Entretien avec Jean Baptiste Bosson (Marge Sauvage)

Entretien avec Jean Baptiste Bosson (Marge Sauvage)

Entretien avec Jean Baptiste Bosson

« pour bouger les lignes il nous faut être des flibustiers du monde actuel.»

Peut-on prendre position quand on est scientifique ? Peut-on être à la fois auteur·trice du GIEC et sur les plateaux TV pour expliquer que telle ou telle mesure est dangereuse pour la planète ? A partir de quand peut-on être considéré comme militant ? 

On a voulu discuter avec Jean-Baptiste Bosson, glaciologue et fondateur de l’association Marge Sauvage, de toutes ces questions. On est revenu aussi sur son parcours, de Sciences PO aux glaciers, des doutes à ses engagements associatifs. Puis on a parlé du fonctionnement du monde académique, de ses divergences avec ses confrères et consoeurs et de comment les choses devraient bouger selon lui. 

Salut Jean-Baptiste ! Peux-tu nous parler de ton parcours avant qu’on rentre dans le vif du sujet ? 

Je suis glaciologue, français et suisse, j’ai grandi dans les Alpes, mais pas du tout sur les glaciers. J’ai commencé mes études post-bac en fac de sciences politiques en relations internationales, car je crois que c’est dans la grande lignée de mon modeste chemin, que de m’intéresser au monde, d’être inquiet par l’état du monde et de pouvoir très modestement prendre ma part et agir.

Après le bac, Sciences Po était une évidence, pas par envie d’une quête de pouvoir personnel mais parce que je voulais comprendre comment fonctionne la société, où sont les leviers d’action, comment on remet l’intérêt général au cœur des projets de société.

J’ai ensuite compris que dans mon ADN personnel, j’étais beaucoup plus alpin que ce j’avais compris jusque-là et que j’avais besoin d’être proche des montagnes et de la nature. J’ai voulu devenir glaciologue en étant à Sciences Po, mais je n’ai pas vraiment compris pourquoi. Ce n’est que longtemps après que je me suis rendu compte que c’est un geste très politique, au sens d’œuvrer dans la crise écologique, que de protéger les glaciers. J’ai donc basculé d’abord vers la géographie physique, avant de partir pour un doctorat sur les glaciers alpins à Lausanne pour réaliser mon rêve de devenir glaciologue. 

Qu’est-ce qui t’a attiré vers les glaciers ? Car tu disais que ça ne faisait pas partie de ton environnement enfant, il y a  eu un déclencheur ?

En effet, je ne suis pas alpiniste, je ne viens pas d’une famille de montagnards, je ne passe pas mon temps sur les glaciers, j’en ai même peur, je ne sais pas faire des manips de cordes…

En fait, ce qui m’a attiré auprès des glaciers, je l’ai compris après, notamment en lisant Les Racines du Ciel de Romain Gary. Dans ce livre il raconte qu’il y a des écosystèmes ou des espèces qui permettent de tout comprendre et que si tu agis pour elles, tu peux faire bouger tout le système. Lui raconte ça pour les éléphants : comment un gars qui se bat en Afrique dans les années 50 au service des éléphants, contre les braconniers qui rêvent d’avoir une tête d’éléphant dans leur salon… C’est une critique totale du capitalisme, de notre vision utilitariste du monde. Une vision cartésienne du monde qu’est l’homme maître et possesseur de la nature. Et comment il faut défendre absolument une marge au-delà de l’humain et au-delà de l’utile.

La nature elle est là, nous-mêmes on vient de la nature, et il y a un droit d’existence intrinsèque de toutes composantes de la nature. Pas parce que c’est utile aux hommes – moi je ne défend pas les glaciers parce qu’ils sont utiles aux hommes – mais parce qu’ils ont un droit intrinsèque d’existence.

C’est en étant à Sciences Po que tu as compris ça ?

A Sciences Po j’ai compris deux choses qui ont fait que j’ai voulu devenir glaciologue.
“Les glaciers rendent visible l’invisible”. C’est mon confrère Luc Moreau qui m’avait dit ça, mais je ne sais pas si c’est de lui. Le changement climatique ça ne veut rien dire pour les gens, +1.3 degrés ça ne veut rien dire quand tu es chez toi. Par contre pour les glaciers alpins c’est 80% du volume initial en moins, c’est un cataclysme. Donc les glaciers placent les enjeux du climat, de l’eau, du vivant, de l’habitabilité des territoires au cœur de tout, ils permettent de tout comprendre très vite. Et donc si tu agis pour eux tu peux agir pour tout le système. Mais bien malin ceux qui veulent s’attaquer au système capitalisme à l’ère du trumpisme et des multinationales qui deviennent toujours plus riches et qui payent de moins en moins d’impôts.

Moi je ne défend pas les glaciers parce qu’ils sont utiles aux hommes – mais parce qu’ils ont un droit intrinsèque d’existence.

Avec cette conviction de vouloir agir pour les glaciers, comment t’es tu retrouvé à t’éloigner du monde académique et à t’engager dans le monde associatif dans lequel tu évolue maintenant ?

Très vite j’étais assez opposé au modèle académique. Déjà parce qu’il est ultra pyramidal et ultra concurrentiel, et oblige à mettre ta carrière avant tout, c’est-à-dire avant ta vie personnelle, avant ta famille, avant tes proches, parce que tu vas partir en post-doc etc. Deuxièmement parce qu’il est ultra concurrentiel, donc il met une ambiance assez délétère, il y a une compétition permanente entre tout le monde.

Aussi et surtout car je pense que dans l’immense crise écologique et démocratique que l’on vit, les chercheurs sont déconnectés des enjeux, ou déconnectés de la cité au sens grec du terme, de participer à la vie de la cité, et à empêcher que la démocratie s’effondre.
Moi je voulais – hyper modestement – être utile. Et je pensais qu’en labo de recherche j’aurais eu trop de blocage, je serais trop dans un petit coin du système.

Je voulais aller dans le monde associatif parce que je crois que pour bouger les lignes, il nous faut de la piraterie, il nous faut être des flibustiers du monde actuel.

J’ai donc décidé après ma thèse de travailler dans les ONG de protection de la nature, j’ai travaillé du local à l’international, puis j’ai créé depuis deux ans une micro-association qui s’appelle Marge Sauvage.

 

Tu peux en dire un peu plus sur le travail que vous faites chez Marge Sauvage ?

L’idée c’était vraiment de se positionner en interstice entre la science, les narratifs et l’action.

On continue à être producteurs de science – on a d’ailleurs soumis un papier à Nature qui est en train d’être analysé, ce qui est très bon signe – et ça c’est la base même si original car on n’est pas un acteur académique.

A côté, on réfléchit à comment on doit parler aux gens, comment on doit sortir la science et la connaissance, comment on tire la sonnette d’alarme… Parce que l’article scientifique, très peu de gens le lisent. 

Le dernier pilier, fondamental, c’est comment on contribue à la cité, à la société, aux politiques au sens large du terme, c’est-à-dire de parler aux entreprises, de parler aux lobbies, de parler aux habitants dans les territoires, aux citoyens, de parler évidemment aux élus… En somme œuvrer pour l’intérêt général.

