par LauraPOW | 05/Mai/2021 | 7 conversions , Agir , témoignage , TicTacPow , Uncategorized
Aventures Sans Voiture: Des Lyonnais dans la Vallée des Belleville
par Corentin Digne
Récit d’une aventure sans voiture en Vallée des Belleville. L’équipe de bénévoles de Lyon s’est donnée comme projet de rejoindre les Alpes en tentant de réduire au maximum son impact carbone lié au transport. Ce weekend, inutile de charger le coffre de la voiture, on fera sans. Des copains, de la bonne humeur, du soleil, et une paire de pow de phoque : voilà la recette d’un week-end réussi avec la POW Family. Menu du jour : cuillères de kiff pour tout le monde.
6h10. Le rĂ©veil sonne. C’est rude, mais le simple fait de se savoir bientĂ´t en montagne facilite grandement la sortie du lit. Quand il s’agit de rejoindre nos belles montagnes, on veut bien sacrifier une bonne grasse matinĂ©e. Ce weekend, c’est une aventure sans voiture avec les copains de POW qui nous attend.
Fort de constater que le transport constitue la plus grande part des Ă©missions de CO2 des stations de ski (57% – source : ANMSM/ADEME), il nous a paru intĂ©ressant d’essayer de rejoindre nos belles montagnes en rĂ©duisant au maximum notre empreinte carbone. En effet, engagĂ© dans la lutte contre le dĂ©règlement climatique, j’estime avoir un mode de vie plutĂ´t “raisonnable” et relativement Ă©conome en carbone. Seule ombre au tableau, des allers-retours, en voiture, frĂ©quents entre Lyon et les Alpes. Dès lors, quelles alternatives ? Pour l’équipe de bĂ©nĂ©voles lyonnais, l’option vĂ©lo ski semble un peu dĂ©licate (se lever tĂ´t ne suffira pas, il faudra partir 2 jours avant). C’est donc tout naturellement que nous nous sommes tournĂ©.es vers le train.
1ère Ă©tape – L’approche. La marche d’approche en ski de randonnĂ©e peut parfois sembler un peu longue. Mais elle est nĂ©cessaire pour atteindre des lieux parfois plus reculĂ©s et d’autant plus grandioses. Notre approche : un peu plus de 200 km et 3 dĂ©partements Ă parcourir : le RhĂ´ne, l’Ain, et finalement la Savoie. Afin de rejoindre la gare de Lyon Part-Dieu, mon voyage dĂ©bute par un enchaĂ®nement bus/mĂ©tro. Un trajet multimodal. Sac Ă dos plein Ă craquer, la housse de skis dans une main et la paire de chaussures dans l’autre, je retrouve Marie, Lou et Claude-AndrĂ©as sur le quai. MalgrĂ© l’heure matinale, on devine dans nos petits yeux pas très Ă©veillĂ©s que les sourires sont dĂ©jĂ bien prĂ©sents sous nos masques.
8h08. Départ du TER n°883204 à destination de Moutiers Salins Brides-les-Bains. L’aventure peut commencer. L’enthousiasme et l’énergie débordante de l’équipe font presque oublier que la nuit à été courte. Arthur, puis Suzie, Maëlle et Clément, montent dans le train successivement à Aix-les-Bains et Chambéry. L’équipe est au complet. En prenant le train, nous avons choisi de prendre le temps. Et ce n’est pas désagréable. Les rayons du soleil rasant du début de journée donnent aux paysages que nous parcourons une couleur toute particulière. Le Lac du Bourget se réveille sur notre passage. Spectacle sublime qui nous rappelle la chance que nous avons de pouvoir en profiter. Un bonheur. Les premiers massifs se dessinent et font émerger quelques fourmis dans les jambes. On se laisse bercer par le rythme du rail en s’imaginant gravir les sommets que nous apercevons par la fenêtre. En prenant le temps, nous avons également choisi de se rendre compte de la distance parcourue. Certains trouveront certainement que 3h de TER, c’est long. Mais avec une telle équipe et de tels paysages en guise de décor, je vous assure qu’on ne s’ennuie pas.
