ExtrĂŞme droite, pire ennemi du climat ?

ExtrĂŞme droite, pire ennemi du climat ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, si vous êtes surpris.e.s que l’on parle de l’extrême droite frontalement, vous pouvez retrouver la position de POW sur le sujet ici.

Chez POW, on a toujours pointĂ© du doigt les actes anti-Ă©cologiques du gouvernement en place, car ĂŞtre apartisan ne veut pas dire que l’on est apolitique, bien au contraire. Et après la victoire Ă©crasante de l’extrĂŞme droite aux Ă©lections europĂ©ennes et la dynamique actuelle, il nous paraissait essentiel de mettre en lumière le danger que reprĂ©sente l’accession au pouvoir du Rassemblement National (RN) pour le climat. Spoiler : dans son programme pour les lĂ©gislatives, le RN ne mentionne absolument pas le climat. Le mot n’apparaĂ®t mĂŞme pas. Entre le RN et le climat, la relation semble donc bien inexistante… on vous en parle dans tous ces points.

 

    • – Justice Climatique 🤝 Justice Sociale 
    • – Ne pas seulement freiner, mais reculer ! MĂŞme sur la mobilitĂ©… 
    • – Un climatodĂ©nialisme très fort
    • – L’extrĂŞme droite, ce sont les scientifiques qui en parlent le mieux
    • – Le RN, ennemi des associations 
Justice Climatique 🤝 Justice Sociale 

La transition écologique sera juste, ou ne sera pas. Il est impossible de penser climat sans penser inégalités sociales et économiques. Les classes les plus populaires sont celles qui subissent le plus les effets du changement climatique. A l’inverse, les personnes les plus riches contribuent le plus à accélérer ce dernier et en sont les moins impactées. En France, 63 milliardaires émettent plus de gaz à effet de serre que la moitié de la population (~34 millions de personnes) et à l’échelle mondiale, 1% des plus riches polluent autant que 66% des plus pauvres.

Le souci avec le RN, c’est que ni le climat, ni la lutte contre les inégalités ne sont une priorité. Loiiiin de là. La politique économique du parti va largement en faveur des grosses entreprises, étant toujours très à l’écoute des gros lobbies industriels. Il vote systématiquement en défaveur des lois visant à protéger les plus modestes et réduire les inégalités, telles que le rétablissement de l’impôt sur la fortune, qui permettrait de financer une grande partie de la transition écologique.

De nombreux Ă©conomistes renommĂ©s s’opposent d’ailleurs au programme du RN, montrant qu’il s’agit d’un programme bancal, qui ne rĂ©soudra aucunement les problèmes d’inĂ©galitĂ©s Ă©conomiques, et donc sociales, et donc Ă©cologiques du pays.

Ne pas seulement freiner, mais reculer ! Même sur la mobilité…


Le programme du RN ne se contente pas de ne rien faire, il veut aussi reculer, et sur de nombreux points. L’intégralité des points, en réalité. Déjà, le RN vote systématiquement contre les lois environnementales, autant en France qu’en Europe (contre la taxation du kérosène, contre la loi de restauration de la nature, contre l’interdiction des polluants éternels (PFAS)…).

Sur les énergies renouvelables, en juin 2024, Marine Le Pen a affirmé que ces dernières n’étaient “ni propres ni renouvelables”, et souhaite démanteler toutes les éoliennes du pays. Elle ne souhaite investir que dans le nucléaire, et ne prévoit aucunement de sortir des énergies fossiles, qui sont la plus grande source d’émissions de GES dans le monde.

 

Concernant la mobilitĂ©, notre sujet phare chez POW, elle n’apparaĂ®t tout simplement pas dans les 22 mesures du programme du RN. Il n’y a RIEN DU TOUT. Pour trouver des informations sur ce sujet, il faut aller fouiller dans un cahier thĂ©matique tout au fond de leur site. Et lĂ , surprise, le RN prĂ©voit “d’assurer le respect du droit Ă  la mobilitĂ© individuelle”. Tout ce contre quoi il faut aller. C’est-Ă -dire que le RN souhaite dĂ©taxer les carburants, revenir sur l’interdiction de la vente des voitures thermiques en 2035 (qui sont la principale source d’Ă©missions de CO2 du pays), supprimer les Zones Ă  Faible Emission, et ne mentionne absolument pas le train.