Le gros sujet qu’on voulait aborder ensemble, c’est la place des scientifiques dans la société. Quelle est ta vision sur le fait de prendre position en tant que chercheur, et la nature des échanges que tu peux avoir avec des confrères et consoeurs ?

Je dirais qu’on vit une crise existentielle dans le monde de la recherche aujourd’hui. Elle était à ses prémisses quand j’ai commencé, mais elle s’est décuplée dans les dix dernières années. L’humanité n’a jamais été aussi consciente de la gravité de toute la situation et de son côté désespéré. Les chercheurs dans la société sont le thermomètre qui ont le nez dessus. Les gens rentrent chez eux le soir, ils ont passé leur journée dans les données sur la mort des glaciers, sur l’extinction du vivant, sur les démocraties qui s’effondrent… Ils ont même une connaissance et une maîtrise des choses souvent que le reste du commun des mortels n’a pas. 

Pour autant, se pose la question : qu’est-ce que je fais au-delà de documenter ? Quelle est ma place dans la société ? Est-ce que je suis là pour contribuer à retourner la tendance ou pas ? Et c’est là qu’il y a un profond débat, entre deux visions qui s’opposent.

L’une, qui serait, si je caricature, le chercheur dans sa tour d’ivoire qui n’est que le signal d’alarme. Pour qui ce n’est pas son problème si la société n’écoute pas.
L’autre, qui pense que ce n’est peut-être pas de notre faute si on ne nous écoute pas, mais que ce n’est pas un débat banal au café du commerce comme si on était pour l’autre équipe de foot. Le sujet est tellement haut qu’on a l’impératif d’être écouté, que le signal transcende tout. Et donc qu’il faut qu’on ait une posture à la fois de producteur de science, mais d’être aussi au coeur de la société pour faire le “SAV”, être contributeur pour dire qu’il y a des solutions, fondées sur la science, qui peuvent mettre la société dans de meilleures directions. Donc en tant que scientifiques, on est là aussi pour co-construire des solutions alternatives à celles poussées par les lobbies basées sur leurs profits.

C’est donc sur ça qu’on n’est pas d’accord avec beaucoup, car si on défend la deuxième vision, on considère que « tu fais de la politique », ce qui est une insulte suprême. Il y a deux insultes dans le monde académique : que tu n’as pas de déontologie, et que tu es militant. Si tu es un scientifique qui travaille sur les abeilles, et que tu expliques que pour les abeilles il faudrait un scénario sans pesticides, on va t’accuser d’être militant et ne plus l’écouter. Donc ce monde académique est bloqué avec ça, peu importe à quel point on détruit tout.

Si tu es un scientifique qui travaille sur les abeilles, et que tu expliques que pour les abeilles il faudrait un scénario sans pesticides, on va t’accuser d’être militant et ne plus t’écouter.

Pour toi c’est vraiment la peur de perdre leur crédibilité qui empêche beaucoup de scientifiques de prendre la parole ?

Tu es lobbyiste du pétrole, tu ne maîtrises pas les données voire même tu les bidonnes (ce qui a été prouvé à maintes reprises), tu vas partout dans le débat public, tu vas voir les élus etc. En face, t’es scientifique, tu as des données qui montrent que le pétrole détruit la planète et tu n’oses pas le dire car sinon dès que tu parles on va te traiter de militant. Donc tu n’y vas plus. C’est aussi simple que ça.

Il y a un renversement terrible des valeurs aujourd’hui, car limite on a honte de dire qu’on travaille pour l’intérêt général. Je ne suis pas militant, ou alors je suis militant de l’intérêt général et fier de l’être. Mais je ne suis pas militant du pétrole, pas militant du chaos du monde, contrairement au camp d’en face. Aujourd’hui taxer les gens de militants est devenu une insulte et on est hyper vite catégorisé.
Quand je passe sur La Terre au Carré sur France Inter, émission que j’aime beaucoup, et qu’à la fin on me dit « ah vous avez un discours engagé, vous êtes militants » …
Le monde scientifique a été « cornerisé ». On a mis les gens qui devraient être ceux qui sonnent l’alerte et aident à trouver les solutions les plus intelligentes de côté.
On le voit pourtant avec la Convention Citoyenne pour le Climat : dès qu’on met de la science on a tout.

Quand on voit le mouvement Scientist Rebellion qui grandit, ou des gens renommés comme Christophe Cassou (co-auteur du 6ème rapport du GIEC) prendre frontalement position sur le dossier de l’A69, on a l’impression que ça bouge quand même. Tu as l’impression que ces exemples sont à la marge et qu’on est encore loin du compte ?

Alors c’est à la marge, mais oui ça bouge à fond et ça va dans le bon sens.
Après là où il faut être bon, c’est qu’il faut arriver à réinventer le rôle de scientifique.
Pour ça on a besoin de plusieurs choses :  évidemment une capacité scientifique pour produire des données, la base pour comprendre le monde; ensuite une capacité de vulgarisation pour parler au grand public, pour transformer un savoir complexe en éléments simples et appréhendables; une compétence politique, au sens de mieux maîtriser le jeu politique, comprendre comment ça fonctionne.

Je n’ai aucun souci pour dire que tous les scientifiques ne doivent pas exceller dans les trois, et que chacun soit plutôt sur l’un ou sur l’autre. Par contre, le monde académique doit se requestionner sur comment il fait vivre les trois piliers. Imaginer par exemple que dans un labo il y ait des gens compétents sur chaque pilier.
Aujourd’hui beaucoup de scientifiques ne sont pas formés pour, et ne savent pas ne serait-ce que bien communiquer sur leurs travaux, et c’est normal car on ne l’apprend pas. Tu peux être un expert en mécanique quantique et ne pas savoir la différence entre une mairie et une comcom. Donc ça demande de la formation interne dans le monde académique sur comment raconter tes histoires et comment participer au débat politique constructivement.

Si je prends l’exemple de Scientist Rebellion, pour moi c’est une erreur de communication. J’aurais aimé qu’ils s’appellent plutôt « les vrais scientifiques », en plaidant plutôt que c’est ceux qui ne s’engagent pas qui ne sont pas les vrais scientifiques. Je pense que c’est un cri du cœur que de se mettre en rébellion, et j’ai un respect immense pour le courage et l’engagement de ces gens là. Chez Marge Sauvage on n’a pas choisi les mêmes modes d’actions, mais on défend qu’il y a plein de façons d’essayer de changer les choses. Et ça me va très bien, soyons tous complémentaires pour arriver à faire ce nous anime : changer la société. Moi je ne dis pas qu’il ne faut plus de scientifiques dans les labos, et je ne suis personne pour dire ça, mais je me dis juste : à quoi servent les données aujourd’hui pour empêcher que le bateau coule ? On a besoin de gens compétents ailleurs que dans la production de données pour que le bateau arrête de couler. 

Chez Marge Sauvage on défend qu’il y a plein de façons d’essayer de changer les choses. Et ça me va très bien, soyons tous complémentaires pour arriver à faire ce nous anime : changer la société.

Le casse-tête commence quand on se demande qui doit bouger en premier. Est-ce que tu penses que c’est le monde académique qui n’est pas prêt à évoluer, est-ce que c’est le monde médiatique qui bloque par son traitement, ou est-ce que ça peut aussi venir des citoyen·nes qui veulent que les scientifiques restent à leur place ?

