Aventures Sans Voiture: Des Lyonnais dans la Vallée des Belleville

Aventures Sans Voiture: Des Lyonnais dans la Vallée des Belleville

Aventures Sans Voiture: Des Lyonnais dans la Vallée des Belleville

par Corentin Digne

Février 2021

Récit d’une aventure sans voiture en Vallée des Belleville.
L’équipe de bénévoles de Lyon s’est donnée comme projet de rejoindre les Alpes en tentant de réduire au maximum son impact carbone lié au transport. Ce weekend, inutile de charger le coffre de la voiture, on fera sans.
Des copains, de la bonne humeur, du soleil, et une paire de pow de phoque : voilà la recette d’un week-end réussi avec la POW Family. Menu du jour : cuillères de kiff pour tout le monde.

6h10. Le rĂ©veil sonne. C’est rude, mais le simple fait de se savoir bientĂ´t en montagne facilite grandement la sortie du lit. Quand il s’agit de rejoindre nos belles montagnes, on veut bien sacrifier une bonne grasse matinĂ©e. Ce weekend, c’est une aventure sans voiture avec les copains de POW qui nous attend.

Fort de constater que le transport constitue la plus grande part des Ă©missions de CO2 des stations de ski (57%  – source : ANMSM/ADEME), il nous a paru intĂ©ressant d’essayer de rejoindre nos belles montagnes en rĂ©duisant au maximum notre empreinte carbone. En effet, engagĂ© dans la lutte contre le dĂ©règlement climatique, j’estime avoir un mode de vie plutĂ´t “raisonnable” et relativement Ă©conome en carbone. Seule ombre au tableau, des allers-retours, en voiture, frĂ©quents entre Lyon et les Alpes. Dès lors, quelles alternatives ? Pour l’équipe de bĂ©nĂ©voles lyonnais, l’option vĂ©lo ski semble un peu dĂ©licate (se lever tĂ´t ne suffira pas, il faudra partir 2 jours avant). C’est donc tout naturellement que nous nous sommes tournĂ©.es vers le train.

1ère Ă©tape – L’approche. La marche d’approche en ski de randonnĂ©e peut parfois sembler un peu longue. Mais elle est nĂ©cessaire pour atteindre des lieux parfois plus reculĂ©s et d’autant plus grandioses. Notre approche : un peu plus de 200 km et 3 dĂ©partements Ă  parcourir : le RhĂ´ne, l’Ain, et finalement la Savoie.
Afin de rejoindre la gare de Lyon Part-Dieu, mon voyage débute par un enchaînement bus/métro. Un trajet multimodal. Sac à dos plein à craquer, la housse de skis dans une main et la paire de chaussures dans l’autre, je retrouve Marie, Lou et Claude-Andréas sur le quai. Malgré l’heure matinale, on devine dans nos petits yeux pas très éveillés que les sourires sont déjà bien présents sous nos masques.

8h08. Départ du TER n°883204 à destination de Moutiers Salins Brides-les-Bains. L’aventure peut commencer. L’enthousiasme et l’énergie débordante de l’équipe font presque oublier que la nuit à été courte. Arthur, puis Suzie, Maëlle et Clément, montent dans le train successivement à Aix-les-Bains et Chambéry. L’équipe est au complet.
En prenant le train, nous avons choisi de prendre le temps. Et ce n’est pas dĂ©sagrĂ©able. Les rayons du soleil rasant du dĂ©but de journĂ©e donnent aux paysages que nous parcourons une couleur toute particulière. Le Lac du Bourget se rĂ©veille sur notre passage. Spectacle sublime qui nous rappelle la chance que nous avons de pouvoir en profiter. Un bonheur. Les premiers massifs se dessinent et font Ă©merger quelques fourmis dans les jambes. On se laisse bercer par le rythme du rail en s’imaginant gravir les sommets que nous apercevons par la fenĂŞtre. En prenant le temps, nous avons Ă©galement choisi de se rendre compte de la distance parcourue. Certains trouveront certainement que 3h de TER, c’est long. Mais avec une telle Ă©quipe et de tels paysages en guise de dĂ©cor, je vous assure qu’on ne s’ennuie pas. 

