Protégeons nos bonnets : Vivian Bruchez et la capsule hivernale

Protégeons nos bonnets : Vivian Bruchez et la capsule hivernale

ProtĂ©geons nos… bonnets : Vivian Bruchez et la Capsule Hivernale !

Après avoir annoncer le lancement de notre projet de Capsule Hivernale la semaine dernière (les grandes lignes du projet Ă  retrouver ici), lundi est sortie la 1ère interview d’athlète avec ChloĂ© Trespeuch (ici). 
Rapide rappel pour celles et ceux qui viennent d’arriver : le projet de Capsule Hivernale consiste Ă  illustrer l’engagement de diffĂ©rents athlètes, portant diffĂ©rents projets, par le placement d’un objet qui leur est cher dans une capsule temporelle. Cette dernière sera ouverte symboliquement l’hiver 2025 pour voir le chemin qui a Ă©tĂ© fait.
Durant quelques semaines, vous allez découvrir des athlètes à travers des interviews : l’occasion pour eux de parler de leurs engagements, leurs projets…
On enchaîne aujourd’hui avec Vivian Bruchez, qui a placé dans la capsule son bonnet !

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Vivian Bruchez, je suis guide de haute montagne, skieur de pentes raides et également professeur à l’école nationale de ski et d’alpinisme.

À travers ton métier et ta passion, tu portes  un projet d’étude de la qualité de l’air et tu as rassemblé autour de toi plusieurs acteurs, dont POW France. Est-ce que tu peux nous parler de ce projet et de comment tu en est venu à le faire ? 

Ecoute, au dĂ©part moi j’ai dĂ©jĂ  un projet plutĂ´t de skieur, qui est de skier tous les “4000” des Alpes. Il y en a 82, donc beaucoup. Et Ă  travers ce projet-lĂ , je me rends compte que j’ai beaucoup de chance de pouvoir parcourir les montagnes et d’être super libre dans mes itinĂ©raires, dans mes choix et tout ça. Donc j’avais envie d’amener une forme de tĂ©moignage de la qualitĂ© de l’air, parce que très souvent je pars du bas de la vallĂ©e pour aller jusqu’au sommet des montagnes et donc je passe par tous les Ă©tages de vĂ©gĂ©tations : ça part des vallĂ©es, ça arrive sur des glaciers et finalement ça arrive sur les sommets. C’est lĂ  que je me suis rapprochĂ© de POW France qui m’a aidĂ© avec cette idĂ©e de recherche de donnĂ©es par des petits boĂ®tiers avant de me mettre en lien avec ATMO qui travaille vraiment sur la qualitĂ© de l’air. Ils m’ont dit qu’ils allaient me fournir un boĂ®tier pour que je puisse faire des relevĂ©s Ă  travers mon projet.

Donc je trouve que ça a beaucoup de sens dans ce que je fais parce que oui, je passe souvent dans des endroits oĂą il n’y a encore personne qui est passĂ©. C’est parfois des nouveaux itinĂ©raires, c’est parfois des itinĂ©raires classiques. Je me dĂ©place Ă  travers toutes les Alpes puisque les 82 “4000” c’est sur toute la chaĂ®ne des Alpes. Alors voilĂ , c’était une manière pour moi de rĂ©pondre Ă  des questions que je peux avoir et de le faire hyper simplement.

Oui, parce que la pollution de l’air ce n’est pas vraiment quelque chose de tangible, comme les chutes de roches ou l’effondrement des glaciers. Est-ce que ce projet-lĂ  t’as aidĂ© Ă  te rendre compte de cette problĂ©matique ? Notamment liĂ©e au transport.

 Alors tu vois moi, Ă  travers mon mĂ©tier de guide, j’ai un vrai tĂ©moignage terrain. La chose primordiale pour moi, c’est que je vois les choses, je vois les montagnes changer, l’enneigement baisser, les montagnes qui bougent surtout l’étĂ©… Donc ça je le vois beaucoup, pour moi c’est l’aspect numĂ©ro un. Mais forcĂ©ment la qualitĂ© de l’air ça ne se mesure pas, enfin c’est quelque chose qu’on ne voit pas d’un simple coup d’œil. Ce projet c’Ă©tait un peu mesurer l’invisible, c’est ça qui m’intĂ©ressait !

On entend de plus en plus de scientifiques parler de leur travaux sur le rĂ©chauffement climatique mais on peut parfois avoir du mal Ă  comprendre ce qu’il se passe, c’est des messages qui paraissent assez techniques. Est-ce que c’était une volontĂ© de ta part aussi de vulgariser ce sujet-lĂ  Ă  ta manière, auprès de ta communauté ?

