par LauraPOW | 14/Juin/2024 | Athlete
Le récit de Coline
Cela faisait quelques années que l’envie de ne plus prendre l’avion me trottait dans la tête, par conviction écologique . Et j’ai décidé au début de cette saison d’hiver 23/24 de mettre cette envie en pratique, pour voir par moi-même si tous les freins pré-supposés à cette démarche étaient fondés , ou pas : peur de mécontenter certains sponsors, de manquer certaines opportunités pour filmer ou de ne plus être invitée sur certains évènements importants… Grosso modo peur de ne plus pouvoir continuer ce métier en arrêtant de prendre l’avion .
Au final cette annonce a été très bien reçue par les marques et personnes avec lesquelles je travaille , la saison a été remplie de tournages pour divers projets dans nos merveilleuses Alpes (qui plus est bien enneigées cette saison !), le budget et la fatigue dus aux longs trajets en avion et décalages horaires qui s’en suivent ont été remplacés par plus de temps en montagne et sur les skis 🙂
Loin de moi l’envie de porter un jugement sur les personnes qui voyagent en avion avec ce texte , nous n’avons pas tous.tes les mĂŞmes rĂ©alitĂ©s, je l’ai moi-mĂŞme beaucoup pris Ă l’époque des compĂ©titions internationales, et surtout le système Ă©cocidaire qui ne prĂ©voit pas de taxe sur kĂ©rosène des avions, fait qu’il est malheureusement souvent beaucoup plus abordable de prendre l’avion plutĂ´t que le train. POW a fait un post sur le comparatif train/avion , Ă partir d’un rapport de Greenpeace.
Mais cette dĂ©marche fait sens pour moi Ă plusieurs niveaux : diminuer mon bilan carbone de femme française bien au-delĂ des limites qui pourraient ĂŞtre fixĂ©es pour rester dans les Accords de Paris 1 ; ralentir le rythme parfois trop effrĂ©nĂ© de nos vies occidentales ; apaiser un peu les contradictions environnementales liĂ©es Ă ma pratique professionnelle du ski (il en reste encore !) ; apprendre Ă plus connaĂ®tre les montagnes autour de chez nous , leur nivologie, leur Ă©volution au fil d’une saison d’hiver ; diminuer la logistique et les coĂ»ts Ă©normes liĂ©s aux dĂ©placements en avion ; rĂŞvasser en musique derrière la vitre d’un train plutĂ´t que d’attendre dans les files interminables des contrĂ´les de bagages…Â
Envisager les futures saisons de cette manière me rend très heureuse et apaisĂ©e , continuer Ă prĂ©voir des tournages pour le ski et des aventures en montagne dans un pĂ©rimètre accessible en train ou en voiture, en rĂ©duisant peut-ĂŞtre la frĂ©quence de ces voyages et en prenant plus de temps pour le local… ce qui ne rendra les pĂ©riples restants que plus savoureux ! “
Comparaison par POW du bilan carbone des trajets de Coline sur les deux dernières saisons :
Sur les 2 saisons, des trajets en voiture pour un total de 500km environ ont été effectués
Saison d’hiver 2022/2023
– Train : A/R de Grenoble Ă Innsbruck (798km) : 2,34kg CO2eq en TGV
– Train : A/R de Grenoble Ă Saint Anton Am Arlberg (767km) : 2,25 kg CO2eq en TGV
– Avion : A/R Ă Whistler (Canada) (8313km) : 1264 kg CO2eq
– Avion : A/R de Lyon Ă Tromso (Norvège) (2770km) : 520kg CO2eq
TOTAL : 1788,59 kg CO2eq
Saison d’hiver 2023/2024
 – Train : 3 A/R de Grenoble Ă Innsbruck : 3 x 2,34 kg CO2eq en TGV = 7,02 kg CO2eq
TOTAL : 7,02 kg CO2eq
Le Mot de POWÂ
Comment prendre la parole en tant qu’athlète sur des enjeux environnementaux, quand on n’est pas parfait ?
Une large question auxquelles une réponse simple convenant à tout le monde n’existe sans doute pas pour des personnes qui vivent des ces pratiques, face à une audience plurielle. Le problème, c’est qu’en l’absence de réponse unique, l’issue est souvent celle de ne pas le faire. Ne pas prendre la parole malgré une envie, malgré des convictions, malgré un oeil alerte sur les changements qui ont lieu. Alors comment on fait ? Chez POW, on pense que notre rôle, c’est à la fois d’être présent et alerte pour pointer du doigt les comportements et manquements vis-à -vis des enjeux climatiques des uns, tout se tenant disponible pour accompagner chaque volonté de prendre la parole et d’évoluer avec sincérité des autres. La clé pour débloquer un tel dilemme : la transparence.
