Protégeons nos boots : Chloé Trespeuch et la Capsule Hivernale

Protégeons nos boots : Chloé Trespeuch et la Capsule Hivernale

ProtĂ©geons nos… boots : ChloĂ© Trespeuch et la Capsule Hivernale

La semaine dernière, on annonçait le lancement de notre projet de Capsule Hivernale.
Si vous l’avez ratĂ©, on vous en parle ici pour tout savoir de la genèse de ce projet, qui consiste Ă  illustrer l’engagement de diffĂ©rents athlètes, portant diffĂ©rents projets, par le placement d’un objet qui leur est cher dans une capsule temporelle. Cette dernière sera ouverte symboliquement l’hiver 2025 pour voir le chemin qui a Ă©tĂ© fait.
Durant quelques semaines, vous allez dĂ©couvrir des athlètes Ă  travers des interviews : l’occasion pour eux de parler de leurs engagements, leurs projets…
On commence aujourd’hui avec ChloĂ© Trespeuch, qui a placĂ© dans la capsule ses boots !

Bonjour Chloé ! Pour commencer, peux-tu te présenter rapidement ?

Bonjour ! Je m’appelle ChloĂ© Trespeuch, je suis en Ă©quipe de France de Snowboard Cross, double mĂ©daillĂ©e Olympique, et je suis co-fondatrice et prĂ©sidente de l’association environnementale Ecoglobe. 

Tu as décidé de t’engager de manière professionnelle sur les questions environnementales, en co-fondant Ecoglobe. Est-ce que tu peux nous parler de ton engagement et de ton projet ?

Oui, alors j’avais vraiment cette sensibilitĂ© pour la nature, pour l’environnement. Je voulais essayer de donner du sens aussi Ă  ma pratique du sport de haut niveau, Ă  cette petite notoriĂ©tĂ©, visibilitĂ© qu’on a au travers du sport. On a donc montĂ© cette association en famille parce que c’Ă©tait un sujet qui nous rassemblait, pour agir et sensibiliser –  les jeunes la plupart du temps.
Je fais quelques interventions dans les Ă©coles pour juste en parler, ouvrir le dĂ©bat et surtout rendre ce sujet accessible Ă  tous : communiquer sur le fait qu’il n’y a pas que les gens “parfaits” d’un point de vue environnemental qui doivent porter ce sujet ou agir. C’est quelque chose qui est accessible Ă  toutes et tous et surtout qui doit ĂŞtre encouragĂ© par tout le monde.
C’Ă©tait aussi l’idĂ©e d’organiser des Ă©vĂ©nements autour du sport et de l’environnement. Je trouve que ces deux milieux sont hyper liĂ©s. En fait, il n’y a pas de sport sans environnement. L’environnement et la nature font partie de notre bien-ĂŞtre, tout comme le sport.
L’idĂ©e c’était de lier les deux, de crĂ©er des Ă©vĂ©nements sportifs avec le cĂ´tĂ© sensibilisation intĂ©grĂ©. Parce que je pense qu’on apprend mieux quand on fait quelque chose de ludique, que l’on aime. VoilĂ  un peu les projets d’Ecoglobe. On veut vraiment rendre ces sujets lĂ  accessible et essayer d’éduquer cette jeune gĂ©nĂ©ration qui est encore flexible et qui a le pouvoir de changer les choses. 

 

Ce qui rapproche ce projet de Protect Our Winters France, c’est le cĂ´tĂ© communautaire, cet aspect collectif et la volontĂ© d’agir ensemble. C’Ă©tait important pour toi d’intĂ©grer cet aspect communautĂ© pour parler de ces questions-lĂ  ? 

Oui, parce que justement le but c’est qu’on soit de plus en plus Ă  s’intĂ©resser profondĂ©ment au fait de vouloir Ă©voluer, que ce soient des petites ou des grandes actions. C’est vraiment l’idĂ©e de faire passer le message au plus grand nombre tout comme le fait POW. C’est ce lien entre les deux qui m’a motivĂ©e Ă  participer Ă  ce projet. 

 

On pourrait voir venir dans le futur des collaborations entre les deux associations alors ? 

Je pense que ce serait trop bien. Unir nos forces pour augmenter encore le message et cette sensibilisation !

 

En tant qu’athlète, tu fais partie de la FĂ©dĂ©ration Française de Snowboard. Comment est-ce que tu ressens cette problĂ©matique au sein de la FĂ©dĂ©ration ? 

Cette annĂ©e je suis contente, car les sujets sont de plus en plus abordĂ©s. Ça part de mauvais exemples, comme PĂ©kin. Mais l’avantage de ces mauvais exemples, c’est que ça donne une idĂ©e de ce qu’on ne veut pas reproduire. C’est vraiment ce que j’ai vu avec PĂ©kin. Alors c’étaient les Jeux Olympiques, en tant qu’athlète j’y allais pour la performance. Je ne savais pas trop Ă  quoi m’attendre avant d’y aller sur place. Et j’ai constatĂ© tout ce qui n’allait pas. Je pense que c’est notre rĂ´le de faire remonter les infos, de faire bouger les choses par la parole, par l’ouverture du dĂ©bat, par le fait d’en parler dans les mĂ©dias. Faire en sorte que ça devienne un sujet qui est Ă©voquĂ© de plus en plus souvent : prendre les mauvaises choses, pour ne pas les reproduire. 
Je crois vraiment en une Ă©volution positive, dĂ©jĂ  avec Paris 2024 – oĂą l’on voit que ces sujets sont mis au coeur du projet, alors qu’avant c’était plus une idĂ©e de com’ qu’on rajoutait. LĂ , on essaie de le mettre au coeur des rĂ©flexions, de construire les choses autour. Donc je crois qu’on part sur de bonnes bases et, le fait que ce soit de plus en plus Ă©voquĂ© dans les discours, dans la volontĂ© d’agir, je crois qu’on va dans le bon sens. En tant qu’athlète je suis hyper touchĂ©e par ces sujets. J’ai vraiment envie que notre sport – comme tous les autres domaines – Ă©volue, que les calendriers Ă©voluent, qu’on prenne moins l’avion. Qu’on aille toujours dans des endroits qui ont un climat adaptĂ©. C’est le cas des prochains Jeux Olympiques qui seront en Italie. C’est dĂ©jĂ  des choses qui redonnent le sourire, après trois Olympiades oĂą l’on a pas choisi l’endroit par rapport Ă  son adĂ©quation en terme de climat. Sotchi, PyeongChang, PĂ©kin – on voit que les sujets environnementaux n’ont pas Ă©tĂ© pris en compte. 

Donc notre rĂ´le c’est d’en parler, d’essayer de sensibiliser et faire changer les choses. 

 

Tu parlais du calendrier. Nous on a communiquĂ© justement sur le fait que les Ă©quipes de France sont allĂ©es en AmĂ©rique du Sud pour s’entraĂ®ner, sans pointer du doigt les athlètes, mais en questionnant ce calendrier. 

Est-ce que vous, en tant qu’athlètes au sein de fĂ©dĂ©rations, vous avez la place de faire remonter ces sujets lĂ  ? 

