Notre travail chez Protect Our Winters France prend diffĂ©rentes formes : de l’information au plaidoyer, de l’inspiration Ă l’action collective… On a pris la parole sur diffĂ©rents sujets, du GIEC aux diverses Ă©lections, de la mobilitĂ© aux questions dĂ©mocratiques, en essayant toujours de porter la voix de notre communautĂ©. Tout ce travail, il s’est toujours inscrit dans une dĂ©marche d’allier diffĂ©rents leviers, dans un seul et mĂŞme but : faire avancer la lutte contre le rĂ©chauffement climatique. Aujourd’hui, on vous partage le lancement d’un projet symptomatique de ce que reprĂ©sente pour nous le mouvement Protect Our Winters : la Capsule Hivernale !
Les interviews dĂ©jĂ disponibles de ChloĂ© Trespeuch, de Vivian Bruchez, d’Emily Harrop et des frères Ladevant !
La Capsule Hivernale, c’est quoi ?
Le projet de Capsule, c’est un engagement et un message de la part d’athlètes liĂ©s Ă l’hiver, matĂ©rialisĂ©s par un objet qui leur est cher Ă travers leurs pratiques.
On a sollicitĂ© des sportifs qui s’engagent de diffĂ©rentes façons dans leurs vies, Ă illustrer leur envie de protĂ©ger nos hivers Ă travers le placement d’un objet qui leur est cher et a toute son utilitĂ© aujourd’hui, en 2022, dans une capsule temporelle. L’objectif est clair : faire en sorte que cet objet soit toujours utile dans le futur.
La Capsule hivernale, créée en acier recyclĂ© et inspirĂ©e du flocon de neige, avec 6 faces, pour 6 athètes et 6 projets, est donc nĂ© suite Ă l’envie de crĂ©er un projet aussi fort symboliquement que concrètement.
DiffĂ©rents acteurs, amoureux de la montagne et du milieu outdoor, pour qui le combat de POW trouve un fort Ă©cho, Ă©taient motivĂ©s par ce projet et ont aidĂ© Ă l’Ă©mergence de cette campagne, de la rĂ©alisation de la capsule Ă la rĂ©alisation des images : on remercie pour ça Noir Global, Jour Blanc et la Fondation POMA !
L’art a sa carte Ă jouer en faveur de l’Ă©cologie, pour dĂ©fendre le vivant et cultiver un autre imaginaire, cette campagne souhaite en ĂŞtre une illustration.
Un symbole fort pour cultiver un imaginaire d’actions
Quand on parle de s’engager pour le futur, on touche du doigt Ă la fois Ă quelque chose de terriblement crucial et quelque chose de parfois trop abstrait. Les consĂ©quences Ă©mergent les unes après les autres et nous impactent de plus en plus directement, les donnĂ©es sont de plus en plus nombreuses, dĂ©taillĂ©es et les axes Ă amĂ©liorer de mieux en mieux dĂ©fini… et pourtant, nous sommes encore loin aujourd’hui d’ĂŞtre aux portes des changements nĂ©cessaires.
Nous pensons chez POW, que pour entraĂ®ner toujours plus de monde dans la lutte, il faut que les messages et les actions soient multiples, que l’on touche diffĂ©rentes sensibilitĂ©s et agissent sur diffĂ©rents timings : de l’action la plus concrète possible demain Ă l’aube, Ă la construction d’un nouvel imaginaire concernant la transition Ă amorcer et la sociĂ©tĂ© vers laquelle tendre.
Ce projet de Capsule, il dĂ©barque avec l’ambition de rentrer par la porte imaginaire et inspiration et, de glisser vers des engagements palpables. Il est issu de l’envie d’utiliser la dimension artistique pour porter un message fort ! A l’instar du film Conscience que nous avons produit, oĂą Gaetan Gaudissard va Ă la rencontre d’autres athlètes afin d’allier le message Ă la performance sportive, nous avons entraĂ®nĂ© des athlètes dans cette campagne afin d’allier le beau, le symbolique aux messages forts et aux engagements concrets.