Je pense que les principaux blocages sont soit de l’autocensure interne du côté du monde académique, soit des facteurs externes du côté du monde médiatique et surtout des gens du « camp d’en face » qui mettent la pression pour que toute parole scientifique qui sorte de son coin soit catégorisée. Moi j’ai dû faire 200 conférences dans ma vie, j’ai quand même vu pas mal de monde, et je n’ai jamais vu un citoyen qui m’a dit « là vous n’êtes pas dans votre rôle ».

Au contraire, depuis toujours je pense que la société humaine est complémentaire et que beaucoup de gens sont contents que des scientifiques poussent pour des décisions éclairées qui leurs seraient bénéfiques plutôt que de voir des lobbys influencer le monde politique pour du business as usual au détriment des gens. Surtout que les scientifiques n’ont pas vocation à prendre les décisions : moi je ne suis pas élu, je suis là pour éclairer et proposer et qu’ensuite les représentants des citoyens décident.

Pour terminer, c’est quoi la suite côté Marge Sauvage ?

On attend la publication de l’article de la part de Nature, on va aller sur le terrain faire plein de belles choses, notamment du côté des forêts primaires postglaciaires où il y a des choses à observer et à raconter.

On va sortir un documentaire avec Mathieu Navillod qui s’appelle « Après les glaciers ». Là on va partir sur Paris pour un événement avec l’UNESCO et l’UNEP (programme environnement de l’ONU) pour faire bouger la protection des glaciers à l’international. Il y a d’ailleurs eu une motion de protection des glaciers publiée en fin d’année qui a repris notre plaidoyer de protection des glaciers, et pour la première fois il y a eu une résolution de l’ONU sur le sujet. Donc pas mal de choses à l’international, et au niveau local on continue à accompagner les territoires sur des mesures de protection.

Et fin 2026 il y aura la deuxième édition du festival Agir pour les glaciers qu’on a lancé l’année dernière !

Le récit de Louisa du voyage à vélo au féminisme

Le récit de Louisa du voyage à vélo au féminisme

Durant ce mois de la mobilité consacré au vélo, on partage beaucoup de choses diverses et variées, notamment sur notre Instagram que l’on vous conseille de suivre.
A l’heure des réseaux où la majorité du contenu que l’on consomme est très souvent du contenu court, aujourd’hui on vous propose de prendre le temps. Prendre le temps pour lire le récit de Louisa, son histoire avec le vélo, de ses débuts tardifs à son niveau actuel, entre mauvaises expériences et féminisme. Ce récit s’adresse à tout le monde, des personnes qui ont peur de “passer le pas” aux gens les plus expérimentés. Il est néanmoins dédié à toutes les femmes confrontées à des murs qu’elles n’ont pas encore franchis. En espérant que cet article en aidera certaines à faire tomber quelques briques.

 

Ô Canada !

Comme tout le monde, j’ai fait du vélo enfant, mais c’est bien plus tard que ma réelle histoire d’amour avec ce dernier a commencé. Ayant grandi dans la vallée de Chamonix, je n’ai jamais trop été attirée par le vélo. Ici, les sports principaux c’étaient plutôt le ski ou le trail, notamment à cause du territoire qui n’était vraiment pas simple pour quelqu’un qui débute.
Pour vous dire, entre 15 et 20 ans, j’ai dû faire 2 fois du vélo de route avec un copain, et j’ai trouvé ça horrible ! J’avais un vélo pas du tout adapté et je m’étais juste dit que ce n’était pas pour moi.

Mon histoire avec le vélo a commencé loin, très loin de Chamonix : au Canada ! A 21 ans je suis partie vivre au Québec. Alors que j’avais du mal à me créer un nouveau cercle social, je me suis réfugiée très vite dans le sport. Il s’avère qu’à ce moment-là le VTT était en plein essor là-bas, il y avait beaucoup de stations de basses altitudes où le terrain s’y prêtait parfaitement, donc je me suis acheté un vélo et j’ai commencé à apprendre les bases, avant de me faire des potes de fil en aiguille grâce à ça. Ce début d’idylle avec le vélo à travers les forêts canadiennes, ça a duré un peu plus de 3 belles années au final, avant de rentrer au bercail.

Quand je suis rentrée en France, j’ai voulu continuer le VTT, avant de rapidement décider d’essayer autre chose : le vélo de route. 1 an après mon retour, me voilà prête à me lancer dans ma 1ère expérience de bikepacking. J’ai toujours eu besoin de passer beaucoup de temps seule, donc c’était l’évidence pour moi d’essayer.
Au Québec, j’avais fait quelques week-ends en mode VTT/camping, mais rien de plus.
Cette fois j’étais décidée, motivée, je vais partir longtemps en autonomie, mon vélo, mon matos et moi, rien ni personne de plus. Spoiler ? Ça a été une des pires expériences de ma vie.

 

Le bingo de la galère

Je vous la fais courte, mais je décide de partir 2 semaines et demie (ambitieuse la meuf !). Malheureusement, j’ai choisi la pire destination possible pour un trip vélo je pense : direction Madère (pour les nuls en géo qui ne veulent pas décoller de mon histoire passionnante le temps de faire une recherche Google, c’est un archipel vers le Portugal).
Pourquoi là-bas ? Bonne question ! Au départ je devais aller aux Lofoten en Norvège, avant de me dire “en fait flemme d’aller jusqu’à là-bas” et de tomber sur Madère je ne sais plus comment. Je checke une carte, je vois une route qui semble faire le tour d’une île qui n’est pas très grande, donc je me dis que 2 semaines et demie ce sera largement suffisant !
En plus je vois très peu de ressources concernant le bikepacking à Madère sur internet, donc je me dis que c’est génial, au moins il ne devrait pas y avoir trop de monde (ne faites jamais comme moi). Niveau équipement ? Je n’avais pas de vrai vélo de route, avec des grosses sacoches dans lesquelles j’allais pouvoir mettre plein de trucs, même des bouquins ! (ne faites jamais comme moi, bis). Donc tout ça étant prêt, direction un endroit que je ne connais pas, sur lequel je n’avais trouvé aucune ressource bikepacking, avec aucune expérience pour ce genre de trip, équipée n’importe comment, chargée à bloc niveau confiance en moi… Mais qu’est-ce qui pouvait bien mal se passer ?!

En fait, à peu près tout. Sans rentrer dans le détail de ce voyage que j’ai surnommé Madère La Galère, car cela prendrait des pages et des pages d’article, ou un podcast de 2 heures pour tout raconter, mais ça a été l’une des pires expériences de ma vie. Pas pire expérience vélo hein, vous avez bien lu.
Déjà, l’île n’était pas du tout adaptée au voyage à vélo : il y a des jours où je passais plus de temps à pousser mon vélo qu’à pédaler tellement les pentes étaient trop raides, surtout pour mon vélo qui était bien trop lourd pour moi. Se rajoute à ça l’énorme difficulté pour trouver des endroits où dormir puisque le camping sauvage est quasiment interdit partout (comment ça c’est le genre de choses qu’on vérifie avant le départ ?). Surtout, j’ai vécu un enchaînement de péripéties improbables… Ce genre de situation où je me suis retrouvé à gérer seule une blessure avec un problème de matos à 21H30 à l’autre bout de l’île, à 2H de la moindre population qui aurait pu m’aider, sans réseau téléphone et la nuit qui commençait à tomber. Ambiance ! Résultat, je suis rentrée au bout de 4 jours. Désillusion totale.

