LETTRE OUVERTE AU SOSH BIG AIR

Par Thibault Liebenguth, président de Protect Our Winters – France

Il est toujours difficile de faire un choix, de prendre position et de représenter l’avis d’une communauté. Pourtant c’est aussi notre rôle. Car nous sommes PROTECT OUR WINTERS, nous représentons la communauté de la montagne qui veut se battre pour réduire de façon drastique son empreinte sur le climat. Climat dont nos pratiques favorites, le ski et le snowboard, dépendent à 100%. Si nous ne faisons rien, dans 50 ans il sera trop tard. C’est un fait.

Dans quelques jours débute à Annecy, un des plus beaux évènements au monde qui célèbre le ski et le snowboard, le HIGH FIVE FESTIVAL. 45 films projetés sur écrans géants avec le confort cinéma et le pop corn, la crème de la crème des athlètes internationaux, des soirées de folies, un village de marques de plus en plus cool et toute une série d’animations dans une des plus belle ville des Alpes. Festival qui a d’ailleurs vu la naissance de POW France en 2015.

Mais voilà, en 2016, le SOSH BIG AIR à fait son entrée dans le paysage du festival. Malgré un spectacle unique pour le grand public, nous sommes persuadés que l’ensemble des partenaires liés à ce projet n’ont pas pris en compte qu’à l’heure de la COP21 et des engagements pris à Paris, fabriquer de la neige de culture en Octobre, à plus de 20° de température extérieure, envoie aux plus jeunes générations une image difficilement compréhensible de nos activités.

L’ensemble des marques présentent sur l’évènement, nous inondent de photos de paysages naturels et uniques qu’il est essentiel de préserver, et d’une neige de cinéma qui commence à véritablement nous manquer chaque hiver. Et là, nous montrons à ce public, que ces problèmes actuels liés au climat, ne sont pas si grave, car il est toujours possible de fabriquer de la neige, même si elle ne tombe pas naturellement, ni même quand le froid saisonnier n’est pas de la partie.

NON ce n’est pas normal de fabriquer de la neige à cette période et à cette température. Tout comme il n’est pas acceptable de transporter de la neige en hélicoptère pour permettre à quelques personnes de pratiquer le ski pendant les vacances scolaires (rappelez vous l’hiver dernier). Nous n’avons pas étudié les effets de l’azote sur l’environnement, utilisé pour produire la neige, une fois celle-ci fondue. Nous ne voulons pas non plus critiquer l’impact carbone de l’évènement, qui semble être très bien maîtrisé. Mais l’important n’est pas là. L’essentiel du problème vient de l’image erronée que nous envoyons aux jeunes générations.

Nous voulons rappeler d’abord que ce festival est magique, qu’il nous a fait, et nous fera rêver encore longtemps. Nous espérons vous y voir cette année encore très nombreux pour partager cette passion qui nous dévore tous. Mais rappelez vous que ce SOSH BIG AIR, qui sera le dernier d’après les organisateurs, n’est pas à sa place sur un évènement qui rassemble la jeunesse et le futur de la montagne.

N’hésitez pas à questionner vos amis sur la place de ce SOSH BIG AIR au sein de cette belle fête, qui le serait tout autant sans lui. Nous sommes aussi des rêveurs et nous sommes persuadés que les organisateurs sauront rebondir et nous proposer quelque chose de toujours aussi fou, mais de plus responsable pour les années à venir. Et nous serons heureux de leur donner un coup de main et de les soutenir si c’était le cas.

 

PROTECT OUR WINTERS

Protect Our Winters est une association fondée en 2007 par le snowboarder américain Jeremy Jones et qui a pour mission d’unir et de mobiliser la communauté des sports outdoor pour prendre conscience et agir contre le changement climatique.. Présente en France depuis 2015, elle représente dans le monde une communauté de plus de 160 000 personnes, dont plus de 100 athlètes internationaux, répartis dans 9 pays.

www.protectourwinters.fr 

Contactez nous pour en parler à hello@protectourwinters.fr

Meet Our Riders : Giulia Monego

Meet Our Riders : Giulia Monego

Recrue de la première heure, Giulia est membre de la Riders Alliance pour la France, elle qui est de nationalité italienne. C’est qu’elle a choisi de vivre à Chamonix, parle et écrit notre langue, et s’est tout de suite rapprochée de nous à l’origine de la branche française de POW. Découvrez son interview !