Nous arrivons à Moutiers peu après 11h. Notre autocar nous attend pour boucler les derniers kilomètres qui nous séparent de notre camp de base. Nous sommes agréablement surpris.es de constater que la navette est pleine : nous ne sommes visiblement pas les seul.es à se passer de voiture pour monter en station (n’oublions pas qu’il s’agit d’un weekend de vacances scolaires). En revanche, nous sommes bien les seul.es à transporter des skis, ce qui semble en intriguer plus d’un.e. J’en entends même certain.es se demander si l’on ne devrait pas nous rappeler que les remontées mécaniques sont fermées. Inutile de rappeler que, chez POW, le dénivelé se mange à l’aide de nos pow de phoque.
Très rapidement, le fond de vallée laisse la place aux cimes enneigées. Mais les douces températures des derniers jours ont marqué le paysage : le manteau neigeux a considérablement réduit à basse altitude. Pour les skieuses et skieurs que nous sommes, ça fait forcément mal au cœur de voir disparaître toute cette neige aussi vite qu’elle est tombée.

La vallée des Belleville nous accueille sous un soleil radieux peu après midi. Arrivé.es à destination, nous découvrons le superbe camp de base que nous propose Marie, caché au milieu des petites ruelles de Praranger. Le temps de poser notre chargement, de se ravitailler, et nous voilà sur les skis vers 14h. Il paraît qu’il convient d’être matinal pour partir en montagne. Le réveil a pourtant sonné à 6h mais je crois que nous n’avons pas totalement saisi le concept chez POW.

Févravril
Au programme, petit échauffement avant la rando du lendemain : nous nous satisferons d’une petite montée sur le domaine skiable, histoire de se dégourdir les pattes. La bonne humeur, le soleil, et les pow de phoques sont au rendez-vous. On ne se plaindra pas du temps magnifique, pas un nuage à l’horizon, mais nous sommes frappé.es par une chaleur digne d’un mois d’avril. Les températures particulièrement hautes pour la saison posent question, nous sommes pourtant en plein de mois de février. Ou de févravril, on en perd un peu la tête. Conséquences : les tee-shirts et la crème solaire sont de sortie.
Après 2 bonnes heures de montée, notre descente est motivée par l’animation du front de neige. Le vin chaud nous attend en guise de récompense pour conclure la journée sur un petit d’air du monde d’avant.

Dimanche au soleil, dimanche merveille
La Pointe de la FenĂŞtre culmine Ă  2268m, ce sera notre destination dominicale.
Cette fois-ci, nous tournons le dos au domaine skiable pour nous évader vers des horizons que les pylônes de télésiège n’ont pas encore conquis. Nous partons quasiment avec les skis aux pieds de la maison, grand luxe !
Après deux barres céréales, plusieurs conversions et toute l’énergie de la croziflette de la veille convertie en D+, c’est un splendide panorama qui récompense nos efforts. Vue directe sur le Mont Blanc. Pas besoin de pic-nic, chez POW on se nourrit de cuillères de kiff. Et c’est un régal. Le sentiment de bonheur que procure la montagne fait presque oublier la fatigue qui commence à se faire sentir dans les pattes.
Vient l’heure de la descente. On embarque le panorama dans un coin de sa tĂŞte et il est temps de se faire bercer par la gravitĂ©. En ski de randonnĂ©e, la montĂ©e “by fair means” donne Ă  la descente une saveur toute particulière. Et si, Ă©tant donnĂ© les conditions, certain.es retiendront l’adjectif “irrĂ©gulière” pour qualifier la qualitĂ© de descente, on profite simplement de l’instant prĂ©sent. Ce qui est certain, c’est que ce n’était pas les conditions de l’annĂ©e. Les quantitĂ©s astronomiques de neige tombĂ©es en janvier semblent dĂ©jĂ  bien loin. En revanche, cela n’a rien enlevĂ© Ă  la beautĂ© de nos montagnes et au bonheur d’une petite bambĂ©e (comme diraient nos amis savoyards) rondement menĂ©e. Que voulez-vous, la montagne ça vous gagne ! Des copain.es, du soleil et une belle sortie en ski, la journĂ©e tient toutes ses promesses.

