Erwan Le Lann, nouveau venu dans notre Riders Alliance, est un guide de haute-montagne, marin et explorateur mais surtout l’initiateur du projet MAEWAN – Adventure base. Il a promis de nous envoyer régulièrement des témoignages des effets des changements climatiques qu’il peut observer au cours de son voyage et au fil de ses rencontres.

Ce mois-ci, rendez vous au Groenland, entre Sissimiut et Ummanaq, en passant par Barter Island.

« En mai 2016 pendant les réparations de Maewan à Sissimiut au Groenland, je rencontrais Ulrik. Natif du Groenland, 57 ans, il travaille au maintien du réseau de chauffage de la ville. Jusqu’à 10 ans en arrière, il avait l’habitude d’aller chasser le morse pendant l’hiver, de l’autre coté de la mer de Baffin, sur les cotes du Canada. 400 miles marin de traversée sur la glace. Ces dernieres années, il ne s’y aventure plus, la glace est trop fragile, pas assez épaisse et donc trop dangereuse. »

« Nous nous sommes arrêtés début juillet 2016 à Ummanaq, sur la cote Ouest du Groenland. Paaluk, le frère de Ole, notre ami de Sissimiut, vient a notre rencontre.
Cet hiver a été difficile nous dit il. Ummanaq est une île et ils y sont restés prisonnier pendant cet hiver trop doux : la mer n’a pas gelé correctement avant la fin du mois de janvier, puis elle a commencé à fondre prématurément fin mars, laissant une couche trop fragile pour se déplacer dessus avec les chiens ou les motoneiges, mais  trop dense pour naviguer avec les bateaux. »

« Barter Island est une petite ile isolée du passage du Nord Ouest proche de la frontière entre Canada et Alaska. Marie est Inupiak, elle est née ici au village, dans une tente sur cette lagune qui sert aujourd’hui d’aéroport. Un aéroport qui prend l’eau d ailleurs. Marie nous raconte que son grand père avait pris l’habitude de mesurer la hauteur du point culminant de l’île. En trente ans, celui-ci est passé de 59 à 32 pieds. Ce n’est pas le niveau d’eau qui monte mais ce sol composé de gravier, de sable et de sédiments qui s’affaisse. Le permafrost ne reste pas gelé et comme un chateau de sable il se nivelle à plat avec le temps. Les berges ont perdu la protection de glace et sont grignotées pas les tempètes. Ce qui permet aussi de mettre à jour de nombreuses défenses de Mammouth ! »

photo: Jérémy Bernard

photo: Jérémy Bernard



À suivre…

Thibault Liebenguth