Crédit: Marie Jammot Crédit: Arthur Vaillant
Nous arrivons à Moutiers peu après 11h. Notre autocar nous attend pour boucler les derniers kilomètres qui nous séparent de notre camp de base. Nous sommes agréablement surpris.es de constater que la navette est pleine : nous ne sommes visiblement pas les seul.es à se passer de voiture pour monter en station (n’oublions pas qu’il s’agit d’un weekend de vacances scolaires). En revanche, nous sommes bien les seul.es à transporter des skis, ce qui semble en intriguer plus d’un.e. J’en entends même certain.es se demander si l’on ne devrait pas nous rappeler que les remontées mécaniques sont fermées. Inutile de rappeler que, chez POW, le dénivelé se mange à l’aide de nos pow de phoque. Très rapidement, le fond de vallée laisse la place aux cimes enneigées. Mais les douces températures des derniers jours ont marqué le paysage : le manteau neigeux a considérablement réduit à basse altitude. Pour les skieuses et skieurs que nous sommes, ça fait forcément mal au cœur de voir disparaître toute cette neige aussi vite qu’elle est tombée.
La vallée des Belleville nous accueille sous un soleil radieux peu après midi. Arrivé.es à destination, nous découvrons le superbe camp de base que nous propose Marie, caché au milieu des petites ruelles de Praranger. Le temps de poser notre chargement, de se ravitailler, et nous voilà sur les skis vers 14h. Il paraît qu’il convient d’être matinal pour partir en montagne. Le réveil a pourtant sonné à 6h mais je crois que nous n’avons pas totalement saisi le concept chez POW.
Févravril Au programme, petit échauffement avant la rando du lendemain : nous nous satisferons d’une petite montée sur le domaine skiable, histoire de se dégourdir les pattes. La bonne humeur, le soleil, et les pow de phoques sont au rendez-vous. On ne se plaindra pas du temps magnifique, pas un nuage à l’horizon, mais nous sommes frappé.es par une chaleur digne d’un mois d’avril. Les températures particulièrement hautes pour la saison posent question, nous sommes pourtant en plein de mois de février. Ou de févravril, on en perd un peu la tête. Conséquences : les tee-shirts et la crème solaire sont de sortie. Après 2 bonnes heures de montée, notre descente est motivée par l’animation du front de neige. Le vin chaud nous attend en guise de récompense pour conclure la journée sur un petit d’air du monde d’avant.
Crédit: Arthur Vaillant Crédit: Lou Gomez
Dimanche au soleil, dimanche merveille La Pointe de la FenĂŞtre culmine Ă 2268m, ce sera notre destination dominicale. Cette fois-ci, nous tournons le dos au domaine skiable pour nous Ă©vader vers des horizons que les pylĂ´nes de tĂ©lĂ©siège n’ont pas encore conquis. Nous partons quasiment avec les skis aux pieds de la maison, grand luxe ! Après deux barres cĂ©rĂ©ales, plusieurs conversions et toute l’énergie de la croziflette de la veille convertie en D+, c’est un splendide panorama qui rĂ©compense nos efforts. Vue directe sur le Mont Blanc. Pas besoin de pic-nic, chez POW on se nourrit de cuillères de kiff. Et c’est un rĂ©gal. Le sentiment de bonheur que procure la montagne fait presque oublier la fatigue qui commence Ă se faire sentir dans les pattes. Vient l’heure de la descente. On embarque le panorama dans un coin de sa tĂŞte et il est temps de se faire bercer par la gravitĂ©. En ski de randonnĂ©e, la montĂ©e “by fair means” donne Ă la descente une saveur toute particulière. Et si, Ă©tant donnĂ© les conditions, certain.es retiendront l’adjectif “irrĂ©gulière” pour qualifier la qualitĂ© de descente, on profite simplement de l’instant prĂ©sent. Ce qui est certain, c’est que ce n’était pas les conditions de l’annĂ©e. Les quantitĂ©s astronomiques de neige tombĂ©es en janvier semblent dĂ©jĂ bien loin. En revanche, cela n’a rien enlevĂ© Ă la beautĂ© de nos montagnes et au bonheur d’une petite bambĂ©e (comme diraient nos amis savoyards) rondement menĂ©e. Que voulez-vous, la montagne ça vous gagne ! Des copain.es, du soleil et une belle sortie en ski, la journĂ©e tient toutes ses promesses.
Crédit: Corentin Digne
De retour au QG en début d’après-midi, il est déjà temps de penser au retour. Nous attrapons notre navette à 15h20 pour redescendre sur Moutiers. Le temps de trajet nous permet de faire le bilan du weekend, et surtout de penser au prochain épisode. Nous retrouvons la cité lyonnaise sur les coups de 20h. Le record du temps de trajet est détenu par Lou, qui rejoint son chez-soi dans les environs de St-Etienne vers 22h, après un ultime train.
