Entretien avec Jean Baptiste Bosson (Marge Sauvage)

Entretien avec Jean Baptiste Bosson (Marge Sauvage)

Entretien avec Jean Baptiste Bosson

« pour bouger les lignes il nous faut être des flibustiers du monde actuel.»

Peut-on prendre position quand on est scientifique ? Peut-on être à la fois auteur·trice du GIEC et sur les plateaux TV pour expliquer que telle ou telle mesure est dangereuse pour la planète ? A partir de quand peut-on être considéré comme militant ? 

On a voulu discuter avec Jean-Baptiste Bosson, glaciologue et fondateur de l’association Marge Sauvage, de toutes ces questions. On est revenu aussi sur son parcours, de Sciences PO aux glaciers, des doutes à ses engagements associatifs. Puis on a parlé du fonctionnement du monde académique, de ses divergences avec ses confrères et consoeurs et de comment les choses devraient bouger selon lui. 

Salut Jean-Baptiste ! Peux-tu nous parler de ton parcours avant qu’on rentre dans le vif du sujet ? 

Je suis glaciologue, français et suisse, j’ai grandi dans les Alpes, mais pas du tout sur les glaciers. J’ai commencé mes études post-bac en fac de sciences politiques en relations internationales, car je crois que c’est dans la grande lignée de mon modeste chemin, que de m’intéresser au monde, d’être inquiet par l’état du monde et de pouvoir très modestement prendre ma part et agir.

Après le bac, Sciences Po était une évidence, pas par envie d’une quête de pouvoir personnel mais parce que je voulais comprendre comment fonctionne la société, où sont les leviers d’action, comment on remet l’intérêt général au cœur des projets de société.

J’ai ensuite compris que dans mon ADN personnel, j’étais beaucoup plus alpin que ce j’avais compris jusque-là et que j’avais besoin d’être proche des montagnes et de la nature. J’ai voulu devenir glaciologue en étant à Sciences Po, mais je n’ai pas vraiment compris pourquoi. Ce n’est que longtemps après que je me suis rendu compte que c’est un geste très politique, au sens d’œuvrer dans la crise écologique, que de protéger les glaciers. J’ai donc basculé d’abord vers la géographie physique, avant de partir pour un doctorat sur les glaciers alpins à Lausanne pour réaliser mon rêve de devenir glaciologue. 

Qu’est-ce qui t’a attiré vers les glaciers ? Car tu disais que ça ne faisait pas partie de ton environnement enfant, il y a  eu un déclencheur ?

En effet, je ne suis pas alpiniste, je ne viens pas d’une famille de montagnards, je ne passe pas mon temps sur les glaciers, j’en ai même peur, je ne sais pas faire des manips de cordes…

En fait, ce qui m’a attiré auprès des glaciers, je l’ai compris après, notamment en lisant Les Racines du Ciel de Romain Gary. Dans ce livre il raconte qu’il y a des écosystèmes ou des espèces qui permettent de tout comprendre et que si tu agis pour elles, tu peux faire bouger tout le système. Lui raconte ça pour les éléphants : comment un gars qui se bat en Afrique dans les années 50 au service des éléphants, contre les braconniers qui rêvent d’avoir une tête d’éléphant dans leur salon… C’est une critique totale du capitalisme, de notre vision utilitariste du monde. Une vision cartésienne du monde qu’est l’homme maître et possesseur de la nature. Et comment il faut défendre absolument une marge au-delà de l’humain et au-delà de l’utile.

La nature elle est là, nous-mêmes on vient de la nature, et il y a un droit d’existence intrinsèque de toutes composantes de la nature. Pas parce que c’est utile aux hommes – moi je ne défend pas les glaciers parce qu’ils sont utiles aux hommes – mais parce qu’ils ont un droit intrinsèque d’existence.

C’est en étant à Sciences Po que tu as compris ça ?