Oui on peut. Mais on est aussi vraiment Ă  la recherche de performances. Si on refuse d’aller s’entraĂ®ner en AmĂ©rique du Sud, on ne peut pas espĂ©rer briller cet hiver sur les Coupes du Monde. Parce que les AmĂ©ricains, les Canadiens, les Italiens vont s’entraĂ®ner. 
Donc on est toujours partagĂ©s entre l’objectif, puisque c’est notre mĂ©tier d’être performants, et notre sensibilisation environnementale. C’est dĂ©licat, il faudrait que ce soit des dĂ©cisions qui soient prises Ă  l’international par la FIS par exemple. Afin que ce ne soit pas l’athlète, l’individu, qui prenne la parole, qui se prive d’un stage d’entraĂ®nement – et que cela impacte toute sa carrière et son mĂ©tier. 
C’est ce qui est difficile dans l’écologie et l’environnement : il y a plein de choses Ă  faire en dehors du fait de priver les gens de leur mĂ©tier. Ce n’est pas ce dont j’ai envie en tant qu’athlète, qu’il n’y ait plus de sport professionnel parce qu’on prend trop l’avion. 
Je pense que l’on peut progresser. Je pense aussi que le sport a une place importante dans la vie des gens. En tant qu’athlètes professionnels, on essaye de partager les valeurs du sport. Il faudrait amĂ©liorer nos sports, tout en gardant en tĂŞte la performance. 
On peut questionner des choses : il y a la manière d’exploiter les pistes, on voit que le domaine skiable de France essaie de trouver des solutions pour amoindrir l’impact aussi. Il y a des Ă©volutions avec les dameuses Ă  hydrogène qui viennent, le ralentissement des remontĂ©es mĂ©caniques. On voit que tout le monde se questionne, c’est ça qui est intĂ©ressant – c’est de voir l’évolution. 

Après, c’est sĂ»r que tout prend du temps et on pourrait aller beaucoup plus vite. Mais dĂ©jĂ  l’idĂ©e de l’évoquer Ă  toutes les rĂ©unions, d’avoir des athlètes ambassadeurs qui portent ce message auprès des instances – je crois que ça va bouger. 

 

Merci Chloé ! Un dernier petit mot ?

Juste merci pour ce projet ! C’est super cool d’impliquer les athlètes, d’ouvrir la voie et de lier le côté artistique et le message. Je pense que c’est vraiment intéressant, quand il y a de l’émotion, le message est plus fort, on le voit avec le sport. Je crois que l’art et les belles photos peuvent transmettre des émotions. Donc le message sera fort.


Le mot de POW 

MĂŞme s’il y a urgence pour faire face aux enjeux que nous connaissons, qu’il y a une rĂ©elle nĂ©cessitĂ© d’obtenir des changements majeurs rapidement, la sensibilisation ne doit jamais s’arrĂŞter : que ce soit pour s’adresser aux personnes qui n’ont pas encore saisi l’importance de certains enjeux, ou pour Ă©veiller et transmettre sur la situation aux plus jeunes gĂ©nĂ©rations.
Les athlètes, de par ce qu’ils et elles incarnent comme modèles de performances qui repoussent leurs limites, peuvent inspirer et jouer un rĂ´le de transmetteur important pour la suite. Les prises de paroles doivent ĂŞtre toujours plus nombreuses, mĂŞme si comme l’a dit ChloĂ©, cela peut ĂŞtre dĂ©licat quand le mĂ©tier en question qui inspire autant, affiche multiples comportements qui ne vont pas dans la bonne direction.
Sans fermer les yeux sur ces comportements – loin de lĂ  – il faut arriver Ă  trouver les mots et les arguments pour contribuer. Il est important d’arriver Ă  donner une tribune aux personnes qui ont conscience de ces problĂ©matiques mais qui ont une rĂ©elle envie d’agir et de faire beaucoup mieux. C’est ce qu’on essaie de faire chez POW et on remercie ChloĂ©, Ă  la fois pour sa participation sur ce projet et pour son engagement le reste de l’annĂ©e !

Protégeons nos boots : Chloé Trespeuch et la Capsule Hivernale

Protégeons nos Hivers : La Capsule Hivernale

Protégeons nos Hivers : La Capsule Hivernale !

Notre travail chez Protect Our Winters France prend diffĂ©rentes formes : de l’information au plaidoyer, de l’inspiration Ă  l’action collective… On a pris la parole sur diffĂ©rents sujets, du GIEC aux diverses Ă©lections, de la mobilitĂ© aux questions dĂ©mocratiques, en essayant toujours de porter la voix de notre communautĂ©. Tout ce travail, il s’est toujours inscrit dans une dĂ©marche d’allier diffĂ©rents leviers, dans un seul et mĂŞme but : faire avancer la lutte contre le rĂ©chauffement climatique. Aujourd’hui, on vous partage le lancement d’un projet symptomatique de ce que reprĂ©sente pour nous le mouvement Protect Our Winters : la Capsule Hivernale !

Les interviews dĂ©jĂ  disponibles de ChloĂ© Trespeuch, de Vivian Bruchez, d’Emily Harrop et des frères Ladevant !

La Capsule Hivernale, c’est quoi ?

Le projet de Capsule, c’est un engagement et un message de la part d’athlètes liĂ©s Ă  l’hiver, matĂ©rialisĂ©s par un objet qui leur est cher Ă  travers leurs pratiques. 
On a sollicitĂ© des sportifs qui s’engagent de diffĂ©rentes façons dans leurs vies, Ă  illustrer leur envie de protĂ©ger nos hivers Ă  travers le placement d’un objet qui leur est cher et a toute son utilitĂ© aujourd’hui, en 2022, dans une capsule temporelle. L’objectif est clair : faire en sorte que cet objet soit toujours utile dans le futur.

La Capsule hivernale, créée en acier recyclĂ© et inspirĂ©e du flocon de neige, avec 6 faces, pour 6 athètes et 6 projets, est donc nĂ© suite Ă  l’envie de crĂ©er un projet aussi fort symboliquement que concrètement.
DiffĂ©rents acteurs, amoureux de la montagne et du milieu outdoor, pour qui le combat de POW trouve un fort Ă©cho, Ă©taient motivĂ©s par ce projet et ont aidĂ© Ă  l’Ă©mergence de cette campagne, de la rĂ©alisation de la capsule Ă  la rĂ©alisation des images : on remercie pour ça Noir Global, Jour Blanc et la Fondation POMA !
L’art a sa carte Ă  jouer en faveur de l’Ă©cologie, pour dĂ©fendre le vivant et cultiver un autre imaginaire, cette campagne souhaite en ĂŞtre une illustration.

 

Un symbole fort pour cultiver un imaginaire d’actions

 

Quand on parle de s’engager pour le futur, on touche du doigt Ă  la fois Ă  quelque chose de terriblement crucial et quelque chose de parfois trop abstrait. Les consĂ©quences Ă©mergent les unes après les autres et nous impactent de plus en plus directement, les donnĂ©es sont de plus en plus nombreuses, dĂ©taillĂ©es et les axes Ă  amĂ©liorer de mieux en mieux dĂ©fini… et pourtant, nous sommes encore loin aujourd’hui d’ĂŞtre aux portes des changements nĂ©cessaires.

