La rĂ©impermĂ©abilisation de ses vĂȘtements de ski

La rĂ©impermĂ©abilisation de ses vĂȘtements de ski

par Victoria Guihard (de la Green Session) et l’équipe de POW

On aurait bien sĂ»r adorĂ© pouvoir se rouler dans la neige jusqu’à la fin du mois d’avril, mais la situation inĂ©dite et les mesures restrictives que nous devons appliquer en ont dĂ©cidĂ© autrement. Profitons donc du temps qui nous est imparti pour chouchouter notre Ă©quipement en vue de la saison 2021.

Car on a dĂ» ranger notre matĂ©riel de ride dans un carton entreposĂ© au fin fond du garage, et l’estivation commence pour nos vestes, pantalons, skis ou snowboards. 

Mais avant de faire une croix dessus, on peut ressortir les vĂȘtements pour en prendre soin, surtout si notre Ă©quipement prenait un peu la flotte derniĂšrement. 

Car avant de vouloir changer nos vieilles fringues de ski, il existe une solution bien meilleure pour la planĂšte et bien moins chĂšre par-dessus le marchĂ© : la rĂ©impermĂ©abilisation (maison). Car garder ses vĂȘtements de ride 9 mois de plus permet d’économiser 30% de leur bilan carbone.

Prendre soin des vĂȘtements outdoor est essentiel pour permettre de rallonger leur durĂ©e de vie et leurs capacitĂ©s techniques. La chaĂźne de vĂ©lo, on la graisse pour Ă©viter de dĂ©railler ? Et bien lĂ  c’est pareil. Bon pas avec de la graisse, d’accord : en les lavant, ce sera bien suffisant.

Sommaire
Les bases de fonctionnement des vĂȘtements outdoor
Les étapes de réimperméabilisation
Le lavage et le séchage
Le renouvellement du traitement déperlant
Comment ĂȘtre sĂ»r que le traitement a bien marchĂ© ?

Les bases de fonctionnement des vĂȘtements outdoor

Pour en comprendre le principe, il est intĂ©ressant de revenir sur le fonctionnement des textiles outdoor. La veste de ski, ou hardshell, est un vĂȘtement de protection contre les alĂ©as extĂ©rieurs. Elle est donc d’un cĂŽtĂ© impermĂ©able, et de l’autre, respirante. C’est Ă©galement la troisiĂšme et derniĂšre couche du « systĂšme des trois couches » (voir cet article Comment ne pas avoir froid au ski ? La technique ultime).

Le rĂŽle de cette veste (tout comme celui du pantalon) est donc de maintenir au sec sans faire suer Ă  grosses gouttes Ă  l’intĂ©rieur. Pour ce faire, cette veste se compose d’une membrane dite « imper-respirante » (impermĂ©able ET respirante) calĂ©e en sandwich entre le tissu extĂ©rieur et la doublure intĂ©rieure. 

Elle permet donc, d’évacuer la transpiration vers l’extĂ©rieur tout  en empĂȘchant l’eau de s’infiltrer Ă  l’intĂ©rieur en la laissant glisser sur le tissu. D’un point de vue technique, on visualise sur la membrane des espaces microscopiques qui, d’une part laissent s’évaporer l’eau sous forme de vapeur (la sueur), et d’autre part empĂȘchent l’eau sous forme de gouttes de s’y infiltrer. L’efficacitĂ© impermĂ©abilisante de la membrane est renforcĂ©e par l’ajout d’un traitement dĂ©perlant – aussi appelĂ© Durable Water Repellent (le fameux « DWR ») – qui permet d’empĂȘcher toute absorption d’eau sur le tissu externe de la veste. En langage simple, on dit que l’eau « perle » sur le tissu. 

Sans l’application de ce traitement dĂ©perlant, un vĂȘtement peut perdre jusqu’à 70% de ses capacitĂ©s respirantes par temps humide.

Cependant, le temps et l’usure ont bien souvent raison de l’efficacitĂ© de ce traitement. Au  fur et Ă  mesure de son utilisation, le vĂȘtement prend l’eau et les pores de la membrane finissent par se boucher, conduisant Ă  un effet sauna Ă  l’intĂ©rieur, et extĂ©rieurement on est trempĂ©. 

