L’appel de la liberté : Retour sur une expo inspirante

L’appel de la liberté : Retour sur une expo inspirante

Joffrey, photographe d’aventure et aussi documentaire, nous présente une série de photos réalisées au cours de plusieurs immersions dans des peuples nomades au Kirghizstan.

En amont, il avait découvert ces terres par hasard durant un voyage avec des amis vidéastes, et c’est alors qu’il tomba sous le charme de la culture nomade. La découverte d’un aiglier (chasseur à cheval utilisant un aigle royal dressé pour attraper les proies) le marqua, il eut l’idée d’en suivre un et d’en documenter sa vie.

Pour se faire, il fallait aller hors des sentiers battus et touristiques, chercher la pureté nomade. Grâce à ses contacts et une interprète, il rencontre Aman, aiglier accompli.

C’est en décembre 2018 que Joffrey se rend à nouveau au Kirghizstan pour une rencontre informelle en présence d’un interprète. Le but était de déterminer si l’alchimie opérait afin qu’Aman accepte d’emmener Joffrey dans sa famille et consente à partager son quotidien avec le photographe. Le chasseur, dans un premier temps teste le photographe qui lui explique son projet. À la fin de la rencontre, Aman curieux et intéressé, accepte et ils repartent ensemble dans sa ferme.

C’est alors que les premières contraintes arrivent ; la barrière de la langue mais aussi le fait que Joffrey est en captation d’instants en permanence, Aman doit quelque peu s’adapter à la présence d’un photographe omniprésent. Joffrey apprend à monter à cheval et l’accompagne, dès l’aube, dans tous ses déplacements durant une semaine.

Il découvre alors le métier d’aiglier, une tradition nomade ancestrale présente en Asie centrale. Accompagné de son aigle royal de 25 kilos et 2 mètres d’envergure qui acère ses proies avec une force inouïe, Aman chasse le renard, le chacal et même le loup. Les peaux sont ensuite vendues ou travaillées par Aman.

Le temps s’arrête pour Joffrey qui partage alors le quotidien de cet homme et de sa famille. La complicité se crée, des liens se nouent, malgré la barrière de la langue et grâce à quelques moments festifs ; le partage de la vodka locale aidant ; Aman s’ouvre et laisse le photographe capturer ces instants.

L’exposition nous retrace des photos d’actions, de chasses, mais aussi la cristallisation d’instants familiaux, amicaux dans ces habitats traditionnels. Nous voyageons à travers ces régions et ces portraits qui nous immergent au cœur de la culture nomade.

Aujourd’hui Joffrey organise des workshops, il est passionné par l’enseignement et met à profit son expérience pour toute personne souhaitant améliorer sa pratique de la photographie tout en voyageant. Le contenu de ces stages étant l’expérience du voyage, la découverte mais aussi des cours théoriques et pratiques (éclairage, composition, retouches…)

Joffrey est autodidacte, l’important étant pour lui de vivre sa passion. Il possède un fort désir d’aventure, de reportage et utilise la photographie comme langage pour nous raconter une histoire.

Ses projets pour 2020 : de nouveaux voyages, de nouvelles rencontres et des workshops ; toujours en quête de connaissance, de transmission et de tradition. Il ira peut-être en Russie ou en Amérique du Sud.

Merci Joffrey pour ces instants photographiés, cette passion et ainsi nous permettre à travers ta vision d’avoir un œil ouvert sur le monde.

Texte écrit par Marion Garlet

Une exposition photo de Joffrey Persia, 27 ans, résidant à Paris, le 28 novembre 2019

L’appel de la liberté : Retour sur une expo inspirante

Jeremy Jones : rencontre à ISPO(W)

On était à Munich pour le plus grand salon Outdoor au monde, et on en a profité pour rencontrer Jeremy Jones qui était venu parler de sa marque de planches, et soutenir POW pour l’apéro.

POW France : comment tu vois l’engagement de l’industrie aujourd’hui, et comment évolue ton engagement à travers Jones Snowboards?

Jeremy Jones : Il y a de plus en plus de marques qui s’engagent et ça fait plaisir, car plus il y aura de monde à faire des efforts, plus les prix baisseront sur des matériaux plus durables, ou meilleurs pour la planète.

Pour ma part, Jones Snowboard est toujours en train de progresser, de faire des produits de plus en plus durables, et aussi de le dire au consommateur, pour l’impliquer dans le processus. Ça commence par de petites choses, par exemple quand on fait des améliorations mineures sur nos boards, on n’en parle pas forcément, pour éviter de rentrer dans une course au « toujours plus ».

Et vous mettez l’accent sur quoi en particulier en ce moment?

En ce moment notre focus est de mieux comprendre le processus de fabrication pour réduire notre impact. Il va y avoir des annonces bientôt là dessus, mais ce que je peux dire c’est qu’on est en plein dans un gros audit qui va durer plus de 6 mois, et qui nous permettra de savoir où notre empreinte est la plus forte, pour pouvoir ensuite agir dessus.
On essaie aussi d’être transparents avec le consommateur et de tracer l’origine de tous nos produits, on trouve ça dans le catalogue.

Mais tout ça c’est un chemin, comme tout le reste, le ride, la famille, et on est dessus. Ce qui est sûr c’est que sur tous les aspects écologiques, on partage nos trouvailles avec tous ceux qui les veulent. Par exemple nos carres et nos champs recyclables, c’est une technologie ouverte, si une autre marque en veut, elle peut se servir, ce n’est pas un domaine ou on veut garder des secrets.

De la même façon, on reste ouverts à toute bonne idée. J’ai entendu parler d’un système où on peut plonger la board dans un liquide pour en séparer tous les éléments. Je ne sais pas si c’est fou ou si c’est faisable, mais c’est typiquement le genre de chose qu’on va essayer.

Quelle est ta vision d’une board durable?

Au coeur de tout mon travail, il y a trois choses qui pour moi sont indissociables : la robustesse, la performance, et la durabilité. Je ne suis jamais aussi content que quand je vois une de mes boards utilisée depuis 5 ou 10 ans, ça c’est la base. Ensuite si on utilise de nouveaux produits recyclables, c’est top mais il faut qu’ils soient performants sinon ça n’a aucun sens, et enfin bien sûr on veut des produits qui impactent le moins possible.

En cela notre topsheet en «castor bean» est ce qu’on appelle un «triple crown», el est plus performant, plus robuste et plus durable. Pareil pour notre travail avec les fibres de lin.

Et coté perso, quelles sont tes ambitions en ce moment, en terme de ride?

Mon centre d’intérêt ces dernières années en tant que snowboarder, c’est de m’aventurer plus loin dans les montagnes derrière chez moi. Il y a beaucoup de premières à faire, mais il faut pouvoir partir en autonomie sur 8 jours plutôt que les 2-3 jours habituels en splitboard. C’est là dessus que je travaille, j’appelle ça de la «backyard exploration», de grandes aventures mais juste derrière chez moi, avec un coté local. Je suis encore en train de galérer pour rassembler assez d’argent pour un film, mais ça devrait se faire.

Et surtout, je travaille sur le message du vote, encourager les gens à aller voter pour le climat, ce qui aux US est vraiment une priorité.