Nous pensons chez POW, que pour entraĂ®ner toujours plus de monde dans la lutte, il faut que les messages et les actions soient multiples, que l’on touche diffĂ©rentes sensibilitĂ©s et agissent sur diffĂ©rents timings : de l’action la plus concrète possible demain Ă  l’aube, Ă  la construction d’un nouvel imaginaire concernant la transition Ă  amorcer et la sociĂ©tĂ© vers laquelle tendre. 

Ce projet de Capsule, il dĂ©barque avec l’ambition de rentrer par la porte imaginaire et inspiration et, de glisser vers des engagements palpables. Il est issu de l’envie d’utiliser la dimension artistique pour porter un message fort ! A l’instar du film Conscience que nous avons produit, oĂą Gaetan Gaudissard va Ă  la rencontre d’autres athlètes afin d’allier le message Ă  la performance sportive, nous avons entraĂ®nĂ© des athlètes dans cette campagne afin d’allier le beau, le symbolique aux messages forts et aux engagements concrets.


Des athlètes imparfaits, mais engagés

Dans notre sociĂ©tĂ©, on a plutĂ´t l’habitude de voir des athlètes reprĂ©sentĂ©s Ă  travers les images comme des modèles Ă  suivre, des exemples. On va chercher des sportifs pour vendre des voitures, des parfums… Ces derniers ne sont vus et utilisĂ©s que par leur prisme de professionnels, jamais par celui de citoyens.
Pour autant, chez POW on n’est pas lĂ  pour vendre des skis ou faire la promotion de quoi que ce soit qui nous rapporterait de l’argent. On est lĂ  pour parler du sujet qui est de loin le plus difficile Ă  aborder avec des sportifs : l’Ă©cologie.
La tâche est complexe, d’aucuns nous diraient que c’est une mauvaise idĂ©e.
La question se pose : comment parler d’Ă©cologie avec des gens qui ne sont pas parfaits Ă  ce niveau lĂ  ?
Comment aborder cette question avec des gens qui sont loin de pouvoir incarner cette image d’exemple exempt de tout reproches ?
Les Ă©lĂ©ments de rĂ©ponses sont multiples, mais ce qui nous a dĂ©cidĂ©s, c’est avant tout leur volontĂ© de s’engager malgrĂ© cela. On a sĂ©lectionnĂ© 6 athlètes qui, Ă  cĂ´tĂ© de leurs pratiques, se sont engagĂ©s dans des projets liĂ©s Ă  une dĂ©marche environnementale. Si vous nous suivez, vous savez que chez POW on ne prĂ´ne pas vraiment la politique des petits pas individuels, on n’est pas vraiment du style Ă  fermer les yeux sur certaines questions sensibles, notamment l’avion. On prend la parole et on se mobilise pour que des actions collectives aient lieu et que des changements majeurs Ă©mergent.

Ces changements majeurs, ils ne pourront Ă©merger que si la voix qui dĂ©fend le climat et plus largement le vivant, ne cesse de grandir, beaucoup plus rapidement et beaucoup plus fort qu’actuellement. Pour y arriver, on a donc besoin de personnes qui dĂ©cident de s’engager avant d’attendre d’ĂŞtre parfait. On a besoin de voir les athlètes davantage comme des citoyens – avec certes un mode de vie Ă  part – mais des dĂ©fauts qu’on doit collectivement s’aider Ă  corriger, sans pour autant transiger sur des actes qui iraient dans le sens inverse de la direction que doit prendre la dĂ©fense du climat. Il y a une rĂ©elle nĂ©cessitĂ© de cohĂ©rence entre les actes et les mots pour pouvoir prendre la parole sur ce qui reprĂ©sente le plus grand dĂ©fi de l’histoire de l’HumanitĂ©.

Aujourd’hui, on vous partage une campagne avec 6 athlètes qui, Ă  notre sens, ont cette cohĂ©rence de par leurs volontĂ©s de s’engager Ă  travers leurs projets. Et ces projets on va vous les faire dĂ©couvrir avec des interviews de chaque athlète, une analyse de chacun des sujets… Tout ça Ă  retrouver Ă  travers la suite de la campagne !

En attendant, on vous laisse avec la liste des athlètes ⬇️


Chloé Trespeuch (snowboard)

Membre de l’Ă©quipe de France de snowboard cross et double mĂ©daillĂ©e olympique, ChloĂ© Trespeuch est fondatrice de l’association environnementale “Ecoglobe”. TĂ©moin de la fonte des glaciers sur lesquels elle s’entraĂ®ne, l’athlète originaire de Bourg Saint Maurice met en Ĺ“uvre des actions locales pour sensibiliser Ă  l’impact du rĂ©chauffement climatique sur la pratique du sport.

Vivian Bruchez (ski de pente raide)

Guide de haute montagne et professeur Ă  l’École Nationale de Ski et d’Alpinisme, Vivian Bruchez met Ă  profit sa pratique du ski de pente raide pour mesurer la qualitĂ© de l’air en altitude. Un engagement envers la montagne que le natif de Chamonix a popularisĂ© Ă  travers l’ouverture de nombreuses premières descentes Ă  ski ainsi qu’un travail documentaire comme le film Ă©co-responsable “Diamant des Alpes”.

Liv Sansoz (alpinisme)

Double championne du monde d’escalade et première femme Ă  rĂ©aliser l’ascension des 82 sommets de plus de 4000 mètres dans les Alpes, Liv Sansoz est engagĂ©e dans la prĂ©servation de l’environnement de longue date. Membre de l’association Protect Our Winters France depuis ses dĂ©buts, elle transmet son respect de la nature et sa volontĂ© d’agir en conscience Ă  travers son mĂ©tier de guide de haute montagne.

Emily Harrop (ski d’alpinisme)

Membre de l’Ă©quipe de France de ski-alpinisme et dĂ©tentrice de la coupe du monde de la discipline, Emily Harrop est l’auteure d’un mĂ©moire sur l’implication des marques outdoor dans la prĂ©servation de l’environnement. Une voie ouverte par l’Ă©tudiante savoyarde pour ouvrir les consciences dans le milieu professionnel.

Frères Ladevant (escalade sur glace)

Champions du monde d’escalade sur glace et auteur d’ascensions extrĂŞmes, Tristan et Louna Ladevant sont unis par leur corde autant que par leur engagement pour la prĂ©servation de l’environnement. Premiers athlètes français Ă  participer au mouvement “1% pour la planète” les deux frères proposent une nouvelle vision de l’exploration en montagne Ă  faible empreinte carbone.

François D’Haene (ultra trail)

Quatre fois vainqueur de l’ultra trail du Mont Blanc et dĂ©tenteur de records sur des courses longue distance, François D’Haene est crĂ©ateur du projet “Ultra Spirit”. Une aventure d’un nouveau genre imaginĂ© par l’athlète d’ArĂŞches-Beaufort pour faire dĂ©couvrir l’environnement montagnard Ă  travers la pratique de l’ultra trail.

 

Prochain rendez-vous, Lundi 7 novembre avec l’interview de ChloĂ© Trespeuch !

