ExtrĂŞme droite, pire ennemi du climat ?
Avant d’entrer dans le vif du sujet, si vous êtes surpris.e.s que l’on parle de l’extrême droite frontalement, vous pouvez retrouver la position de POW sur le sujet ici.
Chez POW, on a toujours pointĂ© du doigt les actes anti-Ă©cologiques du gouvernement en place, car ĂŞtre apartisan ne veut pas dire que l’on est apolitique, bien au contraire. Et après la victoire Ă©crasante de l’extrĂŞme droite aux Ă©lections europĂ©ennes et la dynamique actuelle, il nous paraissait essentiel de mettre en lumière le danger que reprĂ©sente l’accession au pouvoir du Rassemblement National (RN) pour le climat. Spoiler : dans son programme pour les lĂ©gislatives, le RN ne mentionne absolument pas le climat. Le mot n’apparaĂ®t mĂŞme pas. Entre le RN et le climat, la relation semble donc bien inexistante… on vous en parle dans tous ces points.
- – Justice Climatique 🤝 Justice SocialeÂ
- – Ne pas seulement freiner, mais reculer ! MĂŞme sur la mobilitĂ©…Â
- – Un climatodĂ©nialisme très fort
- – L’extrĂŞme droite, ce sont les scientifiques qui en parlent le mieux
- – Le RN, ennemi des associationsÂ
Justice Climatique 🤝 Justice SocialeÂ
La transition écologique sera juste, ou ne sera pas. Il est impossible de penser climat sans penser inégalités sociales et économiques. Les classes les plus populaires sont celles qui subissent le plus les effets du changement climatique. A l’inverse, les personnes les plus riches contribuent le plus à accélérer ce dernier et en sont les moins impactées. En France, 63 milliardaires émettent plus de gaz à effet de serre que la moitié de la population (~34 millions de personnes) et à l’échelle mondiale, 1% des plus riches polluent autant que 66% des plus pauvres.
Le souci avec le RN, c’est que ni le climat, ni la lutte contre les inégalités ne sont une priorité. Loiiiin de là . La politique économique du parti va largement en faveur des grosses entreprises, étant toujours très à l’écoute des gros lobbies industriels. Il vote systématiquement en défaveur des lois visant à protéger les plus modestes et réduire les inégalités, telles que le rétablissement de l’impôt sur la fortune, qui permettrait de financer une grande partie de la transition écologique.
De nombreux Ă©conomistes renommĂ©s s’opposent d’ailleurs au programme du RN, montrant qu’il s’agit d’un programme bancal, qui ne rĂ©soudra aucunement les problèmes d’inĂ©galitĂ©s Ă©conomiques, et donc sociales, et donc Ă©cologiques du pays.
Ne pas seulement freiner, mais reculer ! Même sur la mobilité…
Le programme du RN ne se contente pas de ne rien faire, il veut aussi reculer, et sur de nombreux points. L’intégralité des points, en réalité. Déjà , le RN vote systématiquement contre les lois environnementales, autant en France qu’en Europe (contre la taxation du kérosène, contre la loi de restauration de la nature, contre l’interdiction des polluants éternels (PFAS)…).
Sur les énergies renouvelables, en juin 2024, Marine Le Pen a affirmé que ces dernières n’étaient “ni propres ni renouvelables”, et souhaite démanteler toutes les éoliennes du pays. Elle ne souhaite investir que dans le nucléaire, et ne prévoit aucunement de sortir des énergies fossiles, qui sont la plus grande source d’émissions de GES dans le monde.
Concernant la mobilitĂ©, notre sujet phare chez POW, elle n’apparaĂ®t tout simplement pas dans les 22 mesures du programme du RN. Il n’y a RIEN DU TOUT. Pour trouver des informations sur ce sujet, il faut aller fouiller dans un cahier thĂ©matique tout au fond de leur site. Et lĂ , surprise, le RN prĂ©voit “d’assurer le respect du droit Ă la mobilitĂ© individuelle”. Tout ce contre quoi il faut aller. C’est-Ă -dire que le RN souhaite dĂ©taxer les carburants, revenir sur l’interdiction de la vente des voitures thermiques en 2035 (qui sont la principale source d’Ă©missions de CO2 du pays), supprimer les Zones Ă Faible Emission, et ne mentionne absolument pas le train.