Crédit: Corentin Digne

De retour au QG en début d’après-midi, il est déjà temps de penser au retour. Nous attrapons notre navette à 15h20 pour redescendre sur Moutiers. Le temps de trajet nous permet de faire le bilan du weekend, et surtout de penser au prochain épisode. Nous retrouvons la cité lyonnaise sur les coups de 20h. Le record du temps de trajet est détenu par Lou, qui rejoint son chez-soi dans les environs de St-Etienne vers 22h, après un ultime train.

Le train permet un rapport au temps et Ă  la distance diffĂ©rent de celui d’un trajet Ă  130km/h sur autoroute. Ces deux jours bien remplis m’en ont paru durer davantage, et le temps passĂ© dans les transports ne nous a pas empĂŞchĂ© d’apprĂ©cier pleinement notre weekend.

En guise de conclusion, le weekend a été très bon et la voiture est restée au garage. L’objectif est atteint. Alors oui, au regard d’un weekend, le temps de trajet est conséquent. Néanmoins, la logistique n’était finalement pas si compliquée et reproduire un tel projet trouverait tout à fait son sens en partant une semaine complète, ou finalement, passer un peu plus de temps dans les transports n’aurait que très peu d’influence sur le temps sur place. Ce weekend a pu nous permettre de se rendre compte qu’avec un peu de bonne volonté, il n’est pas si difficile de s’organiser sans voiture. Des solutions existent. Celles-ci peuvent certes, et doivent, être améliorées (fréquence des horaires, tarifs des navettes, etc.), mais ont le mérite d’exister et de fonctionner.

Avec ce weekend, nous n’avions pas la prĂ©tention d’abandonner complètement la voiture. Mais simplement de montrer qu’il est possible de s’en passer et progressivement, faire tomber le culte de la voiture. Et pour qu’à terme, une aventure sans voiture ne soit finalement plus qu’une aventure tout court. 

Nos montagnes sont belles, prenons-en soin !

Crédit: Corentin Digne

Afin de se rendre compte concrètement de l’impact carbone de son trajet, l’ADEME propose un calculateur d’émissions de carbone en fonction du mode de transport.
Le “coĂ»t carbone” de notre trajet est estimĂ© Ă  5.8kg eqCO2 (4.9 pour 200km de TER + 0.9 pour 25km d’autocar), tandis qu’il s’Ă©lève Ă  9.7kg eqCO2 en supposant 4 copains dans une seule voiture (pour 200km). Soit une Ă©conomie carbone de 40% !
Ce chiffre grimpe Ă  55 et 69% en comptant respectivement 3 et 2 passagers.

Source: https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/bureau/deplacements/calculer-emissions-carbone-trajets

La réimperméabilisation de ses vêtements de ski

La réimperméabilisation de ses vêtements de ski

par Victoria Guihard (de la Green Session) et l’équipe de POW

On aurait bien sûr adoré pouvoir se rouler dans la neige jusqu’à la fin du mois d’avril, mais la situation inédite et les mesures restrictives que nous devons appliquer en ont décidé autrement. Profitons donc du temps qui nous est imparti pour chouchouter notre équipement en vue de la saison 2021.

Car on a dĂ» ranger notre matĂ©riel de ride dans un carton entreposĂ© au fin fond du garage, et l’estivation commence pour nos vestes, pantalons, skis ou snowboards. 

Mais avant de faire une croix dessus, on peut ressortir les vĂŞtements pour en prendre soin, surtout si notre Ă©quipement prenait un peu la flotte dernièrement. 

Car avant de vouloir changer nos vieilles fringues de ski, il existe une solution bien meilleure pour la planète et bien moins chère par-dessus le marché : la réimperméabilisation (maison). Car garder ses vêtements de ride 9 mois de plus permet d’économiser 30% de leur bilan carbone.

Prendre soin des vĂŞtements outdoor est essentiel pour permettre de rallonger leur durĂ©e de vie et leurs capacitĂ©s techniques. La chaĂ®ne de vĂ©lo, on la graisse pour Ă©viter de dĂ©railler ? Et bien lĂ  c’est pareil. Bon pas avec de la graisse, d’accord : en les lavant, ce sera bien suffisant.

Sommaire
Les bases de fonctionnement des vĂŞtements outdoor
Les étapes de réimperméabilisation
Le lavage et le séchage
Le renouvellement du traitement déperlant
Comment être sûr que le traitement a bien marché ?