Pourquoi les sommets verdissent-ils ?

Pourquoi les sommets verdissent-ils ?

Pourquoi les sommets des alpes verdissent-ils ? 

L’avez vous remarqué lors de vos randonnées estivales ? Les sommets de nos montagnes changent avec le temps : ils verdissent un peu plus chaque année ! Ces vingt dernières années, le réchauffement climatique et la hausse des températures en été ont permis à la végétation de proliférer et de gagner du terrain en altitude donnant une apparence plus verte à certains sommets. Ce phénomène reste assez peu connu, pourtant il est conséquent et continue de s’amplifier. C’est pour ça qu’on vous en parle aujourd’hui !

 

Lorsque l’on pense aux consĂ©quences du rĂ©chauffement climatique sur les montagnes, on pense plutĂ´t Ă  la diminution de la durĂ©e d’enneigement, la crĂ©ation de zones de sĂ©cheresses ou encore l’apparition de lacs. Mais un autre phĂ©nomène majeur se produit Ă©galement : la prolifĂ©ration de la vĂ©gĂ©tation en altitude.
Une Ă©quipe de chercheurs internationaux, dont certains travaillant Ă  l’universitĂ© Grenoble Alpes et Ă  l’UniversitĂ© Savoie Mont Blanc se sont penchĂ© sur le sujet. Ils ont Ă©tudiĂ© l’évolution de la vĂ©gĂ©tation aux sommets des alpes sur ces quarante dernières annĂ©es  et ont publiĂ© leurs rĂ©sultat dans une revue scientifique : “Global Change Biology”.

Sur ces quarante dernières années, les satellites ont permis d’observer l’étendue de la neige et de la végétation au fil du temps sur les zones ciblées alors que les relevés sur site ont servi à mesurer la variation de l’épaisseur du manteau neigeux. Pour quantifier la présence de végétation, les chercheurs se sont basés sur l’analyse de longueurs d’ondes, particulièrement celle de la chlorophylle, un pigment principalement présent chez les plantes.

Le verdissement des sommets alpins est un phĂ©nomène qui se produit depuis une vingtaine d’annĂ©es. On l’observe au dessus de la limitĂ© supĂ©rieure des forĂŞts. Mais il se produit surtout dans certaines zones gĂ©ographiques particulières : des versants pierreux face au Nord au dessus de 2200m d’altitude. Ces zones propices Ă  la colonisation des plantes sont nommĂ©es « points chauds de verdissement Â». Les massifs de l’Oisans ou le Mercantour dans les Alpes du Sud sont des exemples caractĂ©ristiques de points chauds de verdissement.

 

Comment se passe cette prolifération végétale ?

À cause du réchauffement climatique  les périodes de végétations sont plus longues et les précipitations tombent sous forme de pluie au lieu de neige. Ces facteurs permettent à la végétation de se développer de s’implanter dans un milieu qui lui était initialement hostile.
Les chercheurs ont caractérisé cette prolifération de trois manières différentes :

– Des plantes ont poussĂ© lĂ  oĂą il n’y en avait pas avant. Certaines espèces vĂ©gĂ©tales grandissent et se densifient
– D’autres espèces ont migrĂ© et se dĂ©veloppent Ă  des altitudes plus Ă©levĂ©es que leurs altitudes d’origine.

– Attention ce phĂ©nomène n’est pas homogène. le verdissement de certains sommets et l’évolution des Ă©cosystèmes concernĂ©s sont aussi soumis aux conditions locales, notamment la durĂ©e d’enneigement, la quantitĂ© d’eau prĂ©sente, la qualitĂ© des sols ou encore l’activitĂ© pastorale.

 

 

Quelles sont les conséquences ?

Ce phénomène n’est pas sans conséquences. En effet c’est toute la biodiversité locale qui est affectée. La présence d’une nouvelle végétation sur ces terrains impact fortement les habitats des espèces spécifiquement adaptées au milieu alpin. C’est tout l’écosystème global qui en souffre
De plus, la neige réfléchit jusqu’à 90% des rayons du soleil alors que les végétaux en absorbent une grande partie. L’énergie lumineuse absorbée par les plantes sera ensuite libérée sous forme chaleur. Un cycle se crée alors avec une hausse des températures qui entraîne à son tour une diminution du manteau neigeux et favorisant comme on l’a vu la prolifération de la végétation dans de nouveaux espaces.
Ce phénomène peut aussi impacter la quantité d’eau potable disponible. Une grande partie de l’eau que l’on consomme est stockée sous forme de neige en altitude, or si cette neige fond de manière précipitée toute cette eau se trouvera dissipée dans les rivières et ne sera plus propre à la consommation.

 

 

Pour aller plus loin sur le sujet, on vous partage des sources ici, ici ou encore ici.
En apprendre davantage sur les Ă©cosystèmes qui nous entourent, c’est une des clĂ©s pour passer Ă  l’action. On trouve ça important de mettre en lumière diffĂ©rents sujets, diffĂ©rents Ă©lĂ©ments de comprĂ©hension pour alimenter nos connaissances et par effet boule de neige notre envie d’agir ! Alors on continuera au maximum de vous proposer Ă  la fois de l’information, de l’inspiration et des outils pour passer Ă  l’action.

 

Jets privés : Et la justice sociale dans tout ça ?

Jets privés : Et la justice sociale dans tout ça ?

JETS PRIVES : Et la justice sociale dans tout ça ?

Les jets privés ! Ah, notre sujet préféré du moment ! On a pris un peu de temps avant de vous en parler, car comme souvent on aime bien attendre de voir les différentes réactions et prises de positions sur ce genre de sujet. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on a pas été déçu ! Deux camps s’opposent :
– d’un cĂ´tĂ©, les amish-bobo-Ă©colo-radicaux qui voudraient le taxer, voire l’interdire, en criant sur tous les toits que les riches seraient de gros pollueurs avec leurs gros avions
– de l’autre, les membres du gouvernement et autres gens rationnels, ceux qui luttent “VRAIMENT” contre le rĂ©chauffement climatique en expliquant que c’est un faux sujet qui ne concerne que quelques dixièmes de pourcent d’émissions de GES Ă  l’échelle du pays.

Alors, on en pense quoi chez POW ?! Que disent les chiffres ? Est-ce que c’est vraiment important les jets, alors que l’extrême majorité de la planète est trop pauvre pour les prendre ? Il fallait qu’on prenne le temps d’en parler, pour recentrer le débat et répondre aux “arguments” qui volent par-ci par-là depuis quelques jours.

