MEET OUR RIDERS : SEBASTIEN SIMON

MEET OUR RIDERS : SEBASTIEN SIMON

Aujourd’hui présentation et entretien avec Sébastien Simon. Nouvel ambassadeur de POW, il partage une envie d’agir et des valeurs proches des nôtres, tandis que son terrain de jeu est lui, un peu plus éloigné de nos chères montagnes !

“Bonjour, je m’appelle Sebastien Simon, j’ai 30 ans et je suis skippeur de course au large. Je suis né près de la mer, j’y passe toute mes journées. J’ai besoin d’être proche des océans car sinon je me sens un peu à l’étroit.

Je fais de la voile depuis que je suis tout jeune, j’ai commencé avec mon père, puis après j’ai été mordu par la compétition.

J’ai gagné la solitaire du Figaro en 2018 et le championnat de France Elite de course au large. Et donc j’ai participé au Vendée Globe 2020 qui était pour moi un rêve, en construisant un bateau de toute nouvelle génération équipée de foils. En ce moment on parle beaucoup de ces foils, qui sont ni plus ni moins que des ailes d’avions pour permettre aux bateaux de voler. On est la première génération de bateaux qui “semi-vole” autour du monde. Donc ça j’en suis très fier, de faire partie de cette génération.

Mon rapport à la montagne est assez récent. J’ai du découvrir la montagne en 2015, donc il y a 5 ou 6 ans seulement. Mais à chaque fois que j’y vais ça me ressource énormément. Je trouve que les paysages sont impressionnants, c’est complètement différent des océans et de ce que je peux rencontrer d’habitude, mais à chaque fois j’y vais avec beaucoup de plaisir.    J’ai découvert le snowboard récemment d’ailleurs, j’en suis un grand addict quand j’ai l’occasion d’y aller, mais bon ça représente pas beaucoup plus qu’une semaine par an malheureusement, car c’est assez loin.

J’ai été pas mal sensibilisé à tout ce qui touche à l’environnement quand j’ai vu quelle était la proportion de déchets que pouvait produire ma discipline. Même si on navigue sur les océans sans forcément beaucoup d’émissions de CO2, ce qui concerne la construction des bateaux et tout notre quotidien de sportifs de haut niveau de manière générale, ça m’a beaucoup touché. On est capable de faire de très belles choses, un sport de haute technologie, mais aussi un sport qui pendant la construction et l’évolution de nos projets n’est pas totalement vertueux malheureusement. Mais je ne suis pas désespéré, bien au contraire. Je pense qu’on va réussir à progresser petit à petit, et puis un jour à devenir beaucoup plus propre dans notre pratique.

Ça a déjà bien évolué depuis quelques temps. Il n’y a pas si longtemps, des voiles ça faisait pas un tour du monde et on était obligé de les changer régulièrement, alors qu’aujourd’hui on arrive à faire des matériaux beaucoup plus durables, beaucoup plus légers, donc c’est déjà de très bonnes voies.

Ça faisait un bon moment que j’imaginais pouvoir m’engager et avoir cette démarche environnementale. Maintenant pour être honnête, je ne m’en sentais pas prêt avant. C’est à la suite de l’abandon du Vendée Globe que j’ai eu ce déclic et que je me suis dit : ça y est, je me sens prêt à entrer dans cette démarche environnementale.

Au moment de m’engager, j’ai bien pensé à rejoindre plutôt une association spécifique à l’océan, mais un ensemble de choses m’a dirigé vers POW. 

J’ai commencé par regarder toutes les associations que je pouvais trouver sur internet, donc je me suis retrouvé avec des listes d’ONG, de fondations et j’étais un peu perdu dans les méandres de tout ce qu’on pouvait trouver. J’avoue que ça m’a limite un peu découragé à ce moment là. Au début, on trouve pas forcément les bonnes personnes pour nous accompagner dans cette démarche. Je savais pas trop vers où aller et je voulais pas non plus faire n’importe quoi.  

 

Puis je suis tombé sur cette association, POW, qui semblait hyper dynamique, assez jeune, avec un discours qui m’allait totalement : un discours plutôt positif, progressif, qui montre qu’on est là pour évoluer, pas forcément pour faire tout bien tout de suite.

Ça a un côté assez rassurant.

Je suis pas tombé tout de suite directement sur POW, je suis tombé dessus par l’intermédiaire de marques qui sont plus ou moins partenaires de POW notamment, mais aussi de Surf Riders Fondation par exemple, des marques qu’on connait tous, comme Patagonia, Picture…

Forcément dans mon métier, je regarde un peu ce que font les entreprises, les sponsors autour de nous, dans notre pratique : comment ils arrivent à être un peu plus soucieux de l’environnement dans leur façon de produire les choses, de vendre leur produit.