C’est impossible en quelques lignes de transmettre l’expérience que fût Madère pour moi. Pourtant, je peux le dire avec le recul, ces 4 jours m’ont totalement changé. Ça a mis du temps avant que je puisse le digérer et en faire quelque chose de positif, pendant longtemps, ça a juste été une écorchure à vif. Après cette expérience, je ne suis pas repartie en voyage à vélo seule pendant 2 ans. Parce qu’au-delà de cette dernière, ce qui a suivi après fût aussi compliqué.

Retour à la maison ! 

Me voilà donc de retour en France, revenant de l’enfer, avec en prime une vie perso chaotique et 2 semaines de vacances encore devant moi ! C’est cool le vélo, on repart quand ?! En fait, bientôt. Je ne pouvais pas rester chez moi à me morfondre sur mon échec et j’avais le sentiment que ce n’était pas la pratique du vélo le problème, mais l’ensemble de choses entourant mon voyage.
Je me décide à me racheter le 1er vélo de route semblant potable que je trouve d’occasion (parce que la compagnie a perdu mon vélo, qui est revenu endommagé 3 semaines plus tard, décidément…) et j’envoie un message à une amie qui était équipée, expérimentée et dispo pour partir quelques jours avec elle dans le Sud avant que d’autres amis puissent se joindre à nous. Un concours de circonstances qui m’a permis de ne pas divorcer du vélo, de mettre un pansement sur une plaie qui allait mettre du temps à cicatriser.

A force d’entendre toutes ces remarques, de faire face à ces questionnements, ces jugements, j’ai fini par douter de leur véracité, à admettre que peut-être, oui, en tant que femme, des voyages solo à vélo ce n’était pas pour moi.

Être une femme seule à vélo

Après ce petit périple bien accompagnée qui a sauvé la suite de mes vacances, s’est suivie une longue période de doutes, de remise en question, de honte… Surtout, une période durant laquelle je me suis retrouvée confrontée aux innombrables remarques du monde concernant mon échec, me renvoyant à ce que j’étais avant tout : une femme seule à vélo.
C’est après Madère que débute profondément mes réflexions autour du féminisme, grâce ou à cause du fait que j’ai très vite été ramenée à ça quand il était question d’aborder mon voyage à Madère : “En même temps tu pars toute seule en tant que femme, à quoi tu t’attendais ?” “Pourquoi t’es parti comme ça toute seule en vélo ?” “En tant que femme seule, c’était sûr que t’allais avoir des problèmes”

Ce genre de phrases venant d’un peu tout le monde : familles, amis, et même des gens que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam qui se permettaient ce genre de remarques dès qu’il savait que j’avais osé partir seule. Que ce soit de la méchanceté, de l’arrogance, du mépris ou de l’inquiétude, il y avait toujours une constante : faire le lien entre le fait que ça se soit mal passé et le fait que je suis une femme.
Tout ça m’a transpercé. Quand j’étais au Québec, je n’avais jamais été confronté à des remarques sexistes, jamais on ne m’a sous entendu que parce que j’étais une femme je ne pouvais pas avoir les mêmes pratiques que les hommes. Donc en revenant en France, je ne voyais pas pourquoi ce serait différent. Il s’avère que c’est le cas et que ça a mis longtemps avant que je l’accepte et que j’en tire du positif.

On me demande souvent quel a été le déclic pour “passer le cap” de voyager seule à vélo pour la première fois. Mais le cap était naturel pour moi au début ! Je suis partie avec beaucoup d’enthousiasme mais aussi beaucoup d’insouciance à Madère, je ressentais limite une forme de fierté au fait de partir à l’arrache. C’est ce qui m’a valu une double claque. Une claque là-bas et une claque en revenant. Une claque en échouant, et une claque en entendant en boucle que mon échec était une évidence du fait que je sois une femme. C’est après ça que j’ai mis du temps à passer ce fameux cap, à me dire que j’en étais capable. A force d’entendre toutes ces remarques, de faire face à ces questionnements, ces jugements, j’ai fini par douter de leur véracité, à admettre que peut-être, oui, en tant que femme, des voyages solo à vélo ce n’était pas pour moi.

L’expérience de Madère et ce que j’ai vécu avec le retour en France a été tellement puissant que ça a pris du temps avant que je puisse voir la chose avec du recul, avant d’en faire une force.

Here we go !

Alors comment j’ai fait pour repartir ? D’abord, j’ai pris le temps. Comme dit plus haut, mon premier vrai voyage à vélo seule après Madère est arrivé 2 ans après. Entre temps, j’ai pris le temps de digérer, et de continuer à faire ce que j’aimais : pédaler. J’ai énormément amélioré mon niveau de pratique en partant une journée par ci, un week-end par là.

A côté de ça, je suis partie seule en voyage, mais pas à vélo, en van, pendant 6 mois. Un moyen pour moi de distinguer la pratique du vélo au fait de voyager seule, et de pouvoir (m’)affirmer que l’aventure Madère n’était ni liée à la pratique du vélo, ni au fait de voyager seule, et que chaque pan se tenait très bien indifféremment. Brique par brique donc, accepter de prendre le temps. En parallèle, j’ai aussi évoluée au niveau de mes convictions et mes connaissances sur le féminisme, ce qui m’a permis ensuite d’être plus sereine et plus encline à être pédagogue face aux gens qui m’interpellent sur mes choix.

Si au début ça m’agaçait (voir même me mettait en colère), aujourd’hui, quand on me demande si je n’ai pas peur, si je ne crains pas « d’avoir des problèmes » ça me donne envie de passer des heures à expliquer mon cheminement, avec compassion. A tout reprendre depuis le début pour qu’on comprenne bien ce que la peur est, par essence, et pourquoi elle est aujourd’hui en partie ce qui rend notre société malade (ou du moins ce qui l’empêche de guérir). Ça me donne envie de raconter qu’autrefois j’en emportais toujours une poignée avec moi, dans le fond d’une de mes sacoches, parce que c’était normal, tout à fait rationnel, voire rassurant, d’avoir peur. Puis comment, un jour, je suis parvenue à les déposer sur le bord d’une route de campagne et je suis partie sans me retourner. Ca me donne envie à chaque fois de dire à toutes celles et ceux qui pensent que je fuis quelque chose, ô combien ils se trompent. Car quand je pars seule à vélo, je ne suis pas en cavale, je suis en voyage. Je ne m’échappe de rien, j’agrandi l’espace dans lequel je me sens en sécurité. Je ne m’en vais pas, je vais vers le monde.

Toute la bouteille que j’ai acquise maintenant en voyage solitaire – grâce notamment à Madère – est venue dégager une partie du brouillard présent dans ma tête concernant ma légitimité, mes capacités, la peur des imprévus… Mais pour me retrouver aujourd’hui dans LA zone, celle où j’ai assez de connaissances matérielles, assez de connaissances de la pratique et assez de confiance en moi, il a fallu que j’explore les extrêmes et que je fasse plein d’erreurs. Et c’est ok, peu importe ce que l’on peut vous dire, peu importe votre identité de genre.