Mais l’heure n’est pas encore aux funĂ©railles, notre Ă©quipement peut bien tenir le choc Ă  condition de le rĂ©impermĂ©abiliser. 

Les Ă©tapes de rĂ©impermĂ©abilisation 

Le lavage et le séchage

Dans un premier temps, il suffit simplement de laver les vĂȘtements en machine Ă  30° sur programme dĂ©licat. C’est peut-ĂȘtre tout bĂȘte, mais le nettoyage permet d’éliminer les particules qui s’accumulent au fil du temps, risquant de boucher les pores de la membrane. La meilleure chose Ă  faire est donc de laver de temps Ă  autre ses vĂȘtements pour assurer la longĂ©vitĂ© de la dĂ©perlance.

Toutefois, on fait attention Ă  ne pas utiliser n’importe quelle lessive (et encore moins se servir d’un adoucissant), afin d’éviter la prĂ©sence Ă©ventuelle de rĂ©sidus sur la surface de la membrane. 

On prĂ©conise l’utilisation de lessives adaptĂ©es aux vĂȘtements techniques Ă  base d’agents minĂ©raux et vĂ©gĂ©taux, sans aucun adoucissant ni assouplissant. La NST Wash (marque française) en est un bon exemple, tout comme la Tech Wash de Nikwax

Les produits nettoyants de ces marques ne contiennent pas de solvants, ni d’agents toxiques pour l’humain et l’environnement. Elles sont toutes deux respectueuses de l’environnement sans altĂ©rer la qualitĂ© et l’efficacitĂ© des produits. 

On passe ensuite les vĂȘtements au sĂšche-linge Ă  basse tempĂ©rature et sur programme court. 

Ces deux Ă©tapes devraient, normalement, rĂ©activer le traitement dĂ©perlant et assurer Ă  nouveau une bonne impermĂ©abilisation. 

Le renouvellement du traitement déperlant

Pour ĂȘtre certain de mettre toutes les chances de son cĂŽtĂ©, on peut en derniĂšre Ă©tape du processus, renouveler le traitement dĂ©perlant avec un produit spĂ©cifique soit par pulvĂ©risation, soit Ă  l’aide d’un impermĂ©abilisant Ă  diluer en machine. A choisir, on prĂ©fĂšre le traitement en machine, question d’efficacitĂ©. 

LĂ  encore, les marques citĂ©es plus haut proposent toute une gamme de produits rĂ©impermĂ©abilisants sans PFC (une famille de molĂ©cules cancĂ©rigĂšnes que l’on retrouve bien trop souvent dans les produits et vĂȘtements outdoor).

Comment ĂȘtre sĂ»r que le traitement a bien marchĂ© ? 

Une seule rĂ©ponse : le test de la goutte d’eau. En versant un peu d’eau sur la veste ou le pantalon, on saura si nos efforts ont payĂ©. 

Si l’eau perle et roule sur la surface du tissu, cela signifie que le procĂ©dĂ© a Ă©tĂ© concluant. En revanche, si la goutte d’eau est absorbĂ©e par le tissu, l’impermĂ©abilitĂ© laisse encore Ă  dĂ©sirer. 

Dans la majorité des cas, la réimperméabilisation donne de trÚs bons résultats.

L’expĂ©rience Ă©tant maintenant terminĂ©e (et validĂ©e), on voit que l’entretien rĂ©gulier de nos vĂȘtements de ski,  primordial pour leur assurer une vie longue et paisible, ce n’est pas si compliquĂ©, et ça ne prend pas beaucoup de temps ni de ressources!

L’idĂ©al c’est de laver veste  et pantalon de ski/snowboard deux fois par an avec une lessive spĂ©cifique et de les rĂ©impermĂ©abiliser au moins une fois par an.