Le train permet un rapport au temps et Ă la distance diffĂ©rent de celui d’un trajet Ă 130km/h sur autoroute. Ces deux jours bien remplis m’en ont paru durer davantage, et le temps passĂ© dans les transports ne nous a pas empĂŞchĂ© d’apprĂ©cier pleinement notre weekend.
En guise de conclusion, le weekend a été très bon et la voiture est restée au garage. L’objectif est atteint. Alors oui, au regard d’un weekend, le temps de trajet est conséquent. Néanmoins, la logistique n’était finalement pas si compliquée et reproduire un tel projet trouverait tout à fait son sens en partant une semaine complète, ou finalement, passer un peu plus de temps dans les transports n’aurait que très peu d’influence sur le temps sur place. Ce weekend a pu nous permettre de se rendre compte qu’avec un peu de bonne volonté, il n’est pas si difficile de s’organiser sans voiture. Des solutions existent. Celles-ci peuvent certes, et doivent, être améliorées (fréquence des horaires, tarifs des navettes, etc.), mais ont le mérite d’exister et de fonctionner.
Avec ce weekend, nous n’avions pas la prétention d’abandonner complètement la voiture. Mais simplement de montrer qu’il est possible de s’en passer et progressivement, faire tomber le culte de la voiture. Et pour qu’à terme, une aventure sans voiture ne soit finalement plus qu’une aventure tout court.
Nos montagnes sont belles, prenons-en soin !
Crédit: Corentin Digne
Afin de se rendre compte concrètement de l’impact carbone de son trajet, l’ADEME propose un calculateur d’émissions de carbone en fonction du mode de transport. Le “coĂ»t carbone” de notre trajet est estimĂ© Ă 5.8kg eqCO2 (4.9 pour 200km de TER + 0.9 pour 25km d’autocar), tandis qu’il s’Ă©lève Ă 9.7kg eqCO2 en supposant 4 copains dans une seule voiture (pour 200km). Soit une Ă©conomie carbone de 40% ! Ce chiffre grimpe Ă 55 et 69% en comptant respectivement 3 et 2 passagers.
Source: https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/bureau/deplacements/calculer-emissions-carbone-trajets
par LauraPOW | 28/Avr/2021 | Objectif -57 , TicTacPow
Le transport est le premier responsable des émissions de GES (gaz à effet de serre) des stations de montagnes. 57 % des émissions de GES de ces stations sont dues au transport. Le nombre est impactant. Au point qu’on lui consacre le titre de notre campagne. Objectif –57 : Le défi est lancé. Tant que ce nombre ne réduira pas drastiquement, des campagnes verront le jour pour informer, encourager, mobiliser dans cette direction. Première étape pour Objectif-57 : les élections régionales. Et avant de parler d’actions ou de solutions, état des lieux des émissions de GES en France.
Dans son dernier rapport, le Haut Conseil pour le Climat (HCC) nous montre que le transport représente 31 % des émissions de GES 1 en France en 2019, soit 136Mt eqCO2 (98 Mt eq CO2 pour les voyageurs et 38 Mt eq CO2 pour les marchandises). 2 Loin devant l’agriculture (19%), le bâtiment (18%) et l’industrie (18%). Premier constat pour rentrer dans le vif du sujet, le problème du transport dépasse le cadre des stations de montagnes. Il concerne chacun.e d’entre nous, quelle que soit la région où l’on habite et où l’on vote. Vous pourrez donc envoyer cet article à n’importe qui, même votre ami surfeur. Le HCC va plus loin en nous montrant des infographies avec le détail des secteurs et de leurs émissions de GES. On peut voir qu’il existe de grandes disparités entre les régions, avec chacune des enjeux différents selon leur secteur majeur.
ami.e.s breton.ne.s sont principalement concerné.e.s par le secteur de l’agriculture (avec 12.9 Mt eq CO2). Nos ami.e.s des Hauts-de-France sont majoritairement concerné.e.s par le secteur de l’industrie (avec 22.7 Mt eq CO2). Tandis que nos ami.e.s d’Ile-de-France sont majoritairement concerné.e.s par le secteur du bâtiment (avec 19.2 Mt eq CO2). Pour chacune de ces régions, le secteur le plus émetteur est différent. Pourtant, nous l’avons vu ci-dessus, nationalement le premier secteur émetteur de GES est le transport, de très loin. Comment expliquer cela ?