Les bases de fonctionnement des vĂŞtements outdoor

Pour en comprendre le principe, il est intéressant de revenir sur le fonctionnement des textiles outdoor. La veste de ski, ou hardshell, est un vêtement de protection contre les aléas extérieurs. Elle est donc d’un côté imperméable, et de l’autre, respirante. C’est également la troisième et dernière couche du « système des trois couches » (voir cet article Comment ne pas avoir froid au ski ? La technique ultime).

Le rĂ´le de cette veste (tout comme celui du pantalon) est donc de maintenir au sec sans faire suer Ă  grosses gouttes Ă  l’intĂ©rieur. Pour ce faire, cette veste se compose d’une membrane dite « imper-respirante » (impermĂ©able ET respirante) calĂ©e en sandwich entre le tissu extĂ©rieur et la doublure intĂ©rieure. 

Elle permet donc, d’évacuer la transpiration vers l’extĂ©rieur tout  en empĂŞchant l’eau de s’infiltrer Ă  l’intĂ©rieur en la laissant glisser sur le tissu. D’un point de vue technique, on visualise sur la membrane des espaces microscopiques qui, d’une part laissent s’évaporer l’eau sous forme de vapeur (la sueur), et d’autre part empĂŞchent l’eau sous forme de gouttes de s’y infiltrer. L’efficacitĂ© impermĂ©abilisante de la membrane est renforcĂ©e par l’ajout d’un traitement dĂ©perlant – aussi appelĂ© Durable Water Repellent (le fameux « DWR ») – qui permet d’empĂŞcher toute absorption d’eau sur le tissu externe de la veste. En langage simple, on dit que l’eau « perle » sur le tissu. 

Sans l’application de ce traitement déperlant, un vêtement peut perdre jusqu’à 70% de ses capacités respirantes par temps humide.

Cependant, le temps et l’usure ont bien souvent raison de l’efficacitĂ© de ce traitement. Au  fur et Ă  mesure de son utilisation, le vĂŞtement prend l’eau et les pores de la membrane finissent par se boucher, conduisant Ă  un effet sauna Ă  l’intĂ©rieur, et extĂ©rieurement on est trempĂ©. 

Mais l’heure n’est pas encore aux funĂ©railles, notre Ă©quipement peut bien tenir le choc Ă  condition de le rĂ©impermĂ©abiliser. 

Les Ă©tapes de rĂ©impermĂ©abilisation 

Le lavage et le séchage

Dans un premier temps, il suffit simplement de laver les vêtements en machine à 30° sur programme délicat. C’est peut-être tout bête, mais le nettoyage permet d’éliminer les particules qui s’accumulent au fil du temps, risquant de boucher les pores de la membrane. La meilleure chose à faire est donc de laver de temps à autre ses vêtements pour assurer la longévité de la déperlance.

Toutefois, on fait attention Ă  ne pas utiliser n’importe quelle lessive (et encore moins se servir d’un adoucissant), afin d’éviter la prĂ©sence Ă©ventuelle de rĂ©sidus sur la surface de la membrane. 

On préconise l’utilisation de lessives adaptées aux vêtements techniques à base d’agents minéraux et végétaux, sans aucun adoucissant ni assouplissant. La NST Wash (marque française) en est un bon exemple, tout comme la Tech Wash de Nikwax

Les produits nettoyants de ces marques ne contiennent pas de solvants, ni d’agents toxiques pour l’humain et l’environnement. Elles sont toutes deux respectueuses de l’environnement sans altĂ©rer la qualitĂ© et l’efficacitĂ© des produits. 

On passe ensuite les vĂŞtements au sèche-linge Ă  basse tempĂ©rature et sur programme court. 

Ces deux Ă©tapes devraient, normalement, rĂ©activer le traitement dĂ©perlant et assurer Ă  nouveau une bonne impermĂ©abilisation. 

Le renouvellement du traitement déperlant

Pour ĂŞtre certain de mettre toutes les chances de son cĂ´tĂ©, on peut en dernière Ă©tape du processus, renouveler le traitement dĂ©perlant avec un produit spĂ©cifique soit par pulvĂ©risation, soit Ă  l’aide d’un impermĂ©abilisant Ă  diluer en machine. A choisir, on prĂ©fère le traitement en machine, question d’efficacitĂ©. 

