Les Impacts Days, la belle histoire germano-vosgienne
Cet article est pour celles et ceux qui ont envie de faire quelque chose, mais qui ne savent pas vraiment par où commencer. Pour les personnes qui ont plein d’idées dans un coin de la tête, mais qui pensent ne pas avoir le temps, pas les compétences, pas le réseau — ou simplement pas assez de légitimité pour pousser la porte du monde associatif.
Parce qu’au final, les Impact Days sont un peu nés comme ça. D’une sensation assez simple : celle de faire déjà “des efforts” — aller au boulot à vélo, voyager en train, consommer un peu mieux, acheter bio quand c’est possible — mais d’avoir malgré tout l’impression que ce n’était plus suffisant face à l’accélération du changement climatique. Plus les années passent, plus revient cette impression étrange de regarder un immense problème depuis le bord de la route.
Et comme j’adore être dehors — marcher, rouler, bivouaquer, traverser des paysages — rejoindre POW m’a semblé être une évidence. J’aimais surtout leur approche : personne n’a besoin d’être parfait·e pour s’engager. L’important, c’est surtout de commencer quelque part.
Bon. Une fois membre… il fallait quand même faire quelque chose. Et soyons honnêtes : je n’avais absolument aucune idée de par où commencer. Donc j’ai fait ce que beaucoup font quand ils ne savent pas : j’en ai parlé autour de moi.
Le fameux “quelqu’un qui connaît quelqu’un”
Au début, c’était juste des discussions avec d’autres bénévoles de POW autour de soirées de projection, de sorties avec la communauté et d’idées de projets.
Puis sur un coup de tête, j’ai pris contact avec PATRON e.V., une association située dans ma région natale en Allemagne, dont la vision est de libérer la nature des déchets — et qui m’a toujours inspirée par leurs actions et l’énergie qu’iels dégagent.
Chaque année, iels organisent des ramassages de déchets en Forêt-Noire, peut-être auraient-iels envie d’étendre leur événement et de construire un projet commun avec nous ?
Martina de PATRON était partante immédiatement. Également inspirée par les valeurs et les actions de POW, le rapprochement paraissait presque évident. Deux communautés remplies de personnes passionnées de nature et de sport outdoor. Deux envies communes : protéger les endroits qu’on aime tant parcourir.
C’était parti.
Nous avons monté un groupe de travail dans la team POW Vosges et, petit à petit, d’autres personnes sont arrivées avec leurs idées, leurs contacts, leur énergie.
C’est là que j’ai compris quelque chose d’assez rassurant : les projets ne se construisent presque jamais seul·e. Ils avancent surtout grâce à toutes les petites contributions qui s’additionnent.
Quelques mois plus tard, fin avril 2025, les Impact Days existaient pour de vrai.
Une semaine entre Strasbourg, les Vosges et la Forêt-Noire
L’idée des Impact Days, c’était de créer une semaine d’événements autour de la protection de l’environnement, du sport outdoor et des mobilités bas carbone, des deux côtés du Rhin.
Parce qu’au fond, la nature se fiche complètement des frontières.
En parallèle des PATRON e.V. CleanUP Days organisés en Forêt-Noire, plusieurs événements ont vu le jour à Strasbourg et dans les Vosges : projections, discussions, rencontres et, pour finir, un petit périple à vélo.
Une soirée pour parler du massif vosgien autrement
La semaine a commencé le 25 avril 2025 à Strasbourg avec la soirée “Détour 10 – Rencontre avec le massif vosgien” organisée par Julia de POW, Sylvain et Thomas de Cycles Manivelles aux Ateliers Éclairés.
Au programme : une présentation de POW et de ses actions, une parenthèse cinéma avec le film Nouvelles pistes de Guillaume Koudlansky de Lustrac — qui a parcouru 300 stations de ski à vélo pour interroger leur avenir — puis une intervention du climatologue Florentin Breton et du géographe Javier Tamayo sur les changements observés dans le massif vosgien.
La soirée s’est terminée avec Quentin Cogitore de Vosges qui peut ! et ses idées d’escapades à vélo au départ de Strasbourg, rejoint par Julia et JB de POW pour une table-ronde.
Bref, un programme tout aussi rempli que la salle, avec des échanges inspirants, de belles rencontres et même quelques futur·es membres POW dans le public.
La Voix des Glaciers : écouter ce qui disparaît
Quelques jours plus tard, direction la Brasserie TAAL aux pieds de Vosges (à vélo depuis Strasbourg pour certain·e·s) pour la projection de la saison 3 de La Voix des Glaciers. La soirée a été organisée par JB, Théo et Guillaume de POW.
S’en sont suivis des échanges sur la disparition des glaciers, évidemment, mais aussi sur notre rapport au vivant et à la montagne.
Petit plus : les pizzas au feu de bois et la bière artisanale, pour mieux appréhender les sujets abordés pas toujours légères.
Trois jours de vélo, des jambes lourdes et le cœur léger
Et puis il y a eu l’aventure bikepacking que j’ai organisée avec Robin de PATRON e.V. et avec le soutien d’Evoc.
C’était probablement la partie la plus fatigante des Impact Days. Mais (pour moi) aussi la plus belle.
Après une soirée d’introduction chez AVEN Bike — merci beaucoup de nous avoir accueilli·es ! — nous avons pris le large.
Pendant trois jours, nous avons traversé la frontière à vélo en direction du Feldberg, point culminant de la Forêt-Noire. Le but n’était pas de faire une performance sportive. L’idée était plutôt de prendre le temps : rouler ensemble, favoriser les rencontres, partager des souvenirs et se rappeler qu’on peut vivre des aventures incroyables sans prendre l’avion pour l’autre bout du monde.
Entre deux coups de pédales, nous sommes aussi passé·es par la projection à TAAL, avons écouté Christian (alias Voggy) — biologiste et membre de PATRON e.V. — nous raconter les équilibres fragiles qui se jouent discrètement au bord d’une rivière, puis partagé nos astuces et anecdotes de bikepacking autour d’un coin de feu de camp (imaginaire).
Puis est arrivé le Feldberg. Le point final et culminant (en Forêt Noire) de cette semaine.
C’est là-haut que tous les chemins ont fini par se rejoindre avec toute l’équipe de PATRON e.V., Lukas et Anne de POW Germany ainsi que les participant·es des CleanUP- et Impact Days. Un dernier encas, une discussion ouverte avec Voggy et Lukas, quelques derniers partages d’expériences — avant de reprendre la route, les ventres remplis de Brotzeit, les jambes fatiguées et la tête pleine de souvenirs.
Et maintenant ?
Il serait impossible de mesurer “l’impact” réel des Impact Days… Mais au fond, ce n’est peut-être pas le plus important.
Cette semaine a surtout montré qu’on est nombreux·euses à ressentir les mêmes choses. Qu’on peut vite se sentir impuissant·e seul·e, mais qu’à plusieurs, les idées prennent soudainement beaucoup plus de place. Elle a aussi montré qu’on n’a pas besoin d’être expert·e, militant·e professionnel·le ou ultra organisé·e pour commencer à faire bouger des choses.
Parfois, tout ce qu’il faut, c’est oser envoyer un premier message.
Zoé, Team POW Vosges
Photos : Tobias Canales, Julia Wencker, Robin et Jean-Baptiste Ortlieb