Il y a deux choses à souligner sur la mobilité en regardant le reste des infographies :
– D’abord, quand on regarde l’infographie gĂ©nĂ©rale du HCC, on peut voir qu’il y a plusieurs rĂ©gions oĂą le secteur du transport reste la locomotive en terme d’émissions. Sont nommĂ©es : Nouvelle-Aquitaine, Auvergne-RhĂ´ne-Alpes, Occitanie, Bourgogne-Franche-ComtĂ© et Centre-Val de Loire. Mention spĂ©ciale pour la Guadeloupe, pour qui le secteur du transport reprĂ©sente 3.1Mt eq CO2 sur un total de … 4.1 Mt eq CO2. – Ensuite, l’information majeure se trouve derrière la 1ère place du classement. Le transport, lorsqu’il n’est pas premier responsable des Ă©missions de GES, est deuxième dans toutes les autres rĂ©gions, exceptĂ© en Normandie oĂą il occupe la 3ème place. 3
Donc oui, la Bretagne et l’Ile de France ont deux champions qui ne boxent pas dans la même catégorie, c’est normal. Il est plus facile d’élever des vaches ou de construire des abattoirs dans le Finistère qu’en plein Paris. Mais le transport, c’est tout le monde, tout le temps, partout. C’est le cœur du problème annoncé en début d’article : peu importe où vous voterez, la mobilité peut doit vous intéresser. C’est un enjeu majeur pour toutes les régions françaises.
Le transport est le seul secteur dont les émissions ont augmenté depuis trente ans
Corinne Le Queré
Présidente , Haut Conseil pour le Climat
Plus que les chiffres en eux-mêmes, ce qui est important c’est la tendance. Soyons honnêtes, cela ne parle pas forcément à une grande partie d’entre nous le fait que telle région émette tant de méga tonnes d’équivalent CO2, et c’est normal. Ce qui doit nous alerter, c’est non seulement le fait que la question de la mobilité concerne tout le monde, mais qu’elle ne fait que s’accroître. Comme le rappelle Corinne Le Queré , la présidente du HCC, dans sa présentation du rapport annuel 2020 du HCC : le transport est le seul secteur dont les émissions ont augmenté depuis trente ans. En ligne de mire ? La voiture4 . Les plans de relance ces dernières années se sont focalisés sur le secteur automobile souligne cette dernière. Prenons l’exemple des montagnes, notre espace favori !
Ce graphique de G2A (analyste du secteur de la montagne) nous montre la surreprésentation de la voiture comme moyen de passer un séjour en station. Les 85 % de trajets de voiture en moyenne, constant ces dernières années, écrase de loin le train (10 %) ou l’autocar (3 %). Et c’est logique, la route est plébiscitée depuis des années, au détriment du reste. La voiture, c’est le symbole de la liberté. La possibilité de partir à tout moment dans la direction que l’on souhaite pour une durée inconnue (si si , souvenez-vous de l’avant covid !). Pour beaucoup, les différents risques, qu’ils soient routiers ou environnementaux, ne font pas le poids contre cette liberté. Et cela se comprend. Surtout quand les alternatives ne font pencher que très peu la balance. Les différentes politiques de ces dernières années vont dans ce sens. Les plans de relance économique envers le secteur automobile (+ de 8 milliards d’euros pour le plan de relance acté après le premier confinement), les différents bonus ou autres primes à la conversion en témoignent. Toutes les mesures vont dans une seule direction : rendre les voitures plus propres. Et ce malgré les différents coûts que cela entraîne, qu’ils soient économiques, écologiques, sociales ou encore éthiques. Les débats houleux sur les publicités pour les SUV lors de la Loi Climat témoignent des difficultés à toucher au mythe de la voiture. 5 Comme si aucune autre alternative ne pouvait avoir autant d’importance dans une transition vers une mobilité bas carbone ; et ce malgré nos propres objectifs.