 Je pense qu’on a vraiment besoin d’avoir un regard scientifique parce que ça fait un Ă©tat des lieux. Par contre, pour moi c’est vraiment très important d’apporter un discours terrain de pratiquant en face. Des gens qui voient les choses, qui ressentent les choses. C’est le combo des deux qui est intĂ©ressant. Si c’est trop scientifique, on en a presque peur et souvent c’est très alarmiste. Alors que sur le terrain, en tant qu’athlète, t’as un aspect Ă©motionnel qui fait qu’on a envie de dĂ©fendre le “beau” et je pense que c’est important. ForcĂ©ment, on va critiquer le transport pour venir dans nos stations, dans nos montagnes, mais en attendant on est extrĂŞmement heureux d’accueillir des visiteurs venant les regarder ces montagnes. Il y a donc beaucoup de questions qui se posent. Moi j’encourage vraiment les gens Ă  aller voir la beautĂ© des montagnes mais c’est sĂ»r qu’il faut qu’on travaille pour les prĂ©server.

 

Qu’est-ce qui t’as motivĂ© de mener un projet Ă©cologique au travers ton mĂ©tier, de ta passion ?

C’est le plus grand enjeu de demain. Pour nous, quand on est montagnard, quand t’es guide de haute montagne, forcĂ©ment ton enjeu principal doit ĂŞtre de prĂ©server cette montagne . Après actuellement, je n’ai pas l’impression que ça m’aide parce qu’il y a beaucoup d’incertitude. Je dirais que ce que je fais aujourd’hui, c’est collecter de l’expĂ©rience, collecter des donnĂ©es pour mieux les transmettre après. ForcĂ©ment, le faire sur le terrain, avec de la passion, c’est beaucoup plus simple.

Une dernière question qui est plus liée à l’actualité, avec les jeux asiatiques d’hiver de 2029, mais aussi par rapport aux JO en Chine l’année dernière. Comment tu vois le rôles des athlètes dans ces sujets là ? Le rôle des fédérations ?

C’est un sujet qui est extrĂŞmement Ă©pineux parce que tu sais pas trop quoi en penser. MĂŞme au dĂ©part, parfois tu ne sais pas si c’est fake en fait. Surtout que moi, dans tout ce que je fais, je suis super dĂ©fenseur en disant “faut skier la neige quand elle est là”. MĂŞme ne serait-ce que produire de la neige, bah oui il faut quelque part, mais il y a parfois plein de neige au printemps, mĂŞme des fois dans l’étĂ© et finalement cette neige on ne la ski pas. DĂ©jĂ  ça ça me marque pour chez nous. Alors c’est sĂ»r que quand on te parle de compĂ©titions internationales qui se passe dans le dĂ©sert, c’est quand mĂŞme marquant. Oui, je pense que les athlètes de haut niveau, voire les anciens qui sont des portes parole, ils ont vraiment leur mot Ă  dire. Ils peuvent ĂŞtre rĂ©vĂ©lateur de conscience : s’ils mettent de la lumière sur quelque chose, je pense qu’ils vont ĂŞtre Ă©coutĂ©s. Après, il faut trouver les bons mots. Je ne sais pas d’ailleurs si vraiment ça pourrait ĂŞtre annulĂ©, ou changer d’ici 2029. Je ne sais pas, on verra.

Merci ! Si tu veux rajouter un dernier mot, sur le projet ou autre ?

Je pense que ce sont des sujets qui sont hyper intĂ©ressants. Très souvent, le fait de faire des projets en commun, avec diffĂ©rents athlètes, ça permet de prendre conscience de certaines choses, donc je pense que c’est des choses Ă  faire. Puis c’est bien d’accompagner les athlètes dans leur discours  aussi, parce qu’au final nous on a nos visions mais elles ne sont pas tout le temps justes. Ce projet, qui s’inscrit dans le temps, est assez symbolique : laisser un objet, voir comment ça Ă©volue dans le futur… Pour moi c’est un symbole fort, c’est bien !

 

Le mot de POW 

C’est un peu particulier de parler du projet de Vivian – et en mĂŞme temps ça nous rend d’autant plus fier – que nous sommes partie intĂ©grante de ce projet. La qualitĂ© de l’air est un enjeu majeur, Ă  la fois en France, en Europe et dans le monde. LiĂ© notamment Ă  nos mobilitĂ©s, cet enjeu doit ĂŞtre abondamment abordĂ©, expliquĂ© et considĂ©rĂ© Ă  la hauteur de sa gravitĂ©.
Pour avoir quelques chiffres en tête :
– + de 300 000 dĂ©cès prĂ©maturĂ©s sont liĂ©s aux particules fines en Europe, 40 000 environ rien que pour la France
– 6,5 millions de dĂ©cès chaque annĂ©e sont provoquĂ©s par la pollution de l’air dans le monde, ce qui en fait un des principaux risques de santĂ© mondial
On est donc face Ă  un sujet majeur qui est Ă  la fois une question de santĂ© publique et une question environnementale. On ne s’Ă©tale pas davantage, vous aurez Ă  travers Vivian et POW des nouvelles de ce projet dans les temps Ă  venir. En attendant, on remercie Vivian pour son engagement et sa prise de parole.
Les athlètes ont le pouvoir de porter des projets ou de donner un écho à des mobilisations. Ensemble, avançons dans la même direction, celle de Protéger nos Hivers !