Quand je suis allé regarder ce que faisait POW, j’ai tout de suite compris et adhérer à la démarche, donc je les ai contacté et on a échangé. J’ai inclus certains de mes proches qui travaillent avec moi au quotidien et eux aussi ont totalement adhérer à cette démarche.

Je trouvais que le fait de s’appuyer sur des sportifs pour diffuser leur message, était intéressant, et leurs éléments de langage et leur façon de faire me paraissait très humble: on est pas là pour donner des leçons, mais plutôt pour essayer de s’améliorer petit à petit et d’essayer d’emmener notre communauté de sportifs au fur et à mesure avec nous. Donc ça je me sens clairement capable de le faire et j’espère faire des progrès, être transparent sur ce que représente notre sport en terme d’émissions de CO2 mais aussi de minimiser tout ça dans notre quotidien. On sait tous qu’on a pour objectif la neutralité carbone d’ici 2050. Ça risque d’être compliqué, mais en attendant il faut déjà embrayer pour commencer à y arriver.

Voilà où j’en suis aujourd’hui. Il s’agit d’abord d’une démarche personnelle.

Ça me tient à cœur et j’espère que ma communauté va me suivre. En attendant j’ai besoin d’agir pour le terrain de jeu qui m’entoure : la mer. Ce qui est un peu différent de tous les ambassadeurs Protect Our Winters. Mais je pense que la mer est tout autant un marqueur climatique que les montagnes !”

MEET OUR RIDERS : SEBASTIEN SIMON

Aventures sans Voiture – Un aperçu…

Aventures sans Voiture – Un aperçu…

Dans le cadre de notre nouveau programme Aventures sans Voiture (AsV pour les intimes), nos athlètes testent des itinéraires montagne au départ de stations et accessibles en transports en commun. Pour vous donner envie d’en savoir plus, on vous partage les coulisses d’une de ces sorties, réalisée par Robin Janvier, Rider POW France et Simon Charrière, Rider POW Suisse.

Bien décidé à rejoindre Simon à Chamonix pour une sortie d’alpinisme sur la Crête des Cosmiques, Robin avait prévu de prendre le train depuis Annecy pour ensuite se rendre à l’Aiguille du Midi, sans avoir besoin d’une voiture. Les aléas des chemins de fers étant ce qu’ils sont, notre rider moustachu a du faire preuve de patience et s’adapter aux travaux et à la ligne coupée. Changement de plan donc, et c’est en covoiturage que Robin arrive à Chamonix, pas démonté par les quelques galères qui se sont mises sur son chemin.

@Simon Charrière

Arrivé au centre ville, il retrouve enfin son pote Simon et les deux compères, presque prêts, doivent d’abord aller louer le matériel qui leur manque pour une sortie d’alpinisme en toute sécurité. L’arrête des Cosmiques est une super sortie d’alpi, fréquentée mais qui vaut le coup, et pour en profiter pleinement, ils ont fait appel à la guide Lise Billon (@lise_billon). C’est à elle que revient la mission de transformer ces deux skieurs invétérés en alpinistes avertis. À leur côté, on trouve également Soren Rickards (@soren_rickards), qui aura la charge d’immortaliser en image les aventures de cette fine équipe.

@Simon Charrière

“Dans un premier temps l’accès à l’arrête dans le plat du midi permet de contempler les récents éboulements. Pour l’anecdote Lise était sur l’arrête le jour où elle s’est effondrée. Après un check matos au pied de la voie nous avons conclu que d’emporter quelques carottes bio en guise de coinceurs de secours ne serait pas de trop !”

“Le début est très agréable et on cruise en grimpe facile entre les blocs de granite. À noter également la chaleur en ce 9 septembre 2020, nous avons dû poser des couches pour grimper léger !”

” Après environ 45 min, nous voilà dans le fameux passage de l’éboulement qui nous force à passer côté face nord, changement d’ambiance ! Après quelques rappels nous revoilà au soleil, avec Simon, nous repérons une petite aiguille en cailloux plutôt photogénique, sur laquelle nous grimpons, en arrivant vers Lise elle nous explique que toutes ces aiguillettes dressées sur l’arrête, que l’on pensait « béton », sont vouées à disparaitre et tomber à cause du permafrost qui fond. Ce qui ne nous étonne guère au vu des 18 degrés dans l’air à ce moment.”