Des athlètes imparfaits, mais engagés
Dans notre sociĂ©tĂ©, on a plutĂ´t l’habitude de voir des athlètes reprĂ©sentĂ©s Ă travers les images comme des modèles Ă suivre, des exemples. On va chercher des sportifs pour vendre des voitures, des parfums… Ces derniers ne sont vus et utilisĂ©s que par leur prisme de professionnels, jamais par celui de citoyens.
Pour autant, chez POW on n’est pas lĂ pour vendre des skis ou faire la promotion de quoi que ce soit qui nous rapporterait de l’argent. On est lĂ pour parler du sujet qui est de loin le plus difficile Ă aborder avec des sportifs : l’Ă©cologie.
La tâche est complexe, d’aucuns nous diraient que c’est une mauvaise idĂ©e.
La question se pose : comment parler d’Ă©cologie avec des gens qui ne sont pas parfaits Ă ce niveau lĂ ? Comment aborder cette question avec des gens qui sont loin de pouvoir incarner cette image d’exemple exempt de tout reproches ?
Les Ă©lĂ©ments de rĂ©ponses sont multiples, mais ce qui nous a dĂ©cidĂ©s, c’est avant tout leur volontĂ© de s’engager malgrĂ© cela. On a sĂ©lectionnĂ© 6 athlètes qui, Ă cĂ´tĂ© de leurs pratiques, se sont engagĂ©s dans des projets liĂ©s Ă une dĂ©marche environnementale. Si vous nous suivez, vous savez que chez POW on ne prĂ´ne pas vraiment la politique des petits pas individuels, on n’est pas vraiment du style Ă fermer les yeux sur certaines questions sensibles, notamment l’avion. On prend la parole et on se mobilise pour que des actions collectives aient lieu et que des changements majeurs Ă©mergent.
Ces changements majeurs, ils ne pourront Ă©merger que si la voix qui dĂ©fend le climat et plus largement le vivant, ne cesse de grandir, beaucoup plus rapidement et beaucoup plus fort qu’actuellement. Pour y arriver, on a donc besoin de personnes qui dĂ©cident de s’engager avant d’attendre d’ĂŞtre parfait. On a besoin de voir les athlètes davantage comme des citoyens – avec certes un mode de vie Ă part – mais des dĂ©fauts qu’on doit collectivement s’aider Ă corriger, sans pour autant transiger sur des actes qui iraient dans le sens inverse de la direction que doit prendre la dĂ©fense du climat. Il y a une rĂ©elle nĂ©cessitĂ© de cohĂ©rence entre les actes et les mots pour pouvoir prendre la parole sur ce qui reprĂ©sente le plus grand dĂ©fi de l’histoire de l’HumanitĂ©.
Aujourd’hui, on vous partage une campagne avec 6 athlètes qui, Ă notre sens, ont cette cohĂ©rence de par leurs volontĂ©s de s’engager Ă travers leurs projets. Et ces projets on va vous les faire dĂ©couvrir avec des interviews de chaque athlète, une analyse de chacun des sujets… Tout ça Ă retrouver Ă travers la suite de la campagne !
En attendant, on vous laisse avec la liste des athlètes ⬇️
Chloé Trespeuch (snowboard)
Membre de l’Ă©quipe de France de snowboard cross et double mĂ©daillĂ©e olympique, ChloĂ© Trespeuch est fondatrice de l’association environnementale “Ecoglobe”. TĂ©moin de la fonte des glaciers sur lesquels elle s’entraĂ®ne, l’athlète originaire de Bourg Saint Maurice met en Ĺ“uvre des actions locales pour sensibiliser Ă l’impact du rĂ©chauffement climatique sur la pratique du sport.
Vivian Bruchez (ski de pente raide)
Guide de haute montagne et professeur Ă l’École Nationale de Ski et d’Alpinisme, Vivian Bruchez met Ă profit sa pratique du ski de pente raide pour mesurer la qualitĂ© de l’air en altitude. Un engagement envers la montagne que le natif de Chamonix a popularisĂ© Ă travers l’ouverture de nombreuses premières descentes Ă ski ainsi qu’un travail documentaire comme le film Ă©co-responsable “Diamant des Alpes”.
