 2025 pour voir le chemin qui a Ă©tĂ© fait.
Durant quelques semaines, vous allez dĂ©couvrir des athlĂštes Ă  travers des interviews : l’occasion pour eux de parler de leurs engagements, leurs projets

Aujourd’hui, pour aborder le week-end, on retrouve les frĂšres Ladevant, qui ont placĂ© leur piolet dans la Capsule !

Bonjour ! Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Salut, nous c’est Les FrĂšres Ladevant. On est des grimpeurs amoureux de la verticalitĂ© et champions d’escalade sur glace. 


Vous avez fait un trip cet Ă©tĂ©, pour le moins original pour vous (ici pour + d’infos). Vous pouvez nous en parler ? 

C’est vrai que cet Ă©tĂ© on a fait un trip qui sortait un peu du commun, de ce qu’on avait l’habitude de faire. L’idĂ©e, c’était de prendre une aventure et de l’amĂ©liorer en ajoutant l’approche comme une part complĂšte de l’histoire, tout en essayant d’ĂȘtre sur un budget rĂ©duit au maximum, avec l’idĂ©e que cela puisse ĂȘtre reproductible pour des gens qui n’ont pas forcĂ©ment un budget colossal pour partir en expĂ©dition. 

Donc l’idĂ©e, c’Ă©tait de montrer que c’est quand mĂȘme possible de voyager, de vivre des aventures de dingue pour des budgets rĂ©duits et des impacts rĂ©duits, tout en ayant un gros aspect physique et dĂ©passement de soi. 

On est pas cyclistes, donc on s’est lancĂ©s dans une aventure avec peu d’expĂ©rience Ă  vĂ©lo. C’était bien intense. Habituellement on est sur des trips moins complets. LĂ  sur trois semaines, on a pris trois jours de repos, donc Ă  la fin on Ă©tait vraiment sur les rotules. Rajouter de la performance, en escalade, au milieu de tout ce voyage, de cette fatigue, c’était un vrai challenge ! 

Est-ce que ce projet vous a donnĂ© de nouvelles idĂ©es pour refaire ce type de format d’aventure qui inclut la performance ? 

 ComplĂštement. Ça dĂ©veloppe d’autres horizons, d’autres mĂ©langes de pratiques des disciplines. L’idĂ©e c’est de se dire que l’aventure commence au moment oĂč tu sors de chez toi. Sur trois semaines, tu as trois vraies semaines d’aventures. LĂ  ou dans d’autres expĂ©ditions plus classiques, tu as l’impression que l’aventure commence plus tard. 


Justement, changer ces habitudes, c’est pas toujours facile. Les infrastructures sont parfois limitĂ©es ou inexistantes. Est-ce que vous pensez qu’un projet comme le vĂŽtre peut inspirer les gens qui ont la capacitĂ© de changer ces infrastructures de mobilitĂ©s ? 

L’objectif de ce voyage, c’était aussi de pouvoir monter un film, avec la possibilitĂ© de le partager. Oui, on pense que c’est au travers de ces actions qu’on peut inspirer et inciter Ă  dĂ©bloquer des choses. Il y aura plus de demandes de la part des consommateurs, et cela peut aussi permettre de changer la vision de certaines personnes qui peuvent avoir des places stratĂ©giques dans ces domaines. 

Si on a une action Ă  faire Ă  notre Ă©chelle, on pense que c’est celle-là !

Ça vous parle d’utiliser votre sport comme un outil de communication sur les problĂ©matiques environnementales ou sociales ? 

On essaie d’ĂȘtre des athlĂštes Ă  impact positif. On essaie d’avoir un maximum d’impacts positifs sur la sociĂ©tĂ©, sur l’environnement… MalgrĂ© le fait qu’on pratique un sport qui est souvent nĂ©faste pour l’environnement. Et ça passe par des actions comme ça. Ça passe par le fait d’ĂȘtre ambassadeurs pour 1% for the planet et d’autres associations. 


Vous faites partie des rares athlĂštes qui participent Ă 
“1%
for the planet”. Ça implique quoi pour vous ? 