Et pour finir,  avant de se lancer dans cette rĂ©impermĂ©abilisation, une vidĂ©o rĂ©capitulative et plutĂŽt sympa signĂ©e NST (parce que les images, ça parle bien en gĂ©nĂ©ral) : https://youtu.be/lc9ocQHDefw 

La rĂ©impermĂ©abilisation de ses vĂȘtements de ski

Glaciologie sur le glacier d’Ossoue

Emmanuel est membre des POW Locals dans les PyrĂ©nĂ©es. Il nous partage aujourd’hui un rĂ©cit inspirĂ© de sa sortie sur le glacier d’Ossoue, le 1er aoĂ»t dernier.

« Samedi 1er aoĂ»t 2020, 7h du matin au dĂ©part du barrage d’Ossoue (65) en direction du Vignemale, ça fait longtemps que j’attendais ce moment.
J’accompagne Pierre RenĂ©, le seul glaciologue des PyrĂ©nĂ©es en charge du suivi de l’Ă©volution du glacier d’Ossoue Ă  ce jour, le plus grand de la chaĂźne cĂŽtĂ© français. Il est perchĂ© Ă  3200m d’altitude au pied d’un mini cirque comptant quelques 3000 connus dont la pique longue du Vignemale (3298m). Pour assurer ce suivi officiel Pierre a crĂ©Ă© l’association Moraine en 2001.

AprÚs 3h de marche et 1400m de dénivelé je foule le front du glacier.
Les relevĂ©s s’engagent selon un quadrillage cartographique prĂ©cis. L’Ossoue qui forme une grande cuvette est divisĂ© en 7 secteurs distincts des cĂŽtĂ©s au centre. En dĂ©but de saison Pierre RenĂ© enfonce des bĂątons articulĂ©s dans la neige jusqu’Ă  atteindre la glace. Tous les mois de mai Ă  octobre, il vient faire des relevĂ©s pour suivre l’Ă©volution de la fonte en mesurant la rĂ©duction d’Ă©paisseur. Sur chaque point de relevĂ© il sonde Ă©galement l’Ă©paisseur de neige restante jusqu’au glacier. Ces informations lui permettront d’estimer les volumes de fonte qu’il communique rĂ©guliĂšrement Ă  divers organismes publics (Parc National des PyrĂ©nĂ©es, rĂ©gion Occitanie, Observatoire National sur les Effets du RĂ©chauffement Climatique, observatoire national Glacioclim, observatoire international WGMS).

Le verdict est sans appel : en seulement un mois le glacier d’Ossoue s’est abaissĂ© de 3m d’Ă©paisseur ! Mi-aoĂ»t il sera de nouveau Ă  nu, exposĂ© aux tempĂ©ratures positives et aux rayons solaires, ce jusqu’Ă  l’arrivĂ©e des premiĂšres neiges, prĂ©vues fin septembre dans le meilleur des cas. 45 jours de souffrance..
Certes il ne s’agit que de la neige de l’annĂ©e qui fond mais prĂ©cisons que ce n’est que par la lente transformation de celle-ci en glace, un processus qui peut prendre entre 4 et 5 ans, qu’un glacier peut se maintenir voire se rĂ©gĂ©nĂ©rer. Pierre m’explique que depuis qu’il mesure la fonte du glacier d’Ossoue dĂšs 2001, il n’a pu constater qu’une annĂ©e rĂ©elle de recharge en 2013. Souvenez-vous, c’Ă©tait l’hiver du siĂšcle avec ses historiques records de neige pyrĂ©nĂ©ens. Faudrait-il pour que les glaciers nous survivent avoir des conditions similaires tous les ans ? TrĂšs certainement si nous n’inflĂ©chissons pas sur notre empreinte carbone…

Les mesures se terminent et je quitte le plus grand glacier des PyrĂ©nĂ©es françaises avec un profond sentiment de tristesse. Combien de temps lui reste-t-il encore Ă  vivre ? L’an dernier il avait dĂ©jĂ  perdu le volume de 900 000m3 d’eau… Au delĂ  de leur rĂŽle essentiel sur l’Ă©quilibre hydrique et le climat de notre territoire, les glaciers sont aussi les symboles Ă©ternels de nos hivers, faisant un trait d’union d’une saison Ă  l’autre. Vouloir protĂ©ger nos hivers en agissant Ă  son Ă©chelle sur son bilan carbone c’est donner un peu de souffle Ă  ces splendides Ă©tendues blanches qui ne sont pas Ă©ternelles.
Protect Our Winters sert aussi à transmettre cela. »

AdhĂ©rer Ă  Moraine permet Ă  Pierre RenĂ© de soutenir financiĂšrement ses relevĂ©s et vous ouvre la voie Ă  la connaissance des glaciers au travers des diverses sorties de terrain qu’il organise entre juin et septembre. Il est Ă©galement l’auteur d’un splendide livre sur l’histoire de glaciers pyrĂ©nĂ©ens.