Liv Sansoz (alpinisme)
Double championne du monde d’escalade et première femme Ă rĂ©aliser l’ascension des 82 sommets de plus de 4000 mètres dans les Alpes, Liv Sansoz est engagĂ©e dans la prĂ©servation de l’environnement de longue date. Membre de l’association Protect Our Winters France depuis ses dĂ©buts, elle transmet son respect de la nature et sa volontĂ© d’agir en conscience Ă travers son mĂ©tier de guide de haute montagne.
Emily Harrop (ski d’alpinisme)
Membre de l’Ă©quipe de France de ski-alpinisme et dĂ©tentrice de la coupe du monde de la discipline, Emily Harrop est l’auteure d’un mĂ©moire sur l’implication des marques outdoor dans la prĂ©servation de l’environnement. Une voie ouverte par l’Ă©tudiante savoyarde pour ouvrir les consciences dans le milieu professionnel.
Frères Ladevant (escalade sur glace)
Champions du monde d’escalade sur glace et auteur d’ascensions extrĂŞmes, Tristan et Louna Ladevant sont unis par leur corde autant que par leur engagement pour la prĂ©servation de l’environnement. Premiers athlètes français Ă participer au mouvement “1% pour la planète” les deux frères proposent une nouvelle vision de l’exploration en montagne Ă faible empreinte carbone.
François D’Haene (ultra trail)
Quatre fois vainqueur de l’ultra trail du Mont Blanc et dĂ©tenteur de records sur des courses longue distance, François D’Haene est crĂ©ateur du projet “Ultra Spirit”. Une aventure d’un nouveau genre imaginĂ© par l’athlète d’ArĂŞches-Beaufort pour faire dĂ©couvrir l’environnement montagnard Ă travers la pratique de l’ultra trail.
Prochain rendez-vous, Lundi 7 novembre avec l’interview de ChloĂ© Trespeuch !
Les jets privés ! Ah, notre sujet préféré du moment ! On a pris un peu de temps avant de vous en parler, car comme souvent on aime bien attendre de voir les différentes réactions et prises de positions sur ce genre de sujet. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on a pas été déçu ! Deux camps s’opposent :
– d’un cĂ´tĂ©, les amish-bobo-Ă©colo-radicaux qui voudraient le taxer, voire l’interdire, en criant sur tous les toits que les riches seraient de gros pollueurs avec leurs gros avions
– de l’autre, les membres du gouvernement et autres gens rationnels, ceux qui luttent “VRAIMENT” contre le rĂ©chauffement climatique en expliquant que c’est un faux sujet qui ne concerne que quelques dixièmes de pourcent d’émissions de GES Ă l’échelle du pays.
Alors, on en pense quoi chez POW ?! Que disent les chiffres ? Est-ce que c’est vraiment important les jets, alors que l’extrême majorité de la planète est trop pauvre pour les prendre ? Il fallait qu’on prenne le temps d’en parler, pour recentrer le débat et répondre aux “arguments” qui volent par-ci par-là depuis quelques jours.
D’abord, d’où on part ? Le sujet des jets privés est mis sur la table depuis quelques mois grâce à des comptes qui partagent publiquement les vols en jets privés de milliardaires, comme “l’avion de Bernard” sur Instagram. L’objectif de la démarche est de sensibiliser sur l’impact colossal des plus grosses fortunes et “rendre visible l’injustice climatique par un exemple simple : les déplacements”. Parce que oui, l’impact des jets est monstrueux et loin de toutes politiques publiques.
Un rapport, publié en mai 2021 par l’ONG Transport & Environnement, montre des chiffres affolant :
– un jet privĂ© serait entre 5 et 14 fois plus polluant que des avions commerciaux (par passager)
– un jet privĂ© peut Ă©mettre environ 2 tonnes de CO2… par heure, soit le total du bilan carbone qu’un français devra Ă©mettre en 2050
Et des chiffres qui pourraient vous assommer pour le week-end, il y en a Ă la pelle.
