Aventures sans voitures  récit d une famille parisienne

Aventures sans voitures récit d une famille parisienne

Aventures sans voitures : Une famille parisienne pas comme les autres

On essaye de vous partager de temps Ă  autre des tĂ©moignages d’aventures sans voitures, pour inspirer et montrer que partir en vadrouille en laissant son bolide au garage, c’est possible, malgrĂ© toutes les difficultĂ©s que l’on peut rencontrer.
Aujourd’hui, article un peu spĂ©cial puisqu’on ne vous parle pas d’une aventure, mais d’une famille qui adore partir Ă  l’aventure !
Charlotte et sa famille ont pris l’habitude de partir sans voiture personnelles. On trouvait ça intĂ©ressant de partager son histoire. Avec toujours la volontĂ©, non pas de se comparer aux autres, puisque chaque personne fait face Ă  des obstacles diffĂ©rents, mais plutĂ´t de s’inspirer mutuellement.

Peux-tu te présenter en quelques lignes avec votre famille ?

Paul et moi avons 42 ans. Nous avons 2 enfants : AimĂ©e 5 ans 1/2, James 10 ans 1/2. Nous vivons dans un quartier très populaire et cosmopolite dans le nord de Paris. Les enfants sont parisiens. Je suis venue travailler Ă  Paris en agence de design et branding, après des Ă©tudes Ă  Marseille, une adolescence Ă  Pau et une enfance en Norvège, RĂ©p Congo, Cameroun, Italie. 
Je ne sais pas si c’est plus le rejet de l’industrie pĂ©trolière, les dessous du marketing agroalimentaire ou la responsabilitĂ© de parent, mais la consommation ne m’a jamais consolĂ©e. Il y a 10 ans on a commencĂ© Ă  exĂ©cuter les petits gestes qui vont bien. Il y a 5 ans j’ai perdu ma mère quelques semaines après la naissance d’AimĂ©e : grande colère, plus de radicalitĂ© dans mes choix de vie et professionnels (je refuse les projets de greenwashing, je travaille moins mais mieux). Aujourd’hui, nous n’allons dans des magasins de l’agro industrie que en station de ski, compost, amap, vrac … RĂ©cupĂ©ration seconde main, rĂ©paration pour les vĂŞtements et Ă©quipements … moins mais mieux. Pour l’Ă©pargne, l’Ă©nergie et le numĂ©rique : pas encore eu le courage.
Pour les transports : Paul n’a pas le permis et moi je dĂ©teste conduire. Nous n’avons pas de voiture. Dans Paris et en Ă®le de France nous nous dĂ©plaçons en vĂ©lo et en train. Les enfants circulent sur leurs vĂ©los en ville depuis qu’ils savent pĂ©daler. Ville du quart d’heure, pistes cyclables Ă  gogo, zones piĂ©tonnes, circulation fermĂ©e devant les Ă©coles et le week-end, bref la ville et la vie sans voiture. Nous voyageons donc en train, presque plus du tout en avion. Nous avons soutenu le retour des trains de nuit, parce qu’avec des minus c’est vraiment le meilleur moyen de transport. Avant le dĂ©part du train, c’est vĂ©lo, transport en commun ou taxis. A l’arrivĂ©e, il y a rarement des transports en commun efficaces, donc soit on prend un taxi, soit on loue une voiture Ă  des particuliers, soit on vient nous chercher (lĂ  on est la famille lourdingue). Si on emprunte ou loue une voiture ce sera des petits modèles.

Depuis quand avez-vous commencé à vous rendre en montagne ? Est-ce que vous y allez souvent ?

Avoir des enfants ne nous a pas arrĂŞtĂ©s Ă  aller en montagne : AimĂ©e a fait ses premiers pas dans la vallĂ©e d’Aspe devant des brebis. J’ai Ă©tĂ© Ă©levĂ©e “dehors” tous les week-ends, toutes les vacances, en toutes saisons sous toutes les latitudes, dans tous les paysages. Quand on rentrait d’Afrique, on passait souvent dans les Alpes au dĂ©but de l’Ă©tĂ© pour se rafraĂ®chir, se refaire une santĂ©. En Italie, nous avons passĂ© pas mal de week-ends dans les Abruzzes. Paul avait un rapport avec la montagne strictement liĂ© Ă  la glisse au snowboard. Depuis un peu plus de 5 ans, il s’exerce Ă  l’escalade, il a embarquĂ© les enfants dans cette pratique. Je pense qu’au moins un week-end par mois, nous passons une journĂ©e dans les forĂŞts autour de Paris Ă  marcher, Ă  ĂŞtre dehors. Sinon je vais Ă  Pau avec les enfants environ trois semaines par an, et lĂ  nous partageons avec mon père les balades de toujours, les paysages qui font du bien. L’hiver nous usons et abusons des possibilitĂ©s de sĂ©jour aux Arcs dans l’appartement de la famille de Paul. Pour un week-end ou toutes les vacances, avec ou sans les enfants, ou les enfants avec leur grand-parents en un coup de train, hop on y est (on a hâte que les trains de nuit soient rĂ©tablis). Paul part de son cĂ´tĂ© en week-end rando ski / splitboard avec des amis 1 Ă  2 fois dans l’hiver.
L’Ă©tĂ© nos vacances familiales nous 4, se dĂ©roulent en montagne PyrĂ©nĂ©es, Alpes, Massif Central … : la tente, les cordes, les chaussures de montagne, un vieux maillot. La clef de voĂ»te de ces vacances sont les 4 ou 5 jours d’isolement en itinĂ©rance, peut ĂŞtre avec un âne, sinon dans une cabane. Pour nous qui sommes parisiens, notre quĂŞte utopique en montagne est l’espace de la plus grande libertĂ© d’Ă©volution possible (pour nous humains, comme pour les vĂ©gĂ©taux et les animaux, et surtout pas de densitĂ© humaine).