Mais la vue est incroyable avec le Mont-Blanc en toile de fond et toutes la chaines couvertes de blanc, le retour à l’Aiguille se fait masqué dans une ambiance Covid certes, mais qui n’entachera pas la folle aventure vécue aujourd’hui, avec de belles personnes et sans voiture!

Aventures sans Voiture – Un aperçu…

Rencontre avec la Green Session

Depuis quelques semaines, on échange pas mal avec la Green Session, et on se rend compte que nos actions se rejoignent. La Green Session est un media/communauté/boutique de vente en ligne tourné vers les sports de glisse, chez POW on est une asso focalisée sur le ride en montagne, en somme nos objectifs convergent vers la protection de nos terrains de jeux, de la nature. On a interviewé Pierre Barbez, un Green Rider, fondateur du projet.

POW France : Peux tu te présenter en quelques mots ?

Pierre Barbez : Je m’appelle Pierre, j’ai 37 ans. Après avoir vécu quelques années à l’étranger, il y a deux ans je suis venu m’installer avec ma compagne, mes deux enfants, nos poules et nos moutons du côté de Nantes. Entre la fin de mes études et ce déménagement à Nantes j’ai eu une vie professionnelle qu’on pourrait qualifier d’intense, passionnante mais … dévorante à tous points de vue (beaucoup de déplacements et de stress) et au final avec peu d’intérêt pour le bien collectif.
Il y a deux ans, on a donc pris la décision de changer radicalement de vie, en s’installant à la campagne et en quittant mon ancien job pour m’investir dans la création d’un média, La Green Session.

Comment es-tu arrivé dans le monde de la glisse (en mer) et quels sports de pratiques-tu ?

J’ai commencé la glisse à la montagne. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui avaient les moyens de nous emmener au ski une semaine par an. J’ai donc fait mes débuts sur des skis à Valmorel, dans les Alpes. Comme on est allés tous les ans dans la même station, à un moment j’ai voulu essayer autre chose, j’ai “sacrifié” une semaine de ski pour passer au snowboard. J’en ai fait quelques années avant de revenir au ski.
Et puis il y a quelques années je me suis mis au kitesurf.

Peux tu nous raconter ta meilleure session ?

Ce n’est pas évident d’en sortir une en particulier… Pour moi une bonne session n’a pas besoin d’être dans un cadre idyllique, avec des conditions tiptop (même si ça aide !). Car avant tout une session c’est du partage. Celle où tu navigues en regardant ce que font les copains, ça challenge, ça motive, ça peut aussi bien faire rire et puis … ça permet de faire un débrief de folie avec quelques bières. Ces sessions sont souvent au pied de chez soi, pour moi c’est à Quiberon, en Bretagne.

Au fil de ta pratique sportive, as-tu remarqué des changements dans le paysage de tes spots préférés ?

Pour la montagne c’est dur à dire parce que je n’y suis que quelques jours par an. En regardant les conditions (de loin) j’ai quand même l’impression que l’enneigement est beaucoup plus incertain. En ce qui concerne la mer et plus particulièrement les plages, chez moi dans le Nord (je suis originaire de Lille), il y a certains endroits où les blockhaus, qui étaient à des centaines de mètres de la mer quand j’étais petit, ont maintenant les pieds dans l’eau.

Est-ce que cela t’a poussé à changer des aspects de ta pratique ?

Oui. Depuis environ 3 ans, j’ai petit à petit pris conscience de mon impact, et je me questionne de plus en plus sur mes gestes, mais aussi et surtout ma façon de consommer.
Dans ma vie de tous les jours, j’ai déménagé à la campagne, j’ai changé de travail, je mange de moins en moins de viande, je cultive mon potager …
Au niveau de ma pratique sportive, je ne prends plus l’avion, je répare au maximum (c’est incroyable tout ce qui est réparable… même si ce n’est pas toujours moins cher), j’achète d’occasion et lorsque je ne trouve pas, je vais chercher un produit qui sera le plus éco-conçu et local possible… ça prend un peu de temps, mais ça évite aussi les achats impulsifs qui au final… trainent au fond du garage !

As tu remarqué des changements chez d’autres pratiquant.es ?

Oui, je rencontre de plus en plus de personnes qui ont décidé de consommer différemment. Qui se questionnent, chacun à leur rythme, avec leurs sensibilités et leurs moyens. Généralement ils commencent par du ramassage sur les plages, et puis ils se rendent compte que tout ce qu’on y trouve vient de notre caddie. Et ça implique des changements dans les habitudes de consommation, avec du vrac, du bio, du local.
Ce qui m’a le plus marqué dernièrement c’est un coach de kitesurf assez connu en France qui a annoncé que dans les mois à venir il donnerait 70% de ses cours en France, alors que ces dernières années c’était plutôt 90% à l’étranger. Pourquoi ? Parce qu’il se sentait « con » lorsqu’il prenait l’avion. Pour moi ça montre un énorme changement dans les mentalités. Ce genre de déclaration va avoir un effet boule de neige.