On sait qu’on peut avoir des impacts nĂ©fastes sur l’environnement. Tout n’a pas encore Ă©voluĂ©, il y a encore des choses en mouvement. Ça fait pour nous partie des solutions que de redonner un peu. Avec 1% for the planet, on soutient une association qui fait de l’alimentation vĂ©gĂ©tale. C’est notre façon d’ĂȘtre engagĂ©s dans ce combat. 

Au-delĂ  du soutien financier au travers de 1%, c’est ce qui nous a permis de dĂ©couvrir des associations. On essaie de soutenir au-delĂ  de l’aspect financier, parce que ce n’est pas lĂ  oĂč on a le plus d’impact. C’est aussi avec notre image, notre parole qu’on apporte notre soutien – ici au travers de la vĂ©gĂ©talisation des restaurations collectives. 

C’est aussi le fait de prouver que nous-mĂȘmes, on peut changer les mentalitĂ©s, et attester par le sport que l’on fait, par l’état physique dans lequel on est, que ce n’est pas forcĂ©ment bien de manger beaucoup de viandes. 


Vous ĂȘtes prĂ©sents aujourd’hui sur un projet avec d’autres athlĂštes. Est-ce que vous souhaitez aussi dĂ©velopper des projets comme celui-ci avec d’autres acteurs du milieu, pour par exemple adapter les calendriers de compĂ©titions ? 

Il faut que tout le milieu de l’Outdoor et du haut niveau ouvre un peu sa vision et ait l’esprit un peu plus large lĂ -dessus. Un projet comme celui qu’on a menĂ© cet Ă©tĂ©, avec quatre athlĂštes, un vidĂ©aste qui nous suit avec la mĂȘme Ă©thique que nous, au final ça amĂšne forcĂ©ment Ă  toucher beaucoup plus, parce qu’il y a une communautĂ© qui se met en marche en mĂȘme temps. Pour nous c’est une bonne façon de faire. Y compris des journĂ©es comme aujourd’hui (ndlr : le shooting et les interviews pour la campagne Capsule) oĂč l’on met nos forces en commun avec d’autres athlĂštes et POW. On n’aurait pas eu les Ă©paules pour le faire seul, mais on est heureux d’y participer. Il faut vraiment mettre nos forces en commun pour arriver Ă  quelque chose !

 

Le mot de POW 

Inspirer, tenter de crĂ©er un nouvel imaginaire par des aventures faites avec l’impact le plus faible possible, repenser sa mobilitĂ©… Les frĂšres Ladevant sont parfaitement dans la ligne de POW et des actions qu’on essaie de mener. Bon, eux ont poussĂ© le curseur vraiment loin en terme de difficultĂ©s et de performances ! Rien que de lire les chiffres pourrait provoquer des crampes : 700 km de vĂ©lo, 5000m de dĂ©nivelĂ©, et des grandes voies alpines dans le 8Ăšme degrĂ©… Le tout entre la France, l’Italie et l’Autriche.
Mais la performance, ce n’est pas vraiment ça le sujet, ni le plus important. Le plus important, c’est de repenser la performance et surtout, repenser nos aventures.
On ne peut ĂȘtre davantage avec eux quand ils parlent de l’aventure qui commence dĂšs le pas de la porte. C’est un leitmotiv qu’on essaie de rĂ©pĂ©ter encore et encore et qu’on devrait toutes et tous essayer de se transmettre. Que ce soit pour performer au sens propre du terme ou pour voyager, voir de nouveaux endroits, rencontrer de nouvelles personnes… tout cela est possible au final en n’allant moins loin que ce qu’on pourrait penser et chaque Ă©tape de l’aventure a son importance, son lot de choses Ă  vivre.
On trouve ça aussi gĂ©nial que nĂ©cessaire le fait que des athlĂštes comme les frĂšres Ladevant parle de cet aspect et s’engagent sur des questions de mobilitĂ© qui concernent tout le monde, mais aussi sur d’autres sujets tout aussi importants comme l’alimentation. On les remercie pour ça et pour leur participation Ă  la Capsule !
Leur film sort au printemps et on ne manquera pas d’en parler pour faire suivre les informations ! Sinon, rendez-vous en 2025 pour voir le chemin effectuĂ© !