Que ce soit à échelle nationale ou européenne, le RN s’oppose à tout ce que POW défend. Tous leurs votes sur l’ensemble des sujets vont à l’encontre du climat et de la justice sociale. Pour approfondir sur ce point, même s’il ne mentionne que les mesures européennes, vous pouvez retrouver notre scoreboard pour vous rendre compte de la fibre écologique fantôme de ce mouvement.

Un climatodénialisme très fort

“Il ne faut pas se baser uniquement sur les données du GIEC” dont les membres “ont parfois tendance à exagérer”Thomas Ménagé député RN sortant et candidat, août 2023. Marine Le Pen a également déclaré que le GIEC a “toujours été alarmiste”.


“Le 3 janvier 2024, la Suède a enregistré les températures les plus basses depuis 25 ans, avec -43 degrés. À cette heure, nous n’avons pas encore de commentaires du GIEC.”Christophe Barthès, député RN sortant et candidat, janvier 2024. Ce dernier est également connu pour avoir émis des doutes sur la pertinence des termes “réchauffement” ou “dérèglement” du climat, et s’est questionné sur la durée du changement climatique, considérant qu’on ne sait pas ce qu’il en sera “dans 10 ans” et que ça ira peut-être mieux.

Remettre en cause les travaux du GIEC, qui regroupe des centaines de scientifiques renommés du monde entier pour produire des rapports sur les dernières données du changement climatique, est extrêmement grave, mais ne semble pas faire peur au RN qui fait preuve d’un climatodénialisme fort et n’hésite pas à le faire publiquement. Alors que pourtant… :

 

L’extrĂŞme droite, ce sont les scientifiques qui en parlent le mieux

 

De nombreux scientifiques renommĂ©s, comme Jean Jouzel ou ValĂ©rie Masson-Delmotte, s’inquiètent et s’expriment dans les mĂ©dias face aux risques que reprĂ©senterait le RN au pouvoir pour le climat. Jean Jouzel, mondialement reconnu pour ses travaux au sein du GIEC, a par exemple dĂ©clarĂ© que  « Le RN n’a aucune ambition en termes de lutte contre le changement climatique. C’est le vide. »

On en a donc profité pour demander à des scientifiques proches de POW s’ils souhaitaient s’exprimer sur le sujet. Voici les précieux retours que l’on a eus des glaciologues Luc Moreau et Jean-Baptiste Bosson, et d’Anaïs Bigot, géoscientifique en glaciologie, géomorphologie et climat.

Je dirais qu’il faut absolument voter pour quelqu’un qui a un programme solide pour l’environnement. Il y en a qui ont des programmes qui sont vides, comme le dit Jean Jouzel. Pourquoi ? Parce que l’environnement, c’est la base, pour être en bonne santé et pour être en vie. Pour pouvoir faire de la politique, du business, jouer, s’amuser, travailler, apprendre, on est obligés d’être vivant.e.s. Comme le dit Yvan Chouinard “on ne fait pas de business sur une planète morte”. Aujourd’hui, on se doit de préserver cet environnement, de le réparer, d’avoir les bonnes solutions, et on n’a pas une minute à perdre vu qu’il y a un certain temps entre la décision et les actes. Et il y a un temps de réponse énorme dans l’environnement ! Aujourd’hui il y a des saisons où la couche d’ozone se reconstitue parce qu’on a pris les bonnes décisions il y a 30 ou 40 ans. Et les glaciers, bien sûr, sont très importants, parce qu’ils équilibrent le climat. Moins il y aura de glace et de neige, plus ça va se réchauffer car les surfaces seront de moins en moins blanches. Donc voter pour quelqu’un qui a un programme solide pour l’environnement, parce que c’est la base pour être vivant.e.s, pour pouvoir vivre sur cette planète, qui est la seule.

Luc Moreau, glaciologue

Face aux crises que nous avons générées, le changement climatique, la dégradation de la nature, la disparition des glaciers, la modification du cycle de l’eau, nous devons absolument réagir. Partout la montée de l’extrême droite est la pire des options possibles, celle du laisser faire et de la haine, celle qui empêche le futur. Nous devons réapprendre à vivre ensemble et nous engager à la hauteur des enjeux. Le choix qui est devant nous sera déterminant, pour nous, les générations futures et la planète. Allons voter contre l’extrême droite et pour le vivant.