Quels conseils peux tu donner aux rider.euses qui veulent réduire leur impact sur l’environnement ?

Le seul conseil que je puisse donner c’est d’être curieux. De se renseigner, de croiser les sources, de trouver son propre équilibre. C’est difficile de changer du tout au tout en quelques semaines. Cela prend un peu de temps, mais plus on se renseigne, plus cela devient évident.
On commence toujours par des petits gestes, et puis on en fait de plus en plus, on inspire notre entourage (amis, famille, voisins), on les embarque avec nous, c’est ça l’effet boule de neige … jusqu’au jour où on est suffisamment nombreux à vouloir un changement et que cela se reflète dans les urnes, avec l’élection de personnes qui ont les mêmes convictions et qui pourront faire bouger les choses à une autre échelle.
Ah aussi autre conseil, venez lire les articles de La Green Session 😉 on y décrypte les impacts des riders et on propose des alternatives concrètes !

Comment est née l’idée de la Green Session ?

L’idée est née il y a un peu plus de 2 ans avec Vincent. En fait c’est un mélange de trois éléments :

  • la volonté de donner du sens à notre travail
  • des convictions écologiques et sociales fortes
  • la passion pour l’outdoor et plus particulièrement les sports de glisse

Et au final ce qui avait le plus de sens pour nous c’était d’aider les riders à préserver nos terrains de jeux.
En creusant on s’est vite rendu compte que tout était lié à nos modes de consommation. Si je pollue avec mon achat ici, ça se retrouvera à un moment ou à un autre sur mon spot (disparition des plages, montées des eaux, moins de neige, pollution chimique, bactérienne, … ).
On a initié le projet avec une boutique en ligne qui propose une sélection de produits éco-responsables pour les riders. Ainsi on a focalisé nos efforts du début sur le « consommer mieux ». Rapidement on a voulu donner une autre dimension au projet en axant notre travail sur le « consommer moins ». La Green Session est désormais un média dont l’objectif est d’aider les riders à changer leur mode de consommation pour à la fois réduire leur impact mais également inspirer leur entourage à en faire autant.

Pierre et Vincent, les deux fondateurs de la Green Session

Peux tu nous présenter la Green Session et ton implication ?

La Green Session c’est un média indépendant (nous ne sommes payés par aucune marque !) qui permet de sensibiliser les riders à la préservation de nos terrains de jeux. Notre communication est principalement axée sur le consommer moins mais mieux.
À travers nos articles, on décrypte les impacts des produits utilisés par les riders (veste de ski, baselayer, planche de surf, etc…). Pour nous c’est l’étape la plus importante. Pour pouvoir réduire, il faut avant comprendre nos impacts. Puis on propose des alternatives et des conseils comme la réparation, l’occasion et enfin en dernier recours l’achat éco-responsable.
La Green Session c’est également et surtout une communauté de plus de 3 000 riders qui partagent les mêmes valeurs que nous. Nous échangeons avec eux tous les jeudis grâce à notre newsletter et c’est un pur bonheur !
En parallèle de notre activité de média, on s’implique également dans des projets qui ont du sens par rapport à notre concept de glisse éco-responsable. On travaille notamment en ce moment sur un projet de poncho de surf upcyclé, Ponchouille. L’objectif est de proposer une alternative éco-responsable aux ponchos de bain fabriqués à des milliers de kilomètres avec des matières premières gourmandes en eau et en pesticides. Ponchouille sera fabriqué en Bretagne dans un ESAT à partir de serviettes de bain récupérées. 

Pierre en Ponchouille

Comment les riders peuvent-ils aider la Green Session ?

Il y a plein de façons de participer activement à La Green Session. Il y a quelques semaines on a justement écrit un article dans lequel on a listé toutes les façons pour un rider de s’impliquer dans le projet.
Ça va de l’inscription à la Newsletter, jusqu’à la rédaction d’un article de blog ou la mise en relation avec d’autres personnes (riders, medias, influenceurs…). Il y en a pour tous les goûts et toutes les compétences !

Aventures sans Voiture – Un aperçu…

Témoignage : « j’ai envie de contribuer au changement »

Depuis le début du confinement, la communauté POW bouillonne et ne cesse de s’agrandir ! Notre dernière newsletter sur le covid 19 a suscité de nombreuses réactions et on lit avec intérêt tous les messages qu’on nous envoie. Dans cet élan de convictions écologiques, notre attention s’est arrêtée sur un témoignage, touchant et matière à réflexion.