Protégeons nos bonnets : Vivian Bruchez et la capsule hivernale

Protégeons nos boots : Chloé Trespeuch et la Capsule Hivernale

ProtĂ©geons nos… boots : ChloĂ© Trespeuch et la Capsule Hivernale

La semaine dernière, on annonçait le lancement de notre projet de Capsule Hivernale.
Si vous l’avez ratĂ©, on vous en parle ici pour tout savoir de la genèse de ce projet, qui consiste Ă  illustrer l’engagement de diffĂ©rents athlètes, portant diffĂ©rents projets, par le placement d’un objet qui leur est cher dans une capsule temporelle. Cette dernière sera ouverte symboliquement l’hiver 2025 pour voir le chemin qui a Ă©tĂ© fait.
Durant quelques semaines, vous allez dĂ©couvrir des athlètes Ă  travers des interviews : l’occasion pour eux de parler de leurs engagements, leurs projets…
On commence aujourd’hui avec ChloĂ© Trespeuch, qui a placĂ© dans la capsule ses boots !

Bonjour Chloé ! Pour commencer, peux-tu te présenter rapidement ?

Bonjour ! Je m’appelle ChloĂ© Trespeuch, je suis en Ă©quipe de France de Snowboard Cross, double mĂ©daillĂ©e Olympique, et je suis co-fondatrice et prĂ©sidente de l’association environnementale Ecoglobe. 

Tu as décidé de t’engager de manière professionnelle sur les questions environnementales, en co-fondant Ecoglobe. Est-ce que tu peux nous parler de ton engagement et de ton projet ?

Oui, alors j’avais vraiment cette sensibilitĂ© pour la nature, pour l’environnement. Je voulais essayer de donner du sens aussi Ă  ma pratique du sport de haut niveau, Ă  cette petite notoriĂ©tĂ©, visibilitĂ© qu’on a au travers du sport. On a donc montĂ© cette association en famille parce que c’Ă©tait un sujet qui nous rassemblait, pour agir et sensibiliser –  les jeunes la plupart du temps.
Je fais quelques interventions dans les Ă©coles pour juste en parler, ouvrir le dĂ©bat et surtout rendre ce sujet accessible Ă  tous : communiquer sur le fait qu’il n’y a pas que les gens “parfaits” d’un point de vue environnemental qui doivent porter ce sujet ou agir. C’est quelque chose qui est accessible Ă  toutes et tous et surtout qui doit ĂŞtre encouragĂ© par tout le monde.
C’Ă©tait aussi l’idĂ©e d’organiser des Ă©vĂ©nements autour du sport et de l’environnement. Je trouve que ces deux milieux sont hyper liĂ©s. En fait, il n’y a pas de sport sans environnement. L’environnement et la nature font partie de notre bien-ĂŞtre, tout comme le sport.
L’idĂ©e c’était de lier les deux, de crĂ©er des Ă©vĂ©nements sportifs avec le cĂ´tĂ© sensibilisation intĂ©grĂ©. Parce que je pense qu’on apprend mieux quand on fait quelque chose de ludique, que l’on aime. VoilĂ  un peu les projets d’Ecoglobe. On veut vraiment rendre ces sujets lĂ  accessible et essayer d’éduquer cette jeune gĂ©nĂ©ration qui est encore flexible et qui a le pouvoir de changer les choses. 

 

Ce qui rapproche ce projet de Protect Our Winters France, c’est le cĂ´tĂ© communautaire, cet aspect collectif et la volontĂ© d’agir ensemble. C’Ă©tait important pour toi d’intĂ©grer cet aspect communautĂ© pour parler de ces questions-lĂ  ? 

Oui, parce que justement le but c’est qu’on soit de plus en plus Ă  s’intĂ©resser profondĂ©ment au fait de vouloir Ă©voluer, que ce soient des petites ou des grandes actions. C’est vraiment l’idĂ©e de faire passer le message au plus grand nombre tout comme le fait POW. C’est ce lien entre les deux qui m’a motivĂ©e Ă  participer Ă  ce projet. 

 

On pourrait voir venir dans le futur des collaborations entre les deux associations alors ? 

Je pense que ce serait trop bien. Unir nos forces pour augmenter encore le message et cette sensibilisation !