A Sciences Po j’ai compris deux choses qui ont fait que j’ai voulu devenir glaciologue.
“Les glaciers rendent visible l’invisible”. C’est mon confrère Luc Moreau qui m’avait dit ça, mais je ne sais pas si c’est de lui. Le changement climatique ça ne veut rien dire pour les gens, +1.3 degrés ça ne veut rien dire quand tu es chez toi. Par contre pour les glaciers alpins c’est 80% du volume initial en moins, c’est un cataclysme. Donc les glaciers placent les enjeux du climat, de l’eau, du vivant, de l’habitabilité des territoires au cœur de tout, ils permettent de tout comprendre très vite. Et donc si tu agis pour eux tu peux agir pour tout le système. Mais bien malin ceux qui veulent s’attaquer au système capitalisme à l’ère du trumpisme et des multinationales qui deviennent toujours plus riches et qui payent de moins en moins d’impôts.

Moi je ne défend pas les glaciers parce qu’ils sont utiles aux hommes – mais parce qu’ils ont un droit intrinsèque d’existence.

Avec cette conviction de vouloir agir pour les glaciers, comment t’es tu retrouvé à t’éloigner du monde académique et à t’engager dans le monde associatif dans lequel tu évolue maintenant ?

Très vite j’étais assez opposé au modèle académique. Déjà parce qu’il est ultra pyramidal et ultra concurrentiel, et oblige à mettre ta carrière avant tout, c’est-à-dire avant ta vie personnelle, avant ta famille, avant tes proches, parce que tu vas partir en post-doc etc. Deuxièmement parce qu’il est ultra concurrentiel, donc il met une ambiance assez délétère, il y a une compétition permanente entre tout le monde.

Aussi et surtout car je pense que dans l’immense crise écologique et démocratique que l’on vit, les chercheurs sont déconnectés des enjeux, ou déconnectés de la cité au sens grec du terme, de participer à la vie de la cité, et à empêcher que la démocratie s’effondre.
Moi je voulais – hyper modestement – être utile. Et je pensais qu’en labo de recherche j’aurais eu trop de blocage, je serais trop dans un petit coin du système.

Je voulais aller dans le monde associatif parce que je crois que pour bouger les lignes, il nous faut de la piraterie, il nous faut être des flibustiers du monde actuel.

J’ai donc décidé après ma thèse de travailler dans les ONG de protection de la nature, j’ai travaillé du local à l’international, puis j’ai créé depuis deux ans une micro-association qui s’appelle Marge Sauvage.

 

Tu peux en dire un peu plus sur le travail que vous faites chez Marge Sauvage ?

L’idée c’était vraiment de se positionner en interstice entre la science, les narratifs et l’action.

On continue à être producteurs de science – on a d’ailleurs soumis un papier à Nature qui est en train d’être analysé, ce qui est très bon signe – et ça c’est la base même si original car on n’est pas un acteur académique.

A côté, on réfléchit à comment on doit parler aux gens, comment on doit sortir la science et la connaissance, comment on tire la sonnette d’alarme… Parce que l’article scientifique, très peu de gens le lisent. 

Le dernier pilier, fondamental, c’est comment on contribue à la cité, à la société, aux politiques au sens large du terme, c’est-à-dire de parler aux entreprises, de parler aux lobbies, de parler aux habitants dans les territoires, aux citoyens, de parler évidemment aux élus… En somme œuvrer pour l’intérêt général.

Le gros sujet qu’on voulait aborder ensemble, c’est la place des scientifiques dans la société. Quelle est ta vision sur le fait de prendre position en tant que chercheur, et la nature des échanges que tu peux avoir avec des confrères et consoeurs ?

Je dirais qu’on vit une crise existentielle dans le monde de la recherche aujourd’hui. Elle était à ses prémisses quand j’ai commencé, mais elle s’est décuplée dans les dix dernières années. L’humanité n’a jamais été aussi consciente de la gravité de toute la situation et de son côté désespéré. Les chercheurs dans la société sont le thermomètre qui ont le nez dessus. Les gens rentrent chez eux le soir, ils ont passé leur journée dans les données sur la mort des glaciers, sur l’extinction du vivant, sur les démocraties qui s’effondrent… Ils ont même une connaissance et une maîtrise des choses souvent que le reste du commun des mortels n’a pas. 

Pour autant, se pose la question : qu’est-ce que je fais au-delà de documenter ? Quelle est ma place dans la société ? Est-ce que je suis là pour contribuer à retourner la tendance ou pas ? Et c’est là qu’il y a un profond débat, entre deux visions qui s’opposent.