En 2019, un vol sur dix au départ d’un aéroport français était un jet privé. Et la MOITIÉ réalisaient un vol de moins de 500km. Autant vous dire que sur de telles distances, le comparatif explose en vol. Comme le montre le très bon graphique de Vert, pour faire Paris-Nice, c’est 3,46kg de CO2 en TGV, contre 3140kg en jet, soit presque mille fois plus.
Face à ce sujet, le député Julien Bayou a lancé une pétition pour interdire l’usage des jets privés et a l’intention de faire une proposition de loi pour y arriver.
Mais où est le problème alors ? Les jets privés sont le transport le plus polluant de très loin, et si vous suivez POW depuis un moment vous le savez : le transport est le 1er secteur d’émissions de GES en France. Cela devrait donc faire consensus. Sauf que…
La défense du gouvernement, à l’instar d’Elisabeth Borne, pointe du doigt que les jets privés, à l’échelle globale, ne seraient qu’une toute petite partie des émissions.
A quoi bon s’en occuper alors ? Agnès Pannier-Runacher, notre ministre de la transition énergétique, va même jusqu’à expliquer au micro de France Inter pourquoi “le fait que les écologistes en fassent un combat montre à quel point ils sont à côté de la plaque “.
Oui c’est vrai, pourquoi interdire les jets alors que c’est une partie infime des émissions en fait ?
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, de nombreuses personnes sont montées au créneau pour défendre les jets privés : ce serait une privation de liberté, cela ne concerne que 0,04 % d’émissions mondiales, les milliardaires créent de l’emploi bla bla bla… Et ce par énormément de personnes qui ne voyageront jamais en jet privé !
Mais le simple fait de proposer d’interdire quelque chose fait frissonner tout un pan de la population. Nous sommes en période de crise ? D’accord, mais ne touchez pas aux jets privés, ne touchez pas au golf, ne touchez pas aux yachts…
Balayons un peu les arguments. Sur l’emploi, on connaît la chanson ! Le chantage au chômage est parmi les arguments les plus utilisés quand il s’agit de défendre les entreprises et de préserver le statu quo.
Mais alors l’utiliser ici, c’en est presque surréaliste. Pourtant, c’est bien ce qu’a fait Olivier Veran. Attention, ceci est une cascade réalisée par un professionnel, n’essayez pas de reproduire ça chez vous.
Malheureusement, il suffit de se rendre dans les espaces commentaires Twitter de posts sur les jets pour se rendre compte que ce genre d’argument est répandu.
Pourtant, dire “oui mais des emplois sont concernés”, c’est :
1/ Nier la part que représente les jets privés dans les voyages purement loisirs. On vous renvoie vers la dernière enquête Mediapart sur le sujet (vidéo en libre accès), ou les données publiques des comptes cités plus haut.
2/ C’est tout simplement vouloir que rien ne change. Si des changements entraĂ®nent des suppressions d’emplois, la transition en crĂ©era Ă©galement Ă©normĂ©ment. Plus on anticipera, moins les changements seront brutaux. Car, spoiler : quand des cultures seront dĂ©truites, des forĂŞts brĂ»lĂ©es, des secteurs totalement mis Ă l’arrĂŞt, vous lui expliquerez comment au changement climatique qu’il doit se calmer car il va crĂ©er du chĂ´mage ?
Balayons également tout de suite ce qui a pu être mentionné par certains membres du gouvernement : ne pas interdire mais éventuellement taxer davantage.
On parle d’une tranche de la population pour qui l’argent est quasi illimitĂ©, qui pense vraiment que taxer davantage aura pour effet de rĂ©duire ces pratiques ? Selon le mĂŞme rapport, un propriĂ©taire de jet privĂ© moyen possède une fortune de 1,3 Milliard d’euros.
Taxer les plus aisés reste un symbole pour donner l’impression que tout le monde est mis à contribution en fonction de ses moyens et de son empreinte carbone. Mais les plus aisés peuvent se permettre ce type de transport. L’incitation prix aura alors peu d’impact, ne permettant pas de baisser le nombre de vols et les émissions de CO2
Le GIEC dit très clairement que TOUS les secteurs doivent évoluer. Alors que ce soit pour défendre des emplois ou en disant “oui mais ça ne concerne que x%” d’émissions de GES, cela ne tient pas de défendre les jets privés. C’est bien à cause de cette politique du “le voisin d’abord” qu’on en est là actuellement. On fait face à un problème systémique, cela ne suffira pas de taxer un peu plus ceci, ou de demander gentiment cela.