Qui es tu et d’ou viens tu Giulia?

Je suis une skieuse d’origine italienne. J’ai déménagé depuis quelques années dans la vallée de Chamonix par amour de la montagne. Je viens du monde du ski freeride et j’ai clairement trouvé mon élément dans les pentes raides de la vallée.

Apres plusieurs années de competitions sur le Freeride World Tour (FWT), j’ai commencé à voyager et à explorer les montagnes autour du monde : Inde, Alaska, Amérique du Sud etc. Ces voyages m’ont beaucoup appris, mais la plus belle école de ski de pente raide, j’ai l’ai trouvée ici, dans les Alpes, dans le massif du Mont Blanc.

Je prends aussi vraiment plaisir à partager ma passion avec les autres en tant que moniteur de ski et guide de haute montagne, ce qui me permet de rencontrer de belles personnes et d’échanger sur des sujets importants à plus grande échelle.

Je suis actuellement soutenue par Black Diamond, Scarpa, Plum, Smith, Pieps et Lenz.

Pourquoi as-tu rejoint POW ?

Mon attachement à la nature est très important, et surtout vital pour ma carrière et ma vie. Je vis en montagne et je vois les changements climatiques et leurs conséquences chaque année. J’ai peur que les prochaines générations ne puissent pas connaitre les mêmes conditions hivernales dont j’ai pu profiter pendant ma jeunesse. Il est donc essentiel pour moi de m’engager pour éviter cela.

Je m’engage avec POW pour en apprendre plus sur le climat et ses dérèglements. Je veux aussi être ambassadrice de cette lutte contre les changements climatiques et utiliser mes moyens et mon experience pour faire passer le message au plus de monde possible, principalement au sein de la communauté de la montagne.

Pour toi quel est le plus gros changement dû à l’effet de l’homme sur le climat dont tu as été témoin ces dernières années ?

De part ma propre experience en montagne, le réchauffement de la temperature moyenne en hiver, comme en été, est très visible, principalement sur le recul des glaciers et la fonte du permafrost. Cela a souvent des consequences dangereuses voire catastrophiques pour notre pratique du ski et en tant que guide de haute montagne.

Dans la même veine, j’ai vu des événements météo extrêmes et inédits arriver plusieurs fois par an, comme des grosses tempêtes de vent, des réchauffements ou chutes de temperatures très violentes, parfois en quelques heures, des sécheresses et canicules exceptionnelles. La communauté scientifique est d’accord sur le fait que le réchauffement des températures moyennes est lié aux émissions de  CO2 des activités humaines dans l’atmosphère. Je me sens donc aussi responsable.

Quelles sont les initiatives les plus intéressantes que tu as pu voir en montagne pour réduire notre contribution au changement climatique ?

À Chamonix, où j’habite, je suis témoin des actions positives que la ville met en place, comme la mise a dispositions gratuite et pour tous le monde des transports publics, dont la plupart sont électriques. Il y a aussi des initiatives locales, pour proposer et sensibiliser les habitants à acheter des produits locaux comme des légumes ou fromages de notre belle région.

Je crois aussi que pratiquer la montagne sous toute ses formes, c’est aussi un moyen de profiter de la nature, d’être dehors et de moins consommer inutilement !

Comment fais tu pour conjuguer une vie de skieuse professionnelle (voyages en avion etc.) avec un mode de vie durable ?

Dans les dernières années de ma carrière sur le FWT j’ai cherché à ne pas trop me déplacer en avion. J’ai privilégié des projets de ski plus proches de la maison et moins réguliers que les années précédentes. Et surtout je privilégie vraiment le ski de rando et l’alpinisme pour réaliser mes plus belles courses de ski de pente raide. On profite mieux de l’environnement et ca permet de mieux connaitre les conditions de neige et de sécurité, par rapport à une dépose en hélico par exemple.

Je cherche aussi à faire de mon mieux dans ma vie des tous le jours pour compenser mes déplacements : j’utilise pas mal le vélo à la place de la voiture quand je suis à Chamonix. Je mange très peu de viande et je limite les produits pour lesquels la production génère trop d’impact sur la planète.

Je ne suis certainement pas parfaite, comme tout le monde, mais je suis consciente des mes erreurs et je fais le maximum pour m’améliorer avec le temps. J’en parle aussi beaucoup autour de moi pour inspirer les autres à avoir cette vision plus responsable de leur pratique de la montagne et de la vie en général.