L’une, qui serait, si je caricature, le chercheur dans sa tour d’ivoire qui n’est que le signal d’alarme. Pour qui ce n’est pas son problème si la société n’écoute pas.
L’autre, qui pense que ce n’est peut-être pas de notre faute si on ne nous écoute pas, mais que ce n’est pas un débat banal au café du commerce comme si on était pour l’autre équipe de foot. Le sujet est tellement haut qu’on a l’impératif d’être écouté, que le signal transcende tout. Et donc qu’il faut qu’on ait une posture à la fois de producteur de science, mais d’être aussi au coeur de la société pour faire le “SAV”, être contributeur pour dire qu’il y a des solutions, fondées sur la science, qui peuvent mettre la société dans de meilleures directions. Donc en tant que scientifiques, on est là aussi pour co-construire des solutions alternatives à celles poussées par les lobbies basées sur leurs profits.

C’est donc sur ça qu’on n’est pas d’accord avec beaucoup, car si on défend la deuxième vision, on considère que « tu fais de la politique », ce qui est une insulte suprême. Il y a deux insultes dans le monde académique : que tu n’as pas de déontologie, et que tu es militant. Si tu es un scientifique qui travaille sur les abeilles, et que tu expliques que pour les abeilles il faudrait un scénario sans pesticides, on va t’accuser d’être militant et ne plus l’écouter. Donc ce monde académique est bloqué avec ça, peu importe à quel point on détruit tout.

Si tu es un scientifique qui travaille sur les abeilles, et que tu expliques que pour les abeilles il faudrait un scénario sans pesticides, on va t’accuser d’être militant et ne plus t’écouter.

Pour toi c’est vraiment la peur de perdre leur crédibilité qui empêche beaucoup de scientifiques de prendre la parole ?

Tu es lobbyiste du pétrole, tu ne maîtrises pas les données voire même tu les bidonnes (ce qui a été prouvé à maintes reprises), tu vas partout dans le débat public, tu vas voir les élus etc. En face, t’es scientifique, tu as des données qui montrent que le pétrole détruit la planète et tu n’oses pas le dire car sinon dès que tu parles on va te traiter de militant. Donc tu n’y vas plus. C’est aussi simple que ça.

Il y a un renversement terrible des valeurs aujourd’hui, car limite on a honte de dire qu’on travaille pour l’intérêt général. Je ne suis pas militant, ou alors je suis militant de l’intérêt général et fier de l’être. Mais je ne suis pas militant du pétrole, pas militant du chaos du monde, contrairement au camp d’en face. Aujourd’hui taxer les gens de militants est devenu une insulte et on est hyper vite catégorisé.
Quand je passe sur La Terre au Carré sur France Inter, émission que j’aime beaucoup, et qu’à la fin on me dit « ah vous avez un discours engagé, vous êtes militants » …
Le monde scientifique a été « cornerisé ». On a mis les gens qui devraient être ceux qui sonnent l’alerte et aident à trouver les solutions les plus intelligentes de côté.
On le voit pourtant avec la Convention Citoyenne pour le Climat : dès qu’on met de la science on a tout.

Quand on voit le mouvement Scientist Rebellion qui grandit, ou des gens renommés comme Christophe Cassou (co-auteur du 6ème rapport du GIEC) prendre frontalement position sur le dossier de l’A69, on a l’impression que ça bouge quand même. Tu as l’impression que ces exemples sont à la marge et qu’on est encore loin du compte ?

Alors c’est à la marge, mais oui ça bouge à fond et ça va dans le bon sens.
Après là où il faut être bon, c’est qu’il faut arriver à réinventer le rôle de scientifique.
Pour ça on a besoin de plusieurs choses :  évidemment une capacité scientifique pour produire des données, la base pour comprendre le monde; ensuite une capacité de vulgarisation pour parler au grand public, pour transformer un savoir complexe en éléments simples et appréhendables; une compétence politique, au sens de mieux maîtriser le jeu politique, comprendre comment ça fonctionne.