 

Si au début les remarques m’agaçaient, aujourd’hui ça me donne envie de passer des heures à expliquer mon cheminement, avec compassion. […] Quand je pars seule à vélo, je ne suis pas en cavale, je suis en voyage. Je ne m’échappe de rien, j’agrandi l’espace dans lequel je me sens en sécurité. Je ne m’en vais pas, je vais vers le monde.

Quelques conseils à retenir dans tout ça ?

Vous vous doutez bien, si je raconte un bout de mon histoire avec le vélo, ce n’est pas par égotrip. Aujourd’hui j’ai vraiment à cœur de partager des retours d’expérience à qui a envie de l’entendre, pour espérer faire sauter des verrous que des personnes, notamment des femmes, peuvent se mettre. C’est pour ça que quand vient le moment d’apporter des conseils, je suis divisée. Si je devais m’adresser à l’ancienne Louisa qui s’apprête à partir pour Madère, je pourrais être tentée de lui expliquer la vie, de lui dire fais ci, fais pas ça, prend le temps… Mais avec le recul, ce qui prédominerait, c’est de l’encourager et de m’en tenir à des conseils techniques. Oui Madère fût une expérience difficile, qui a laissé beaucoup de marques, comme d’autres expériences bonnes ou mauvaises en ont laissé. Mais ces marques font ce que je suis actuellement. Je n’ai jamais eu autant confiance en mes capacités de “bikepackeuse” qu’aujourd’hui, car j’ai pris le risque de me faire mal à un moment, comme j’ai su m’écouter et prendre le temps à d’autres.

Alors mon conseil numéro 1, ce serait le suivant : écoutez-vous !
Prenez des conseils techniques, des recommandations à droite à gauche évidemment (par exemple, ne prenez pas d’ énormes bouquins dans vos sacoches) mais dans le but de réaliser ce que vous avez envie de faire. Des conseils qui vous éviteront de vous retrouver à pousser votre vélo pendant 4h parce qu’il est trop lourd, mais laissez de côté les faux conseils qui remettent en cause votre envie de départ (surtout s’ils vous sont donnés par un homme bland CSP+ passé la trentaine, je dis ça, je dis rien…).
Dans ce sens, je vous partage une longue liste de contenus à la fin de l’article.

Nous les nanas, on part avec un handicap de départ car on n’est pas poussées, pas supportées de la même manière que les hommes. Alors c’est vraiment de la sororité pour moi de dire ça : il est important que nos expériences se fassent, qu’on en ressorte avec des clés de compréhensions et que ça fasse de nous des femmes plus indépendantes. Je pense que c’est ce que je dirais à ma fille si j’en avais une, tout en espérant qu’à l’avenir le climat ambiant changera. Car oui, si je me mets dans la peau d’une maman qui lirait mon texte par exemple, forcément je comprendrais qu’elle me dise qu’elle n’a pas la même inquiétude si son fils part seul que si c’est sa fille qui part. Mais il est justement là le problème, ça ne devrait pas être normal. J’ai envie qu’on arrête de considérer qu’une femme seule à vélo c’est moins safe qu’un homme, car même si c’est encore vrai, c’est de toute façon moins safe d’être une femme dans la rue, d’être une femme tout court.

L’une des raisons pour lesquelles j’ai commencé à voyager seule, c’était parce que je voulais me prouver des choses à moi-même. Aujourd’hui si je continue, c’est aussi pour prouver des choses au reste du monde.

Petite (oups, grande) liste de ressources vélo-femmes-aventure etc.

Ressources bikepacking :

Films inspirants de femmes à vélo :


Comptes insta inspirants de femmes ou de groupes de femmes qui font du vélo :

  • @sistersinthewildeu
  • @le.grew
  • @girlsgonegravel
  • @breakfast_cc
  • @gow_girlsonwheels
  • @thewcollectivee
  • @samisauri
  • @desertusbikus
  • @fastwontlast.cc


Podcasts :

  • Épisode : Les baladeurs, solo et à vélo de Bretagne en Iran, avec Isabel Del Real
  • Épisode : Ultra Talk, épisode #219 avec Caroline Prigent
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Aventure à vélo : En Suède, tout roule pour Zoé !

Aventure à vélo : En Suède, tout roule pour Zoé !

Il y a ces moments dans la vie où rien ne va. J’exagère un peu, mais mon premier voyage à vélo est tombé à pic, un mois où rien n’allait. Mon périple a marqué le début d’un été où tout s’est mis à rouler –  et c’était magique. Je vous raconte !

30 ans, ça se fête !

Quand, en janvier 2023, je reçois l’incontournable message « Save the date » pour les 30 ans de mon amie Romina, je réponds un grand OUI sans aucune hésitation. Ayant récemment déménagé à Stockholm, elle prévoit de fêter l’événement sur une péninsule proche de la ville et son anniversaire tombe le week-end du Midsommar [célébration du solstice d’été en Suède]. Une occasion à ne pas manquer !

Après ce petit moment d’euphorie, retour à la réalité : ça fait loin pour un week-end et j’évite de prendre l’avion pour mes escapades. Consciente de l’empreinte carbone que peut générer son invitation en Suède, Romina suggère aux invité·e·s de compenser leur trajet par des donations à la place des cadeaux d’anniversaire. Personnellement, ça me semblait un peu trop simple comme solution. Alors, j’étudie mes options depuis Strasbourg, en Alsace, où j’habite. Un voyage en train ? Pourquoi pas. Ou alors… y aller à vélo ? J’avais justement envie de sortir de ma zone de confort. L’idée avait germé.

Et quand y’a plus qu’à…

Quelques jours plus tard, je reçois un coup de fil de mon ami Lucas. Je lui fais part de mon projet et je lui propose de m’accompagner. Il n’a même pas besoin d’y réfléchir avant de me dire oui. Même si j’étais prête à partir seule, je suis soulagée à l’idée d’être à deux. Il s’agissait quand même de mon premier voyage à vélo.

On s’est rapidement mis d’accord sur les grandes lignes : départ de Trelleborg dans le sud de la Suède, puis cap sur les petits chemins à travers le pays jusqu’à Stockholm. Ça nous faisait un peu plus de 800 km avec environ 5 500m de dénivelé positif (oui, le pays n’est pas si plat que ça), soit une bonne dizaine de jours à vélo. Là-bas, le camping sauvage est autorisé, ce qui nous épargnait la recherche de logements. Il n’y avait plus qu’à poser nos congés et à réserver nos transports. Pour le reste, on s’est laissé porter !

Une insomnie et c’est parti !

Juin 2023 : c’est parti ! Au départ de Berlin on prend le train jusqu’à Rostock puis un ferry* de nuit jusqu’à Trelleborg, dans lequel j’ai tout de suite regretté de ne pas avoir pris de boules Quies. Notre journée à vélo démarre avec un peu de sommeil en retard, mais dans la bonne humeur. On roule le long du bord de mer puis à travers la campagne. À chaque coup de pédale, je m’éloigne un peu plus de mes préoccupations du quotidien. Seuls deux questionnements existentiels persistent : que va-t-on manger ? Et où qu’on va-t-on dormir ? 