D’abord, d’où on part ? Le sujet des jets privés est mis sur la table depuis quelques mois grâce à des comptes qui partagent publiquement les vols en jets privés de milliardaires, comme “l’avion de Bernard” sur Instagram. L’objectif de la démarche est de sensibiliser sur l’impact colossal des plus grosses fortunes et “rendre visible l’injustice climatique par un exemple simple : les déplacements”. Parce que oui, l’impact des jets est monstrueux et loin de toutes politiques publiques.
Un rapport, publié en mai 2021 par l’ONG Transport & Environnement, montre des chiffres affolant :
– un jet privĂ© serait entre 5 et 14 fois plus polluant que des avions commerciaux (par passager)
– un jet privĂ© peut Ă©mettre environ 2 tonnes de CO2… par heure, soit le total du bilan carbone qu’un français devra Ă©mettre en 2050

Et des chiffres qui pourraient vous assommer pour le week-end, il y en a Ă  la pelle.
En 2019, un vol sur dix au départ d’un aéroport français était un jet privé. Et la MOITIÉ réalisaient un vol de moins de 500km. Autant vous dire que sur de telles distances, le comparatif explose en vol. Comme le montre le très bon graphique de Vert, pour faire Paris-Nice, c’est 3,46kg de CO2 en TGV, contre 3140kg en jet, soit presque mille fois plus.

 

 

Face à ce sujet, le député Julien Bayou a lancé une pétition pour interdire l’usage des jets privés et a l’intention de faire une proposition de loi pour y arriver.
Mais où est le problème alors ? Les jets privés sont le transport le plus polluant de très loin, et si vous suivez POW depuis un moment vous le savez : le transport est le 1er secteur d’émissions de GES en France. Cela devrait donc faire consensus. Sauf que…

La défense du gouvernement, à l’instar d’Elisabeth Borne, pointe du doigt que les jets privés, à l’échelle globale, ne seraient qu’une toute petite partie des émissions.
A quoi bon s’en occuper alors ? Agnès Pannier-Runacher, notre ministre de la transition énergétique, va même jusqu’à expliquer au micro de France Inter pourquoi “le fait que les écologistes en fassent un combat montre à quel point ils sont à côté de la plaque “.

Oui c’est vrai, pourquoi interdire les jets alors que c’est une partie infime des émissions en fait ?

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, de nombreuses personnes sont montées au créneau pour défendre les jets privés : ce serait une privation de liberté, cela ne concerne que 0,04 % d’émissions mondiales, les milliardaires créent de l’emploi bla bla bla… Et ce par énormément de personnes qui ne voyageront jamais en jet privé !
Mais le simple fait de proposer d’interdire quelque chose fait frissonner tout un pan de la population. Nous sommes en période de crise ? D’accord, mais ne touchez pas aux jets privés, ne touchez pas au golf, ne touchez pas aux yachts…
Balayons un peu les arguments. Sur l’emploi, on connaît la chanson ! Le chantage au chômage est parmi les arguments les plus utilisés quand il s’agit de défendre les entreprises et de préserver le statu quo.
Mais alors l’utiliser ici, c’en est presque surréaliste. Pourtant, c’est bien ce qu’a fait Olivier Veran. Attention, ceci est une cascade réalisée par un professionnel, n’essayez pas de reproduire ça chez vous.

Malheureusement, il suffit de se rendre dans les espaces commentaires Twitter de posts sur les jets pour se rendre compte que ce genre d’argument est rĂ©pandu.

Pourtant, dire “oui mais des emplois sont concernés”, c’est :
1/ Nier la part que représente les jets privés dans les voyages purement loisirs. On vous renvoie vers la dernière enquête Mediapart sur le sujet (vidéo en libre accès), ou les données publiques des comptes cités plus haut.
2/ C’est tout simplement vouloir que rien ne change. Si des changements entraĂ®nent des suppressions d’emplois, la transition en crĂ©era Ă©galement Ă©normĂ©ment. Plus on anticipera, moins les changements seront brutaux. Car, spoiler : quand des cultures seront dĂ©truites, des forĂŞts brĂ»lĂ©es, des secteurs totalement mis Ă  l’arrĂŞt, vous lui expliquerez comment au changement climatique qu’il doit se calmer car il va crĂ©er du chĂ´mage ?

 

Balayons également tout de suite ce qui a pu être mentionné par certains membres du gouvernement : ne pas interdire mais éventuellement taxer davantage.
On parle d’une tranche de la population pour qui l’argent est quasi illimitĂ©, qui pense vraiment que taxer davantage aura pour effet de rĂ©duire ces pratiques ? Selon le mĂŞme rapport, un propriĂ©taire de jet privĂ© moyen possède une fortune de 1,3 Milliard d’euros.

Taxer les plus aisés reste un symbole pour donner l’impression que tout le monde est mis à contribution en fonction de ses moyens et de son empreinte carbone. Mais les plus aisés peuvent se permettre ce type de transport. L’incitation prix aura alors peu d’impact, ne permettant pas de baisser le nombre de vols et les émissions de CO2

Aurélien Bigo

Chercheur sur la transition énergetique des transports


Le GIEC dit très clairement que TOUS les secteurs doivent évoluer. Alors que ce soit pour défendre des emplois ou en disant “oui mais ça ne concerne que x%” d’émissions de GES, cela ne tient pas de défendre les jets privés. C’est bien à cause de cette politique du “le voisin d’abord” qu’on en est là actuellement. On fait face à un problème systémique, cela ne suffira pas de taxer un peu plus ceci, ou de demander gentiment cela.
Et quand on voit comment Yamina Saheb, autrice de rapport du GIEC sur BFMTV, se fait attaquer par une éditorialiste sur le sujet, on se demande comment peut-on parler d’écologie en France aujourd’hui ?
Les jets privĂ©s sont le symbole ultime d’une inĂ©galitĂ© sociale et Ă©cologique, si l’on ne peut pas y toucher, on ne peut toucher Ă  rien…

En fait, la seule bonne manière de parler d’écologie pour notre gouvernement, c’est de cibler le pan de la population plus large, à commencer par les ménages les moins aisés. Comme lorsque Agnès Pannier-Runacher, nous expliquait il y a quelques mois que les français n’avaient pas les bons réflexes pour sauver la planète, “comme lorsqu’on ferme la lumière mais qu’on va envoyer un mail un peu rigolo à nos amis avec une pièce jointe, et qu’on aura consommé beaucoup plus d’énergie”.
Au-delà de l’aspect purement erronée d’une telle intervention, pointer du doigt le mail avec pièce jointe paraît davantage OK que de s’attaquer aux jets privés. Quand Emmanuel Macron parle de la fin de l’abondance, il semble plus logique pour les membres du gouvernement de parler de couper le wifi, ou encore de mettre un pull, que de cibler le bilan carbone des milliardaires, pour tous les arguments énoncés plus haut.

Tous ces arguments, qui se veulent ĂŞtre clamĂ©s par des gens rationnels, face Ă  des partisans de “l’écologie punitive” nient la rĂ©alitĂ© climatique et surtout, nient le fait qu’il n’y aura pas de transition Ă©cologique sans JUSTICE SOCIALE.
Alors petit rappel sur ce que c’est, la justice sociale.
La justice sociale, c’est considĂ©rer que les efforts des citoyen.nes doivent ĂŞtre proportionnels Ă  leur impact.
La justice sociale, c’est crĂ©er une transition Ă©nergĂ©tique qui ne laisse personne sur le carreau, pendant que d’autres sont intouchables. 
La justice sociale, c’est avoir en tĂŞte que + de 12 millions de Français.es sont en situation de prĂ©caritĂ© Ă©nergĂ©tique quand on Ă©voque la nĂ©cessitĂ© de baisser le chauffage.
La justice sociale, c’est être capable d’imposer des mesures drastiques aux personnes avec un bilan carbone de plusieurs milliers de tonnes par an, quand les 50% les plus pauvres en France ont une empreinte moyenne de 5 tonnes.