Je n’ai aucun souci pour dire que tous les scientifiques ne doivent pas exceller dans les trois, et que chacun soit plutôt sur l’un ou sur l’autre. Par contre, le monde académique doit se requestionner sur comment il fait vivre les trois piliers. Imaginer par exemple que dans un labo il y ait des gens compétents sur chaque pilier.
Aujourd’hui beaucoup de scientifiques ne sont pas formés pour, et ne savent pas ne serait-ce que bien communiquer sur leurs travaux, et c’est normal car on ne l’apprend pas. Tu peux être un expert en mécanique quantique et ne pas savoir la différence entre une mairie et une comcom. Donc ça demande de la formation interne dans le monde académique sur comment raconter tes histoires et comment participer au débat politique constructivement.

Si je prends l’exemple de Scientist Rebellion, pour moi c’est une erreur de communication. J’aurais aimé qu’ils s’appellent plutôt « les vrais scientifiques », en plaidant plutôt que c’est ceux qui ne s’engagent pas qui ne sont pas les vrais scientifiques. Je pense que c’est un cri du cœur que de se mettre en rébellion, et j’ai un respect immense pour le courage et l’engagement de ces gens là. Chez Marge Sauvage on n’a pas choisi les mêmes modes d’actions, mais on défend qu’il y a plein de façons d’essayer de changer les choses. Et ça me va très bien, soyons tous complémentaires pour arriver à faire ce nous anime : changer la société. Moi je ne dis pas qu’il ne faut plus de scientifiques dans les labos, et je ne suis personne pour dire ça, mais je me dis juste : à quoi servent les données aujourd’hui pour empêcher que le bateau coule ? On a besoin de gens compétents ailleurs que dans la production de données pour que le bateau arrête de couler. 

Chez Marge Sauvage on défend qu’il y a plein de façons d’essayer de changer les choses. Et ça me va très bien, soyons tous complémentaires pour arriver à faire ce nous anime : changer la société.

Le casse-tête commence quand on se demande qui doit bouger en premier. Est-ce que tu penses que c’est le monde académique qui n’est pas prêt à évoluer, est-ce que c’est le monde médiatique qui bloque par son traitement, ou est-ce que ça peut aussi venir des citoyen·nes qui veulent que les scientifiques restent à leur place ?

Je pense que les principaux blocages sont soit de l’autocensure interne du côté du monde académique, soit des facteurs externes du côté du monde médiatique et surtout des gens du « camp d’en face » qui mettent la pression pour que toute parole scientifique qui sorte de son coin soit catégorisée. Moi j’ai dû faire 200 conférences dans ma vie, j’ai quand même vu pas mal de monde, et je n’ai jamais vu un citoyen qui m’a dit « là vous n’êtes pas dans votre rôle ».

Au contraire, depuis toujours je pense que la société humaine est complémentaire et que beaucoup de gens sont contents que des scientifiques poussent pour des décisions éclairées qui leurs seraient bénéfiques plutôt que de voir des lobbys influencer le monde politique pour du business as usual au détriment des gens. Surtout que les scientifiques n’ont pas vocation à prendre les décisions : moi je ne suis pas élu, je suis là pour éclairer et proposer et qu’ensuite les représentants des citoyens décident.

Pour terminer, c’est quoi la suite côté Marge Sauvage ?

On attend la publication de l’article de la part de Nature, on va aller sur le terrain faire plein de belles choses, notamment du côté des forêts primaires postglaciaires où il y a des choses à observer et à raconter.

On va sortir un documentaire avec Mathieu Navillod qui s’appelle « Après les glaciers ». Là on va partir sur Paris pour un événement avec l’UNESCO et l’UNEP (programme environnement de l’ONU) pour faire bouger la protection des glaciers à l’international. Il y a d’ailleurs eu une motion de protection des glaciers publiée en fin d’année qui a repris notre plaidoyer de protection des glaciers, et pour la première fois il y a eu une résolution de l’ONU sur le sujet. Donc pas mal de choses à l’international, et au niveau local on continue à accompagner les territoires sur des mesures de protection.

Et fin 2026 il y aura la deuxième édition du festival Agir pour les glaciers qu’on a lancé l’année dernière !