Chaque année, des objectifs sont fixés par la France. Ces objectifs sont définis dans la Loi de transition énergétique pour la croissance verte et déclinés dans la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) et la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE). L’observatoire Climat-Energie est là pour faire un état des lieux et évaluer le niveau d’atteintes des objectifs fixés. En regardant leurs résultats, on y apprend notamment que la mobilité des voyageurs a augmenté de 3 % (par rapport aux objectifs de 2019), le fret routier de 4 % et les émissions des véhicules particuliers neufs de 28 %. Pendant ce temps, le fret ferroviaire et fluvial est 23.9 % en dessous des objectifs fixés, principalement dû à la baisse du fret ferroviaire (nous reviendrons sur l’état du ferroviaire plus en détails dans un prochain article).
Ce qu’il y a Ă retenir ici, c’est que la stratĂ©gie entière doit ĂŞtre revue, de manière Ă investir dans les transports publics et les infrastructures Ă mobilitĂ© douce, afin d’accompagner les usagers dans une mobilitĂ© bas carbone. S’il est actuellement très difficile de penser une sociĂ©tĂ© dans laquelle on se passerait de voiture, si tant est que ce soit possible, il est difficilement imaginable de dessiner une sociĂ©tĂ© bas carbone en maintenant la voiture au stade d’intouchable. Surtout quand des investissements/aides de masse s’envolent Ă©galement vers l’aĂ©ronautique (7 milliards d’euros d’aides pour Air France en 2020 de la part de l’Etat français, qui rallonge cette aide de 4 milliards d’euros en 2021). L’enquĂŞte “MobilitĂ© des personnes 2018-2019″, enquĂŞte nationale sur les dĂ©placements des personnes rĂ©alisĂ©e environ tous les dix ans, nous dit que : -La voiture est le premier mode de transport, avec 114 millions de trajets, soit 63 % des trajets -Les transports en communs sont empruntĂ©s pour 9.1 % des trajets La diffĂ©rence est colossale et montre l’ampleur du dĂ©fi pour rĂ©duire cet Ă©cart. Heureusement, des efforts allant dans ce sens sont faits par de plus en plus de personnes : -La part des dĂ©placements en transports en communs progresse de manière significative chez les 19-24 ans (20 % des dĂ©placements) avec une augmentation de 6 points par rapport Ă 2008. -La baisse de l’utilisation de la voiture est la plus marquĂ©e chez les 25-34 ans (65 %) avec une baisse de 5 points par rapport Ă 2008 et une augmentation de 1.6 points en ce qui concerne les transports en communs (9 %).
Les efforts de chacun.e – qu’ils soien t de prendre plus souvent le train pour Ă©viter la voiture, de faire davantage de covoiturage, ou tout simplement de se tenir informĂ©.e.s – sont essentiels pour une transition vers une sociĂ©tĂ© plus respectueuse du climat et de la montagne. Et ils sont de plus en plus nombreux. Cependant, ces efforts ne sont pas lĂ pour pallier le manque de considĂ©ration envers le climat de diffĂ©rents Ă©lu.e.s . Ils doivent servir Ă pousser ces-derniers Ă aider davantage les citoyens et permettre une vraie transition vers une mobilitĂ© plus respectueuse du climat. Peu importe s’il vous arrive de prendre la voiture pour aller rider ou pas.
Evidemment, les plans de relance pour la voiture ou encore les aides données à Air France ne sont pas du ressort des élu.e.s régionaux. Les régions n’ont pas la main mise sur la majorité des émissions attribuées aux différents territoires, c’est un fait. Toutefois, elles ont des compétences pour être des alliées de taille dans les combats à mener, tout particulièrement sur le sujet de la mobilité. Et chaque région, territoire de montagne ou non, doit agir dans ce sens.
La mobilité est un sujet large, complexe et sensible. Mais les solutions futures ne passeront que par une mobilisation collective et une entraide interrégionale.
Quelles compétences ont-elles pour agir ? Ce sera le sujet de notre prochain article !
par LauraPOW | 30/Mar/2021 | Athlete , Uncategorized
MEET OUR RIDERS: SÉBASTIEN SIMON
Aujourd’hui présentation et entretien avec Sébastien Simon. Nouvel ambassadeur de POW, il partage une envie d’agir et des valeurs proches des nôtres, tandis que son terrain de jeu est lui, un peu plus éloigné de nos chères montagnes !
“Bonjour, je m’appelle Sebastien Simon, j’ai 30 ans et je suis skippeur de course au large. Je suis né près de la mer, j’y passe toute mes journées. J’ai besoin d’être proche des océans car sinon je me sens un peu à l’étroit.