Aujourd’hui, le rapport sur les inégalités mondiales montre à quel point il existe des disparités en termes d’impacts selon les revenus. Pourtant, c’est bel et bien les pays les plus pauvres ou les pans de populations les plus pauvres qui sont et seront les plus vulnérables aux conséquences du réchauffement climatique.
Alors le message n’est pas de dire “tant que les plus riches ne feront rien, on fera rien”. Chez POW on se bouge toute l’année pour agir à différentes échelles, il est évident que chacun doit faire des efforts sans attendre que le voisin ou l’autre là bas fasse le premier pas. Mais il est criminel de laisser croire que chacun a les mêmes efforts à faire.

La justice sociale, c’est avoir tout cela en tête quand on aborde la transition écologique.

Interrail, l aventure façon POW !

Interrail, l aventure façon POW !

INTERRAIL, l’aventure façon POW !

Cet été, je (Trevis, le responsable éditorial de ton asso préférée) me suis lancé dans un périple avec un Global Ticket Interrail, ce pass qui permet de prendre le train partout en Europe, une bonne façon de découvrir plein de pays sur les rails. Alors que ce soit pour vous donner envie, ou pour en savoir plus sur cette façon de vadrouiller, je vous partage mon expérience !

Alors pour poser le tableau et vous en dire un peu plus sur mon rapport Ă  Interrail, j’avais dĂ©couvert ces tickets il y a quelques annĂ©es, en partant pour un trip uniquement Grande-Bretagne. Car oui, Interrail c’est des tickets pour l’Europe entière, mais il existe Ă©galement une multitude de billets qui donne accès Ă  tous les trains d’un seul pays (ou d’une zone gĂ©ographique, comme le BĂ©nĂ©lux ou la Grande-Bretagne). J’avais fait un trip de 20 jours entre l’Angleterre, l’Ecosse et le Pays de Galles, je ne partais donc pas de zĂ©ro en terme d’organisation. Alors quand je suis tombĂ© sur l’offre anniversaire Ă  l’occasion de leur 50 ans (on reparlera de l’argent plus bas) avec ma copine on s’est dit que c’Ă©tait l’occasion de viser un voyage plus grand !

C’est comme ça qu’on a commencĂ© Ă  se lancer sur des idĂ©es de pays Ă  faire Ă  travers l’Europe Centrale. On avait “que” 15 jours, donc le nombre de pays devait ĂŞtre limitĂ©… mais ça c’Ă©tait sans compter sur notre incapacitĂ© Ă  se dĂ©cider ! Donc rapidement on est parti sur un plan “se dĂ©brouiller pour profiter d’un maximum de pays en le moins de temps possible”. On a pris la carte d’Interrail (ici) et on a rĂ©flĂ©chit au trajet qu’on pourrait faire, en optimisant notre parcours du mieux que possible !
Résultat ? Le programme sera l’Allemagne avec Berlin, la République Tchèque avec Prague, l’Autriche avec Vienne, la Slovénie avec Ljubljana, la Croatie avec Zagreb et Split, et l’Italie avec Gênes, les Cinque Terre et Milan… Et ce en partant le vendredi 29 juillet au soir et en repartant le lundi 15 au matin. Les vacances pour se reposer, ce sera pour plus tard !

LĂ  vous vous dites peut-ĂŞtre que pour un tel programme, il faut une organisation rodĂ©e plusieurs mois Ă  l’avance… Alors je rassure celles et ceux dans le fond qui n’ont pas cette habitude, l’organisation du voyage a commencĂ© 15 jours avant le dĂ©part ! Etant donnĂ© que je connaissais dĂ©jĂ  Interrail, je me suis dit “pas de problèmes, ce sera simple”.
Sauf que je n’avais pas pris en compte : le fait qu’on Ă©tait au mois d’aoĂ»t, que je faisais beaucoup + de pays, qu’avec l’offre 50 ans Ă©normĂ©ment de personnes auraient des pass, que de nombreux trains seraient Ă  rĂ©servation obligatoire… Bref, malgrĂ© les maux de tĂŞtes que ça a amenĂ©, le plan est prĂŞt, c’est parti pour l’aventure !

L’heure du dĂ©part est arrivĂ©e, premier arrĂŞt, Berlin ! On part de Bourgogne direction Paris, puis Paris-Strasbourg, Strasbourg-Offenburg, Offenburg-Cologne de nuit, puis Cologne-Berlin pour une arrivĂ©e en milieu de matinĂ©e sur la capitale allemande. Le trajet le plus long du voyage pour commencer ! (Pour celles et ceux qui voudraient dĂ©couvrir Berlin, je vous rassure ce pĂ©riple n’est pas le seul moyen de s’y rendre, vous pouvez facilement trouver un trajet avec un seul changement en journĂ©e et ce sera relativement rapide)
Deux jours dans la capitale, Ă©videmment c’est peu pour faire le tour, mais c’est dĂ©jĂ  bien pour s’imprĂ©gner de l’histoire que cette ville contient. Au-delĂ  des diffĂ©rents monuments et mĂ©morial, si vous y alliez, ne ratez pas East Side Gallery, un morceau du mur de Berlin de 1,3km de long, entièrement recouvert de street art d’artistes du monde entier. Tellement fort et symbolique.

Après Berlin, direction Prague ! Rien de plus facile que de passer de la capitale allemande Ă  la capitale tchèque, un train direct en quelques heures et le tour est jouĂ©. Si vous visez un trip autour de l’Allemagne, Prague est un dĂ©tour obligatoire ! Plus belle capitale de notre voyage, je pourrais Ă©crire un article juste sur cette ville. C’est la destination oĂą l’on est restĂ© le plus longtemps (3 jours) et c’Ă©tait le bon choix. Prague a en plus le gĂ©nial avantage de se parcourir très facilement Ă  pied en se perdant dans les diffĂ©rentes ruelles, Ă  la dĂ©couverte d’une culture et une histoire du pays extrĂŞmement riche et encore très rĂ©cente (on avait sollicitĂ© un guide français super cool pour des visites originales, ça a tout changĂ© dans notre sĂ©jour), une architecture complètement dingue… Si en plus vous aimez la bière (avec modĂ©ration bien sĂ»r, mĂŞme si ce n’est pas le mot prĂ©fĂ©rĂ© des Tchèques qui sont les plus gros consommateurs du monde), Prague est le paradis qui vous attend.

Après Prague, escale rapide Ă  Vienne, juste une journĂ©e ! Comme le trajet prĂ©cĂ©dent, train direct assez facile, rien Ă  signaler. Sinon, il est Ă©videmment difficile de parler d’une ville en y restant si peu de temps, mais si c’est une capitale qui vous tente, sachez qu’elle est depuis peu accessible en train de nuit depuis Paris ! Un bon moyen de mettre un pied en Autriche… ou de faire une escale avant Prague ahah !