Pour plus d’infos Ă  propos l’ Association Moraine :
Village de Cathervielle (31110)
asso.moraine@wanadoo.fr
http://asso.moraine.free.fr/

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Meet our Team : Lou Claret

Depuis quelques semaines, on est logĂ©.es dans un espace de co-working Ă  Annecy, notre premier local ! Et comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, on peut enfin accueillir une stagiaire en bonne et due forme. Bienvenue Ă  Lou Claret dans la team POW France!

« Étudiante en master du sport Ă  CREA GenĂšve et passionnĂ©e par la montagne, POW m’a étĂ© prĂ©senté à travers Audrey et Luc (bĂ©nĂ©voles de l’association POW Suisse) lors d’une confĂ©rence Ă  CREA.

Je trouve important que des personnes comme eux s’unissent pour lutter contre les changements climatiques. C’est pourquoi j’ai dĂ©cidĂ© de m’unir Ă  l’association en tant que stagiaire dans le dĂ©partement de la communication et d’apporter ma pierre Ă  l’Ă©difice. Je trouve important de sensibiliser les mĂ©tiers de la montagne, car ce sont elles et eux qui vĂ©hiculent en premier les valeurs de la montagne auprĂšs des vacanciĂšres et des vacanciers. Il est important que tout le monde se rende compte des consĂ©quences des changements climatiques. C’est pourquoi il est important de changer ces mentalitĂ©s pour unir tout le monde dans la recherche de solutions Ă  la crise Ă©cologique.

Actuellement en 1Ăšre annĂ©e de Master du sport, j’ai eu la chance d’assister Ă  la prĂ©sentation de Mathieu Schaer sur les enjeux des changements climatiques, ainsi qu’Ă  la projection de son film Shelter. Je tiens tout d’abord Ă  le remercier pour le temps qu’il nous a accordĂ© et sa motivation Ă  nous sensibiliser Ă  la cause qu’il dĂ©fend.

Je suis Monitrice de ski en France, Ă  Morillon, et je trouve que nous, monitrices et moniteurs, sommes les premier.es concernĂ©.es Ă  sensibiliser nos Ă©lĂšves aux enjeux des changements climatiques (fonte des neiges, glaciers qui reculent, covoiturage pour monter en station…).

TrĂšs engagĂ©e pour la lutte contre les changements climatiques, ancienne compĂ©titrice de ski et actuellement Monitrice, je suis la premiĂšre Ă  vouloir prĂ©server la montagne pour pouvoir transmettre Ă  mes enfants un hĂ©ritage intact. C’est pourquoi faire partir de l’aventure POW est pour moi une excellente opportunitĂ© pour sensibiliser mes collĂšgues et leur faire valoir mes engagements pour le climat.

Ma phrase de tous les jours :« La rĂ©ussite est comme l’ascension d’une montagne, il faut travailler en Ă©quipe, faire face aux obstacles ainsi qu’aux intempĂ©ries, mais peu importe que nous atteignions toujours le sommet »

La rĂ©impermĂ©abilisation de ses vĂȘtements de ski

Rencontre avec la Green Session

Depuis quelques semaines, on échange pas mal avec la Green Session, et on se rend compte que nos actions se rejoignent. La Green Session est un media/communauté/boutique de vente en ligne tourné vers les sports de glisse, chez POW on est une asso focalisée sur le ride en montagne, en somme nos objectifs convergent vers la protection de nos terrains de jeux, de la nature. On a interviewé Pierre Barbez, un Green Rider, fondateur du projet.

POW France : Peux tu te présenter en quelques mots ?