Dans un monde oĂą les rĂ©seaux sociaux sont omniprĂ©sents – que cela nous plaise ou non – prendre la parole sur des pratiques et engagements Ă©cologiques est essentiel, pour contrebalancer l’influence nĂ©faste pour le climat de personnes sans connaissances ou sans scrupules. RĂ©cemment, nous Ă©tions avec la chercheuse Garance Bazin lors de la Convention POWpulaire du mois de mai, qui a publiĂ© une Ă©tude nommĂ©e : «EN MODE AVION» L’emprise de la publicitĂ© et des influenceurs . Elle dĂ©montre comment l’impact des rĂ©seaux sociaux font affluer les mauvaises pratiques, mĂŞme chez des publics plutĂ´t sensibilisĂ©s aux enjeux.L’idĂ©e dans tout ça, ce n’est pas que les athlètes remplacent les instagrameurs voyages, mais d’accepter collectivement que des personnes non parfaites prennent la parole malgrĂ© le fait que ces derniers prennent encore l’avion, que ce soit pour parler de leurs pratiques quand elles apparaissent plus vertueuses, ou quand il s’agit de porter une voix plus forte en faveur de mesures Ă©cologiques, comme la taxation du kĂ©rosène et le dĂ©veloppement du ferroviaire. Oui, quand on fait des efforts au quotidien, on ne veut pas qu’un ou une athlète viennent “donner des leçons”. Mais ce n’est pas l’intention de la plupart des personnes avec qui Ă©changent POW, bien au contraire. Cet aspect est si souvent une crainte, que c’est un frein Ă la moindre prise de parole.Aujourd’hui, il ne faut pas rĂ©clamer de la perfection dans les efforts, mais de la transparence et de la sincĂ©ritĂ©. Si ces critères sont rĂ©unis, il est parfaitement entendable qu’un individu dĂ©nonce l’impact de l’avion qui est impossible Ă remettre en cause (et chez POW le sujet de la mobilitĂ©, debout sur la table que sous le tapis) et des politiques publiques qui ne vont pas dans le bon sens. On peut parfaitement dĂ©noncer que le kĂ©rosène ne soit pas taxĂ©, tout en prenant l’avion car encore nĂ©cessaire ou compliquĂ© Ă Ă©viter pour des professionnels. POW s’engage Ă accompagner chaque athlète qui souhaiterait ĂŞtre accompagnĂ© dans une dĂ©marche de prise de parole. On a vraiment besoin que toutes les Ă©nergies sensibles Ă ces questions se battent dans le mĂŞme sens, que chacun accepte de jouer les cartes qu’il a en main.
par TrevisPOW | 12/Déc/2022 | Actualités , Athlete
CDM de Biathlon au Grand-Bornand : notre position et avis complet
Depuis quelques semaines, le Grand-Bornand attire l’attention d’une bonne partie du monde de la montagne et, plus largement, de l’opinion publique sensible aux questions environnementales. Dans le viseur : la Coupe du Monde de Biathlon, pour laquelle de la neige a été amenée en camions pour créer la piste. Comme souvent, on ne voulait pas réagir à chaud et on a pris le temps de suivre les différentes réactions et prises de paroles. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le sujet divise. D’un côté, des personnes justement interloquées par le fait de voir des camions faire des allers-retours pour déverser des tonnes de neige sur des pelouses parfaitement vertes. De l’autre, la mairie et l’organisation qui mettent en perspective l’impact des allers-retours face aux retombées économiques.
De notre côté, pas de suspense inutile, évidemment que les images nous choquent. Une piste blanche sur un fond vert, ce n’est pas l’image que l’on se fait du futur de nos sports. On défend chez POW toute l’année le fait que les sports d’hiver et le monde de la montagne en général vont devoir s’adapter. Certes, au final, les allers-retours en camions ne représentent qu’une petite partie du bilan de l’événement, c’est un fait. Cependant, répondre uniquement avec des chiffres, c’est oublier l’importance de la symbolique concernant les sujets écologiques. On comprend l’indignation des personnes qui attendent impatiemment la neige et qui voient des camions venir tout simplement en déposer, comme si les choses étaient si simples. On comprend les gens qui luttent quotidiennement contre le réchauffement climatique et qui voient l’organisation de tels événements dans ces conditions comme un déni de la réalité, comme un refus d’avancer. On comprend enfin les territoires qui n’arrivent pour l’instant pas à sortir de leurs habitudes d’un temps où la neige était profuse.