Pour notre fin d’étape, on choisit le premier lac sur notre tracé. Il nous attend après un peu plus de 90 km. Un high five et on saute dans l’eau, l’aventure commence bien !

Un duo de choc devient une petite meute

À travers des petits villages aux maisons rouges, des chemins bordés de lupins, des forêts à perte de vue et des lacs plus beaux les uns que les autres, on continue notre chemin. Assez rapidement je perds toute notion du temps. Après deux jours j’ai l’impression d’être partie depuis deux semaines. Le troisième jour, j’arrête de compter. Enfin presque.

Le quatrième jour, on accueille Lina, la copine de Lucas, à la gare d’Älmhult. Pour elle aussi, c’est le premier voyage à vélo et elle se prend rapidement au jeu : rouler, manger, rouler, nager, manger, dormir, repartir… Avec son maillot sur lequel est écrit « No sweat, no candy » [« Pas de sueur, pas de bonbons »], Lina instaure une nouvelle tradition : le passage au stand de bonbons dans tous les supermarchés. Après l’effort, le réconfort. 

Réconfortante, mais aussi réjouissante, voilà comment je décrirais l’arrivée de notre dernier covoyageur : Josh, l’ancien colocataire de Lucas et un bon ami de Romina. À moins de 300 km de Stockholm, il nous rejoint pour la dernière ligne droite. Cet inconnu avec qui j’allais partager la tente pour les prochaines nuits a été un réel coup de cœur amical. Josh participait non seulement au bon équilibre au sein du groupe, mais il a aussi été à l’origine du hurlement instauré lors de nos passages dans les tunnels : « aouuuuwwww ! ». C’était la naissance d’une meute à vélo. Et la fin de toute prise au sérieux.

Fin heureuse et prometteuse

Arrivés à Stockholm puis sur les lieux de la fête, on était comblés. L’insomnie du début, les douleurs aux genoux – et celles aux fesses –, la journée de pluie, et les piqûres de moustique ont toutes été oubliées. Il nous restait simplement un profond sentiment de bonheur et de la gratitude pour ce qu’on venait de vivre ensemble. Ce n’était certes pas un grand exploit sportif, mais ça nous a montré que, même sans entraînement, on pouvait vivre des aventures mémorables avec les endorphines en prime. 

Et j’y ai pris goût ! Depuis la Suède je suis partie sur la route des vins d’Alsace, j’ai longé le Danube pour retourner à ma ville d’Erasmus, Budapest, et plus récemment, je suis rentrée chez mes parents en Bavière depuis Strasbourg. Ce qui me plaît particulièrement lors de ces escapades, c’est de redécouvrir des chemins que je prenais avant en voiture ou en train. J’aime le fait que changer de mode de transport rend plus créatif dans la planification de voyages, mais aussi les rencontres qui se font sur le chemin et ce sentiment d’être hors du temps lorsque je suis en mouvement. J’ai envie de remercier Romina de m’avoir envoyé ce « Save the date » en janvier 2023 : tack så mycket Romina !

*Je suis consciente qu’il y a plus vert que le ferry, mais je n’ai pas entamé ce voyage dans l’optique de jouer l’écolo parfaite. Il faut bien commencer par des petits pas. 

Note de POW France : Le ferry reste une meilleure alternative à l’avion pour plusieurs raisons, de son potentiel de décarbonation au fait qu’il est pris plus souvent sur de plus petites distances, comme ici dans l’aventure de Zoé. Si le sujet de l’impact du ferry vous intéresse et que vous voulez savoir comment calculer son impact, un article ici

Extrême droite, pire ennemi du climat ?

Extrême droite, pire ennemi du climat ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, si vous êtes surpris.e.s que l’on parle de l’extrême droite frontalement, vous pouvez retrouver la position de POW sur le sujet ici.

Chez POW, on a toujours pointé du doigt les actes anti-écologiques du gouvernement en place, car être apartisan ne veut pas dire que l’on est apolitique, bien au contraire. Et après la victoire écrasante de l’extrême droite aux élections européennes et la dynamique actuelle, il nous paraissait essentiel de mettre en lumière le danger que représente l’accession au pouvoir du Rassemblement National (RN) pour le climat. Spoiler : dans son programme pour les législatives, le RN ne mentionne absolument pas le climat. Le mot n’apparaît même pas. Entre le RN et le climat, la relation semble donc bien inexistante… on vous en parle dans tous ces points.

 

    • – Justice Climatique 🤝 Justice Sociale 
    • – Ne pas seulement freiner, mais reculer ! Même sur la mobilité… 
    • – Un climatodénialisme très fort
    • – L’extrême droite, ce sont les scientifiques qui en parlent le mieux
    • – Le RN, ennemi des associations 
Justice Climatique 🤝 Justice Sociale 

La transition écologique sera juste, ou ne sera pas. Il est impossible de penser climat sans penser inégalités sociales et économiques. Les classes les plus populaires sont celles qui subissent le plus les effets du changement climatique. A l’inverse, les personnes les plus riches contribuent le plus à accélérer ce dernier et en sont les moins impactées. En France, 63 milliardaires émettent plus de gaz à effet de serre que la moitié de la population (~34 millions de personnes) et à l’échelle mondiale, 1% des plus riches polluent autant que 66% des plus pauvres.

Le souci avec le RN, c’est que ni le climat, ni la lutte contre les inégalités ne sont une priorité. Loiiiin de là. La politique économique du parti va largement en faveur des grosses entreprises, étant toujours très à l’écoute des gros lobbies industriels. Il vote systématiquement en défaveur des lois visant à protéger les plus modestes et réduire les inégalités, telles que le rétablissement de l’impôt sur la fortune, qui permettrait de financer une grande partie de la transition écologique.

De nombreux économistes renommés s’opposent d’ailleurs au programme du RN, montrant qu’il s’agit d’un programme bancal, qui ne résoudra aucunement les problèmes d’inégalités économiques, et donc sociales, et donc écologiques du pays.

Ne pas seulement freiner, mais reculer ! Même sur la mobilité…


Le programme du RN ne se contente pas de ne rien faire, il veut aussi reculer, et sur de nombreux points. L’intégralité des points, en réalité. Déjà, le RN vote systématiquement contre les lois environnementales, autant en France qu’en Europe (contre la taxation du kérosène, contre la loi de restauration de la nature, contre l’interdiction des polluants éternels (PFAS)…).

Sur les énergies renouvelables, en juin 2024, Marine Le Pen a affirmé que ces dernières n’étaient “ni propres ni renouvelables”, et souhaite démanteler toutes les éoliennes du pays. Elle ne souhaite investir que dans le nucléaire, et ne prévoit aucunement de sortir des énergies fossiles, qui sont la plus grande source d’émissions de GES dans le monde.

 

Concernant la mobilité, notre sujet phare chez POW, elle n’apparaît tout simplement pas dans les 22 mesures du programme du RN. Il n’y a RIEN DU TOUT. Pour trouver des informations sur ce sujet, il faut aller fouiller dans un cahier thématique tout au fond de leur site. Et là, surprise, le RN prévoit “d’assurer le respect du droit à la mobilité individuelle”. Tout ce contre quoi il faut aller. C’est-à-dire que le RN souhaite détaxer les carburants, revenir sur l’interdiction de la vente des voitures thermiques en 2035 (qui sont la principale source d’émissions de CO2 du pays), supprimer les Zones à Faible Emission, et ne mentionne absolument pas le train.