Pierre Barbez : Je m’appelle Pierre, j’ai 37 ans. AprĂšs avoir vĂ©cu quelques annĂ©es Ă  l’étranger, il y a deux ans je suis venu m’installer avec ma compagne, mes deux enfants, nos poules et nos moutons du cĂŽtĂ© de Nantes. Entre la fin de mes Ă©tudes et ce dĂ©mĂ©nagement Ă  Nantes j’ai eu une vie professionnelle qu’on pourrait qualifier d’intense, passionnante mais 
 dĂ©vorante Ă  tous points de vue (beaucoup de dĂ©placements et de stress) et au final avec peu d’intĂ©rĂȘt pour le bien collectif.
Il y a deux ans, on a donc pris la dĂ©cision de changer radicalement de vie, en s’installant Ă  la campagne et en quittant mon ancien job pour m’investir dans la crĂ©ation d’un mĂ©dia, La Green Session.

Comment es-tu arrivé dans le monde de la glisse (en mer) et quels sports de pratiques-tu ?

J’ai commencĂ© la glisse Ă  la montagne. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui avaient les moyens de nous emmener au ski une semaine par an. J’ai donc fait mes dĂ©buts sur des skis Ă  Valmorel, dans les Alpes. Comme on est allĂ©s tous les ans dans la mĂȘme station, Ă  un moment j’ai voulu essayer autre chose, j’ai “sacrifiĂ©â€ une semaine de ski pour passer au snowboard. J’en ai fait quelques annĂ©es avant de revenir au ski.
Et puis il y a quelques années je me suis mis au kitesurf.

Peux tu nous raconter ta meilleure session ?

Ce n’est pas Ă©vident d’en sortir une en particulier
 Pour moi une bonne session n’a pas besoin d’ĂȘtre dans un cadre idyllique, avec des conditions tiptop (mĂȘme si ça aide !). Car avant tout une session c’est du partage. Celle oĂč tu navigues en regardant ce que font les copains, ça challenge, ça motive, ça peut aussi bien faire rire et puis 
 ça permet de faire un dĂ©brief de folie avec quelques biĂšres. Ces sessions sont souvent au pied de chez soi, pour moi c’est Ă  Quiberon, en Bretagne.

Au fil de ta pratique sportive, as-tu remarqué des changements dans le paysage de tes spots préférés ?

Pour la montagne c’est dur Ă  dire parce que je n’y suis que quelques jours par an. En regardant les conditions (de loin) j’ai quand mĂȘme l’impression que l’enneigement est beaucoup plus incertain. En ce qui concerne la mer et plus particuliĂšrement les plages, chez moi dans le Nord (je suis originaire de Lille), il y a certains endroits oĂč les blockhaus, qui Ă©taient Ă  des centaines de mĂštres de la mer quand j’étais petit, ont maintenant les pieds dans l’eau.

Est-ce que cela t’a poussĂ© Ă  changer des aspects de ta pratique ?

Oui. Depuis environ 3 ans, j’ai petit à petit pris conscience de mon impact, et je me questionne de plus en plus sur mes gestes, mais aussi et surtout ma façon de consommer.
Dans ma vie de tous les jours, j’ai dĂ©mĂ©nagĂ© Ă  la campagne, j’ai changĂ© de travail, je mange de moins en moins de viande, je cultive mon potager 

Au niveau de ma pratique sportive, je ne prends plus l’avion, je rĂ©pare au maximum (c’est incroyable tout ce qui est rĂ©parable
 mĂȘme si ce n’est pas toujours moins cher), j’achĂšte d’occasion et lorsque je ne trouve pas, je vais chercher un produit qui sera le plus Ă©co-conçu et local possible
 ça prend un peu de temps, mais ça Ă©vite aussi les achats impulsifs qui au final
 trainent au fond du garage !

As tu remarquĂ© des changements chez d’autres pratiquant.es ?