Après Vienne, Ljubljana ! LĂ  on est sur un trajet un peu plus long (environ 7h), mais c’est direct, et surtout vous passerez par le chemin de fer Semmering : une portion de train de 41km , inscrite au patrimoine de l’Unesco, traversant viaducs et autres ponts en haute montagne, offrant des paysages spectaculaires. Regarder par les fenĂŞtres, c’est profiter en oubliant presque oĂą l’on se rend.
Avant la SlovĂ©nie, on venait de marcher Ă  travers 3 capitales et l’envie de retrouver de la nature commençait Ă  arriver très fortement. Ca tombe bien, on avait choisi le pays idĂ©al pour ça. La SlovĂ©nie, souvent appelĂ©e le coeur vert de l’Europe, c’est près de 60% du pays qui est de la forĂŞt. Sa capital Ljubljana, met la nature et la question Ă©cologique au centre de son dĂ©veloppement. C’est notre pays coup de cĹ“ur du voyage, tant c’est un paradis pour les randonneurs et autres amoureux de la nature. En 2 jours, on a pu profiter des endroits les plus rĂ©putĂ©s, comme le Lac Bled et les gorges de Vintgar, ou encore les grottes de Postojna (grotte touristique la plus grande d’Europe, fascinante !) tant tout se fait très bien en train ou en bus au dĂ©part de la capitale. Vraiment, pour une mise au vert ailleurs qu’en France, la SlovĂ©nie est l’endroit idĂ©al. C’est pas la destination la plus directe en train, mais ça reste dans l’ordre du possible, et si vous passez par Vienne, vous apprĂ©cierez prendre le temps pour vous y rendre.

Jusqu’ici, pas de galères de train ? Vous trouvez ça bizarre ? Et bien nous aussi, on commençait Ă  se poser la question de quand ça arriverait. On se disait que c’Ă©tait trop facile alors qu’on allait arriver dans notre 5ème pays : la Croatie. Ljubljana-Zagreb, sur le papier c’est simple, quelques heures dans un train direct et c’est dans la poche ! Bon, petit retard d’une heure et quelque annoncĂ©. C’est le premier, pas de quoi en faire toute une histoire, après d’autres problèmes, on arrivera tard le soir mais on arrivera. Mais c’est Ă  partir de ce moment lĂ  qu’on a dĂ©couvert que le train pour se rendre et voyager Ă  l’intĂ©rieur de la Croatie, ce n’est pas une bonne idĂ©e. C’Ă©tait la première fois que je voyais un tableau en gare annoncer tous ses trains en retard, sans exception. De la demi-heure Ă  des retards de plusieurs heures. On a quand mĂŞme rĂ©ussi Ă  prendre un train de nuit de Zagreb Ă  Split, en Ă©tant chanceux avec un train en retard “que” de 45 minutes. Alors oui les lacs de Plitvice sont l’une des choses les plus incroyables que l’on ait vu, et Split, bien qu’Ă©tant une très mauvaise idĂ©e en aoĂ»t est jolie, mais en train Ă  l’intĂ©rieur du pays, c’est pas le bon plan ! Si vous vous y rendez, prĂ©voyez plutĂ´t de bouger en bus.

On arrive Ă  la partie la moins bas-carbone du voyage, le ferry. Pour passer de Split Ă  l’Italie (Ancone) on a pris le ferry sur 250km. Alors mĂŞme si selon l’Agence europĂ©enne de l’environnement, le ferry pollue 3 fois moins que l’avion, ce n’est pas l’idĂ©al, notamment pour le rejet de particules ultrafines. Donc on ne peut pas parler de moyen de transport “Ă©cologique”. Mais le ferry permet de traverser des eaux d’un pays Ă  l’autre sur des distances courtes. Alors un long trajet en train combinĂ© Ă  une petite partie en ferry reste de très très loin une façon plus Ă©cologique de voyager que de prendre l’avion. Fin de la parenthèse ferry, et direction GĂŞnes pour dĂ©couvrir les Cinque Terre !

LĂ  aussi, pas forcĂ©ment le meilleur plan en plein milieu du mois d’aoĂ»t. Les Cinque Terre pour celles et ceux qui ne connaissent pas, c’est 5 villages Ă  flanc de falaise au bord de la mer les uns Ă  cĂ´tĂ© des autres, qui forment l’un des endroits les plus touristiques d’Italie. Par contre, rien de plus simple que de le faire en train. Les Cinque Terre (Ă  environ 1h de GĂŞnes) sont reliĂ©s par des trains qui circulent toute la journĂ©e. Un ticket est mis en place et vous permet de passer d’un village Ă  l’autre quand vous le voulez dans la journĂ©e. Et si vous voulez la plus belle vue possible tout en usant vos jambes, vous pouvez passer d’un village Ă  l’autre par diffĂ©rents sentiers par des chemins de randonnĂ©es plus ou moins longs et difficiles. De ce qu’on a pu constater, l’Italie a un rĂ©seau ferroviaire très bien reliĂ© pour un voyageur, donc au vu de se proximitĂ© avec la France, ça en fait une destination idĂ©ale Ă  dĂ©couvrir en train !
Je vous passe les dĂ©tails du retour par Milan jusqu’Ă  Paris (nous on a du faire un changement en Suisse, mais il existe un train direct) qui vient clĂ´turer un voyage unique dont je me souviendrai toute ta ma vie.

Maintenant, si j’ai rĂ©ussi Ă  vous donner l’envie et quelques idĂ©es pour votre prochain voyage, je vais vous donner des conseils. Parce que l’aventure en train avec Interrail c’est cool, mais c’est pas toujours simple. Alors premier conseil, qui peut sembler bĂŞte : posez des questions !
Sur Facebook, vous pourrez trouver un groupe qui s’appelle Interrail Travelers. Dessus, j’ai trouvĂ© des gens qui connaissent très bien le rĂ©seau europĂ©en, les bons plans ou les choses Ă  Ă©viter selon les pays… ĂŞtre sur ce groupe m’a permis d’apprendre Ă©normĂ©ment de choses pour mes prochains voyages. Ce n’est pas une manière de botter en touche, mais il y a tellement de possibilitĂ©s diffĂ©rentes avec Interrail, qu’avoir un groupe de milliers de personnes prĂŞts Ă  vous aider, c’est prĂ©cieux !
2ème conseil : Interrail ne vaut pas TOUJOURS le coup. LĂ , j’ai payĂ© mon pass Interrail au moment de l’offre anniversaire, soit 250 euros au lieu de 500 euros. Il existe Ă©videmment des pass moins chers, selon le nombre de jours de voyages que vous allez effectuer etc. Mais Interrail offre surtout une flexibilitĂ© et la possibilitĂ© de prendre des trains partout en Europe plus facilement. Si votre objectif c’est de faire 1 ou 2 capitales sans forcĂ©ment bouger Ă  l’intĂ©rieur du pays, le mieux est de calculer Ă  l’avance combien devrez vous couter les billets par rapport Ă  Interrail (sachant qu’avec Interrail, il y a de nombreux trains dont il faut quand mĂŞme payer la rĂ©servation – qui selon les pays, va de quelques euros Ă  un peu plus cher). En rĂ©sumĂ©, Interrail est une possibilitĂ© pour voyager en Europe, mais n’est pas la seule manière. Vous pouvez vous rendre Ă  Berlin pour 70 euros par exemple.
Autre conseil dans la lignĂ©e de la question Ă©conomique : cherchez vos trajets manuellement, puis voyez pour rĂ©server sur diffĂ©rentes compagnies. RĂ©server avec la SNCF ne vaut pas toujours le coup, parfois vous gagnerez pas mal d’argent Ă  rĂ©server sur le site de la compagnie du pays. Si vous partez en Europe Centrale, le site OEBB est votre ami ! Sur le site d’Interrail, vous pouvez trouver des cartes qui vous reprĂ©senteront le rĂ©seau europĂ©en. Et de notre cĂ´tĂ© on vous prĂ©pare un guide Insta bientĂ´t, pour vous donner des idĂ©es de voyages en train, comment les effectuer etc.