Que ce soit à échelle nationale ou européenne, le RN s’oppose à tout ce que POW défend. Tous leurs votes sur l’ensemble des sujets vont à l’encontre du climat et de la justice sociale. Pour approfondir sur ce point, même s’il ne mentionne que les mesures européennes, vous pouvez retrouver notre scoreboard pour vous rendre compte de la fibre écologique fantôme de ce mouvement.
Un climatodénialisme très fort
“Il ne faut pas se baser uniquement sur les donnĂ©es du GIEC” dont les membres “ont parfois tendance Ă exagĂ©rer” – Thomas MĂ©nagĂ© dĂ©putĂ© RN sortant et candidat, aoĂ»t 2023. Marine Le Pen a Ă©galement dĂ©clarĂ© que le GIEC a “toujours Ă©tĂ© alarmiste”.
“Le 3 janvier 2024, la Suède a enregistrĂ© les tempĂ©ratures les plus basses depuis 25 ans, avec -43 degrĂ©s. Ă€ cette heure, nous n’avons pas encore de commentaires du GIEC.” – Christophe Barthès, dĂ©putĂ© RN sortant et candidat, janvier 2024. Ce dernier est Ă©galement connu pour avoir Ă©mis des doutes sur la pertinence des termes “rĂ©chauffement” ou “dĂ©règlement” du climat, et s’est questionnĂ© sur la durĂ©e du changement climatique, considĂ©rant qu’on ne sait pas ce qu’il en sera “dans 10 ans” et que ça ira peut-ĂŞtre mieux.
Remettre en cause les travaux du GIEC, qui regroupe des centaines de scientifiques renommés du monde entier pour produire des rapports sur les dernières données du changement climatique, est extrêmement grave, mais ne semble pas faire peur au RN qui fait preuve d’un climatodénialisme fort et n’hésite pas à le faire publiquement. Alors que pourtant… :
L’extrĂŞme droite, ce sont les scientifiques qui en parlent le mieux
De nombreux scientifiques renommĂ©s, comme Jean Jouzel ou ValĂ©rie Masson-Delmotte, s’inquiètent et s’expriment dans les mĂ©dias face aux risques que reprĂ©senterait le RN au pouvoir pour le climat. Jean Jouzel, mondialement reconnu pour ses travaux au sein du GIEC, a par exemple dĂ©clarĂ© que « Le RN n’a aucune ambition en termes de lutte contre le changement climatique. C’est le vide. »
On en a donc profité pour demander à des scientifiques proches de POW s’ils souhaitaient s’exprimer sur le sujet. Voici les précieux retours que l’on a eus des glaciologues Luc Moreau et Jean-Baptiste Bosson, et d’Anaïs Bigot, géoscientifique en glaciologie, géomorphologie et climat.
Je dirais qu’il faut absolument voter pour quelqu’un qui a un programme solide pour l’environnement. Il y en a qui ont des programmes qui sont vides, comme le dit Jean Jouzel. Pourquoi ? Parce que l’environnement, c’est la base, pour être en bonne santé et pour être en vie. Pour pouvoir faire de la politique, du business, jouer, s’amuser, travailler, apprendre, on est obligés d’être vivant.e.s. Comme le dit Yvan Chouinard “on ne fait pas de business sur une planète morte”. Aujourd’hui, on se doit de préserver cet environnement, de le réparer, d’avoir les bonnes solutions, et on n’a pas une minute à perdre vu qu’il y a un certain temps entre la décision et les actes. Et il y a un temps de réponse énorme dans l’environnement ! Aujourd’hui il y a des saisons où la couche d’ozone se reconstitue parce qu’on a pris les bonnes décisions il y a 30 ou 40 ans. Et les glaciers, bien sûr, sont très importants, parce qu’ils équilibrent le climat. Moins il y aura de glace et de neige, plus ça va se réchauffer car les surfaces seront de moins en moins blanches. Donc voter pour quelqu’un qui a un programme solide pour l’environnement, parce que c’est la base pour être vivant.e.s, pour pouvoir vivre sur cette planète, qui est la seule.