Oui, je rencontre de plus en plus de personnes qui ont dĂ©cidĂ© de consommer diffĂ©remment. Qui se questionnent, chacun Ă  leur rythme, avec leurs sensibilitĂ©s et leurs moyens. GĂ©nĂ©ralement ils commencent par du ramassage sur les plages, et puis ils se rendent compte que tout ce qu’on y trouve vient de notre caddie. Et ça implique des changements dans les habitudes de consommation, avec du vrac, du bio, du local.
Ce qui m’a le plus marquĂ© derniĂšrement c’est un coach de kitesurf assez connu en France qui a annoncĂ© que dans les mois Ă  venir il donnerait 70% de ses cours en France, alors que ces derniĂšres annĂ©es c’était plutĂŽt 90% Ă  l’étranger. Pourquoi ? Parce qu’il se sentait « con » lorsqu’il prenait l’avion. Pour moi ça montre un Ă©norme changement dans les mentalitĂ©s. Ce genre de dĂ©claration va avoir un effet boule de neige.

Quels conseils peux tu donner aux rider.euses qui veulent rĂ©duire leur impact sur l’environnement ?

Le seul conseil que je puisse donner c’est d’ĂȘtre curieux. De se renseigner, de croiser les sources, de trouver son propre Ă©quilibre. C’est difficile de changer du tout au tout en quelques semaines. Cela prend un peu de temps, mais plus on se renseigne, plus cela devient Ă©vident.
On commence toujours par des petits gestes, et puis on en fait de plus en plus, on inspire notre entourage (amis, famille, voisins), on les embarque avec nous, c’est ça l’effet boule de neige 
 jusqu’au jour oĂč on est suffisamment nombreux Ă  vouloir un changement et que cela se reflĂšte dans les urnes, avec l’élection de personnes qui ont les mĂȘmes convictions et qui pourront faire bouger les choses Ă  une autre Ă©chelle.
Ah aussi autre conseil, venez lire les articles de La Green Session 😉 on y dĂ©crypte les impacts des riders et on propose des alternatives concrĂštes !

Comment est nĂ©e l’idĂ©e de la Green Session ?

L’idĂ©e est nĂ©e il y a un peu plus de 2 ans avec Vincent. En fait c’est un mĂ©lange de trois Ă©lĂ©ments :

  • la volontĂ© de donner du sens Ă  notre travail
  • des convictions Ă©cologiques et sociales fortes
  • la passion pour l’outdoor et plus particuliĂšrement les sports de glisse

Et au final ce qui avait le plus de sens pour nous c’était d’aider les riders Ă  prĂ©server nos terrains de jeux.
En creusant on s’est vite rendu compte que tout Ă©tait liĂ© Ă  nos modes de consommation. Si je pollue avec mon achat ici, ça se retrouvera Ă  un moment ou Ă  un autre sur mon spot (disparition des plages, montĂ©es des eaux, moins de neige, pollution chimique, bactĂ©rienne, 
 ).
On a initiĂ© le projet avec une boutique en ligne qui propose une sĂ©lection de produits Ă©co-responsables pour les riders. Ainsi on a focalisĂ© nos efforts du dĂ©but sur le « consommer mieux ». Rapidement on a voulu donner une autre dimension au projet en axant notre travail sur le « consommer moins ». La Green Session est dĂ©sormais un mĂ©dia dont l’objectif est d’aider les riders Ă  changer leur mode de consommation pour Ă  la fois rĂ©duire leur impact mais Ă©galement inspirer leur entourage Ă  en faire autant.

Pierre et Vincent, les deux fondateurs de la Green Session

Peux tu nous présenter la Green Session et ton implication ?