Oui, la montagne est politique

Oui, la montagne est politique

La fin de l’année approche, et avec elle l’envie de regarder dans le rétroviseur.
Alors c’était quoi 2025 ? Qu’est-ce qu’on retient ?


On fera le bilan de POW dans quelques jours, mais aujourd’hui on voulait revenir sur un truc qui nous a énervé tout au long de l’année, sans qu’on trouve le temps de s’exprimer dessus : les gens qui plaident pour une montagne “apolitique”.

En 2025, on a vu un florilège de réactions épidermiques à la moindre prise de position, la moindre action “politique” partagée par des médias de l’outdoor, ou pire, par des athlètes.

La pêche la + importante de l’année : le collectif d’alpinistes qui a accroché un drapeau de la Palestine en soutien au génocide à Gaza, dans les Alpes, sur la face ouest du Petit Dru.

Pourtant, non seulement ils se trompent mais ce postulat est surtout dangereux.

 

Pourquoi c’est faux ?

Cette “neutralité” ou cet “apolitisme” souhaité par tant de gens est un leurre, un mirage pour nos sociétés humaines, puisque par définition : tout ce qui est régie, impacté, influencé par des décisions ayant un impact sur une partie de notre société est politique. 

Tout problème ayant une dimension systémique* peut évoluer ou être résolu par des décisions prises par des élu·es à destination des citoyen·nes : c’est ça, la politique.

*c’est à dire relatif à un système, une société

Pourquoi dire le contraire est dangereux ?

Quand un grand nombre de gens plaident pour qu’on “laisse la politique de côté”, que ce soit par méconnaissance ou par stratégie, la finalité est la même : ça profite toujours à l’ordre existant.

Refuser d’admettre ce qui est politique, c’est agir politiquement pour que rien ne change. 

Refuser d’admettre que tout est politique, c’est défendre le statu quo. C’est refuser de regarder en face les enjeux sociaux et environnementaux, refuser d’admettre les problèmes qui gravitent autour de nous (ou les cautionner).

C’est refuser d’entendre la colère et/ou la détresse de gens qui souffrent plus que nous de la situation actuelle. 

L’année dernière nous avions publié ce post lors de la période élections européennes/législatives. On vous invite à le (re)lire, car il n’a pas pris une ride
https://www.instagram.com/p/C8ZtyiINwEy/?img_index=1 

 

Dans le tumulte de l’actualité et le rush de nos projets, on ne peut pas prendre la parole toutes les semaines pour le rappeler… Mais on continuera de le faire régulièrement tant que ce sera nécessaire :

Le travail de POW est politique, protéger l’outdoor c’est politique, la montagne est politique.
C’était le cas ces 10 dernières années, et ce sera le cas les 10 prochaines.

Plus que jamais, soutien à toutes les personnes qui osent prendre la parole pour défendre une société plus écologique, plus juste.

A la fin d’une année 2025 où la banalisation d’idées nauséabondes a encore gagné du terrain, s’exprimer c’est déjà résister !

Photos :
Collectif Gaza
Luc Moreau

CCO Annecy Thônes Aravis – L’heure de la restitution !

CCO Annecy Thônes Aravis – L’heure de la restitution !

Les conclusions des citoyen.nes sont disponibles !

Après des mois à s’éduquer, s’écouter, se contredire et s’accorder, les citoyen·nes ayant pris part au projet pilote de la Convention Citoyenne Olympique – Bassin Annécien/Thônes Aravis vous partagent le fruit de leurs travaux !

Retrouvez sur la page du projet et en accès libre tous les documents qui constituent le dispositif : des supports de présentation, aux document de travaux pour finir par les livrables, c’est toute la matière qui donne corps à cette initiative !

 

Tout a été présenté ce 18 décembre 2025 au Novotel d’Annecy au public, à la presse et au COJOP présent pour l’occasion.

Ci-dessus le replay de cette restitution, captée par Mountain Change Makers.

POW x Moraine : mesures annuelles au glacier d’Ossoue

POW x Moraine : mesures annuelles au glacier d’Ossoue

Nous étions quelques membres de POW (Laura, Florian, Guillaume et moi) à accompagner Pierre René de l’association Moraine sur une nuit au sommet du Vignemale le week-end passé.