Maintenant, une fois l’indignation présente, qu’est-ce qu’on fait ?!
Si la symbolique a son rĂ´le Ă jouer pour attirer notre Ĺ“il sur des problèmes, elle ne suffit pas pour faire avancer les choses et, surtout, elle ne pointe pas forcĂ©ment toujours le bon problème du doigt. L’organisation et la mairie se dĂ©fendent de la part du bilan carbone que les dĂ©placements en camion reprĂ©sentent, car ils pointent du doigt le fait que la grosse majoritĂ© (+ de 80%) de l’impact est dĂ» aux dĂ©placements des spectateurs. Et c’est le cas sur la plupart des Ă©vĂ©nements. Chez POW, vous le savez, notre coeur de travail c’est la mobilitĂ©, donc forcĂ©ment cette question du transport des spectateurs ça nous parle. On essaie d’ailleurs d’accompagner des Ă©vĂ©nements dans la mise en place de plans de transports ambitieux. Car cette question est Ă©galement une responsabilitĂ© de l’évĂ©nement, c’est lĂ oĂą le bât blesse. Les prises de paroles dĂ©fendant le projet bottent en touche en pointant du doigt l’impact des spectateurs, comme s’il Ă©tait encore question d’impacts individuels pour un Ă©vĂ©nement comme celui-ci. Que ce soit le transport de la neige, le choix des dates pour de tels Ă©vènements ou la mise en place de plans de transports permettant aux spectateurs de pouvoir venir en mobilitĂ© la plus dĂ©carbonĂ©e possible, la responsabilitĂ© des organisations peut et doit ĂŞtre engagĂ©e. On aimerait donc que la relative faible part des camions dans le bilan carbone ne soit plus une excuse Ă l’inaction. MĂŞme si de notre cĂ´tĂ©, par rapport Ă notre champ d’expertise, on souhaite attirer l’attention sur la mobilitĂ© en gĂ©nĂ©ral, on tient Ă rappeler qu’il ne faut pas mettre de cĂ´tĂ© l’importance de la symbolique dans les combats Ă©cologiques. On l’a vu prĂ©cĂ©demment avec la question des jets privĂ©s, la transition, que ce soit Ă la montagne ou Ă l’échelle nationale, ne se fera qu’en limitant le sentiment d’inĂ©galitĂ© dans les efforts Ă faire. On espère maintenant que les indignations symboliques servent Ă mettre en lumière des sujets trop souvent dans l’ombre.
par TrevisPOW | 08/Sep/2022 | Actualités , Agir , Athlete
13 ONG Sport et Environnement proposent de former les grands sportifs
Il y a de grandes chances pour que vous n’ayez pas pu passer Ă cĂ´tĂ© de la rĂ©action de Christophe Galtier et Kylian MbappĂ©, membres du Paris Saint-Germain, sur la question de l’impact de leurs jets privĂ©s (au cas oĂą, extrait ici) . Au delĂ de toute polĂ©mique, nous avons dĂ©cidĂ© d’agir, pour entrainer des actions concrètes.
Nous avons donc dĂ©cidĂ©, avec un groupement d’associations « Sport et Environnement », de lancer un appel au Paris Saint-Germain et Ă l’ensemble des structures sportives professionnelles : nous nous rendons disponibles pour former leurs Ă©quipes aux enjeux climatiques !
par TrevisPOW | 11/Nov/2021 | Athlete , Uncategorized
Evénements : la team POW à travers la France
Ça y est, la saison des festivals arrive peu à peu à sa fin, et celle d’hiver commence à pointer le bout de son nez. Nos ambassadeurs, comme les bénévoles, ont été bien occupés sur plein d’événements à travers la France. À commencer par Gaëtan Gaudissard et Alex Chamblet qui ont bien voyagé (en train bien sûr) pour présenter le film Conscience dans de nombreux festivals et soirées de projection.