Que ce soit à échelle nationale ou européenne, le RN s’oppose à tout ce que POW défend. Tous leurs votes sur l’ensemble des sujets vont à l’encontre du climat et de la justice sociale. Pour approfondir sur ce point, même s’il ne mentionne que les mesures européennes, vous pouvez retrouver notre scoreboard pour vous rendre compte de la fibre écologique fantôme de ce mouvement.

Un climatodénialisme très fort

“Il ne faut pas se baser uniquement sur les données du GIEC” dont les membres “ont parfois tendance à exagérer”Thomas Ménagé député RN sortant et candidat, août 2023. Marine Le Pen a également déclaré que le GIEC a “toujours été alarmiste”.


“Le 3 janvier 2024, la Suède a enregistré les températures les plus basses depuis 25 ans, avec -43 degrés. À cette heure, nous n’avons pas encore de commentaires du GIEC.”Christophe Barthès, député RN sortant et candidat, janvier 2024. Ce dernier est également connu pour avoir émis des doutes sur la pertinence des termes “réchauffement” ou “dérèglement” du climat, et s’est questionné sur la durée du changement climatique, considérant qu’on ne sait pas ce qu’il en sera “dans 10 ans” et que ça ira peut-être mieux.

Remettre en cause les travaux du GIEC, qui regroupe des centaines de scientifiques renommés du monde entier pour produire des rapports sur les dernières données du changement climatique, est extrêmement grave, mais ne semble pas faire peur au RN qui fait preuve d’un climatodénialisme fort et n’hésite pas à le faire publiquement. Alors que pourtant… :

 

L’extrême droite, ce sont les scientifiques qui en parlent le mieux

 

De nombreux scientifiques renommés, comme Jean Jouzel ou Valérie Masson-Delmotte, s’inquiètent et s’expriment dans les médias face aux risques que représenterait le RN au pouvoir pour le climat. Jean Jouzel, mondialement reconnu pour ses travaux au sein du GIEC, a par exemple déclaré que  « Le RN n’a aucune ambition en termes de lutte contre le changement climatique. C’est le vide. »

On en a donc profité pour demander à des scientifiques proches de POW s’ils souhaitaient s’exprimer sur le sujet. Voici les précieux retours que l’on a eus des glaciologues Luc Moreau et Jean-Baptiste Bosson, et d’Anaïs Bigot, géoscientifique en glaciologie, géomorphologie et climat.

Je dirais qu’il faut absolument voter pour quelqu’un qui a un programme solide pour l’environnement. Il y en a qui ont des programmes qui sont vides, comme le dit Jean Jouzel. Pourquoi ? Parce que l’environnement, c’est la base, pour être en bonne santé et pour être en vie. Pour pouvoir faire de la politique, du business, jouer, s’amuser, travailler, apprendre, on est obligés d’être vivant.e.s. Comme le dit Yvan Chouinard “on ne fait pas de business sur une planète morte”. Aujourd’hui, on se doit de préserver cet environnement, de le réparer, d’avoir les bonnes solutions, et on n’a pas une minute à perdre vu qu’il y a un certain temps entre la décision et les actes. Et il y a un temps de réponse énorme dans l’environnement ! Aujourd’hui il y a des saisons où la couche d’ozone se reconstitue parce qu’on a pris les bonnes décisions il y a 30 ou 40 ans. Et les glaciers, bien sûr, sont très importants, parce qu’ils équilibrent le climat. Moins il y aura de glace et de neige, plus ça va se réchauffer car les surfaces seront de moins en moins blanches. Donc voter pour quelqu’un qui a un programme solide pour l’environnement, parce que c’est la base pour être vivant.e.s, pour pouvoir vivre sur cette planète, qui est la seule.

Luc Moreau, glaciologue

Face aux crises que nous avons générées, le changement climatique, la dégradation de la nature, la disparition des glaciers, la modification du cycle de l’eau, nous devons absolument réagir. Partout la montée de l’extrême droite est la pire des options possibles, celle du laisser faire et de la haine, celle qui empêche le futur. Nous devons réapprendre à vivre ensemble et nous engager à la hauteur des enjeux. Le choix qui est devant nous sera déterminant, pour nous, les générations futures et la planète. Allons voter contre l’extrême droite et pour le vivant.

Jean-Baptiste Bosson, glaciologue

Je ne suis pas là pour exposer pour qui voter, mais je sais que mon cœur, ma raison ainsi que mon travail dans les sciences naturelles me disent de voter pour un parti qui considère le climat comme une priorité absolue. J’estime que l’une des missions des géoscientifiques est d’alerter sur l’importance de prioriser des partis politiques qui considèrent réellement le climat et mettent des moyens en œuvre. Parce que ce sont ces personnes qui disposent de réels pouvoirs pour mettre en place des lois, des restrictions, des limitations capables de suivre les recommandations scientifiques. D’ici 2100, quoi que l’on fasse aujourd’hui, le niveau des mers et océans va augmenter d’1m10. Mais si on ne fait rien, ce sera 4m, et ainsi de suite avec le temps qui défile et des politiques qui n’agissent pas… Il suffit de faire 500 m en voiture pour contribuer à la fonte de l’équivalent d’1 kg de glace. Et c’est 180 millions de personnes qui vont devoir bouger à cause de la montée des eaux. C’est plutôt cela qui devrait interpeller, surtout le RN et ses électeurs qui semblent tant s’inquiéter des flux migratoires. Voter pour le climat est une affaire de toutes et tous, et est une priorité.

Anaïs Bigot, géoscientifique en glaciologie, géomorphologie et climat

Le RN, ennemi des associations 

Entre sa brutalité vis-à-vis des manifestants écologistes, et ses attaques multiples contre les associations, notre travail sous le RN ne sera clairement pas le même. L’extrême droite attaque souvent les militants écologistes dans ses discours, n’hésitant pas à les insulter de “khmers verts” en référence aux “khmers rouges”, un mouvement politique Cambodgien extrêmement violent et coupable d’un génocide qui a tué 2 millions de personnes, une attaque très grave et d’un extrême irrespect pour les victimes de ce terrible génocide.

De plus, Anaïs Sabatini, députée RN des Pyrénées Orientales, a réclamé la suppression des subventions à l’association France Nature Environnement en 2023, reflétant le fait que le travail des associations environnementales est largement mis en péril par l’extrême droite. Dans la même lignée, à la suite des mobilisations contre les méga-bassines à Sainte-Soline, des députés RN ont soutenu la dissolution des Soulèvements de la Terre que l’on évoque dans cet article. Le parti a aussi lancé une pétition sur son site pour la dissolution de ce qu’il appelle des “milices d’extrême gauche”, qui montre une nouvelle fois le danger qui pèse sur les collectifs écologistes.