D’oĂą vous vient cette passion pour la montagne ?

Pour ma part c’est une sensibilitĂ©, un romantisme, un souvenir en hĂ©ritage. Je cherche Ă  transmettre aux enfants le goĂ»t des paysages, du dehors, de la marche, de l’air dans les cheveux, d’ĂŞtre Ă  l’extĂ©rieur parce que j’ai l’intuition que c’est lĂ  que l’on trouve sa place. Je prĂ©fère les paysages de montagnes parce qu’ils sont moins “anthropisĂ©s” que les bords de mer oĂą nous nous sentons oppressĂ©s. Paul y trouve de l’adrĂ©naline. James y trouve l’espace pour souffler loin des contraintes sociales et colères. AimĂ©e nous retrouve nous pour elle toute seule.

Depuis quand avez-vous dĂ©cidĂ© de vous y rendre sans voiture ? Qu’est-ce qui a poussĂ© cette dĂ©marche ?

En fait au dĂ©part on a pas vraiment dĂ©cidĂ©, puisque pour nous c’est plus simple sans voiture, puisqu’on en a pas. A la naissance de James “tout le monde” nous a dit qu’on n’y arriverait jamais sans voiture. Puis “tout le monde” a enregistrĂ© que l’on Ă©tait les lourdingues sans voiture, qu’il faut dispatcher dans les voitures pas pleines, qui demande Ă  quelle heure passe le bus, qui râlent parce qu’il n’y a pas de taxis… On a fait du stop mais Ă  4 c’est pas Ă©vident.
On utilise la voiture quand il n’y a plus de train ni de bus possibles. Quand on a pas d’autres choix que la voiture, on a tendance Ă  l’utiliser comme un camp de base : garĂ©e (enfin), et de lĂ  nous conservons nos habitudes de dĂ©placement Ă  pied pour les courses, les loisirs … Je crois que ce qui nous pousse Ă  cette dĂ©marche c’est l’impression qu’une voiture c’est que des contraintes de temps, l’obligation de suivre une route, de se parquer Ă  endroits fixes, l’agressivitĂ© …
J’ai l’intuition que sans voiture, ou sans voiture systĂ©matiquement, on a accès Ă  des interstices, des aventures, des possibles moins confortables mais plus libres. Moins prendre l’avion participe aussi de ce constat. Ne pas rouler sur les autoroutes aussi. PrĂ©fĂ©rer les TER aussi. Bref sans voiture, c’est plus facile de prendre les chemins de traverse, de tracer son itinĂ©raire, mĂŞme juste lĂ  Ă  cĂ´tĂ©.

Quels sont les principaux changements que vous avez pu observer en termes d’organisations, les principales difficultĂ©s Ă  prendre les transports en commun ?
Est-ce que vous observez des avantages, en dehors de l’impact environnemental positif ?

La principale disposition que l’on a dĂ» prendre, c’est avoir les bons sacs Ă  dos : bonne contenance, bonne portabilitĂ©, un pour chacun. Savoir faire les sacs. Paul a choisi du matĂ©riel de montagne et camping pour nous tous de qualitĂ© supĂ©rieure lĂ©ger et compact, calĂ© sur l’Ă©quipement dit “mule”. De mon cĂ´tĂ©, je priorise toujours le confort des enfants : les bons jeux, avoir assez chaud, ĂŞtre protĂ©gĂ© du soleil et de la pluie, ne jamais avoir faim et soif.
L’avantage que j’observe, c’est la confiance en notre capacitĂ© Ă  vivre avec peu de choses, Ă  ne pas s’embarrasser du superflux, Ă  ĂŞtre libres.

Qu’est-ce que vous aimeriez voir comme changements dans les annĂ©es Ă  venir pour faciliter l’utilisation des transports en communs pour se rendre Ă  la montagne ?

Plus de transports en commun, beaucoup plus de train de nuit, plus de petites lignes de trains, plus d’arrĂŞts en pleine nature (comme Ă  Fontainebleau), plus de place dans les trains pour les vĂ©los et le matĂ©riel de ski, moins de pavillons et de zones commerciales qui font qu’on a l’impression de devoir marcher une plombe avant de pouvoir respirer enfin. Le retour de la culture du “stop” pour le dernier km.
Plus de possibilitĂ© de nuits en itinĂ©rances, bivouacs ou chambres d’hĂ´tel simples ou chambre chez l’habitant, spontanĂ©itĂ© dans le voyage…

Vous pouvez suivre Charlotte et les aventures de sa famille sur Instagram ici.

On vous rappelle que vous pouvez trouver sur notre site un outil permettant de réserver des trajets entiers en quelques clics sur notre page Se Déplacer : https://protectourwinters.fr/se-deplacer/

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