Là encore, les marques citées plus haut proposent toute une gamme de produits réimperméabilisants sans PFC (une famille de molécules cancérigènes que l’on retrouve bien trop souvent dans les produits et vêtements outdoor).

Comment ĂŞtre sĂ»r que le traitement a bien marchĂ© ? 

Une seule rĂ©ponse : le test de la goutte d’eau. En versant un peu d’eau sur la veste ou le pantalon, on saura si nos efforts ont payĂ©. 

Si l’eau perle et roule sur la surface du tissu, cela signifie que le procĂ©dĂ© a Ă©tĂ© concluant. En revanche, si la goutte d’eau est absorbĂ©e par le tissu, l’impermĂ©abilitĂ© laisse encore Ă  dĂ©sirer. 

Dans la majorité des cas, la réimperméabilisation donne de très bons résultats.

L’expĂ©rience Ă©tant maintenant terminĂ©e (et validĂ©e), on voit que l’entretien rĂ©gulier de nos vĂŞtements de ski,  primordial pour leur assurer une vie longue et paisible, ce n’est pas si compliquĂ©, et ça ne prend pas beaucoup de temps ni de ressources!

L’idĂ©al c’est de laver veste  et pantalon de ski/snowboard deux fois par an avec une lessive spĂ©cifique et de les rĂ©impermĂ©abiliser au moins une fois par an.

Et pour finir,  avant de se lancer dans cette rĂ©impermĂ©abilisation, une vidĂ©o rĂ©capitulative et plutĂ´t sympa signĂ©e NST (parce que les images, ça parle bien en gĂ©nĂ©ral) : https://youtu.be/lc9ocQHDefw 

La réimperméabilisation de ses vêtements de ski

Tracer une nouvelle voie

(Forging a new path)

Qu’est ce qui nous manque le plus durant cette période de confinement? Parmi les activités qui ont été suspendues à cause du confinement, quelles sont celles que nous ne voudrions pas voir redémarrer à la sortie de la crise sanitaire? Et pourquoi?

Rejoignez-nous et toute la communautĂ© POW en Europe ce mercredi, 22 avril – le Jour de la Terre – Ă  19h pour discuter de ces questions et bien d’autres, en live avec Liv Sansoz et Nikolai Schirmer de la POW Alliance, et membre du board POW Europe Rick Wheatley.

Rejoignez-nous et participez à la discussion! On espère pouvoir poser les questions que vous aurez partagées en commentaires directement aux participants.

Et si vous ne pouvez pas ĂŞtre prĂ©sent.es, nous invitons Ă©galement toute notre communautĂ©, les athlètes qui nous suivent, les partenaires et bĂ©nĂ©voles POW Ă  y rĂ©flĂ©chir, discuter et rĂ©pondre de leur cĂ´tĂ© et nous faire parvenir le tout.

CĂ´tĂ© format, on vous laisse choisir: email, commentaire facebook, instagram, tiktok, message vidĂ©o … votre choix sera le nĂ´tre! N’oubliez pas de taguer @protectourwintersfrance et #newpath pour que nous puissions voir toutes vos idĂ©es!

Voici les 5 questions:

  1. Qu’est ce qui vous manque le plus dans cette période de confinement?
  2. Parmi les activités qui ont été suspendues à cause du confinement, quelle sont celles que nous ne voudriez pas voir redémarrer à la sortie du confinement ? Pourquoi?
  3. A l’inverse, quelles activités qui ont vu le jour pendant le confinement souhaiteriez vous voir se prolonger? Avez-vous des idées de nouvelles initiatives à lancer?
  4. Qu’est ce que vous avez appris pendant ces semaines de confinement?
  5. Avez-vous des idĂ©es d’initiatives qui pourraient aider les travailleurs, les entreprises et les communautĂ©s Ă  crĂ©er une sociĂ©tĂ© plus durable post COVID-19
©@mnachtschatt

photo: danmilner.com

5 conseils pour parler du climat à Noël

Ah, le 24 dĂ©cembre ! Si attendu pour sa nourriture savoureuse et abondante, mais si redoutĂ© pour ses conversations aussi inconfortables qu’interminables… 

Nous savons comment ça se passe… Après avoir dĂ©tournĂ© la question “Alors, tu fais quoi maintenant ? ”, vous jetez un coup d’Ĺ“il dĂ©sespĂ©rĂ© Ă  la table des enfants Ă  laquelle vous n’ĂŞtes plus invitĂ©s, vous entendez peut-ĂŞtre une boutade sarcastique de l’oncle Etienne sur la façon dont le changement climatique adoucit agrĂ©ablement l’hiver.