Jean-Baptiste Bosson, glaciologue

Je ne suis pas lĂ  pour exposer pour qui voter, mais je sais que mon cĹ“ur, ma raison ainsi que mon travail dans les sciences naturelles me disent de voter pour un parti qui considère le climat comme une prioritĂ© absolue. J’estime que l’une des missions des gĂ©oscientifiques est d’alerter sur l’importance de prioriser des partis politiques qui considèrent rĂ©ellement le climat et mettent des moyens en Ĺ“uvre. Parce que ce sont ces personnes qui disposent de rĂ©els pouvoirs pour mettre en place des lois, des restrictions, des limitations capables de suivre les recommandations scientifiques. D’ici 2100, quoi que l’on fasse aujourd’hui, le niveau des mers et ocĂ©ans va augmenter d’1m10. Mais si on ne fait rien, ce sera 4m, et ainsi de suite avec le temps qui dĂ©file et des politiques qui n’agissent pas… Il suffit de faire 500 m en voiture pour contribuer Ă  la fonte de l’équivalent d’1 kg de glace. Et c’est 180 millions de personnes qui vont devoir bouger Ă  cause de la montĂ©e des eaux. C’est plutĂ´t cela qui devrait interpeller, surtout le RN et ses Ă©lecteurs qui semblent tant s’inquiĂ©ter des flux migratoires. Voter pour le climat est une affaire de toutes et tous, et est une prioritĂ©.

Anaïs Bigot, géoscientifique en glaciologie, géomorphologie et climat

Le RN, ennemi des associations 

Entre sa brutalité vis-à-vis des manifestants écologistes, et ses attaques multiples contre les associations, notre travail sous le RN ne sera clairement pas le même. L’extrême droite attaque souvent les militants écologistes dans ses discours, n’hésitant pas à les insulter de “khmers verts” en référence aux “khmers rouges”, un mouvement politique Cambodgien extrêmement violent et coupable d’un génocide qui a tué 2 millions de personnes, une attaque très grave et d’un extrême irrespect pour les victimes de ce terrible génocide.

De plus, AnaĂŻs Sabatini, dĂ©putĂ©e RN des PyrĂ©nĂ©es Orientales, a rĂ©clamĂ© la suppression des subventions Ă  l’association France Nature Environnement en 2023, reflĂ©tant le fait que le travail des associations environnementales est largement mis en pĂ©ril par l’extrĂŞme droite. Dans la mĂŞme lignĂ©e, Ă  la suite des mobilisations contre les mĂ©ga-bassines Ă  Sainte-Soline, des dĂ©putĂ©s RN ont soutenu la dissolution des Soulèvements de la Terre que l’on Ă©voque dans cet article. Le parti a aussi lancĂ© une pĂ©tition sur son site pour la dissolution de ce qu’il appelle des “milices d’extrĂŞme gauche”, qui montre une nouvelle fois le danger qui pèse sur les collectifs Ă©cologistes.

Pour faire face au danger que représente l’extrême droite pour le climat et la justice sociale, chacun.e a un rôle à jouer, que ce soit en faisant de la pédagogie pour montrer la réalité de ce parti aux personnes qui seraient charmées par leurs sirènes, ou surtout en encourageant toutes celles et ceux qui ont des valeurs et des convictions à l’opposé des leurs, mais qui n’auraient pas (encore) l’intention d’aller voter.

Collectivement, mobilisons-nous. La force du collectif est immense !

On ne sait pas vivre sans glaciers

On ne sait pas vivre sans glaciers

On ne sait pas vivre sans glaciers, gĂ©nĂ©tiquement, on n’a pas ça dans notre ADN. Si on perd les glaciers, on va vers quelque chose oĂą l’on sort complètement des radars de l’histoire de l’humanitĂ©, de l’histoire rĂ©cente du vivant sur la planète, et on prend quand mĂŞme des gros risques.

Jean-Baptiste Bosson, glaciologue

En 2050, Ă  cause des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, tous les glaciers des PyrĂ©nĂ©es et 34% du volume de glace dans les Alpes europĂ©ennes auront disparu. Quelles sont alors les consĂ©quences de la fonte des glaciers ? BiodiversitĂ©, Ă©cosystèmes, ressources, territoires, populations… Les consĂ©quences semblent ĂŞtre multiples. 