La Green Session c’est un mĂ©dia indĂ©pendant (nous ne sommes payĂ©s par aucune marque !) qui permet de sensibiliser les riders Ă  la prĂ©servation de nos terrains de jeux. Notre communication est principalement axĂ©e sur le consommer moins mais mieux.
À travers nos articles, on dĂ©crypte les impacts des produits utilisĂ©s par les riders (veste de ski, baselayer, planche de surf, etc
). Pour nous c’est l’étape la plus importante. Pour pouvoir rĂ©duire, il faut avant comprendre nos impacts. Puis on propose des alternatives et des conseils comme la rĂ©paration, l’occasion et enfin en dernier recours l’achat Ă©co-responsable.
La Green Session c’est Ă©galement et surtout une communautĂ© de plus de 3 000 riders qui partagent les mĂȘmes valeurs que nous. Nous Ă©changeons avec eux tous les jeudis grĂące Ă  notre newsletter et c’est un pur bonheur !
En parallĂšle de notre activitĂ© de mĂ©dia, on s’implique Ă©galement dans des projets qui ont du sens par rapport Ă  notre concept de glisse Ă©co-responsable. On travaille notamment en ce moment sur un projet de poncho de surf upcyclĂ©, Ponchouille. L’objectif est de proposer une alternative Ă©co-responsable aux ponchos de bain fabriquĂ©s Ă  des milliers de kilomĂštres avec des matiĂšres premiĂšres gourmandes en eau et en pesticides. Ponchouille sera fabriquĂ© en Bretagne dans un ESAT Ă  partir de serviettes de bain rĂ©cupĂ©rĂ©es. 

Pierre en Ponchouille

Comment les riders peuvent-ils aider la Green Session ?

Il y a plein de façons de participer activement Ă  La Green Session. Il y a quelques semaines on a justement Ă©crit un article dans lequel on a listĂ© toutes les façons pour un rider de s’impliquer dans le projet.
Ça va de l’inscription Ă  la Newsletter, jusqu’à la rĂ©daction d’un article de blog ou la mise en relation avec d’autres personnes (riders, medias, influenceurs
). Il y en a pour tous les goĂ»ts et toutes les compĂ©tences !

La rĂ©impermĂ©abilisation de ses vĂȘtements de ski

Confinement – les initiatives porteuses d’espoir #2

par Alya Giolitto

Alors que le 11 mai lançait le coup d’envoi d’une premiĂšre phase de dĂ©confinement, nous retrouvons petit Ă  petit nos modes de vie et rĂ©-apprenons Ă  sortir. 

DĂ©confinĂ©.es oui, mais pour aller oĂč? Et pour faire quoi?

Ainsi se pose la question de l’aprĂšs, du monde post-covid-19 et de la forme que nous souhaitons lui donner. Il semblerait que, de cette pause forcĂ©e, une prise de conscience collective a Ă©mergĂ©. La prise de conscience d’une nĂ©cessitĂ© de rĂ©ajuster le cap et de transitionner d’un systĂšme de croissance illimitĂ©e au modĂšle Ă©puisĂ© vers une Ă©conomie durable. Donnons nous les moyens de nos ambitions et servons nous de ce tremplin pour nous rĂ©-inventer!

Heureusement, de nombreux.ses acteur.trices oeuvrent Ă  favoriser le changement, et puisqu’on peut enfin sortir ce mois-ci, voici un tour d’horizon des porteur.ses d’espoir de la mobilitĂ©.

Le funiculaire qui relie Bourg Saint Maurice aux Arcs sera gratuit cet été

PrĂšs de la moitiĂ© de nos Ă©missions nocives provient de l’industrie, des transports et des bĂątiments. Comment limiter les Ă©missions de plus de 1,5 milliard de voitures Ă©nergivores en circulation dans le monde? La gestion de la mobilitĂ© dans la lutte pour la protection de l’environnement est un enjeu qui nous tient particuliĂšrement Ă  cƓur au sein de POW.