Votre tendance naturelle pourrait ĂŞtre de vous lever et de fuir la table, pour rentrer le plus vite possible dans vos montagnes chĂ©ries. Mais nous aimerions vous offrir quelques conseils qui pourraient vous Ă©viter bien des orages en ce doux jour de NoĂ«l. 

MĂŞme si cela semble inconfortable, parler du changement climatique est l’un des moyens les plus importants pour faire une diffĂ©rence.

Alors on va vous coacher ! 

1. Préparez votre propre histoire climatique

Avant de pouvoir parler du climat avec quelqu’un d’autre, vous devez parler du climat avec vous-mĂŞme. Quelle est votre histoire ? Comment avez-vous Ă©tĂ© impactĂ© par la crise climatique ? Et pourquoi vous en souciez-vous ? Si vous lisez ceci, il y a de fortes chances que votre amour du plein air dĂ©finisse qui vous ĂŞtes.

2. Parlez leur personnellement

Parlez des impacts que vous voyez dĂ©jĂ  dans les endroits de plein air que vous aimez, comme des saisons de ski plus courtes, la Mer de Glace que vous voyez fondre au fil des annĂ©es, la sĂ©cheresse du lac d’Annecy ou les catastrophes naturelles de plus en plus ravageuses. Si vous avez des enfants, parlez de votre peur qu’ils grandissent sans connaitre la neige en hiver, ou en connaissant 50° en Ă©tĂ© ! 

Ces faits si évidents pour vous ne le sont pas forcément pour les autres. De plus, ces cris du coeur ont plus de chance de toucher votre entourage que des chiffres ou des discours journalistiques. Vous constaterez que cela attirera les gens au lieu de les repousser. 

Vous pouvez Ă©galement essayer de vous mettre Ă  leur place, qu’est ce qui est important pour eux ? L’avenir de leur enfant ? La montĂ©e du niveau de la mer ? L’Ă©rosion des cĂ´tes ? Les rĂ©fugiĂ©s climatiques ? Parce que s’il fait 50° chez nous, il en fera 70° dans les pays chauds !   

3. Restez calme et pratiquez l’écoute active 

Prenez votre courage Ă  deux mains et discutez calmement.  Aujourd’hui n’est peut-ĂŞtre pas le jour oĂą vous changerez les habitudes de toute votre famille, mais en montrant que vous ĂŞtes ouvert.e Ă  la discussion, vous avez plus de chance de planter une petite graine. Malheureusement, lorsqu’il s’agit de positions sur le changement climatique, les opinions sont basĂ©es sur leurs peurs du changement. Donc, quand vous commencez Ă  entendre ces phrases redoutĂ©es comme “c’est des conneries de bobos mangeurs de graines !”, n’allez pas directement aux arguments scientifiques !  MĂŞme si la science a Ă©tabli que le changement climatique est d’origine humaine, s’appuyer trop sur la science et les faits, contre un argument qui semble Ă©motionnel, est inefficace, et vous fera passer pour quelqu’un d’arrogant. Ce n’est pas le but. 

Posez plutĂ´t des questions comme :

Comment vous sentez-vous vis-Ă -vis le changement climatique ? 
Que pensez-vous que nous pouvons faire ? 

Alors prĂ©parez-vous Ă  ÉCOUTER. Oui, Ă©couter. A l’heure des mĂ©dias sociaux, l’Ă©laboration d’une rĂ©ponse rapide, “du tac au tac”, est la rĂ©action naturelle. Mais l’Ă©coute active ne consiste pas seulement Ă  trouver une rĂ©ponse sensĂ©e, mais de comprendre rĂ©ellement les motivations afin trouver des arguments plus justes.

4. Connaissez la science, mais restez ouvert

La recherche montre que lorsque nous sommes confrontĂ©s Ă  des faits qui contredisent nos croyances fermement ancrĂ©es, nous nous accrochons plus fermement Ă  ces croyances, nous nous dĂ©tournons du raisonnement logique, et nous nous tournons plutĂ´t vers des arguments qui ne peuvent pas ĂŞtre scientifiquement dĂ©montrĂ©s (c’est-Ă -dire des arguments Ă©motionnels).