 

En tant qu’athlète, tu fais partie de la FĂ©dĂ©ration Française de Snowboard. Comment est-ce que tu ressens cette problĂ©matique au sein de la FĂ©dĂ©ration ? 

Cette annĂ©e je suis contente, car les sujets sont de plus en plus abordĂ©s. Ça part de mauvais exemples, comme PĂ©kin. Mais l’avantage de ces mauvais exemples, c’est que ça donne une idĂ©e de ce qu’on ne veut pas reproduire. C’est vraiment ce que j’ai vu avec PĂ©kin. Alors c’étaient les Jeux Olympiques, en tant qu’athlète j’y allais pour la performance. Je ne savais pas trop Ă  quoi m’attendre avant d’y aller sur place. Et j’ai constatĂ© tout ce qui n’allait pas. Je pense que c’est notre rĂ´le de faire remonter les infos, de faire bouger les choses par la parole, par l’ouverture du dĂ©bat, par le fait d’en parler dans les mĂ©dias. Faire en sorte que ça devienne un sujet qui est Ă©voquĂ© de plus en plus souvent : prendre les mauvaises choses, pour ne pas les reproduire. 
Je crois vraiment en une Ă©volution positive, dĂ©jĂ  avec Paris 2024 – oĂą l’on voit que ces sujets sont mis au coeur du projet, alors qu’avant c’était plus une idĂ©e de com’ qu’on rajoutait. LĂ , on essaie de le mettre au coeur des rĂ©flexions, de construire les choses autour. Donc je crois qu’on part sur de bonnes bases et, le fait que ce soit de plus en plus Ă©voquĂ© dans les discours, dans la volontĂ© d’agir, je crois qu’on va dans le bon sens. En tant qu’athlète je suis hyper touchĂ©e par ces sujets. J’ai vraiment envie que notre sport – comme tous les autres domaines – Ă©volue, que les calendriers Ă©voluent, qu’on prenne moins l’avion. Qu’on aille toujours dans des endroits qui ont un climat adaptĂ©. C’est le cas des prochains Jeux Olympiques qui seront en Italie. C’est dĂ©jĂ  des choses qui redonnent le sourire, après trois Olympiades oĂą l’on a pas choisi l’endroit par rapport Ă  son adĂ©quation en terme de climat. Sotchi, PyeongChang, PĂ©kin – on voit que les sujets environnementaux n’ont pas Ă©tĂ© pris en compte. 

Donc notre rĂ´le c’est d’en parler, d’essayer de sensibiliser et faire changer les choses. 

 

Tu parlais du calendrier. Nous on a communiquĂ© justement sur le fait que les Ă©quipes de France sont allĂ©es en AmĂ©rique du Sud pour s’entraĂ®ner, sans pointer du doigt les athlètes, mais en questionnant ce calendrier. 

Est-ce que vous, en tant qu’athlètes au sein de fĂ©dĂ©rations, vous avez la place de faire remonter ces sujets lĂ  ? 

Oui on peut. Mais on est aussi vraiment Ă  la recherche de performances. Si on refuse d’aller s’entraĂ®ner en AmĂ©rique du Sud, on ne peut pas espĂ©rer briller cet hiver sur les Coupes du Monde. Parce que les AmĂ©ricains, les Canadiens, les Italiens vont s’entraĂ®ner. 
Donc on est toujours partagĂ©s entre l’objectif, puisque c’est notre mĂ©tier d’être performants, et notre sensibilisation environnementale. C’est dĂ©licat, il faudrait que ce soit des dĂ©cisions qui soient prises Ă  l’international par la FIS par exemple. Afin que ce ne soit pas l’athlète, l’individu, qui prenne la parole, qui se prive d’un stage d’entraĂ®nement – et que cela impacte toute sa carrière et son mĂ©tier. 
C’est ce qui est difficile dans l’écologie et l’environnement : il y a plein de choses Ă  faire en dehors du fait de priver les gens de leur mĂ©tier. Ce n’est pas ce dont j’ai envie en tant qu’athlète, qu’il n’y ait plus de sport professionnel parce qu’on prend trop l’avion. 
Je pense que l’on peut progresser. Je pense aussi que le sport a une place importante dans la vie des gens. En tant qu’athlètes professionnels, on essaye de partager les valeurs du sport. Il faudrait amĂ©liorer nos sports, tout en gardant en tĂŞte la performance. 
On peut questionner des choses : il y a la manière d’exploiter les pistes, on voit que le domaine skiable de France essaie de trouver des solutions pour amoindrir l’impact aussi. Il y a des Ă©volutions avec les dameuses Ă  hydrogène qui viennent, le ralentissement des remontĂ©es mĂ©caniques. On voit que tout le monde se questionne, c’est ça qui est intĂ©ressant – c’est de voir l’évolution. 