Le film est également passé dans la salle d’escalade Parisienne Arkose Nation qui était aussi un prétexte pour goûter notre bonne bière “La Blanche Neige” en collaboration avec la brasserie Oskare.
De notre côté, on a participé à la tournée We Love POW POW, organisée par le shop de Montaz que l’on remercie encore pour leur invitation. Une bonne occasion pour nos teams locales bénévoles de se retrouver et de parler de l’association aux spectateurs et spectatrices . On a croisé aussi plusieurs de nos ambassadeurs qui présentaient leurs films !
On aura encore plein d’autres occasions de se croiser pour la saison qui arrive, d’autres diffusions vont avoir lieu, alors n’hĂ©sitez pas Ă surveiller les Ă©vĂ©nements proches de chez vous ! D’ici lĂ , on vous invite Ă prendre part Ă notre action en cours dans le cadre de notre campagne “S’investir pour le climat ” disponible sur le site, et on vous laisse avec un peu + de photos des Ă©vĂ©nements !
par TrevisPOW | 14/Août/2021 | Actualités , Athlete , témoignage , TicTacPow , Uncategorized
Aventures sans voiture : La Flégère avec Julien Herry et Victor Daviet
On l’a assez rĂ©pĂ©tĂ© et dĂ©montrĂ© durant notre campagne Objectif -57, l’impact du transport est colossal et c’est l’une des choses sur lesquelles nous devons agir, en essayant notamment de laisser la voiture Ă la maison quand on part en week-end lorsque c’est possible. En partant de ce constat, Julien Herry et Victor Daviet sont partis pour une aventure sans voitures, qu’ils ont filmĂ©e pour notre plus grand plaisir ! Le film de leur aventure est Ă retrouver sur notre chaĂ®ne Youtube (ici )
En attendant, si vous ne les connaissez pas, auto présentation de nos deux comparses et de leur trip !
J – Mon nom est Julien Herry (surnommĂ© Pica). J’ai grandi dans la vallĂ©e de Chamonix et je suis naturellement devenu guide de haute montagne. Je suis passionnĂ© de snowboard et père de 2 enfants ! J’ai rencontrĂ© Victor quand il m’a embauchĂ© pour encadrer l’édition suisse des Safety Shred Days en 2020, puis nous avons passĂ© 3 semaines ensemble au Pakistan cet hiver afin d’enseigner le snowboard aux populations locales via l’association Zom Connection!
V – Je m’appelle Victor Daviet, je suis originaire des Alpes du sud mais j’habite Ă Annecy depuis quelques annĂ©es maintenant. Je suis un grand fan depuis toujours de snowboard et ça fait maintenant 10 ans que je suis pro snowboarder spĂ©cialisĂ© dans le freeride / backcountry. Je suivais Pica et ses exploits en pente raide depuis quelque temps, mais on s’est rencontrĂ© rĂ©cemment lors d’un trip qu’il m’a proposĂ© au Pakistan de 3 semaines avec Zom Connection. Et nous avons vĂ©cu une belle aventure humaine !
J – Nous sommes allĂ©s glisser sur l’aiguille de la Gliere, juste au dessus du tĂ©lĂ©siège de l’Index dans la vallĂ©e de Chamonix! Je suis parti de la maison Ă vĂ©lo pour rejoindre Victor Ă la gare des Praz vers 8.30. De lĂ on a marchĂ© jusqu’aux remontĂ©es mĂ©caniques de la Flegere que l’on a utilisĂ© jusqu’en haut de l’Index! Le sommet Ă©tant encore dans les nuages, on a donc grimpĂ© puis ridĂ© un premier couloir Ă main gauche, court mais raide, sur une bonne neige de nĂ©vĂ©. Puis la mĂ©tĂ©o s’est Ă©claircie et nous avons grimpĂ© jusqu’au sommet de la Glière et profitĂ© d’une magnifique vue Ă 360 degrĂ©s avant que les nuages ne reviennent. Après une première pente en neige collante, le couloir suivant puis la pente de sortie nous ont offert une belle neige de nĂ©vĂ© très agrĂ©able! Retour dans la vallĂ©e très confortable en tĂ©lĂ©siège puis tĂ©lĂ©cabine avant de savourer une bonne bière dans la vallĂ©e!