Pour faire face au danger que représente l’extrême droite pour le climat et la justice sociale, chacun.e a un rôle à jouer, que ce soit en faisant de la pédagogie pour montrer la réalité de ce parti aux personnes qui seraient charmées par leurs sirènes, ou surtout en encourageant toutes celles et ceux qui ont des valeurs et des convictions à l’opposé des leurs, mais qui n’auraient pas (encore) l’intention d’aller voter.

Collectivement, mobilisons-nous. La force du collectif est immense !

Une saison sans avion  le témoignage de Coline Ballet-Baz

Une saison sans avion le témoignage de Coline Ballet-Baz

Le récit de Coline

Cela faisait quelques années que l’envie de ne plus prendre l’avion me trottait dans la tête, par conviction écologique. Et j’ai décidé au début de cette saison d’hiver 23/24 de mettre cette envie en pratique, pour voir par moi-même si tous les freins pré-supposés à cette démarche étaient fondés, ou pas : peur de mécontenter certains sponsors, de manquer certaines opportunités pour filmer ou de ne plus être invitée sur certains évènements importants… Grosso modo peur de ne plus pouvoir continuer ce métier en arrêtant de prendre l’avion.

Au final cette annonce a été très bien reçue par les marques et personnes avec lesquelles je travaille, la saison a été remplie de tournages pour divers projets dans nos merveilleuses Alpes (qui plus est bien enneigées cette saison !), le budget et la fatigue dus aux longs trajets en avion et décalages horaires qui s’en suivent ont été remplacés par plus de temps en montagne et sur les skis 🙂

Loin de moi l’envie de porter un jugement sur les personnes qui voyagent en avion avec ce texte, nous n’avons pas tous.tes les mêmes réalités, je l’ai moi-même beaucoup pris à l’époque des compétitions internationales, et surtout le système écocidaire qui ne prévoit pas de taxe sur kérosène des avions, fait qu’il est malheureusement souvent beaucoup plus abordable de prendre l’avion plutôt que le train. POW a fait un post sur le comparatif train/avion, à partir d’un rapport de Greenpeace.

Mais cette démarche fait sens pour moi à plusieurs niveaux : diminuer mon bilan carbone de femme française bien au-delà des limites qui pourraient être fixées pour rester dans les Accords de Paris 1 ; ralentir le rythme parfois trop effréné de nos vies occidentales ; apaiser un peu les contradictions environnementales liées à ma pratique professionnelle du ski (il en reste encore !) ; apprendre à plus connaître les montagnes autour de chez nous, leur nivologie, leur évolution au fil d’une saison d’hiver ; diminuer la logistique et les coûts énormes liés aux déplacements en avion ; rêvasser en musique derrière la vitre d’un train plutôt que d’attendre dans les files interminables des contrôles de bagages… 

Envisager les futures saisons de cette manière me rend très heureuse et apaisée, continuer à prévoir des tournages pour le ski et des aventures en montagne dans un périmètre accessible en train ou en voiture, en réduisant peut-être la fréquence de ces voyages et en prenant plus de temps pour le local… ce qui ne rendra les périples restants que plus savoureux !

Comparaison par POW du bilan carbone des trajets de Coline sur les deux dernières saisons :

Sur les 2 saisons, des trajets en voiture pour un total de 500km environ ont été effectués

Saison d’hiver 2022/2023

– Train : A/R de Grenoble à Innsbruck (798km) : 2,34kg CO2eq en TGV

– Train : A/R de Grenoble à Saint Anton Am Arlberg (767km) : 2,25 kg CO2eq en TGV

– Avion : A/R à Whistler (Canada) (8313km) : 1264 kg CO2eq

– Avion : A/R de Lyon à Tromso (Norvège) (2770km) : 520kg CO2eq

TOTAL : 1788,59 kg CO2eq

    Saison d’hiver 2023/2024

     – Train : 3 A/R de Grenoble à Innsbruck : 3 x 2,34 kg CO2eq en TGV = 7,02 kg CO2eq

    TOTAL : 7,02 kg CO2eq

    Le Mot de POW 

    Comment prendre la parole en tant qu’athlète sur des enjeux environnementaux, quand on n’est pas parfait ?

    Une large question auxquelles une réponse simple convenant à tout le monde n’existe sans doute pas pour des personnes qui vivent des ces pratiques, face à une audience plurielle. Le problème, c’est qu’en l’absence de réponse unique, l’issue est souvent celle de ne pas le faire. Ne pas prendre la parole malgré une envie, malgré des convictions, malgré un oeil alerte sur les changements qui ont lieu.
    Alors comment on fait ? Chez POW, on pense que notre rôle, c’est à la fois d’être présent et alerte pour pointer du doigt les comportements et manquements vis-à-vis des enjeux climatiques des uns, tout se tenant disponible pour accompagner chaque volonté de prendre la parole et d’évoluer avec sincérité des autres.
    La clé pour débloquer un tel dilemme : la transparence.

    Dans un monde où les réseaux sociaux sont omniprésents – que cela nous plaise ou non – prendre la parole sur des pratiques et engagements écologiques est essentiel, pour contrebalancer l’influence néfaste pour le climat de personnes sans connaissances ou sans scrupules. Récemment, nous étions avec la chercheuse Garance Bazin lors de la Convention POWpulaire du mois de mai, qui a publié une étude nommée : «EN MODE AVION» L’emprise de la publicité et des influenceurs.
    Elle démontre comment l’impact des réseaux sociaux font affluer les mauvaises pratiques, même chez des publics plutôt sensibilisés aux enjeux.
    L’idée dans tout ça, ce n’est pas que les athlètes remplacent les instagrameurs voyages, mais d’accepter collectivement que des personnes non parfaites prennent la parole malgré le fait que ces derniers prennent encore l’avion, que ce soit pour parler de leurs pratiques quand elles apparaissent plus vertueuses, ou quand il s’agit de porter une voix plus forte en faveur de mesures écologiques, comme la taxation du kérosène et le développement du ferroviaire.
    Oui, quand on fait des efforts au quotidien, on ne veut pas qu’un ou une athlète viennent “donner des leçons”. Mais ce n’est pas l’intention de la plupart des personnes avec qui échangent POW, bien au contraire. Cet aspect est si souvent une crainte, que c’est un frein à la moindre prise de parole.
    Aujourd’hui, il ne faut pas réclamer de la perfection dans les efforts, mais de la transparence et de la sincérité. Si ces critères sont réunis, il est parfaitement entendable qu’un individu dénonce l’impact de l’avion qui est impossible à remettre en cause (et chez POW le sujet de la mobilité, debout sur la table que sous le tapis) et des politiques publiques qui ne vont pas dans le bon sens. On peut parfaitement dénoncer que le kérosène ne soit pas taxé, tout en prenant l’avion car encore nécessaire ou compliqué à éviter pour des professionnels.
    POW s’engage à accompagner chaque athlète qui souhaiterait être accompagné dans une démarche de prise de parole. On a vraiment besoin que toutes les énergies sensibles à ces questions se battent dans le même sens, que chacun accepte de jouer les cartes qu’il a en main.


    1. Selon le rapport Faire sa part de Carbone 4 par exemple, est mentionné le chiffre de 2 tonnes CO2eq, mais ce n’est pas un chiffre exact à atteindre, mais plutôt un cap pour se rendre compte que nos empreintes actuelles ne sont pas compatibles .