Après, c’est sĂ»r que tout prend du temps et on pourrait aller beaucoup plus vite. Mais dĂ©jĂ  l’idĂ©e de l’évoquer Ă  toutes les rĂ©unions, d’avoir des athlètes ambassadeurs qui portent ce message auprès des instances – je crois que ça va bouger. 

 

Merci Chloé ! Un dernier petit mot ?

Juste merci pour ce projet ! C’est super cool d’impliquer les athlètes, d’ouvrir la voie et de lier le côté artistique et le message. Je pense que c’est vraiment intéressant, quand il y a de l’émotion, le message est plus fort, on le voit avec le sport. Je crois que l’art et les belles photos peuvent transmettre des émotions. Donc le message sera fort.


Le mot de POW 

MĂŞme s’il y a urgence pour faire face aux enjeux que nous connaissons, qu’il y a une rĂ©elle nĂ©cessitĂ© d’obtenir des changements majeurs rapidement, la sensibilisation ne doit jamais s’arrĂŞter : que ce soit pour s’adresser aux personnes qui n’ont pas encore saisi l’importance de certains enjeux, ou pour Ă©veiller et transmettre sur la situation aux plus jeunes gĂ©nĂ©rations.
Les athlètes, de par ce qu’ils et elles incarnent comme modèles de performances qui repoussent leurs limites, peuvent inspirer et jouer un rĂ´le de transmetteur important pour la suite. Les prises de paroles doivent ĂŞtre toujours plus nombreuses, mĂŞme si comme l’a dit ChloĂ©, cela peut ĂŞtre dĂ©licat quand le mĂ©tier en question qui inspire autant, affiche multiples comportements qui ne vont pas dans la bonne direction.
Sans fermer les yeux sur ces comportements – loin de lĂ  – il faut arriver Ă  trouver les mots et les arguments pour contribuer. Il est important d’arriver Ă  donner une tribune aux personnes qui ont conscience de ces problĂ©matiques mais qui ont une rĂ©elle envie d’agir et de faire beaucoup mieux. C’est ce qu’on essaie de faire chez POW et on remercie ChloĂ©, Ă  la fois pour sa participation sur ce projet et pour son engagement le reste de l’annĂ©e !

Protégeons nos bonnets : Vivian Bruchez et la capsule hivernale

Protégeons nos Hivers : La Capsule Hivernale

Protégeons nos Hivers : La Capsule Hivernale !

Notre travail chez Protect Our Winters France prend diffĂ©rentes formes : de l’information au plaidoyer, de l’inspiration Ă  l’action collective… On a pris la parole sur diffĂ©rents sujets, du GIEC aux diverses Ă©lections, de la mobilitĂ© aux questions dĂ©mocratiques, en essayant toujours de porter la voix de notre communautĂ©. Tout ce travail, il s’est toujours inscrit dans une dĂ©marche d’allier diffĂ©rents leviers, dans un seul et mĂŞme but : faire avancer la lutte contre le rĂ©chauffement climatique. Aujourd’hui, on vous partage le lancement d’un projet symptomatique de ce que reprĂ©sente pour nous le mouvement Protect Our Winters : la Capsule Hivernale !

Les interviews dĂ©jĂ  disponibles de ChloĂ© Trespeuch, de Vivian Bruchez, d’Emily Harrop et des frères Ladevant !

La Capsule Hivernale, c’est quoi ?

Le projet de Capsule, c’est un engagement et un message de la part d’athlètes liĂ©s Ă  l’hiver, matĂ©rialisĂ©s par un objet qui leur est cher Ă  travers leurs pratiques. 
On a sollicitĂ© des sportifs qui s’engagent de diffĂ©rentes façons dans leurs vies, Ă  illustrer leur envie de protĂ©ger nos hivers Ă  travers le placement d’un objet qui leur est cher et a toute son utilitĂ© aujourd’hui, en 2022, dans une capsule temporelle. L’objectif est clair : faire en sorte que cet objet soit toujours utile dans le futur.

La Capsule hivernale, créée en acier recyclĂ© et inspirĂ©e du flocon de neige, avec 6 faces, pour 6 athètes et 6 projets, est donc nĂ© suite Ă  l’envie de crĂ©er un projet aussi fort symboliquement que concrètement.
DiffĂ©rents acteurs, amoureux de la montagne et du milieu outdoor, pour qui le combat de POW trouve un fort Ă©cho, Ă©taient motivĂ©s par ce projet et ont aidĂ© Ă  l’Ă©mergence de cette campagne, de la rĂ©alisation de la capsule Ă  la rĂ©alisation des images : on remercie pour ça Noir Global, Jour Blanc et la Fondation POMA !
L’art a sa carte Ă  jouer en faveur de l’Ă©cologie, pour dĂ©fendre le vivant et cultiver un autre imaginaire, cette campagne souhaite en ĂŞtre une illustration.