Comme chaque année en fin de période estivale, nous participons à la réalisation des mesures d’ablation de ce glacier des Pyrénées : le glacier d’Ossoue.

Samedi 11 octobre 2025, 11h du matin sur Gavarnie

Nous retrouvons Pierre René et son équipe de l’association Moraine pour participer au traditionnel bivouac au sommet du Vignemale qui marque la fin de la saison de mesure du glacier d’Ossoue.
Nous sommes 9 au départ du barrage d’Ossoue (1825m) et avons RDV 1000m plus haut sur le glacier avec une jeune équipe de cinéastes, Capucine et Florent, qui réalisent un documentaire pour France 3.

Il fait un temps radieux et nous emboitons le pas alerte de Pierre qui a déjà emprunté cette portion du GR10 plus de 125 fois !
3h et demi plus tard nous arrivons enfin sur le glacier et cheminons de balises en balises pour relever les mesures d’ablation glaciaire. Nous observons les moulins formés par la fonte de la glace et découvrons une grotte glaciaire précaire formée à quelques mètres du socle rocheux. L’année prochaine elle aura disparue.

Au fil des mesures on constate que le mois de septembre n’a pas laissé de répit à l’Ossoue. La moyenne globale de l’ablation mensuelle est d’environ 1,2m, certes deux fois moins importante que l’impitoyable mois d’août. Le bilan glaciaire est de 3,5m, soit 3,2m en équivalent d’eau.
L’heure tourne, il est temps de gravir les 200m de rocher qui nous séparent du sommet du Vignemale (3298m) que nous atteignons vers 18h30. Le soleil se couche lentement laissant place à la morsure du froid que nous avions fini par oublier après cet été caniculaire. Il est temps de préparer nos points de bivouacs au sommet, les places sont limitées.

Pour ma part je choisis un repli 30m plus bas dans la grotte Paradis du Comte Russell. J’ai choisi la bonne option, les températures sont descendues à -5°C dans la nuit…
Le lendemain matin nous attendons que le soleil nous réchauffe avant de redescendre le Vignemale devenu de plus en plus pénible à gravir à mesure que le glacier se retire, puis nous regagnons tranquillement la vallée après avoir pris le temps de quelques mesures en vue d’établir le bilan glaciaire 2025.

Il aura perdu plus de 3,5 mètres d’épaisseur de glace au cours de l’été. Sur 24 années de mesures il s’agit du 4ème bilan de masse le plus déficitaire.

RDV en 2026 pour une nouvelle aventure en celui magnifique si chargé émotionnellement.

Emmanuel

Photos : Emmanuel Lazorthes, @laura_cantounet, Pierre René

Cap au sud pour la MAD JACQUES Trek Serre-Ponçon !

Cap au sud pour la MAD JACQUES Trek Serre-Ponçon !

Direction le sud pour les res’POW Annecy/Chamonix Bastien et Clara pour participer à la Mad Jacques Trek Serre Ponçon !

Au programme : un trek organisé avec deux jours de marche entre Chorges et Embrun, un stand sur les deux villages arrivées, une projection et une table-ronde, dans une ambiance bien Jacquot avec bar, fanfare, quizz et DJ le soir.

Mais tout commence le jeudi soir, après un trajet ponctué de découvertes rurales (Puteville, Le Molard, La Festinière, que du hameux au nom fleuri), de détours pour chantier et chemins de travers, avec un ravito tacos devant le chateau de Vizille, les freins du van qui se signalent dans le Champsaur et une recherche de spot pour la nuit qui se terminera … à la gare de Chorges (mobilité douces obliges). 

Une nuit plus tard, nous voilà parés pour rejoindre l’arche de départ de la première journée ! Après avoir déposé notre kit stand à l’orga, on nous distribue repas du midi, carte, bons conseils et un nom de personnage de fiction pour un jeu de 7 (plutôt 45, étant donné qu’il y a pas moins de 500 participants) familles en icebreaker entre les participants (on cherche toujours les Toy Story, quel qu’un ?)

De notre côté, on customise nos sacs avec quelques stickers POW et nous voilà partis, objectif : Lac de St Apollinaire !