Et quand on voit comment Yamina Saheb, autrice de rapport du GIEC sur BFMTV, se fait attaquer par une éditorialiste sur le sujet, on se demande comment peut-on parler d’écologie en France aujourd’hui ?
Les jets privés sont le symbole ultime d’une inégalité sociale et écologique, si l’on ne peut pas y toucher, on ne peut toucher à rien…
En fait, la seule bonne manière de parler d’écologie pour notre gouvernement, c’est de cibler le pan de la population plus large, à commencer par les ménages les moins aisés. Comme lorsque Agnès Pannier-Runacher, nous expliquait il y a quelques mois que les français n’avaient pas les bons réflexes pour sauver la planète, “comme lorsqu’on ferme la lumière mais qu’on va envoyer un mail un peu rigolo à nos amis avec une pièce jointe, et qu’on aura consommé beaucoup plus d’énergie”.
Au-delà de l’aspect purement erronée d’une telle intervention, pointer du doigt le mail avec pièce jointe paraît davantage OK que de s’attaquer aux jets privés. Quand Emmanuel Macron parle de la fin de l’abondance, il semble plus logique pour les membres du gouvernement de parler de couper le wifi, ou encore de mettre un pull, que de cibler le bilan carbone des milliardaires, pour tous les arguments énoncés plus haut.
Tous ces arguments, qui se veulent être clamés par des gens rationnels, face à des partisans de “l’écologie punitive” nient la réalité climatique et surtout, nient le fait qu’il n’y aura pas de transition écologique sans JUSTICE SOCIALE.
Alors petit rappel sur ce que c’est, la justice sociale.
La justice sociale, c’est considĂ©rer que les efforts des citoyen.nes doivent ĂŞtre proportionnels Ă leur impact.
La justice sociale, c’est créer une transition énergétique qui ne laisse personne sur le carreau, pendant que d’autres sont intouchables.
La justice sociale, c’est avoir en tête que + de 12 millions de Français.es sont en situation de précarité énergétique quand on évoque la nécessité de baisser le chauffage.
La justice sociale, c’est être capable d’imposer des mesures drastiques aux personnes avec un bilan carbone de plusieurs milliers de tonnes par an, quand les 50% les plus pauvres en France ont une empreinte moyenne de 5 tonnes.
Aujourd’hui, le rapport sur les inégalités mondiales montre à quel point il existe des disparités en termes d’impacts selon les revenus. Pourtant, c’est bel et bien les pays les plus pauvres ou les pans de populations les plus pauvres qui sont et seront les plus vulnérables aux conséquences du réchauffement climatique.
Alors le message n’est pas de dire “tant que les plus riches ne feront rien, on fera rien”. Chez POW on se bouge toute l’année pour agir à différentes échelles, il est évident que chacun doit faire des efforts sans attendre que le voisin ou l’autre là bas fasse le premier pas. Mais il est criminel de laisser croire que chacun a les mêmes efforts à faire.
La justice sociale, c’est avoir tout cela en tête quand on aborde la transition écologique.
À moins que tu aies réussi à être hermétique à l’actualité, le sujet dont on va te parler aujourd’hui, tu l’entends depuis quelques jours : l’abstention !
Mais attends ! Ici, pas de questions de t’expliquer que t’es un.e mauvais.e citoyen.ne ou je ne sais quoi d’autre du style.
Nous on a plutôt essayé de comprendre les différentes raisons qui pouvaient pousser quelqu’un à ne pas voter, et tenter de trouver les bons mots pour y répondre.
On peut comprendre que pour certain.es cela n’intéresse pas, voire énerve de nous voir encore parler des législatives, et promis, c’est la dernière fois avant un loooong moment . Mais des raisons de ramener autant le sujet sur la table, on en a un bon paquet.