Face aux crises que nous avons générées, le changement climatique, la dégradation de la nature, la disparition des glaciers, la modification du cycle de l’eau, nous devons absolument réagir. Partout la montée de l’extrême droite est la pire des options possibles, celle du laisser faire et de la haine, celle qui empêche le futur. Nous devons réapprendre à vivre ensemble et nous engager à la hauteur des enjeux. Le choix qui est devant nous sera déterminant, pour nous, les générations futures et la planète. Allons voter contre l’extrême droite et pour le vivant.
Je ne suis pas lĂ pour exposer pour qui voter, mais je sais que mon cĹ“ur, ma raison ainsi que mon travail dans les sciences naturelles me disent de voter pour un parti qui considère le climat comme une prioritĂ© absolue. J’estime que l’une des missions des gĂ©oscientifiques est d’alerter sur l’importance de prioriser des partis politiques qui considèrent rĂ©ellement le climat et mettent des moyens en Ĺ“uvre. Parce que ce sont ces personnes qui disposent de rĂ©els pouvoirs pour mettre en place des lois, des restrictions, des limitations capables de suivre les recommandations scientifiques. D’ici 2100, quoi que l’on fasse aujourd’hui, le niveau des mers et ocĂ©ans va augmenter d’1m10. Mais si on ne fait rien, ce sera 4m, et ainsi de suite avec le temps qui dĂ©file et des politiques qui n’agissent pas… Il suffit de faire 500 m en voiture pour contribuer Ă la fonte de l’équivalent d’1 kg de glace. Et c’est 180 millions de personnes qui vont devoir bouger Ă cause de la montĂ©e des eaux. C’est plutĂ´t cela qui devrait interpeller, surtout le RN et ses Ă©lecteurs qui semblent tant s’inquiĂ©ter des flux migratoires. Voter pour le climat est une affaire de toutes et tous, et est une prioritĂ©.
Le RN, ennemi des associationsÂ
Entre sa brutalité vis-à -vis des manifestants écologistes, et ses attaques multiples contre les associations, notre travail sous le RN ne sera clairement pas le même. L’extrême droite attaque souvent les militants écologistes dans ses discours, n’hésitant pas à les insulter de “khmers verts” en référence aux “khmers rouges”, un mouvement politique Cambodgien extrêmement violent et coupable d’un génocide qui a tué 2 millions de personnes, une attaque très grave et d’un extrême irrespect pour les victimes de ce terrible génocide.
De plus, AnaĂŻs Sabatini, dĂ©putĂ©e RN des PyrĂ©nĂ©es Orientales, a rĂ©clamĂ© la suppression des subventions Ă l’association France Nature Environnement en 2023, reflĂ©tant le fait que le travail des associations environnementales est largement mis en pĂ©ril par l’extrĂŞme droite. Dans la mĂŞme lignĂ©e, Ă la suite des mobilisations contre les mĂ©ga-bassines Ă Sainte-Soline, des dĂ©putĂ©s RN ont soutenu la dissolution des Soulèvements de la Terre que l’on Ă©voque dans cet article. Le parti a aussi lancĂ© une pĂ©tition sur son site pour la dissolution de ce qu’il appelle des “milices d’extrĂŞme gauche”, qui montre une nouvelle fois le danger qui pèse sur les collectifs Ă©cologistes.
Pour faire face au danger que représente l’extrême droite pour le climat et la justice sociale, chacun.e a un rôle à jouer, que ce soit en faisant de la pédagogie pour montrer la réalité de ce parti aux personnes qui seraient charmées par leurs sirènes, ou surtout en encourageant toutes celles et ceux qui ont des valeurs et des convictions à l’opposé des leurs, mais qui n’auraient pas (encore) l’intention d’aller voter.
Collectivement, mobilisons-nous. La force du collectif est immense !