 

Un symbole fort pour cultiver un imaginaire d’actions

 

Quand on parle de s’engager pour le futur, on touche du doigt Ă  la fois Ă  quelque chose de terriblement crucial et quelque chose de parfois trop abstrait. Les consĂ©quences Ă©mergent les unes après les autres et nous impactent de plus en plus directement, les donnĂ©es sont de plus en plus nombreuses, dĂ©taillĂ©es et les axes Ă  amĂ©liorer de mieux en mieux dĂ©fini… et pourtant, nous sommes encore loin aujourd’hui d’ĂŞtre aux portes des changements nĂ©cessaires.

Nous pensons chez POW, que pour entraĂ®ner toujours plus de monde dans la lutte, il faut que les messages et les actions soient multiples, que l’on touche diffĂ©rentes sensibilitĂ©s et agissent sur diffĂ©rents timings : de l’action la plus concrète possible demain Ă  l’aube, Ă  la construction d’un nouvel imaginaire concernant la transition Ă  amorcer et la sociĂ©tĂ© vers laquelle tendre. 

Ce projet de Capsule, il dĂ©barque avec l’ambition de rentrer par la porte imaginaire et inspiration et, de glisser vers des engagements palpables. Il est issu de l’envie d’utiliser la dimension artistique pour porter un message fort ! A l’instar du film Conscience que nous avons produit, oĂą Gaetan Gaudissard va Ă  la rencontre d’autres athlètes afin d’allier le message Ă  la performance sportive, nous avons entraĂ®nĂ© des athlètes dans cette campagne afin d’allier le beau, le symbolique aux messages forts et aux engagements concrets.


Des athlètes imparfaits, mais engagés

Dans notre sociĂ©tĂ©, on a plutĂ´t l’habitude de voir des athlètes reprĂ©sentĂ©s Ă  travers les images comme des modèles Ă  suivre, des exemples. On va chercher des sportifs pour vendre des voitures, des parfums… Ces derniers ne sont vus et utilisĂ©s que par leur prisme de professionnels, jamais par celui de citoyens.
Pour autant, chez POW on n’est pas lĂ  pour vendre des skis ou faire la promotion de quoi que ce soit qui nous rapporterait de l’argent. On est lĂ  pour parler du sujet qui est de loin le plus difficile Ă  aborder avec des sportifs : l’Ă©cologie.
La tâche est complexe, d’aucuns nous diraient que c’est une mauvaise idĂ©e.
La question se pose : comment parler d’Ă©cologie avec des gens qui ne sont pas parfaits Ă  ce niveau lĂ  ?
Comment aborder cette question avec des gens qui sont loin de pouvoir incarner cette image d’exemple exempt de tout reproches ?
Les Ă©lĂ©ments de rĂ©ponses sont multiples, mais ce qui nous a dĂ©cidĂ©s, c’est avant tout leur volontĂ© de s’engager malgrĂ© cela. On a sĂ©lectionnĂ© 6 athlètes qui, Ă  cĂ´tĂ© de leurs pratiques, se sont engagĂ©s dans des projets liĂ©s Ă  une dĂ©marche environnementale. Si vous nous suivez, vous savez que chez POW on ne prĂ´ne pas vraiment la politique des petits pas individuels, on n’est pas vraiment du style Ă  fermer les yeux sur certaines questions sensibles, notamment l’avion. On prend la parole et on se mobilise pour que des actions collectives aient lieu et que des changements majeurs Ă©mergent.

Ces changements majeurs, ils ne pourront Ă©merger que si la voix qui dĂ©fend le climat et plus largement le vivant, ne cesse de grandir, beaucoup plus rapidement et beaucoup plus fort qu’actuellement. Pour y arriver, on a donc besoin de personnes qui dĂ©cident de s’engager avant d’attendre d’ĂŞtre parfait. On a besoin de voir les athlètes davantage comme des citoyens – avec certes un mode de vie Ă  part – mais des dĂ©fauts qu’on doit collectivement s’aider Ă  corriger, sans pour autant transiger sur des actes qui iraient dans le sens inverse de la direction que doit prendre la dĂ©fense du climat. Il y a une rĂ©elle nĂ©cessitĂ© de cohĂ©rence entre les actes et les mots pour pouvoir prendre la parole sur ce qui reprĂ©sente le plus grand dĂ©fi de l’histoire de l’HumanitĂ©.