On espère que les lignes qui suivent nous amèneront à prendre ce temps de confinement comme une opportunité de se poser des questions plus profondes sur nos modes de consommation, nos modes de vie, leurs impacts et notre capacité de changement.

Si vous avez envie de nous partager votre expérience, vous pouvez commenter ou nous écrire : team@protectourwinters.fr

Salut l’équipe POW, 

J’envoie ce message un peu façon bouteille à la mer, surtout dans le contexte particulier que l’on connait en ce moment. 
J’ai 26 ans, je suis responsable comm’ pour une marque dans l’industrie du vélo et malgré mon jeune âge, ça fait un moment que je me dis que quelque chose ne tourne pas rond. Je crois que je n’ai jamais vraiment compris le concept de croissance, en tout cas de croissance à tout prix. Au lycée en cours d’économie, j’avais naïvement demandé à mon prof « mais je ne comprends pas, il faut toujours faire plus, sinon c’est mal? » quand il nous a présenté La Croissance.

Aujourd’hui je me sens perdue. J’ai un « bon » job, j’aime bien les gens avec lesquels je travaille, j’adore le milieu du vélo et toutes ses pratiques, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que quand la situation va redevenir plus normale après le Coronavirus, je n’ai qu’une envie c’est de démissionner. Démissionner pour ne plus contribuer à ce système, démissionner pour dire stop au fait de tout le temps pousser de nouveaux produits à coups de cash, de campagnes, de quête de likes à tout prix. Il n’y a pas que du mauvais dans ma boite, mais on dirait que le besoin d’effectuer un virage important dans notre industrie (et dans l’industrie du sport en général) n’apparaît pas comme une urgence aux yeux de tous. Un des problèmes étant que les industriels sont drivés par :
– les études de marchés, les besoins des consommateurs – et les « consommateurs » ne sont pas toujours ceux qui prônent le minimalisme.
– le besoin de faire du chiffre d’affaire a minima pour couvrir les charges
Du coup le « durable » est souvent difficile à rajouter à cette équation.

Je suis originaire de la région parisienne mais ça fait un moment que je ne m’y sens plus du tout à l’aise. J’ai la chance de pouvoir faire mon confinement à la montagne, à proximité de producteurs locaux, de choses simples et bizarrement même confinée ici j’ai l’impression de revivre. 
Tout ceci pour dire que malgré ma vision très floue concernant ma vie, ma carrière, mon chemin dans les mois à venir, une chose est sûre : je ne veux plus que ma vie et mon job fassent du tort à la Terre et de facto à l’Homme. Mieux, je voudrais pouvoir contribuer du mieux que je peux pour faire bouger les choses, changer les mentalités, faire du bien pour cette jolie planète bleue, ses habitants, les plantes et les animaux qui l’habitent. Je suis peut-être un peu idéaliste, je sais 🙂

Je rajouterais aussi à tout ça que l’objectif c’est vraiment la quête de solutions, le besoin ardent de sortir de cette impasse du « toujours plus », ce faux semblant du « toujours mieux ». Quand est-ce que ça va s’arrêter ?
Je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas. Pas plus tard que la semaine dernière un ami designer m’annonce qu’il quitte son job parce qu’il en a marre de cette pression pour toujours sortir une nouvelle collection qui finalement n’aura rien de révolutionnaire par rapport à la dernière, mais qu’il va quand même falloir pousser de façon à rendre les précédentes obsolètes. À un moment, à ton niveau de marketer, de communicant, tu te retrouves clairement à court d’arguments. Et tu pètes les plombs quand tu te rends compte que le plus souvent, ta boîte ne se soucie pas du tout de l’ensemble de la supply chain pour faire son business. D’où viennent les matières premières ? Qu’est ce qui se passe avec le produit en fin de vie ? La plupart des entreprises s’en foutent et c’est bien le problème. Malheureusement souvent les consommateurs aussi…

Si on se focalise rien que sur l’industrie du sport, quelle est la solution ? Est-ce qu’il y a trop marques aujourd’hui ? Est-ce que certaines doivent mourir ? Lesquelles ? Que vont faire toutes les personnes mises au chômage si plein de boîtes se mettent à disparaitre ? Quelle est la société / l’économie dont on pourrait rêver, dans laquelle chacun pourrait gagner sa vie tout en se sentant contribuer, apporter de la valeur ajoutée?

Exploration d’idées still in progress.

S.

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