  • TOU.TES À VÉLO – L’arrĂȘt brutal de la quasi-totalitĂ© des transports a eu pour effet direct une diminution des Ă©missions de certains gaz Ă  effet de serre et une amĂ©lioration de la qualitĂ© de l’air. Pour Ă©viter un renversement de la tendance Ă  la sortie du confinement, le gouvernement a dĂ©cidĂ© de lancer son plan vĂ©lo, dotĂ© d’une enveloppe de 20 millions d’euros pour faciliter la pratique du vĂ©lo  et Ă©viter un retour massif Ă  la voiture en rĂ©ponse Ă  un prĂ©visible dĂ©laissement des transports en commun. 50 euros sont disponibles pour chaque citoyen souhaitant remettre en Ă©tat son vĂ©lo. Pas de frais Ă  dĂ©bourser, le rĂ©parateur se fait directement payer par l’Etat.
    La liste des rĂ©parateurs rĂ©fĂ©rencĂ©s est disponible sur le site de la FĂ©dĂ©ration française des Usagers de la Bicyclette (FUB), Ă  l’origine de l’initiative. Également prĂ©vu dans le plan vĂ©lo,  le financement de places de stationnement temporaires, la mise Ă  disposition de formations pour apprendre ou rĂ©apprendre Ă  rouler Ă  vĂ©lo et l’instauration dans le secteur privĂ© du forfait mobilitĂ©s durables.
  • COUP DE PÉDALE AUTORISÉ – En sus du plan vĂ©lo annoncĂ© par la ministre de la transition Ă©cologique et solidaire, et  grĂące au recours  de la FUB, le conseil d’État a Ă©mis la directive suivante : Le gouvernement doit indiquer publiquement que le vĂ©lo est autorisĂ© durant la crise. â€œOui, le vĂ©lo est une solution de mobilitĂ© particuliĂšrement utile pour faire face Ă  tous les enjeux actuels, qu’ils soient sanitaires ou environnementaux”, exprime la FUB. Ces mesures vont dans le bon sens, celui de la mobilitĂ© durable et non polluante, terrain sur laquelle la France  dispose d’une trĂšs grande marge de progression. 60% des trajets français ne dĂ©passent pas les 5 km alors que l’usage du vĂ©lo ne concerne que seulement 3% des dĂ©placements français contre 28% pour nos voisin.es nĂ©erlandais.es et 12% en Belgique.
  • LA MONTAGNE, ÇA VOUS GAGNE – L’étĂ© dernier, la station Les Arcs repensait entiĂšrement son funiculaire pour le rendre 100% Ă©lectrique. Il est accessible depuis Bourg Saint Maurice et dotĂ© de vitres panoramiques offrant une vue spectaculaire sur la vallĂ©e. Cet Ă©tĂ© la station offre la possibilitĂ© de l’emprunter gratuitement du 4 juillet au 29 aoĂ»t. Le funiculaire permet d’accĂ©der depuis Bourg Saint Maurice au premier site d’altitude: Arc 1600, le tout en seulement 7 minutes. Accessible depuis la gare TGV de Bourg Saint Maurice, il positionne les Arcs comme une station entiĂšrement accessible sans voiture. Une façon propre de se rendre en montagne hiver comme Ă©tĂ©.
  • AVENTURES SANS VOITURE – Et si l’initiative des Arcs donne envie d’aller plus loin, voici une sĂ©lection de 10 films Ă  voir pour dĂ©couvrir les Alpes en mobilitĂ© douce. Le preuve qu’il est possible d’aller vivre des aventures en montagne sans utiliser de voiture.
  • GÉNÉRATEUR D’AVENTURE – S’il est encore compliquĂ© d’aller gambader en montagne, on peut prĂ©parer les aventures Ă  100 km Ă  la ronde, le site Carte Sortie Confinement se charge de dĂ©limiter les contours de notre territoire de jeu. Il n’y a plus qu’à renseigner son adresse du moment et le site gĂ©nĂšre un rayon de 100 km qui donne la part belle aux parcs nationaux largement reprĂ©sentĂ©s! En espĂ©rant que ces initiatives donnent envie de participer Ă  la construction d’un monde meilleur, et surtout durable

Les sentiers du Mercantour, à découvrir sans tarder !
  • ELÈVE TA VOIX – Dans la lutte contre le changement climatique, notre vote et participation au dĂ©bat politique est aussi, si ce n’est plus, important que notre mode de vie. La crise que nous traversons, de part son caractĂšre mondial, montre l’utilitĂ© de l’action citoyenne et la nĂ©cessitĂ© d’une coopĂ©ration internationale. Tou.tes les citoyen.nes europĂ©en.nes sont invitĂ©.es Ă  participer Ă  la fixation d’un objectif de l’Union EuropĂ©enne plus ambitieux en matiĂšre de climat Ă  l’horizon 2030 et sur les actions nĂ©cessaires pour rĂ©duire plus drastiquement les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre. La consultation est disponible en ligne jusqu’au 23 juin. A vos idĂ©es !

Sources