Aujourd’hui, on vous partage une campagne avec 6 athlètes qui, Ă  notre sens, ont cette cohĂ©rence de par leurs volontĂ©s de s’engager Ă  travers leurs projets. Et ces projets on va vous les faire dĂ©couvrir avec des interviews de chaque athlète, une analyse de chacun des sujets… Tout ça Ă  retrouver Ă  travers la suite de la campagne !

En attendant, on vous laisse avec la liste des athlètes ⬇️


Chloé Trespeuch (snowboard)

Membre de l’Ă©quipe de France de snowboard cross et double mĂ©daillĂ©e olympique, ChloĂ© Trespeuch est fondatrice de l’association environnementale “Ecoglobe”. TĂ©moin de la fonte des glaciers sur lesquels elle s’entraĂ®ne, l’athlète originaire de Bourg Saint Maurice met en Ĺ“uvre des actions locales pour sensibiliser Ă  l’impact du rĂ©chauffement climatique sur la pratique du sport.

Vivian Bruchez (ski de pente raide)

Guide de haute montagne et professeur Ă  l’École Nationale de Ski et d’Alpinisme, Vivian Bruchez met Ă  profit sa pratique du ski de pente raide pour mesurer la qualitĂ© de l’air en altitude. Un engagement envers la montagne que le natif de Chamonix a popularisĂ© Ă  travers l’ouverture de nombreuses premières descentes Ă  ski ainsi qu’un travail documentaire comme le film Ă©co-responsable “Diamant des Alpes”.

Liv Sansoz (alpinisme)

Double championne du monde d’escalade et première femme Ă  rĂ©aliser l’ascension des 82 sommets de plus de 4000 mètres dans les Alpes, Liv Sansoz est engagĂ©e dans la prĂ©servation de l’environnement de longue date. Membre de l’association Protect Our Winters France depuis ses dĂ©buts, elle transmet son respect de la nature et sa volontĂ© d’agir en conscience Ă  travers son mĂ©tier de guide de haute montagne.

Emily Harrop (ski d’alpinisme)

Membre de l’Ă©quipe de France de ski-alpinisme et dĂ©tentrice de la coupe du monde de la discipline, Emily Harrop est l’auteure d’un mĂ©moire sur l’implication des marques outdoor dans la prĂ©servation de l’environnement. Une voie ouverte par l’Ă©tudiante savoyarde pour ouvrir les consciences dans le milieu professionnel.

Frères Ladevant (escalade sur glace)

Champions du monde d’escalade sur glace et auteur d’ascensions extrĂŞmes, Tristan et Louna Ladevant sont unis par leur corde autant que par leur engagement pour la prĂ©servation de l’environnement. Premiers athlètes français Ă  participer au mouvement “1% pour la planète” les deux frères proposent une nouvelle vision de l’exploration en montagne Ă  faible empreinte carbone.

François D’Haene (ultra trail)

Quatre fois vainqueur de l’ultra trail du Mont Blanc et dĂ©tenteur de records sur des courses longue distance, François D’Haene est crĂ©ateur du projet “Ultra Spirit”. Une aventure d’un nouveau genre imaginĂ© par l’athlète d’ArĂŞches-Beaufort pour faire dĂ©couvrir l’environnement montagnard Ă  travers la pratique de l’ultra trail.

 

Prochain rendez-vous, Lundi 7 novembre avec l’interview de ChloĂ© Trespeuch !

Pourquoi les sommets verdissent-ils ?

Pourquoi les sommets verdissent-ils ?

Pourquoi les sommets des alpes verdissent-ils ? 

L’avez vous remarqué lors de vos randonnées estivales ? Les sommets de nos montagnes changent avec le temps : ils verdissent un peu plus chaque année ! Ces vingt dernières années, le réchauffement climatique et la hausse des températures en été ont permis à la végétation de proliférer et de gagner du terrain en altitude donnant une apparence plus verte à certains sommets. Ce phénomène reste assez peu connu, pourtant il est conséquent et continue de s’amplifier. C’est pour ça qu’on vous en parle aujourd’hui !

 

Lorsque l’on pense aux consĂ©quences du rĂ©chauffement climatique sur les montagnes, on pense plutĂ´t Ă  la diminution de la durĂ©e d’enneigement, la crĂ©ation de zones de sĂ©cheresses ou encore l’apparition de lacs. Mais un autre phĂ©nomène majeur se produit Ă©galement : la prolifĂ©ration de la vĂ©gĂ©tation en altitude.
Une Ă©quipe de chercheurs internationaux, dont certains travaillant Ă  l’universitĂ© Grenoble Alpes et Ă  l’UniversitĂ© Savoie Mont Blanc se sont penchĂ© sur le sujet. Ils ont Ă©tudiĂ© l’évolution de la vĂ©gĂ©tation aux sommets des alpes sur ces quarante dernières annĂ©es  et ont publiĂ© leurs rĂ©sultat dans une revue scientifique : “Global Change Biology”.

