Aventure Sans Voiture : Emmanuel de la Team Pyrénées
par Emmanuel Lazorthes
Ça fait partie de ces expériences que j’aime réaliser à minima une fois par an : pouvoir combiner plusieurs moyens de déplacements doux mixés avec un transport public peu polluant pour limiter mon empreinte carbone le temps d’un WE. C’est décidé je m’engage pour 3 jours début février en mode ‘’train-vélo-marche-ski’’ dans les Pyrénées Orientales vers la belle vallée du Campcardos. Objectif, aller chercher le Puig Pedròs perché à 2900m et voir cet altiplano du Campcardos de plus près.

L’atout de choisir ce secteur est qu’il est bien desservi par le réseau TER depuis Toulouse vers Porté Puymorens dont la gare est située vers 1500m d’altitude.
Parti à vélo de chez moi à 7h du matin j’embarque dans la rame bien chargé. Première étape de franchie pour me faire déposer vers 10h30 sur Porté. Organisation du paquetage puis redescente à vélo jusqu’à Porta vers l’entrée de la vallée.

Très vite le sentier se redresse et je suis contraint de poser le pied à terre pour un long poussage jusqu’à pouvoir trouver la neige vers 1650m. On planque le vélo et on passe en mode ski-pulka jusqu’à la cabane du Campcardos perchée à 1950m. Après-midi de repérage sur une neige lourde colorée par un sable venu du Sahara porté par les nuages et ayant inondé l’ensemble du massif jusque vers 2700m. Ça s’annonce délicat pour la suite…

La nuit se rafraîchit et une petite perturbation apporte 15cm de neige fraîche salvatrice jusqu’au dimanche matin. Le temps se dégage enfin pour partir au grand beau. C’est une aubaine, il faut prendre la fenêtre ! Après une journée (très) physique en mode ski + crampons à travers un terrain granitique sur une neige non portante je finis par atteindre mon but à 2900m pour admirer ce panorama surprenant : c’est tout plat là-haut à des kilomètres ! Ce lieu perché entre 2700 et 2800m porte bien son nom d’altiplano pyrénéen. La redescente par un beau couloir en conditions, repéré depuis le bas, ponctue cette splendide journée. Deuxième nuit en cabane, puis montée le troisième jour sur le pic nègre d’Envalira (2800m) aux portes de l’Andorre. Ça skie côté Andorran, il demeure quelques privilégiés qui profitent des remontées mécaniques. J’espère que ce sont des jeunes, eux qui n’auront peut-être pas de belles saisons devant eux. Et toujours ce sable ocre, haut, très haut…

Il est temps de rentrer, le train ne m’attendra pas. La neige est de retour et je rejoins péniblement, chargé tel une mule, la gare de Porté sous l’oeil probablement médusé des chauffeurs de camion en transit vers la France. Mais qui c’est ce malade qui pédale sous la neige avec des chaussures de ski parmi le flot de véhicules ?

Quel bonheur pourtant d’avoir honoré ce contrat à l’égard de moi-même et surtout de la planète !