Je fais de la voile depuis que je suis tout jeune, j’ai commencé avec mon père, puis après j’ai été mordu par la compétition. J’ai gagné la solitaire du Figaro en 2018 et le championnat de France Elite de course au large. Et donc j’ai participé au Vendée Globe 2020 qui était pour moi un rêve, en construisant un bateau de toute nouvelle génération équipée de foils. En ce moment on parle beaucoup de ces foils, qui sont ni plus ni moins que des ailes d’avions pour permettre aux bateaux de voler. On est la première génération de bateaux qui “semi-vole” autour du monde. Donc ça j’en suis très fier, de faire partie de cette génération.
©Martin Viezzer
Mon rapport à la montagne est assez récent. J’ai du découvrir la montagne en 2015, donc il y a 5 ou 6 ans seulement. Mais à chaque fois que j’y vais ça me ressource énormément. Je trouve que les paysages sont impressionnants, c’est complètement différent des océans et de ce que je peux rencontrer d’habitude, mais à chaque fois j’y vais avec beaucoup de plaisir. J’ai découvert le snowboard récemment d’ailleurs, j’en suis un grand addict quand j’ai l’occasion d’y aller, mais bon ça représente pas beaucoup plus qu’une semaine par an malheureusement, car c’est assez loin. J’ai été pas mal sensibilisé à tout ce qui touche à l’environnement quand j’ai vu quelle était la proportion de déchets que pouvait produire ma discipline.
Même si on navigue sur les océans sans forcément beaucoup d’émissions de CO2, ce qui concerne la construction des bateaux et tout notre quotidien de sportifs de haut niveau de manière générale, ça m’a beaucoup touché. On est capable de faire de très belles choses, un sport de haute technologie, mais aussi un sport qui pendant la construction et l’évolution de nos projets n’est pas totalement vertueux malheureusement. Mais je ne suis pas désespéré, bien au contraire. Je pense qu’on va réussir à progresser petit à petit, et puis un jour à devenir beaucoup plus propre dans notre pratique.
©Polaryse
Ça a dĂ©jĂ bien Ă©voluĂ© depuis quelques temps. Il n’y a pas si longtemps, des voiles ça faisait pas un tour du monde et on Ă©tait obligĂ© de les changer rĂ©gulièrement, alors qu’aujourd’hui on arrive Ă faire des matĂ©riaux beaucoup plus durables, beaucoup plus lĂ©gers, donc c’est dĂ©jĂ de très bonnes voies. Ça faisait un bon moment que j’imaginais pouvoir m’engager et avoir cette dĂ©marche environnementale. Maintenant pour ĂŞtre honnĂŞte, je ne m’en sentais pas prĂŞt avant. C’est Ă la suite de l’abandon du VendĂ©e Globe que j’ai eu ce dĂ©clic et que je me suis dit : ça y est, je me sens prĂŞt Ă entrer dans cette dĂ©marche environnementale.
Au moment de m’engager, j’ai bien pensĂ© Ă rejoindre plutĂ´t une association spĂ©cifique Ă l’ocĂ©an, mais un ensemble de choses m’a dirigĂ© vers POW. J’ai commencĂ© par regarder toutes les associations que je pouvais trouver sur internet, donc je me suis retrouvĂ© avec des listes d’ONG, de fondations et j’Ă©tais un peu perdu dans les mĂ©andres de tout ce qu’on pouvait trouver. J’avoue que ça m’a limite un peu dĂ©couragĂ© Ă ce moment lĂ . Au dĂ©but, on trouve pas forcĂ©ment les bonnes personnes pour nous accompagner dans cette dĂ©marche. Je savais pas trop vers oĂą aller et je voulais pas non plus faire n’importe quoi. Â
Puis je suis tombĂ© sur cette association, POW, qui semblait hyper dynamique, assez jeune, avec un discours qui m’allait totalement : un discours plutĂ´t positif, progressif, qui montre qu’on est lĂ pour Ă©voluer, pas forcĂ©ment pour faire tout bien tout de suite.Ça a un cĂ´tĂ© assez rassurant. Je suis pas tombĂ© tout de suite directement sur POW, je suis tombĂ© dessus par l’intermĂ©diaire de marques qui sont plus ou moins partenaires de POW notamment, mais aussi de Surf Riders Fondation par exemple, des marques qu’on connait tous, comme Patagonia, Picture…