Sur ces quarante dernières années, les satellites ont permis d’observer l’étendue de la neige et de la végétation au fil du temps sur les zones ciblées alors que les relevés sur site ont servi à mesurer la variation de l’épaisseur du manteau neigeux. Pour quantifier la présence de végétation, les chercheurs se sont basés sur l’analyse de longueurs d’ondes, particulièrement celle de la chlorophylle, un pigment principalement présent chez les plantes.

Le verdissement des sommets alpins est un phĂ©nomène qui se produit depuis une vingtaine d’annĂ©es. On l’observe au dessus de la limitĂ© supĂ©rieure des forĂŞts. Mais il se produit surtout dans certaines zones gĂ©ographiques particulières : des versants pierreux face au Nord au dessus de 2200m d’altitude. Ces zones propices Ă  la colonisation des plantes sont nommĂ©es « points chauds de verdissement Â». Les massifs de l’Oisans ou le Mercantour dans les Alpes du Sud sont des exemples caractĂ©ristiques de points chauds de verdissement.

 

Comment se passe cette prolifération végétale ?

À cause du réchauffement climatique  les périodes de végétations sont plus longues et les précipitations tombent sous forme de pluie au lieu de neige. Ces facteurs permettent à la végétation de se développer de s’implanter dans un milieu qui lui était initialement hostile.
Les chercheurs ont caractérisé cette prolifération de trois manières différentes :

– Des plantes ont poussĂ© lĂ  oĂą il n’y en avait pas avant. Certaines espèces vĂ©gĂ©tales grandissent et se densifient
– D’autres espèces ont migrĂ© et se dĂ©veloppent Ă  des altitudes plus Ă©levĂ©es que leurs altitudes d’origine.

– Attention ce phĂ©nomène n’est pas homogène. le verdissement de certains sommets et l’évolution des Ă©cosystèmes concernĂ©s sont aussi soumis aux conditions locales, notamment la durĂ©e d’enneigement, la quantitĂ© d’eau prĂ©sente, la qualitĂ© des sols ou encore l’activitĂ© pastorale.

 

 

Quelles sont les conséquences ?

Ce phénomène n’est pas sans conséquences. En effet c’est toute la biodiversité locale qui est affectée. La présence d’une nouvelle végétation sur ces terrains impact fortement les habitats des espèces spécifiquement adaptées au milieu alpin. C’est tout l’écosystème global qui en souffre
De plus, la neige réfléchit jusqu’à 90% des rayons du soleil alors que les végétaux en absorbent une grande partie. L’énergie lumineuse absorbée par les plantes sera ensuite libérée sous forme chaleur. Un cycle se crée alors avec une hausse des températures qui entraîne à son tour une diminution du manteau neigeux et favorisant comme on l’a vu la prolifération de la végétation dans de nouveaux espaces.
Ce phénomène peut aussi impacter la quantité d’eau potable disponible. Une grande partie de l’eau que l’on consomme est stockée sous forme de neige en altitude, or si cette neige fond de manière précipitée toute cette eau se trouvera dissipée dans les rivières et ne sera plus propre à la consommation.

 

 

Pour aller plus loin sur le sujet, on vous partage des sources ici, ici ou encore ici.
En apprendre davantage sur les Ă©cosystèmes qui nous entourent, c’est une des clĂ©s pour passer Ă  l’action. On trouve ça important de mettre en lumière diffĂ©rents sujets, diffĂ©rents Ă©lĂ©ments de comprĂ©hension pour alimenter nos connaissances et par effet boule de neige notre envie d’agir ! Alors on continuera au maximum de vous proposer Ă  la fois de l’information, de l’inspiration et des outils pour passer Ă  l’action.

 

13 ONG Sport et Environnement proposent de former les grands sportifs

13 ONG Sport et Environnement proposent de former les grands sportifs

13 ONG Sport et Environnement proposent de former les grands sportifs

Il y a de grandes chances pour que vous n’ayez pas pu passer Ă  cĂ´tĂ© de la rĂ©action de Christophe Galtier et Kylian MbappĂ©, membres du Paris Saint-Germain, sur la question de l’impact de leurs jets privĂ©s (au cas oĂą, extrait ici). Au delĂ  de toute polĂ©mique, nous avons dĂ©cidĂ© d’agir, pour entrainer des actions concrètes.

Nous avons donc dĂ©cidĂ©, avec un groupement d’associations « Sport et Environnement », de lancer un appel au Paris Saint-Germain et Ă  l’ensemble des structures sportives professionnelles : nous nous rendons disponibles pour former leurs Ă©quipes aux enjeux climatiques !

Communiqué ci-dessous (et lien ici) :