Et la 1ère est que les tranches d’âges qui sont le moins allĂ©s voter, c’est le coeur de cible de POW :Â
ZOOM SUR 4 GROUPES DE RAISONS
1. “DĂ©goĂ»tĂ©.e par les politiques” “Voter ne changera rien”
Ce rejet de la politique, il est compréhensible, et on pourrait discuter des heures des raisons valables l’expliquant.
Pour autant, face à l’immensité des enjeux sociaux et écologiques auxquels nous faisons et allons devoir faire face, pas le choix : cela passera irrémédiablement par des décisions politiques. On a écrit un article qui explique très facilement en quoi les législatives peuvent changer la donne pour le climat.
En tant qu’association, les décisions de l’Assemblée et l’écoute des député.es peuvent radicalement changer notre travail durant les 5 prochaines années.
De plus, on l’a vu lors du premier tour, des résultats sont très serrés. Chaque voix compte. Et si en tant que jeunes on abandonne les urnes, alors il sera extrêmement difficile d’avoir notre mot à dire sur l’avenir que l’on veut dessiner.
2. “Je ne me reconnais pas dans l’offre politique” “Il n’y a personne pour qui j’ai vraiment envie de voter”
Parfois, on a envie de voter. Mais le casting ne nous fait franchement pas rêver… Pour répondre à ça, on vous partage un tweet d’Elliot Lepers, militant, que l’on trouve à la fois amusant et réaliste :
Evidemment, c’est du cas par cas, et on n’incite pas à voter “quoi qu’il arrive”.
On sait que les scénarios selon les circonscriptions peuvent vraiment rebuter certain.es.
Mais l’idée est de casser le mythe de la solution “parfaite”. On aura toujours des choses à reprocher à des candidat.es. Mais à force d’attendre la solution idéale, il sera trop tard pour nous et pour le climat.
3. “Je n’y suis pas allĂ© car je n’ai pas fait les bonnes dĂ©marches”
Pas inscrit.e sur la bonne liste ? Pas réussi à faire procuration ?
Pour la procuration, c’est beaucoup plus simple qu’on ne le pense et se fait en quelques étapes.
1/ Trouve quelqu’un qui veut bien voter pour toi
2/ Inscris toi sur maprocuration.gouv
3/ Valide ton identité dans un commissariat ou gendarmerie
4/ La personne qui vote pour toi reçoit un mail de confirmation et pourra voter pour toi dans ton bureau de vote
Tu peux le faire jusqu’Ă ce week-end, il n’est pas trop tard !
4. “Je n’étais pas au courant qu’il y avait un vote”
Pour certain.es, les législatives sont passées sous les radars. Il faut dire que par rapport à la présidentielle, la place médiatique et politique accordée aux législatives est dérisoire.
Et c’est là qu’on a toutes et tous un rôle à jouer : parlons-en !
Au vu des chiffres, on a forcément des abstentionnistes dans notre entourage. Alors voter c’est bien, mais en discuter, c’est encore mieux ! Passons au-delà de la réticence à aborder la politique, et parlons de l’importance de l’Assemblée, des enjeux qui en découlent… Osons convaincre !
Aujourd’hui, une vague de chaleur commence. Une vague de chaleur qui devrait battre des records de précocité, avec des impacts majeurs, tant sur nous que sur la biodiversité, l’agriculture… Le GIEC est clair : avec le réchauffement climatique, ce genre de phénomènes arrivera de plus en plus fréquemment, avec une intensité de plus en plus élevée !
Il y a urgence à agir ! Et cette semaine, le meilleur moyen de le faire, c’est de voter dimanche pour des personnes dont l’écologie sera au cœur de leur mandat !
Les glaciers pyrĂ©nĂ©ens sont les plus touchĂ©s par le rĂ©chauffement climatique en France. Ils prĂ©sentent une rĂ©gression de superficie de 90% depuis 1850 contre 50% pour les Alpes. Le climat rĂ©gional, son emplacement ainsi que son altitude (Le massif de Maladeta, le plus haut, culmine Ă 3400m) expliquent la fragilitĂ© de ces glaciers, souvent mis de cĂ´tĂ© par rapport Ă ceux des Alpes. S’il faut Ă©videmment continuer de mettre en avant la situation des glaciers de l’Est de la France, on voulait mettre un peu de lumière sur ces glaciers trop souvent oubliĂ©s, et qui ne mĂ©ritent pas moins d’attention.