D’après toi, que peuvent faire les athlètes pour encourager les gens à s’intéresser et à s’engager pour l’environnement ?

Grâce à ma visibilité en tant qu’athlète au sein de la POW Riders Alliance j’aimerais vraiment que l’on montre a toute la communauté de la montagne que l’impact humain sur la nature et sur le climat est très fort et qu’il est temps d’agir avant que ce ne soit trop tard.

J’espère être considérée comme un ambassadeur du climat et de la planète au sein de mon petit milieu, pour agir sur les politiques locales et pourquoi pas à plus grande échelle, car nous sommes tous concernés par les changements climatiques.

Un dernier mot ?

J’espère que les prochaines générations pourront agir encore et donner au climat toute l’importance qu’il mérite dans les décisions collectives. Je le vis en montagne tout les jours, la Nature est toujours plus forte que nous, et nous serons les premiers à en payer les consequences.

Il est encore possible d’agir pour protéger et garder notre planète en bonne santé, pour continuer a vivre de notre passion pour la neige et la montagne.

Je pense que ca en vaut la peine !

Ciao !

PS : En bonus le dernier épisode de CHAM LINE, avec Aurélien Ducroz et Giulia Monego au sommet de l’Aiguille Verte !

Votons pour le climat !

La liste officielle des candidats aux élections présidentielles françaises 2017 est enfin validée et leur programmes publiés. Cette année il y en a 11 (même si TF1 n’en avait invité que cinq au premier débat lundi soir).

Onze candidats, ça fait beaucoup de programmes à comparer pour connaitre leurs propositions pour agir pour le climat. Mais ne vous inquiétez pas, avec notre partenariat avec Voxe.org et leur comparateur en ligne, c’est facile et intuitif !

S’informer en 3 étapes:

  1. Dans le comparateur Voxe, choissisez 2 candidats à comparer
  2. Sélectionner le thème environnement, agriculture, énergie et transport
  3. …et comparez leur programme !

Plus spécifiquement:

Sur le sujet de l’énergie vous pouvez vérifier si :

  • Le candidat fera la promotion du développement des énergies renouvelables ?
  • Le candidat mettra en place des mesures pour diminuer notre consommation d’énergie au niveau national ?
  • Le candidat voit la transition énergétique comme une opportunité pour créer des emplois ?

Sur l’agriculture vous pouvez vérifier si :

  • Le candidat propose des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à l’agriculture ?
  • Le candidat reconnaît les risques posés par les changements climatiques dans le secteur agricole ?

Sur le transport vous pouvez vérifier si :

  • Le candidat investira dans le réseau ferroviaire et les transports en commun ?
  • Le candidat fera une vraie place au vélo dans les politiques de mobilité ?

Sur la fiscalité écologique et l’économie verte vous pouvez vérifier si :

  • Le candidat soutient une taxe carbone ?
  • Le candidat propose de supprimer les subventions pour les énergies fossiles et de réinvestir dans des mesures qui contribuent à la lutte contre les changements climatiques ?
  • Le candidat soutiendra les entreprises pour qu’elles s’engagent dans des démarches de responsabilité environnementale ?

Informons nous, parlons en autour de nous, puis votons pour le climat !

Meet Our Riders : Giulia Monego

La neige joue à cache-cache entre l’Europe et l’Amérique du Nord

Pour ceux qui habitent en Europe, on pourrait croire que dame nature est généreuse cette année en voyant toute la neige qui tombe en ce moment dans les Alpes. Malheureusement, le climat c’est plus compliqué que cela, il n’y a qu’à regarder de l’autre côté de l’Atlantique.

En effet, les traditionnelles courses de la Coupe du monde de ski à Lake Louise (CAN) et Beaver Creek (USA) qui marquent le début des épreuves de vitesse ont dû être annulées pour cause de douceur et manque de neige.

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Lake Louise

Snow Control de la FIS le 16 novembre, credit photo : Lake Louise LOC

Par contre, le Critérium de la première neige à Val d’Isère début décembre semble à l’abri d’une quelconque annulation comme cela avait été hélas le cas en 2014.

En tout cas, on voit bien que malheureusement la tendance globale montre que la neige vient de plus en plus à manquer en début de saison et ce quel que soit le continent.

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