Mais cela ne fait pas de mal non plus de comprendre la crise climatique et la science qui la soutient. Les preuves, les causes, les effets et le consensus scientifique sont assez clairs, il y a même des vidéos qui rendent le réchauffement climatique comprehensible en 4 minutes

5. Gardez-le positif, et l’humour 

Évidemment, la crise climatique ne fait pas rire. Mais parfois, nous devons prendre du recul et rire de nous-mĂŞmes. C’est le meilleur des mĂ©dicaments  !

De plus, la table de NoĂ«l n’est pas un lieu pour le fatalisme. La rĂ©silience peut ĂŞtre excitante ! On ne vivra pas moins bien mais autrement : manger des produits locaux, rĂ©parer l’Ă©lectromĂ©nager plus facilement, troquer, se dĂ©placer en transport en commun, Ă  vĂ©lo, en ski, ou mĂŞme Ă  cheval ! RĂ©inventons le monde ! 

Alors que le gouvernement ferme les yeux sur le rĂ©chauffement climatique, d’innombrables autres acteurs mondiaux tentent de faire la diffĂ©rence. Les vĂ©hicules Ă©lectriques sont de plus en plus courants, l’Ă©nergie solaire est plus abordable que jamais et la production d’Ă©nergie Ă©olienne est en augmentation. Il y a beaucoup Ă  espĂ©rer  pour l’annĂ©e 2020 !! 

Le changement climatique affectera personnellement tout le monde autour de la table. La lutte contre le changement climatique sera le problème majeur de cette gĂ©nĂ©ration, et il faudra la volontĂ© de tous, mĂŞme de votre famille, pour qu’une rĂ©volution change cela ! 

Enfin, si l’on vous demande comment agir, vous pouvez bien sĂ»r Ă©voquer : la mobilitĂ© douce, la consommation Ă©thique et locale, le refus de suivre la mode ou la rĂ©duction des dĂ©chets, le compost, l’utilisation abusives des ressources, le gaspillage… mais le plus important est de parler de ce que vous faites vous !  Expliquer en quoi ce n’est pas si contraignant et mĂŞme moins cher d’agir pour la planète !

Autres ressources:

BD Planetman

La différence entre météo et climat

Le rapport 2019 grand public du Haut Conseil pour le Climat

La réimperméabilisation de ses vêtements de ski

POW Pyrénées se mobilise !

Nos hivers se jouent aussi l’été.

Cette année, c’est auprès de N’PY (Nouvelles Pyrénées) qui gère 8 des plus importantes stations du massif, que nous nous sommes associés.

Les journées « Montagne propre », ce sont mille bénévoles sur 8 journées / 8 domaines, soit plus de 4 tonnes de déchets ramassés et recyclés chaque année (2018), depuis déjà 14 ans.

POW est allé à la rencontre de tous ces passionnés acteurs et organisateurs sur 2 de ces événements: clubs de ski, familles, riders, retraités et même les gérants de stations.

Cela a été l’occasion de dresser le bilan des comportements et même de trouver quelques perles inattendues :

  • le nombre de mĂ©gots abandonnĂ©s restent très prĂ©occupant,
  • mais la plupart des dĂ©chets ne sont pas volontaires (mais qui jetterait consciemment son appareil dentaire entre 2 rochers ou un seul de ses skis?)

Cependant,  malgré la disparition progressive mais évidente des dernières neiges éternelles pyrénéennes, nous avons pu mesurer l’investissement et la motivation des participants, et surtout échanger et partager nos idées :

  • optimisation des transports pour les accès stations
  • traitement des dĂ©chets
  • meilleure maĂ®trise des ressources et de l’eau
  • sensibilisation des plus jeunes

De ces moments prĂ©cieux et conviviaux, en sont ressortis de nombreux contacts prĂŞts Ă  s’investir avec nous.

Certains projets sont dĂ©jĂ  en discussion avec les stations de Piau Engaly et Peyragudes et prĂ©sagent dĂ©jĂ  d’un partenariat prometteur.

On y croit et on ne lâche pas !

montagne_propre_piau

Opération Montagne Propre à Piau Engaly