V – Pour ma part je suis parti d’Annecy ! Après un premier trajet en train (1h30) et une nuit sur le canap d’un pote (5 gĂ©nĂ©ps) j’ai pris le train le matin pour rejoindre l’ami Pica et aller rider un 1er juillet ! Une première ! L’avantage c’Ă©tait que nous Ă©tions seuls et que mis Ă part 3 ou 4 vĂ©los nous avions la station pour nous ! S ur le tĂ©lĂ©siège nous avions la sensation d’ĂŞtre en Avril avec ces conditions. La neige Ă©tait de la soupe mais en snowboard, c’est très bon la soupe !
J – L’enneigement exceptionnel de ce dĂ©but d’étĂ© offrent de nombreuses possibilitĂ©s pour glisser Ă proximitĂ© des remontĂ©es mĂ©caniques. Il me semblait intĂ©ressant de mettre ce ski local d’étĂ© en avant. Avec le rĂ©chauffement climatique, l’enneigement est de moins en moins rĂ©gulier mais occasionnellement, il reste des opportunitĂ©s de prolonger la saison de glisse sans avoir Ă se dĂ©placer Ă l’autre bout des Alpes ou de la planète.
V – Après 20 min de marche au bas du couloir nous avons rĂ©alisĂ© qu’il y avait encore des mètres de neige ! Et qu’il Ă©tait possible selon notre motivation de revenir encore pendant quelques semaines. MontĂ©e du couloir Ă suivre le chamois Pica dans le brouillard! ArrivĂ©e en haut sur un petit col et de l’autre cĂ´tĂ© on pouvait apercevoir Ă travers une percĂ©e le Mont Blanc fraichement enneigĂ©. Une belle rĂ©compense pour cette montĂ©e ! Ensuite place Ă la descente dans un couloir serrĂ© et amical ! ArrivĂ©s en bas c’Ă©tait tellement bon qu’on a eu qu’une envie : remonter pour un 2ème couloir !
par LauraPOW | 30/Mar/2021 | Athlete , Uncategorized
MEET OUR RIDERS: SÉBASTIEN SIMON
Aujourd’hui présentation et entretien avec Sébastien Simon. Nouvel ambassadeur de POW, il partage une envie d’agir et des valeurs proches des nôtres, tandis que son terrain de jeu est lui, un peu plus éloigné de nos chères montagnes !
“Bonjour, je m’appelle Sebastien Simon, j’ai 30 ans et je suis skippeur de course au large. Je suis né près de la mer, j’y passe toute mes journées. J’ai besoin d’être proche des océans car sinon je me sens un peu à l’étroit.
Je fais de la voile depuis que je suis tout jeune, j’ai commencé avec mon père, puis après j’ai été mordu par la compétition. J’ai gagné la solitaire du Figaro en 2018 et le championnat de France Elite de course au large. Et donc j’ai participé au Vendée Globe 2020 qui était pour moi un rêve, en construisant un bateau de toute nouvelle génération équipée de foils. En ce moment on parle beaucoup de ces foils, qui sont ni plus ni moins que des ailes d’avions pour permettre aux bateaux de voler. On est la première génération de bateaux qui “semi-vole” autour du monde. Donc ça j’en suis très fier, de faire partie de cette génération.
©Martin Viezzer
Mon rapport à la montagne est assez récent. J’ai du découvrir la montagne en 2015, donc il y a 5 ou 6 ans seulement. Mais à chaque fois que j’y vais ça me ressource énormément. Je trouve que les paysages sont impressionnants, c’est complètement différent des océans et de ce que je peux rencontrer d’habitude, mais à chaque fois j’y vais avec beaucoup de plaisir. J’ai découvert le snowboard récemment d’ailleurs, j’en suis un grand addict quand j’ai l’occasion d’y aller, mais bon ça représente pas beaucoup plus qu’une semaine par an malheureusement, car c’est assez loin. J’ai été pas mal sensibilisé à tout ce qui touche à l’environnement quand j’ai vu quelle était la proportion de déchets que pouvait produire ma discipline.
Même si on navigue sur les océans sans forcément beaucoup d’émissions de CO2, ce qui concerne la construction des bateaux et tout notre quotidien de sportifs de haut niveau de manière générale, ça m’a beaucoup touché. On est capable de faire de très belles choses, un sport de haute technologie, mais aussi un sport qui pendant la construction et l’évolution de nos projets n’est pas totalement vertueux malheureusement. Mais je ne suis pas désespéré, bien au contraire. Je pense qu’on va réussir à progresser petit à petit, et puis un jour à devenir beaucoup plus propre dans notre pratique.