Aujourd’hui le rĂ©seau europĂ©en est loin d’ĂŞtre parfait, voyager en train ce n’est pas forcĂ©ment simple. Mais il existe une multitude de possibilitĂ©s qui ne sont pas forcĂ©ment aussi chères et aussi complexes qu’on peut l’imaginer, alors ne fermez aucune porte, laissez vous rĂŞver !
C’est pour encourager Ă  rĂŞver autrement qu’on dĂ©cide de vous partager ce genre d’aventures, que ce soit la mienne ou tant d’autres. Les mouvements en faveur du climat ont besoin d’apporter un imaginaire, de montrer que renoncer Ă  l’avion ce n’est pas renoncer Ă  voyager, c’est simplement le faire autrement. Durant le voyage, pas une seule fois je ne me suis ennuyĂ© dans le train : entre discussions et rencontres, jeux de cartes, sĂ©ries, livre, musique, (et sommeil aussi, vu les heures de rĂ©veils !) le train c’est une ode Ă  profiter du voyage et pas que des destinations. On a je pense tous intĂ©rĂŞt Ă  incorporer et partager cet aspect de l’aventure, Ă  quitter le tout immĂ©diat, Ă  abandonner l’idĂ©e que c’est normal d’aller dans un pays Ă  l’autre bout de l’Europe en peu de temps en sautant dans un avion, oĂą le temps d’attente Ă  l’aĂ©roport sera plus long que le voyage… Bref, Ă  tendre non plus vers des vacances Ă  l’autre bout du monde, mais bel et bien revenir Ă  l’essence mĂŞme du voyage…

 

Législatives : Pourquoi notre génération ne vote pas ?

Législatives : Pourquoi notre génération ne vote pas ?

Législatives : Pourquoi notre génération ne vote pas ?

À moins que tu aies réussi à être hermétique à l’actualité, le sujet dont on va te parler aujourd’hui, tu l’entends depuis quelques jours : l’abstention !
Mais attends ! Ici, pas de questions de t’expliquer que t’es un.e mauvais.e citoyen.ne ou je ne sais quoi d’autre du style.
Nous on a plutôt essayé de comprendre les différentes raisons qui pouvaient pousser quelqu’un à ne pas voter, et tenter de trouver les bons mots pour y répondre.

On peut comprendre que pour certain.es cela n’intéresse pas, voire énerve de nous voir encore parler des législatives, et promis, c’est la dernière fois avant un loooong moment . Mais des raisons de ramener autant le sujet sur la table, on en a un bon paquet.
Et la 1ère est que les tranches d’âges qui sont le moins allés voter, c’est le coeur de cible de POW : 

  • 69 % des 18-24 ans et 71% des 25-34 ans se sont abstenus

ZOOM SUR 4 GROUPES DE RAISONS

1. “DĂ©goĂ»tĂ©.e par les politiques” “Voter ne changera rien”

Ce rejet de la politique, il est compréhensible, et on pourrait discuter des heures des raisons valables l’expliquant.
Pour autant, face à l’immensité des enjeux sociaux et écologiques auxquels nous faisons et allons devoir faire face, pas le choix : cela passera irrémédiablement par des décisions politiques. On a écrit un article qui explique très facilement en quoi les législatives peuvent changer la donne pour le climat.
En tant qu’association, les décisions de l’Assemblée et l’écoute des député.es peuvent radicalement changer notre travail durant les 5 prochaines années.
De plus, on l’a vu lors du premier tour, des résultats sont très serrés. Chaque voix compte. Et si en tant que jeunes on abandonne les urnes, alors il sera extrêmement difficile d’avoir notre mot à dire sur l’avenir que l’on veut dessiner.

2. “Je ne me reconnais pas dans l’offre politique” “Il n’y a personne pour qui j’ai vraiment envie de voter”

Parfois, on a envie de voter. Mais le casting ne nous fait franchement pas rêver… Pour répondre à ça, on vous partage un tweet d’Elliot Lepers, militant, que l’on trouve à la fois amusant et réaliste :

Evidemment, c’est du cas par cas, et on n’incite pas à voter “quoi qu’il arrive”.
On sait que les scénarios selon les circonscriptions peuvent vraiment rebuter certain.es.

Mais l’idée est de casser le mythe de la solution “parfaite”. On aura toujours des choses à reprocher à des candidat.es. Mais à force d’attendre la solution idéale, il sera trop tard pour nous et pour le climat.

3. “Je n’y suis pas allĂ© car je n’ai pas fait les bonnes dĂ©marches”

Pas inscrit.e sur la bonne liste ? Pas réussi à faire procuration ?
Pour la procuration, c’est beaucoup plus simple qu’on ne le pense et se fait en quelques étapes.
1/ Trouve quelqu’un qui veut bien voter pour toi
2/ Inscris toi sur maprocuration.gouv
3/ Valide ton identité dans un commissariat ou gendarmerie
4/ La personne qui vote pour toi reçoit un mail de confirmation et pourra voter pour toi dans ton bureau de vote

Tu peux le faire jusqu’Ă  ce week-end, il n’est pas trop tard !

4. “Je n’étais pas au courant qu’il y avait un vote”

Pour certain.es, les législatives sont passées sous les radars. Il faut dire que par rapport à la présidentielle, la place médiatique et politique accordée aux législatives est dérisoire.
Et c’est là qu’on a toutes et tous un rôle à jouer : parlons-en !
Au vu des chiffres, on a forcément des abstentionnistes dans notre entourage. Alors voter c’est bien, mais en discuter, c’est encore mieux ! Passons au-delà de la réticence à aborder la politique, et parlons de l’importance de l’Assemblée, des enjeux qui en découlent… Osons convaincre !

Aujourd’hui, une vague de chaleur commence. Une vague de chaleur qui devrait battre des records de précocité, avec des impacts majeurs, tant sur nous que sur la biodiversité, l’agriculture… Le GIEC est clair : avec le réchauffement climatique, ce genre de phénomènes arrivera de plus en plus fréquemment, avec une intensité de plus en plus élevée !
Il y a urgence à agir ! Et cette semaine, le meilleur moyen de le faire, c’est de voter dimanche pour des personnes dont l’écologie sera au cœur de leur mandat !