Bien que les glaciers nous paraissent parfois lointains, nous sommes intimement liés à eux, et leur fonte extrêmement rapide et massive est un phénomène inédit auquel nous devons prêter la plus grande attention comme le dit si bien Jean-Baptiste Bosson.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est important de rappeler qu’il s’agit de parler des glaciers condamnés et dont la fonte à grande échelle est inévitable. Il reste de nombreux glaciers de montagne à préserver.

Sommaire des enjeux abordĂ©s dans l’article :

  • Un bouleversement de la biodiversitĂ© et des Ă©cosystèmes
  • Des sĂ©cheresses Ă  rĂ©pĂ©tition et une gestion de l’eau perturbĂ©e
  • Faire face Ă  une instabilitĂ© climatique en montagne et dans les pratiques
  • Les glaciers, de vĂ©ritables rĂ©gulateurs du climat
  • Comment sommes-nous liĂ©s aux glaciers ?
Un bouleversement de la biodiversité et des écosystèmes

Le recul des glaciers de montagne affecte tout d’abord la nature elle-même, avec toute sa biodiversité et ses écosystèmes. D’après le GIEC, la composition et l’abondance des espèces de montagne ont considérablement changé avec la réduction des couvertures neigeuse et glaciaire. Les espèces locales sont de plus en plus menacées, notamment pour celles qui dépendent directement de la glace. Quand les glaciers disparaissent, c’est tout un habitat naturel qui disparaît avec eux : c’est le cas notamment du petit invertébré tardigrade qui vit auprès des glaciers.

Comme nous le rappelle Jean-Baptiste Bosson, “La nature a horreur du vide. Si on perd quelque chose d’un côté, on gagne quelque chose de l’autre”. Là où vivaient les glaciers auparavant, on observe l’apparition de nouveaux habitats vêtus de cailloux de sédiments, de nouvelles rivières, de nouveaux lacs, de nouvelles pelouses… ainsi que l’arrivée de nouvelles espèces dans ces zones comme le cerf, ayant besoin de forêt pour vivre.

Mais ce phĂ©nomène ramène de la compĂ©tition entre les espèces avec le dĂ©veloppement d’espèces “exotiques” envahissantes pour celles dĂ©jĂ  installĂ©es depuis longtemps. La fonte des glaciers questionne donc les diffĂ©rentes habitabilitĂ©s de la Terre et tend Ă  bouleverser la biodiversitĂ© actuelle.

Des sĂ©cheresses Ă  rĂ©pĂ©tition et une gestion de l’eau PerturbĂ©e

Les glaciers permettent de réguler le courant des rivières qui va inévitablement être perturbé par leur fonte. Sur le long terme, comme la régénération glaciaire est réduite, le volume d’eau qui coule dans les rivières de montagne sera de plus en plus faible et rendra les périodes de sécheresse de plus en plus intenses.

« Les glaciers sont comme un immense compte en banque Ă  la base, qui se superpose au cycle de l’eau. Ce compte en banque devient très petit et de ce fait, les dĂ©bits diminuent parce qu’on perd de ce surplus qu’était le stock. »

Jean-Baptiste Bosson, glaciologue

Cette image est frappante et nous invite Ă  Ă©conomiser drastiquement ce stock. Au vu des sĂ©cheresses de l’étĂ© 2022 et de l’hiver 2023, cet enjeu est de la plus haute importance. Les glaciers de montagne sont les châteaux d’eau de nombreuses rĂ©gions du monde, et permettent de mettre en place l’irrigation et l’énergie hydro-Ă©lectrique. Tous ces phĂ©nomènes vont ĂŞtre affectĂ©s et avoir des impacts sur nos usages quotidiens, sur l’agriculture, ainsi que sur l’électricitĂ©, en touchant en prioritĂ© les populations locales.

Selon les années, les glaciers des Alpes représentent environ 40% du débit du Rhône. Sans glaciers, le débit du Rhône tend à diminuer drastiquement, surtout en été où le besoin en eau est le plus important. La vallée du Rhône, avec environ 12 000 000 habitants et une grande zone de production maraîchère, va être fragilisée. De plus, l’eau sera de plus en plus chaude et les centrales électriques seront plus difficiles à refroidir.