©Polaryse
Ça a dĂ©jĂ bien Ă©voluĂ© depuis quelques temps. Il n’y a pas si longtemps, des voiles ça faisait pas un tour du monde et on Ă©tait obligĂ© de les changer rĂ©gulièrement, alors qu’aujourd’hui on arrive Ă faire des matĂ©riaux beaucoup plus durables, beaucoup plus lĂ©gers, donc c’est dĂ©jĂ de très bonnes voies. Ça faisait un bon moment que j’imaginais pouvoir m’engager et avoir cette dĂ©marche environnementale. Maintenant pour ĂŞtre honnĂŞte, je ne m’en sentais pas prĂŞt avant. C’est Ă la suite de l’abandon du VendĂ©e Globe que j’ai eu ce dĂ©clic et que je me suis dit : ça y est, je me sens prĂŞt Ă entrer dans cette dĂ©marche environnementale.
Au moment de m’engager, j’ai bien pensĂ© Ă rejoindre plutĂ´t une association spĂ©cifique Ă l’ocĂ©an, mais un ensemble de choses m’a dirigĂ© vers POW. J’ai commencĂ© par regarder toutes les associations que je pouvais trouver sur internet, donc je me suis retrouvĂ© avec des listes d’ONG, de fondations et j’Ă©tais un peu perdu dans les mĂ©andres de tout ce qu’on pouvait trouver. J’avoue que ça m’a limite un peu dĂ©couragĂ© Ă ce moment lĂ . Au dĂ©but, on trouve pas forcĂ©ment les bonnes personnes pour nous accompagner dans cette dĂ©marche. Je savais pas trop vers oĂą aller et je voulais pas non plus faire n’importe quoi. Â
Puis je suis tombĂ© sur cette association, POW, qui semblait hyper dynamique, assez jeune, avec un discours qui m’allait totalement : un discours plutĂ´t positif, progressif, qui montre qu’on est lĂ pour Ă©voluer, pas forcĂ©ment pour faire tout bien tout de suite.Ça a un cĂ´tĂ© assez rassurant. Je suis pas tombĂ© tout de suite directement sur POW, je suis tombĂ© dessus par l’intermĂ©diaire de marques qui sont plus ou moins partenaires de POW notamment, mais aussi de Surf Riders Fondation par exemple, des marques qu’on connait tous, comme Patagonia, Picture…
ForcĂ©ment dans mon mĂ©tier, je regarde un peu ce que font les entreprises, les sponsors autour de nous, dans notre pratique : comment ils arrivent Ă ĂŞtre un peu plus soucieux de l’environnement dans leur façon de produire les choses, de vendre leur produit.Quand je suis allĂ© regarder ce que faisait POW, j’ai tout de suite compris et adhĂ©rer Ă la dĂ©marche, donc je les ai contactĂ© et on a Ă©changĂ©. J’ai inclus certains de mes proches qui travaillent avec moi au quotidien et eux aussi ont totalement adhĂ©rer Ă cette dĂ©marche. Je trouvais que le fait de s’appuyer sur des sportifs pour diffuser leur message, Ă©tait intĂ©ressant, et leurs Ă©lĂ©ments de langage et leur façon de faire me paraissait très humble: on est pas lĂ pour donner des leçons, mais plutĂ´t pour essayer de s’amĂ©liorer petit Ă petit et d’essayer d’emmener notre communautĂ© de sportifs au fur et Ă mesure avec nous. Donc ça je me sens clairement capable de le faire et j’espère faire des progrès, ĂŞtre transparent sur ce que reprĂ©sente notre sport en terme d’Ă©missions de CO2 mais aussi de minimiser tout ça dans notre quotidien. On sait tous qu’on a pour objectif la neutralitĂ© carbone d’ici 2050. Ça risque d’ĂŞtre compliquĂ©, mais en attendant il faut dĂ©jĂ embrayer pour commencer Ă y arriver.
VoilĂ oĂą j’en suis aujourd’hui. Il s’agit d’abord d’une dĂ©marche personnelle. Ça me tient Ă cĹ“ur et j’espère que ma communautĂ© va me suivre. En attendant j’ai besoin d’agir pour le terrain de jeu qui m’entoure : la mer. Ce qui est un peu diffĂ©rent de tous les ambassadeurs Protect Our Winters. Mais je pense que la mer est tout autant un marqueur climatique que les montagnes !”
Crédit Polaryse