Cet article synthĂ©tise le rapport de l’association Moraine, couvrant la pĂ©riode 2020-2021. Créée en 2001, L’association Moraine est l’Observatoire des Glaciers des PyrĂ©nĂ©es françaises. Elle a donc pour objectif de suivre annuellement leur Ă©volution (longueur, surface, volume).
L’association Moraine est l’unique entitĂ© effectuant des suivis rĂ©guliers des glaciers pyrĂ©nĂ©ens français. De plus elle travaille Ă©troitement avec les glaciologues espagnols afin de partager des informations sur l’ensemble du massif.
L’association Moraine se base sur trois indicateurs pour étudier l’évolution des glaciers :
– Les variations de longueur des glaciers
– Les variations de surface des glaciers
– Les variations d’épaisseur des glaciers
Signification des indicateurs
Variations de longueur des glaciers
La variation de longueur est mesurée au niveau du front glaciaire, c’est-à -dire la partie inférieure du glacier, entre un été et le précédent. En effet, chaque été, le front présente une régression due aux hausses des températures saisonnières.
Variations de surface des glaciers
Il s’agit d’étudier l’évolution de la superficie des glaciers sur une large période.
Variations d’Ă©paisseur des glaciers (ou bilan de masse)
C’est le paramètre le plus représentatif. Pour mesurer cette variation, des sondes sont placées afin de mesurer la quantité de neige se formant dans la zone d’accumulation et la quantité de neige qui disparaît dans la zone d’ablation. La différence entre ces données permet d’obtenir l’évolution de l’épaisseur du glacier.
Pour se faire une rapide idée du bilan de masse, on peut regarder la proportion de la zone d’accumulation du glacier par rapport à sa surface totale. Si elle dépasse 60%, le glacier gagne de la masse (bilan excédentaire), sinon il en perd (bilan déficitaire).
Résultats
Sur les 5 des 9 glaciers étudiés, une régression moyenne de 10,7m a été mesurée pour les fronts glaciaires. C’est plus que la moyenne sur ces 19 dernières années qui s’élève à 8m/an. La régression la plus importante a été observée en 2012 avec une moyenne de 37m.
La surface totale des glaciers pyrénéens, quant à elle, est en constante régression. Alors qu’elle plafonnait à 450 hectares en 1850, elle a chuté pour atteindre 140 hectares en 2002 et 79 hectares en 2019.
Le glacier d’Ossoue, le plus imposant, présente la plus grande régression : il est passé de près de 60 hectares en 2002 à environ 32 hectares en 2019.
Enfin, le bilan de masse est lui aussi inquiétant. Sur la période 2002-2021, le ratio d’accumulation moyen est d’environ 28% ce qui implique un bilan de masse très déficitaire. Pour rappel, le bilan de masse est équilibré pour un ratio d’accumulation de 60%. Sur l’année 2021, le ratio d’accumulation est de 12%.
Dans son rapport, l’association Moraine s’est intéressée plus en détail au glacier d’Ossoue. Depuis 2002, le glacier a vu son épaisseur diminuer en moyenne de 31,13m d’eau sur l’ensemble de sa superficie. En 2021, son épaisseur a diminué de 2,22m d’eau soit 2,47m de glace.
Conclusion
Un glacier, par sa fragilité, est un bon indicateur de l’évolution du climat. Ce rapport annuel confirme bien le réchauffement climatique en cours puisque l’évolution depuis 2002 des trois indicateurs est alarmante. A ce rythme, les glaciers des Pyrénées français auront pratiquement disparu d’ici le milieu du XXIème siècle. Et on pense que ça mérite toute notre attention.
Vous pourrez accĂ©der au rapport et Ă d’autres photos sur le site de l’association Moraine, et vous avez la possibilitĂ© d’adhĂ©rer Ă l’association pour les soutenir : http://asso.moraine.free.fr