En mars 2023, le lac des Bouillouses dans les PyrĂ©nĂ©es-Orientales, alimentĂ© par les prĂ©cipitations et les glaciers, a vu stopper sa production hydroĂ©lectrique par manque d’eau. L’eau et les glaciers sont une richesse Ă©nergĂ©tique essentielle, aujourd’hui mise en pĂ©ril. Et pour en savoir plus sur les glaciers des PyrĂ©nĂ©es, retrouve notre article sur le sujet ici.

Faire face à une instabilité climatique en montagne et dans les pratiques

L’Ă©tĂ©, les fortes chaleurs et la fonte des glaciers accĂ©lĂ©rĂ©e engendrent une hausse du dĂ©bit des rivières. En Ă©tĂ© 2023, cela a Ă©tĂ© difficile pour certains refuges, notamment dans les Ecrins. Alors que certains ont fermĂ© par manque d’eau, la fonte des glaciers combinĂ©e Ă  des orages violents ont provoquĂ© des crues torrentielles comme au refuge Châtelleret dans l’Oisans oĂą certaines installations ont Ă©tĂ© endommagĂ©es par un torrent de boue emportant avec lui d’énormes blocs de pierre. Ces crues-lĂ  sont amenĂ©es Ă  se rĂ©pĂ©ter, provoquant un risque rĂ©current Ă  prendre en compte.

Les glaciers reprĂ©sentent un hĂ©ritage culturel prĂ©cieux dans nos vallĂ©es. L’effondrement de ce patrimoine naturel va avoir des effets nĂ©fastes sur nos pratiques en montagne qu’il est nĂ©cessaire de rĂ©inventer. En termes de sĂ©curitĂ©, certains itinĂ©raires deviennent dangereux dĂ» Ă  des Ă©boulements dĂ©vastateurs. On se rappelle de l’effondrement d’une partie du glacier de la Marmolada en Italie en 2022 qui a provoquĂ© la mort de plusieurs personnes. En France la mĂŞme annĂ©e, l’accès au couloir du GoĂ»ter pour l’ascension du Mont Blanc Ă©tait interdite Ă  cause de chutes de pierres dues Ă  l’assèchement du couloir. Dans certaines rĂ©gions, des pratiques sont amenĂ©es Ă  disparaĂ®tre : le club alpin français de Perpignan n’a pas pu organiser de sorties de cascade de glace en 2024 comme c’était le cas auparavant. 

Il est aussi important de relever que les activités en montagne sont directement liées au tourisme et à l’économie locale, qui risquent également de souffrir de la fonte des glaciers qui inquiète notamment les guides de haute montagne.

Luc Moreau

Arthur Vaillant

Les glaciers : de véritables régulateurs de climat

Les glaciers, en couvrant 10% des terres émergées de la planète, ont un véritable rôle de régulateurs du climat. Connu sous le nom d’effet albédo, leur surface blanche contribue à renvoyer une grande majorité du rayonnement solaire et à réguler le réchauffement planétaire et leur fonte. Pour en savoir plus, retrouve notre article sur le lien entre neige et glace ici.

« La tempĂ©rature de l’eau des rivières sur plus que 100 km, en s’éloignant des glaciers du  Massif du Mont-Blanc, est encore de 13° alors que les autres rivières sans glaciers autour ont une tempĂ©rature de l’eau d’environ 20°. » Ce que veut nous dire Jean-Baptiste Bosson, c’est que les glaciers permettent de crĂ©er des microclimats, auxquelles on s’est habituĂ©s et sur lesquels on s’est dĂ©veloppĂ©s, en ventilant et rafraĂ®chissant tout une vallĂ©e par exemple. 

Ils permettent aussi aux scientifiques de surveiller les évolutions du climat. En effet, la neige, en se compactant pour devenir de la glace, va piéger des bulles d’air. En les analysant, nous pouvons connaître l’histoire du climat avec la composition de l’atmosphère depuis 800 000 ans.

Les glaciers sont nos meilleurs alliés pour comprendre ce qui s’est passé jusqu’à maintenant depuis les 800 000 dernières années.