ForcĂ©ment dans mon mĂ©tier, je regarde un peu ce que font les entreprises, les sponsors autour de nous, dans notre pratique : comment ils arrivent Ă ĂŞtre un peu plus soucieux de l’environnement dans leur façon de produire les choses, de vendre leur produit.Quand je suis allĂ© regarder ce que faisait POW, j’ai tout de suite compris et adhĂ©rer Ă la dĂ©marche, donc je les ai contactĂ© et on a Ă©changĂ©. J’ai inclus certains de mes proches qui travaillent avec moi au quotidien et eux aussi ont totalement adhĂ©rer Ă cette dĂ©marche. Je trouvais que le fait de s’appuyer sur des sportifs pour diffuser leur message, Ă©tait intĂ©ressant, et leurs Ă©lĂ©ments de langage et leur façon de faire me paraissait très humble: on est pas lĂ pour donner des leçons, mais plutĂ´t pour essayer de s’amĂ©liorer petit Ă petit et d’essayer d’emmener notre communautĂ© de sportifs au fur et Ă mesure avec nous. Donc ça je me sens clairement capable de le faire et j’espère faire des progrès, ĂŞtre transparent sur ce que reprĂ©sente notre sport en terme d’Ă©missions de CO2 mais aussi de minimiser tout ça dans notre quotidien. On sait tous qu’on a pour objectif la neutralitĂ© carbone d’ici 2050. Ça risque d’ĂŞtre compliquĂ©, mais en attendant il faut dĂ©jĂ embrayer pour commencer Ă y arriver.
VoilĂ oĂą j’en suis aujourd’hui. Il s’agit d’abord d’une dĂ©marche personnelle. Ça me tient Ă cĹ“ur et j’espère que ma communautĂ© va me suivre. En attendant j’ai besoin d’agir pour le terrain de jeu qui m’entoure : la mer. Ce qui est un peu diffĂ©rent de tous les ambassadeurs Protect Our Winters. Mais je pense que la mer est tout autant un marqueur climatique que les montagnes !”
Crédit Polaryse
par LauraPOW | 27/Fév/2019 | 7 conversions , Agir
 MEILLEUR DÉCHET EST CELUI QUE L’ON NE PRODUIT PAS.
Dépenser intelligemment… En tant que consommateur, notre plus grande force d’action, c’est notre pouvoir d’achat. Et nous avons un réel vote avec notre porte monnaie. Rien de bien compliqué et ça fait du bien au budget !
Déjà , il est important de réfléchir à ce dont nous avons réellement besoin , ne pas céder par impulsion ou sous mauvaise influence des soldes et autres promotions.
 Pour un usage occasionnel, louer ou emprunter un objet est souvent plus économique que de l’acheter. Ensuite, les achats d’occasion sont de bonnes alternatives financière et écologique à l’achat de neuf.
Pour choisir un produit, un petit coup d’œil sur les labels comme 1% for the planet , ECOLABEL ou Fairtrade est un bon moyen de soutenir les marques responsables, soucieuses de l’environnement, et en boycotter d’autres. Pour privilégier l’industrie locale ou nationale, regardons le lieu de fabrication des produits (et boycottons au passage les mauvaises conditions de travail).
Dans notre société du tout Internet, c’est tentant d’y faire la plupart de nos achats mais où sont les relations humaines lors d’un achat sur Amazon ? Pour acheter nos livres, il est bien plus sympa de se rendre en librairie et ainsi soutenir les commerces de proximité . Rien de mieux que votre libraire pour vous renseigner sur le dernier roman à lire. D’ailleurs on vous recommande celui là (le livre numérique c’est pratique aussi). Bon, pour les érudits d’Internet, il existe “Le même en mieux” qui trouve automatiquement les meilleures alternatives des produits sur la toile.
Enfin, savoir ce qu’on achète, c’est éviter de participer à la destruction de notre planète. A commencer par le plastique… Nos sociétés ont multiplié des tonnes de plastique, matériau souvent à usage unique. Éviter le plastique au maximum, c’est limiter l’agrandissement du sixième continent.
Tous nos achats comptent et même dans nos maisons, pensons à nous alimenter en électricité verte , branche qui se développe de plus en plus en France.
Nous pouvons tous dépenser un peu mieux ou un peu moins, et la planète nous en remerciera.
Graphisme par Horsuj