Le terrain s’élève rapidement jusqu’au premier ravitaillement avec un choix à effectuer : trace “gros mollets” ou “classique” ?

Un travail de plaidoyer interne et un coup d’oeil sur la carte plus tard, on choisit de ne pas rater THE partie du parcours : monter aux Aiguilles de Chabrières, sommet de la station de Réallon à 2400m (quitte à speeder un peu la descente, tenue de stand oblige !). Ça sera donc 18km 1500D+ pour ce J1.

Aucun regret, une vue magnifique pour le déjeuner dans un vallon d’altitude, du caillou majestueux en haut et on y rencontrera notre troupe du week-end (cf plus bas !).

Le devoir nous appelant (ainsi que la gaiété du jeune chamois), on déroule une foulée rapide dans la redescente pour atteindre le premier village arrivée : le Lac de Saint Apollinaire et sa vue imprenable sur la vallée ! Food truck, bar et fanfare nous réceptionnent pour la soirée, avec animations quizz et yoga.

Récupération du matos, montage de tente et installation du stand avec au menu des défis, des cadeaux et des gages : une pesée de corde façon “Le Juste Poids” et un contre la montre de lovage de corde particulièrement apprécié par les épaules qui ont porté les sacs de trek toute la journée !

Le soleil décline et la (courte) nuit fraîche s’installe.

Jour 2, et un réveil au brame du cerf, c’est cette fois-ci un parcours de 25km 700D+ qui nous attends, avec majoritairement de la descente pour casser du genou et foncer sur le lac de Serre-Ponçon avec une arrivée à la base nautique d’Embrun.

Toujours sous un grand soleil, passage dans la chèvrerie qui fournit en fromage cette édition, on repart avec nos compagnons de la veille, sous l’oeil du photographe de l’orga @achileavecun.l !

Clara se sent pousser des ailes pour courir à nouveau la descente (toujours avec les sacs de treks, regrets à J+2 ?), tandis que je termine par hasard le trajet avec Guillaume de Mountain Riders, tout le monde se retrouvera sur le ponton après un passage sous l’arche de d’arrivée et un tampon de notre passeport de Jacquot !

Baignade bien méritée et on sent que tout le monde décompresse sans peur du lendemain !

Place au stand, toujours avec notre roue à cadeaux (et gages, cf. le tatoo flocon qui va virer en irritation au lavage), et nos défis de cordes. De belles rencontres et discussions avec de nombreuses personnes qui avaient partagées les sentiers avec nous !

Soucis technique pour la projection, après le manque de câble la veille, c’est tout simplement un soleil pas pressé de se coucher (et donc une projection pas vraiment dans le noir) qui nous empêchera de diffuser DOWNSTREAM !

Un bigup au passage à nos voisins associatifs Wings Of The Ocean, Mountain Riders et la Fresque du Climat présents sur cet event.

La soirée sera fort animée, là encore food-trucks, bar, DJ-set et “after chez Titi” avec tous les Jacquots, visiblement pas si fatigués que ça !

Très courte nuit (encore), un ptit déj et déjà l’heure d’animer une table ronde pour laquelle Alban (res’POW Hautes-Alpes) nous rejoint, ainsi que donc Guillaume de Mountain Riders et Léa de Wings Of The Ocean.

Sous le mic de Bettina, on abordera les impacts de nos activités outdoor sur l’environnement (déchets, mobilités) et leur réduction, la projection dans un futur où l’adaptation sera de rigueur, la justice sociale et environnementale intimement liée aux politiques à mettre en place et donc aux échéances électorales à venir.

Et c’est déjà l’heure du retour en Haute-Savoie, un coup de navette vers la gare de Chorges pour récupérer le van, une dépose à la gare d’Embrun pour une compagnone d’aventure, juste à temps pour la grosse pluie qui s’était abstenue tout le week-en pour nous permettre d’en profiter un max !

Merci à tous ceux qui ont fait de ce week-end un moment très chouette, en vrac : l’orga, les Mulets, les Hobbits, la fanfare et surtout la troupe francilienne rencontrée sur cette édition, au plaisir de refaire un bout de chemin ensemble ! 

Clara & Bastien

Photos : @clara_domas, @bastien.tomas, @achileavecun.l