Et sans l’Homme, il n’y a pas de changement climatique profond en ce moment sur Terre. Aujourd’hui, aucun pays ne respecte ses engagements climatiques et ne comprend l’urgence de l’enjeu. Il y a un boulot Ă©norme Ă  faire et on Ă©coute pas assez cette voix des glaciers.

Jean-Baptiste Bosson, glaciologue

Leur perte signifie une rĂ©duction des donnĂ©es disponibles pour observer les futurs changements du climat Ă  l’échelle locale, alerter sur ces derniers et les anticiper. Et, rappelons-le, le travail des scientifiques est primordial pour nous permettre d’agir sur le changement climatique et anticiper au maximum. Ce dont ils tĂ©moignent n’est pas le fruit d’un changement naturel mais bien d’un changement dĂ» activitĂ©s humaines qu’il est essentiel de prendre en compte. Ce que l’on vit est inĂ©dit et doit nous alerter quant aux nouvelles conditions d’habitabilitĂ© de l’humain sur la planète Terre. Peut-ĂŞtre est-ce dans l’écoute de ce que les glaciers ont Ă  nous dire que nous devons user de nos efforts ?

Comment sommes-nous liés aux glaciers ?

Les glaciers, les forĂŞts, les animaux, n’importe quoi qui te connecte Ă  la nature, plus tu t’y connecte, plus ça s’horizontalise, et tu te rends compte que tu fais partie de cette bonne histoire des glaciers. Mais les glaciers, comme le phoque, comme la petite fleur qui pousse sur ton balcon, la biodiversitĂ©, le vivant, le non vivant sur Terre, tout ce qui nous entoure, tout cela nous rattache Ă  l’histoire de la vie, au cosmos, Ă  nos enfants qui arriveront après nous, ça nous connecte Ă  une grande ligne qui parle d’un passĂ© lointain et qui va très loin dans le futur et dans laquelle on est un tout petit maillon. 1

Jean Baptiste Bosson, glaciologue

Depuis l’existence de l’homo sapiens il y a 300 000 ans, les grands glaciers ont toujours Ă©tĂ© prĂ©sents en influançant le climat dans lequel on vit et dans lequel on a dĂ©veloppĂ© notre habitabilitĂ©. Sans glaciers, la tempĂ©rature de la Terre serait beaucoup plus Ă©levĂ©e et le niveau marin beaucoup plus haut.Comme mentionnĂ© au dĂ©but de l’article, pour Jean-Baptiste, c’est très clair : “On ne sait pas vivre sans glacier, gĂ©nĂ©tiquement, on n’a pas ça dans notre ADN. Si on perd les glaciers, on va vers quelque chose oĂą l’on sort complètement des radars de l’histoire de l’homme, de l’histoire rĂ©cente du vivant sur la planète et on prend quand mĂŞme des gros risques.”

Parce que c’est aussi cela, ressentir les conséquences de la fonte des glaciers, c’est nous questionner sur leur place dans ce monde et son rôle important, plus encore que notre propre existence. Ils sont avant nous habitants et composantes de la Terre, mais souffrent d’autant plus de ce réchauffement climatique qui nous accable. Qu’attendons-nous pour écouter cette voix qui nous alerte ?

Il est urgent d’agir pour préserver les glaciers qui résistent encore aux effets du changement climatique, ce qui ne se fera pas sans une volonté collective et politique forte dans le sens de la réduction des émissions de gaz à effets de serre.

Par Nicolas Vaillant, bénévole La Voix des Glaciers.


  1. RĂ©flexion inspirĂ©e de la mention du livre de Bernadette Bensaude-Vincent intitulĂ© “Temps-paysage: Pour une Ă©cologie des Crises”. Elle nous invite Ă  penser l’humain et le non-humain -vivant et non vivant- sur une mĂŞme Ă©chelle. A savoir que nous sommes tous composĂ©s de lignes et que l’enchevĂŞtrement de ces lignes forme notre existentialitĂ© au sein mĂŞme du paysage. Il s’agit alors de sortir de notre situation surplombante pour nous plonger dans l’immanence et reconsidĂ©rer ce qui nous entoure, ici la nature..

Au cas oĂą vous l’auriez ratĂ© #2

Au cas oĂą vous l’auriez ratĂ© #2

« Au cas oĂą vous l’auriez ratĂ© Â» c’est une petite compilation des informations de la semaine qui nous paraissent importantes et que vous n’auriez peut-ĂŞtre pas eu l’occasion de lire. C’est un rendez-vous hebdomadaire que l’on se donne alors n’hĂ©sitez pas Ă  revenir tous les vendredis !

CLIMAT : CE QUI FAUT RETENIR DE L’ANNONCE DE MACRON

Citation prĂ©fĂ©rĂ©e :

E. Macron a reçu le lundi 29 juin Ă  l’ÉlysĂ©e les 150 membres de la Convention citoyenne pour leur faire un retour sur les mesures qu’ils ont mises en place pour rĂ©duire de 40 % les Ă©missions de Gaz Ă  Effet de Serre de la France d’ici 2030. Il se dit prĂŞt Ă  consulter les parlementaires en 2020, puis les Français en 2021, sur les questions liĂ©es Ă  la lutte contre le rĂ©chauffement climatique. Â« Ce sera le combat du siècle, celui de notre capacitĂ© Ă  inventer les nouvelles manières de vivre, d’habiter, de faire durablement. Â»

Ce qu’on a retenu :

+ de lecture

Source : Le monde, Libération, @PalomaMoritz @onestpret

CLIMAT, SONDAGE : DES GAULOIS PAS SI RÉFRACTAIRES À L’ACTION CLIMATIQUE

Citation prĂ©fĂ©rĂ©e :

« 2019 a Ă©tĂ© l’annĂ©e de la prise de conscience de l’urgence climatique pour beaucoup de Français, l’environnement Ă©tant devenu la première de leurs prĂ©occupations (sondage Ipsos-Sopra Steria, septembre 2019), 2020 sera t-elle (enfin) l’annĂ©e de l’action climatique ? C’est ce que beaucoup de Français demandent en plĂ©biscitant les mesures des 150 citoyens de la Convention. »

Ce qu’on a retenu :

ENVIRONNEMENT : EN ITALIE, UN GLACIER RECOUVERT DE DRAPS BLANC GÉANTS POUR RALENTIR SA FONTE

Citation prĂ©fĂ©rĂ©e :

« Pour ralentir la fonte du glacier Presena en Italie, près de 100 000 mètres carrĂ©s de bâches blanches sont installĂ©es au sol pour en rĂ©guler la tempĂ©rature et favoriser sa conservation.
L’été approche et il faut protéger la glace alpine de la chaleur qui vient. Le glacier de Presena a en effet perdu plus du tiers de son volume depuis 1993. La faute au réchauffement climatique, et à des étés toujours plus ensoleillés qui, chaque année, font reculer la glace un peu plus. »

Ce qu’on a retenu :

Chez POW on se demande s’il ne vaut pas mieux trouver des solutions en amont pour protĂ©ger les glaciers de leur fonte au lieu de mobiliser des moyens coĂ»teux et polluants ?

+ de lecture

TRANSPORT : UNE OPÉRATION INÉDITE DE RELANCE ESTIVALE DU TRAIN RÉGIONAL

Citation prĂ©fĂ©rĂ©e :

« Deux millions de billets Ă  moins de 10 euros, un « pass jeune TER DE FRANCE Â» valable sur l’ensemble des TER, un accès pendant l’étĂ© aux trains TER de la France entière pour les abonnĂ©s annuels TER, et des centaines de destinations touristiques accessibles en TER regroupĂ©es dans une carte nationale interactive. »

Ce qu’on a retenu :

  • 2 millions de billets Ă  prix mini : SNCF Voyageurs vont mettre en vente collectivement plus de 2 millions de billets TER Ă  moins de 10€
  • Pass jeune « TER DE FRANCE » : Les RĂ©gions et SNCF Voyageurs lancent le « Pass jeune TER de France Â». Ce Pass permettra aux jeunes de 12 Ă  25 ans inclus de voyager librement sur l’ensemble du rĂ©seau TER
  • Une extension gĂ©ographique des abonnements annuels :  les RĂ©gions offrent l’accès libre durant les mois de juillet et aoĂ»t Ă  toutes les lignes TER de France pour les titulaires d’un abonnement annuel rĂ©gional TER
  • Une carte touristique nationale : SNCF Voyageurs va rĂ©aliser une carte touristique interactive nationale pour permettre aux français de dĂ©couvrir les lieux et sites Ă  portĂ©e de train